P. La révolution de 1848. Gérant
Bossens. — Ce journal a vécu jusqu'en juin, nous trouvons ces hgnes dans le n° 6 :
«Les ateliers nationaux ont été l'objet de tant de blâme, de tant de critiques, que la comrmission des travailleurs s'en est émue, et l'on affirme qu'à la suite d'invertigations faites hier, elle aurait presque résolu leur dissolution.
ce On conçoit facilement le résultat d'une pareille mesure. Voilà 115,000 hommes dans les rues de Paris, sans ouvrage, presque tous sans ressources et parMtement en droit de vous de-
WUMfW Dl CENSI7R1.
vous leqr avov hites, parfût^meut en droit de voQs dire : « Du travail ou 4^ pain ! »
Ce journal suivait avec talent une ligne mo« dérée mais franchement dérooeratique, oe qui n'est pas la même chose que républicaine, car i^us sommes tous démocrates en France; mais je doute fort que nous soyons tous républicains, de lu veille surtout.
UMai.
181 • -^6. Là montàûnb du peuple fraternel et organiiateury par les citoyens George Sand, Lamennais, Pierre Leroux, Esquiros, Battanchon, Battur et Falempin; ces grands citoyens ont dit comme Mahomet : a Puisque la montagne ne vient pas à nous, allons trouver la montagne. » Malgré les sommités qu'elle avait à sa tète, nous n^avons pu découvrir cette superbe montagne du haut de laquelle devaient apparaître les nouveaux sauveurs. Elle portait écrit sur un poteau :
« Qu'a été le peuple? rien!
« Que doit-ii être? tout! »
Et voilà pourquoi ce Sinaï d'ambitieux impuissants, ce calvaire d'athées panthéistes, s'est écroulé sans laisser de traces.
Ifç^fcitur ri^içuluf îwvf.
i8S. -^ P. Lb pahphlbt. — Journal quotidien devenu hebdorpadaire depuis la loi sur les cautionnements. Rédacteur en chef : Auguste VitUi qui tient beaucoup à ne pas passer pour un républicain de la veille et du lendemain.
Ce journal a trop d'esprit pour que nous puissions indiquer le sein. 11 est modéré^ anti-^barbare, et bien fait. Gérant : A. Heer.
Collaborateurs : Nicolle, Ponroy, Champfleury, Théodorede Banville, Murgère, etc., etc. ; tous jeunes écrivains qui ont assez d'esprit et de bon sens pour savoir être littérateurs, assez de bonne foi et détalent pour n'avoir pas besoin de se faire socialistes conune ces eunuques de la veille qui s'appellent Eugène Sue, Karr, Gozlan, de Musset, George Sand, Esquiros, etc., etc.
183. T— Paris abend-zeitung. Premier et unique numéro d'un journal du soir fait sans doute pour les Alsaciens et les Allemands de Paris. Vous voyez bien que tous les démocrates étrangers viendront vomir chez nous leur propagande révolutionnaire, et incendier la France sous le prétexte d'éclairer l'Europe !
4Mm P. Lb buoi fubuGi qu'on a appelé
att»i !• Rien puUie, journal qnotiditn, paé« tique et littéraire; organe ofQciel de M. Lamantine, rédigé par M. Eugène Pelletan; cVst dire qu'il est un peu politique et un peu socialiste. Nous lui faisons l'honneur de le ranger dans les journaux politiques, parce qu'il est bienfait.
M. de Lamartine est, dit*-on, un nuage magniflquement organisé; c'est l'homme qui représente, qui devine et qui résume le mieai l'instinct de l'opinion publique en France. Malheureusement chez lui comme chez pous les opinipns ne sont que des instincts. On peut vivre, mais on ne gouverne pas avec des instincts; voilà pourquoi M. de Lamartine ne sera jamais qu'un homme d'état médiocre. Comme tout homme, il a deux mains, la droite et la gauche; comme tout homme d'instinct, il marche tantôt vers la droite et tantôt vers la gauche. Gela s^appelle chanceler, trembler, hésiter; mais que voulez>vous? M. de Lamartine voudrait réunir la droite et la gauche pour les presser et peutêtre bien les étouffer sur son cœur. C'est d^un bon naturel, mais non d'une bonne politique.
M. de Lamartine était sans doute républicain lorsqu'il a proclamé la république avec le gouvernement provisoire; mais le sera-t-il longtemps ? Le sera-t-il encore dans quelques années, lorsque la révolution se dessinera plus clairement à tous les yeux?
