‹ La Presqu'île du SinaiChapitre 95 sur 151 · HISTOIRE DES VOYAGES ET DE LA GÉOGRAPHIE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES VOYAGES ET DE LA GÉOGRAPHIE

DE LA PÉNINSULE) à À

Pour nous écarter le moins possible des conditions de continuité et de complexité où sont les choses réelles, il a semblé que nous ne pouvions mieux faire que de raconter les voyages, les auteurs et les livres, depuis les origines les plus lointaines, dans l’ordre chronologique, sans délimitation arbitraire de périodes, sans distinction de sujets, en laissant défiler sous nos yeux les questions différentes et les hommes différents, les routes et les travaux du pèlerin chrétien, du géographe arabe, de l’explorateur des temps modernes, du géologue, du cartographe, du naturaliste, de l'helléniste occupé des manuscrits de Sainte-Catherine, de l'égyptologue dans les mines du nord, de l’archéologue et du simple touriste curieux de beaux spectacles et d’antiques souvenirs. Cette histoire une fois conduite jusqu'à l'heure actuelle, il a seulement paru utile de reprendre en deux paragraphes annexes, d'une part ce qui concerne la documentation cartographique, dans son développement et dans son état actuel, d'autre part l’histoire de la géologie, dont l'exposé détaillé à propos de chacun des voyages des géologues aurait alourdi outre mesure l’histoire générale.

Les diverses questions qui se posent sur le territoire de la péninsule n'ont pas toutes été considérées par nous d’une manière équivalente. Celles relatives à l’épigraphie et à la critique des textes ne rentrant point dans le cadre du présent ouvrage, il doit être entendu qu’on ne trouvera point mentionnées, dans l'histoire bibliographique qu'on va lire, les œuvres exclusivement consacrées aux objets des catégories suivantes :

1° Inscriptions hiéroglyphiques et questions historiques relatives ;

20 Inscriptions dites sinaïtiques et questions relatives ;

3° Exode et Sinai dans la Bible;

4° Bibliothèque du couvent de Sainte-Catherine.

Ces diverses questions, exclues en principe, n’en passeront pas moins fréquemment sous nos yeux, soit que tels voyageurs dans la péninsule s'en occupent, soit que tels auteurs leur accordent une place dans des ouvrages consacrés d’ailleurs à la géographie ou à l’histoire générale. En ce qui concerne l’histoire proprement dite, nous n'avons eu ni à l’exclure ni à l’admettre : l'histoire de la péninsule est encore si peu faite, et dans presque tous les ouvrages, elle est traitée en liaison si étroite avec la géographie ou l’histoire de la géographie, qu'on peut considérer que Ja bibliographie de l’histoire générale s'est constituée d’ellemême dans les descriptions qui suivent. Quant aux questions ci-dessus spécifiées, — exclues parce qu'absolument étrangères à la connaissance du pays et de ses habitants, tels qu'ils sont et tels que les hommes, à travers les siècles, pensèrent les connaître, — l'histoire de leurs progrès complètera une bibliographie générale destinée à accompagner l'histoire de la péninsule dont le présent ouvrage peut être considéré comme une introduction très développée.

L'itinéraire de l'Exode d'Israël et le Sinai n'ayant, dans la pensée des anciens rédacteurs, rien de commun avec la péninsule de la mer Rouge (v. ci-avant, chap. v, K III), la Bible ne peut être considérée, d'une manière générale, comme une source géographique en ce qui concerne le territoire péninsulaire. Nous avons vu cependant (chap. ut, K I) qu'une description de l’oasis de Tôr a été intercalée, à une époque ancienne, dans le récit du voyage !, et (chap. v, K IT) qu'on trouve dans le livre de nombreuses mentions de Pharan ?, antique dénomination qui s'étend probablement sur une partie de la péninsule en même temps que sur le grand désert au nord.

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