Quoi qu'il en soit, M. de Lamartine repousse le socialisme, parce qu'il y voit, comme tous les hommes sensés, la ruine du pays, la décadence de la civilisation. C'est un retour sauvage vers le passé, un emprunt brutal et grossier de l'Occident à rOrient.
Cependant M. de Lamartine reconnaît aussi, avec tous les hommes sensés, que le socialisme révèle des instincts qu'il faut à la fois comb"*tre et satisfaire. 11 faut les combattre parce qu'ils sont vicieux en principe, parce que c'est la révolte orgueilleuse de l'homme contre Dieu, du philosophisme contre la religion. Mais il faut satisfaire les besoins qui en sont la cause, parce que ces besoins sont légitimes et vrais. Il est temps, en effet, que le prolétaire ait un travail assuré, que ce travail le fasse vivre, et de plus qu'il lui laisse des loisirs pour songer à son perfectionnement intellectuel et moral. C'est à la fois une question de liberté, de dignité humaine, de moralité publique; c'est peut-être aussi une question de salut pour tous; non pas seulement de ealuê temporel^ tel que l'égoîsme peut le dic«
REVUE OÊS ter, mais 4e s^htê «ptrtefl, tel que la idbarité chrétienne B0U8 l^ooâeigne^ Les DMyeos proposes par Jes sociaiistee peur atteînàne à w bul soni ! idîcules, îaDraonux* aliipides* Noue n'y veyoQa q lie de la folie et de la beslielilé. G'eA le renversement de Tordre social tout entier. Le droit au travail, Torganisation du travail, la fraternité, la solidarité, Xous ces grands mots qu'on loet en avant pour soulever le peuple sont des mensonges ; je dis plus, ce sont des crimes.
D'après Vécole doctrinaire^ et je ne veux ici ni la critiquer, ni Tapprouver, je constate un fait, depuis récole doctrinaire, nous n'avons plus en France aucune science politique , aucune théorie systématique de gouvernement. Je parle de théories sérieuses et applicables. Le parti radical lui-même n'avait et n'a encore qu'un mot à son service : la République. C'est peu pour diriger vers ses destinées futures une grandes nation, comme la France, un peuple qui compte 56 millions d'électeurs-.
D'un autre côté, la France doit réaliser le Vrai ou le Bien dans le domaine des idées politiques. C'est là son rôle et son but ; il est écrit à chaque page de son passé, à chaque ligne du présent. C'est son pourquoi, sa raison d'être, l'essence constitutive de sa nature ! Toutes les nations de l'Europe le reconnaissent ; toutes attendent d'elle le mot d'ordre, la parole de vie, le VERBE régénérateur qui doit leur montrer l'avenir.
Comparez maintenant ces deux faits, l'absence totale de science politique et le pressentiment impérieux de l'avenir , et vous aurez la clef de ces secousses violentes, de ces révolulions incessantes qui viennent labourer le sol sanglant denotre patrie. Nous vivons, nous marchons, nous avançons par Vexpérience, jamais par la théorie ; ce sont les faits qui nous poussent, et nous ne savons ni prévoir ni diriger les faits.
La Providence seule nod^ conduit, et nous qui parlons tant de liberté, nous ne savons pas encore introduire notre libre arbitre, notre ration, dans l'administration des choses de ce inonde. C'est pourquoi si notre instinct vrai, si notre nature généreuse et bonne venait à être pervertie par les doctrines des socialistes, ce qui non-seulement est possible, mais ce que les hommes sérieux redoutent fort en ce moment, tant nous sommes entraînés sur la pente, nous donnerions à Dieu le spectacle terrible et si« Bistre d'une nation grande, forte et puissante,
JOORNÀUX. 81
s'abandoaoant toute entière au mâ^. C'eetdans cette prévision que. M. Prendboiii le seui logi* cien du partie a osé dire : JHeu <'mI ip Mâf * On IrémiLen songeant à ce qui arriverait alo«« et les proportions vraiment sataniques que prendraient la corruption et le crime.
Le socialisme n'a pas d'autre but qi d'autre effet que de corrompre notre nature et de tuer notre esprit national. 11 s'appuie sur un instinct vrai, sur dçs besoins légitimes, pour mit'ux renverser et détruire en nous les notions du bien, les lois morales, les pressentiments divins qui nous poussent. Il est d'autant.plus dangereux, aue la plupart de ceux à qui il s'adresse et qu'il séduit plus ou moins, peu ou beaucoup, ne voient pas d'où partent ces doctrines, ni où elles conduisent. Leur bonne nature les entraine à ce qu'ils eroient être le bien et le vrai, et c'est de la meilleure foi du monde qu'ils travaillent à la ruine de la civilisation. Aussi, pour moi, n'y a-t-il que deux classes de socialistes : les ignorants et les coupables; tous« qu'ils le sachent ou le cachent, sont des BARRAiEsdans toute l'énergique réalité du mot. Peu ou beaucoup, qu'importe ! Uqe fois sur la route du mensonge et du crime, puis-je savoir où vous vous arrêterez ?
Tout cela, amis lecteurs réactionnaires, à propos du Bien public; pourquoi ? C'est que le citoyen Peiietan est un peu socialiste, et que, pour moi, un peu, c'est beaucoup trop. Qui dit plialanstérien, dit castor ou abeille, chien, chat, tout ce que vous voudrez ; mais pas homme , homme intelligent e4 libre. M. Peiietan est en outre panthéiste, je ne dis pas tant pis pour Dieu, mais bien tant pis pour lui. Cependant M. Eugène Peiietan , ancien rédacteur de ta Presse, a du talent; il sait faine de grandes phrases qui ne signifiant rien, et employer de grands mots qui ne disent pas grand'chose ; c'est un esprit à la recherche de lui-même; puisse-t-il bien se trouver et n'êlre plus panthéiste ! Mais c'est si bon de se croire un peu Dieu quand on l'est si peu. Vous verrez que les panthéistes nous donneront quelque jour un Dieu à l'image de l'homme, et- nous démontreront que sa vie consiste à vouloir se rendre semblable à nons ! A la bonne heure, soyons francs !
Voulez-vous maintenant un petit morceau du Bien public? en voici un que nous empruntons au,preinier numéro, dans un article intitulé : Préface de la République .
« La République ne reconnaît ni bourgeois, ni prolétaires, ni légitimistes, ni bonapartistes ;
BUUiBlllN DE ÇfiNSURE.
elle k» em^erte, an conlraind et leg conetlie dftns iiRe politiqfie plus g^éreuse, plus sympatMqve, qui ne laisse vivm et s'agikir aucofi parti <fiw da&a son droit et dans sa mesure. Ainsi à tel parti qtii représente plus spécialement le propriété, l'hérédité, Thistoire, la famille, elle dit : Je respecte en toi ces éléments de toute société ; mais, en vertu de ces éléments, il se trouvait que la société tout entière était constituée exclusivement à ton point de vue et à ton profit. Je brise dans tes mains ce droit d'exclusion.
« A tel autre .parti, elle dit : Tu représentes le capital, ou autrement le travail réajisé, le bien-être, Tinstruction ; je respecte en toi ces éléments de toute société ; mais en vertu de ces éléments , il se trouvait que la société tout entière était constituée exclusivement i ton point de vue et à ton profit. Je brise dans tes mains ce nouveau droit d'exclusion.
ce A tel autre parti, elle dit : Je reconnais ton droit au travail, à une plus grande diffusion de lumières, à une plus juste répartition du bienêtre, à une continuelle ascension au soleil des idées, laquelle doit continuer la vie des nations, leur raison d'être, de se développer, de se diviniser de plus en plus ; mais ce droit a ses ménagements, ses temporisations, ses nécessités, car il s'agit de constituer la fraternité, en haut dans la richesse, et non au rabais ; dans la pauvreté je mesure ton impatience au pas de l'histoire.
« La R'épublique est donc la reconnaissance, la gravitation de tous les principes appelés ensemble et dans leur limite à traiter leurs intérêts, sans que le poids extérieur d'un gouvernement de privilèges fasse pencher la balance de ce oôté-ci plutôt que de cet autre.
C'est la résultante de tofftes les forces, c'est la sagesse collective en action, c'est l'opinion publique en permanence aux affaires, et l'homme qu'elle choisit, quel qu'il soit, président ou consul, pour, détenir, un jour, une année, ce gouvernement de l'opinion, n'est véritablement, dans toute la sévérité du mot, que le serviteur des serviteurs.
« Voilà ce qu'est la République comme préface, maintenant qu'est-elle comme -charte, po- Utiquement, administrativement incarnée dans une législation ?-
«Elle est jusqu'à présent, pour nous, une page blanche.
« Elle ne saurait être, ni uqe vérité, ni une réminiscence; elle est une œuvre entièrement
erigiaale où no«» devuM inbiser, eonwmmer les jeunes géséraions d'idées philosopiiiques, sociales^ en parfàe inconnues à nos p^es, que le dix^-neuvième siècle 'a élaborées, prèchées, démontrées. Car il ne faut se dissimuler, ni amoindrir la grandeur de cette révolution. Quant à nous, nous ne diminuerons jamais son ambition d'un seul frémissement ; elle sera la traduption politique de* l'Evangile, ou elle ne sera qu'une lettre morte ; une seconde enf rée du Christ à Jérusalem,' ou une vaine promenade à l'Hôtelde-Ville. Elevons donc nos cœurs et nos intelhgencesàla hauteur de ces magnifiques prophéties, ne nous décourageons pas surtout, ne nous attristons pas des difficultés du moment. Et qui donc pourrait nier d'ailleurs que toutes les convictions ne soient déplacées? Il se fait dans les consciences ce silence qui précède les grands événements. Sur certaines forêts d'Amérique, quand les fleurs des grands arbres dorment dans la rosée, au premier rayon du ^ soleil, il faut qu'un vent chaud se lè^e pour les secouer et les éveiller à la lumière, et nous ne sentons pas que dans cette aube encore ihcertaine où sommeillent les derniers songes. Dieu vient de passer sur les esprits. »
Quand donc M. de Lamartine et M. Pelletan écriront-ils l'épilogue de la République?
26 mai.
485 — S. Les bêtises de la semaine. — Un homme d'esprit est tous les jours exposé à faire des bêtises; mais il faut être idiot pour en écrire. Rédacteur gérant : Alphonse Bonnevalle. — Ces bêtises ont eu deux numéros qui auraient été rouges s'ils n'avaient pas été complètement- insignifiants. — Nous y trouvons une lettre du citoyen Sardat, Vaulcnr de la loi d'union, comédie socialiste en quinze actes, à l'usage des enfants et des infirmes ; cette lettre mérite d'être conservée :
« Je demande d'être membre de l'Assemblée nationale pour avoir la faculté d'exposer un système de nouvelle organisation sociale, dans laquelle, sans besoin d'or ni d'argent monnayé, tous les Français, sans aucune exception, hors ceux enfermés pour cause de meurtre, auront, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, bon logement, bons vêtements, repos (table d'hôte, vin vieux, etc., etc.) et dignité de position quand ils seront vieux, et tous ensemble la vie embellie
REVUS «VS-^l^fU^AUX..
iw dis rieu de Irop. »
Après kl rûlkato» la soUiae; voiâ fMiqœs lignas adressées à M* Portalis, qii laissa&t bieli entrevoir les journées de juin :
« Si la mise en sensation du cito^^en Louis Blaac, tant rêvée par l^ sot procureur, doit être pour lui le moyen de faire valoir ses talents oratoires, nous devons, nous, l'avertir que le jeune tyran populaire trouvera dans les ouvriers, de sincères amis, des défenseurs qui sauront rétorquer ses plats arguments. Dût-il se faire aider par un sieur Landrin. »
En voici d'autres sur M. Dupin. ^
A Le cumulard, soutien de toutes les dynasties, conseiller de Louis-Philippe, avocat de la régence, avait besoin qu'il lui s^it rappelé que la paresse est une divinité encensée justement par ceux-là qjai ont de gros traitements, et que 1 ouvrier qui n'a que son honneur veut au moins qu'il ne soit pas arraché par un courtisan de l'espèce de M. Du pin ; qu'il ne l'oublie plus ! p
27 Mai.
186 — S. Le travailleur de la mère ducnfiNB. — Voici la démagogie qui commence :
Allons, vive la sottise démocratique et sociale ! — Ceci me rappelle, ami lecteur, que je veux vous demander pardon d'avoir écrit ce livre avec de la boue. — Mais est-ce ma faute ? J'ai dû remuer toutes les immondices et fouiller tous les égeûts pour vous montrer ce qu'il y a au fond de ce peuple souverain ! — Je remplis cette tâche avec impartialité, avec courage peut-être; quand elle sera terminée , je m'en laverai les matas, comme on dit à l'Assemblée nationale, et je vous engage à en faire autant.
La mère Duckéne , comme on l'appelait par abréviation, a vécu, je crois, jusqu'en juin,
<( De la boue et du sang , un style à lever le cœur, voilà, dit la Physionomie de la Presse, toute La mère Duchène! »
Voici quelques phrases tirées du numéro 4 :
Marche donc; vieux ou bien je te casse
mon sabot sur le pot au noir de la politique..
« 11 y a en France 157 hommes qui sa tuent pour la jouissance d'un seul
a Les membres du gouvernement sont des paillasses politiques par lesquels la peuple es^t volé, archi-volé.... L'organisation du trayail tombe en eau de boudin.... (Lisez os de boudin...) Ils escamotent la grenouille*.. Bour->
geoises décrottées qui pu^i^t la chair liu «wiiie*»
Le rédacteur de toutes o^ ignobles infamies était un citoyen Casimir Vermasse, dit Mitraille; nous le retrouverons encore plus loin. £u attela dant, voici un extrait du premier numéro que nous donnons comme préface aux journées de juin:
c( Les vampire:» royaux sont tombés, buvant jusqu'au dernier râle le sang du peuple, qui envahit en vainqueur FHôtel-de-Ville... C'en est fait, la succession des hauts emplois, des grasses sinécures est ouverte , et d'indignes bâtards se jutent au travers des rues, tournent les barricades, salissent de leurs bottes vernie^ le sang versé par nos frères, et sautent par dessus les cadavres pour courir à la curée. — D'où viennent-ils,, que veulent-ils, qui sont-ils? La belle question! — Ils sortent des caves où ils étaient enterrés depuis le 24 février, et maintenant qu'il n'y a plus de balles à mordre, de cartouches à brfiler , les voici qu'ils accourent effarés, pestant encore contre ces remparts de pavés qui les empêchaient d'aller d'un train de poste dans les rues pour arriver au partage qu'ils ont convoité.
«Ce qu'ils veulent, pardié! la chose n'est pas neuve ;Jl faut à ces gants jaunes, non pas une baïonnette pour faire faction comme les camarades, mais le pouvoir, la force arméç, la police et la loi, parce qu'avec le pouvoir, la force armée,» la police et la loi, l'on exploite cet tmbécille dépeuple qui a au moins ^mérite d'être lebœuf grasdelafête.
a Qui ils sont? — Morguienne, vous devez les connaître aujourd'hui; voici venir les Garnier-Pagès, les Marrast, les Crémieux, suivis d'un nombreux étaVmajor de laquais et de marmitons. — Laissez passer la séquelle et vous allez voir venir ensuite, les Pagnerre, les Flot-» tard, les Bûchez, les Recurt, les Buffet et toute la bande noire de bipèdes affamés de titres et d'épaulettes. — République! place donc h tous les laquais de nos rois, place aux laquai%des laquais!.... Cette aristocratie nouvelle a besoin de lambeaux et d'esclaves. — Et toi , peuple des barricades, la baïonnette au canon, effacetoi ! montagnards , vous les nouveaux affamés, veillez sur vos seigneurs; — Couchez-vous sur les dalles de l'Hôtel-de-Vilie , pendant que vos maîtres reposent mollement sur les couchettes dorées du vieux Rambuteau; — Restez trentesix jours sans ôter vos chaussures pourries, vos haillons usés^ pour assureri à ces vendus de la
BULLETW »B CeNHJRE.
royauté, gloire et sécurité. — Et plus tard, dan» quelques jours peul-ètrc, Vous rentreree au Ibyer domestique sans sou ni naâitle , et vos ^us vous montreront an doigt en ricanant dans leurs barbes et vous traitant de niais. Oui , bon peuple, organise-toi en gendarmerie, nomme des caporaux d'escouade, des sous-ofTiciers , et à ces citoyens qui doivent porter des^ galons de laine; — Partage ta misère et ta honte, fais faire une profession de foi, prends sur leur conduite des renseignements sévères, sache bien qu'ils sont tous des Caton. — Mais pour ceux-là qUe tu connais qui t'ont trompé da«s tous les lewps, n^exige rien; — Vois : ils ont des culottes de soie , et le prestige de l'habit doit t'impressionner encore, livre-leur donc ta jeune République, les destinées du monde; ne crains rien , va, ce sont' les besaciers de l'Europe.
« La vei*mine couvre vos habits, enfants, que vous importe?... N'êles-vous pas le peuple souverain? Ils vous l'ont dit. — Alors que voulez-vous? — Sdyez donc les sentinelles de ces matadors hermaphrodites. —Gardez votre linge salef et vos haillons , et ouvrez les grilles aux solliciteurs et aux femmes galantes qui viennent marchander des emplois, des grâces et d^s tontines à vos féaux seigneurs. — Vous êtes là pour tout faire; la République le veut. — A ce prix, vous aurez bien mérité de la patrie!
« Vous le voyez bien, que diable! voici trois mois que le privilège et le despotisme sont tombés sous nos balles et déjà le despotisme conspire, le privilège domine et vous crache à la face. — Pourquoi en est-il ainsi ? — Pourquoi? — Parce que vous ne savez rien édifler; parce que vous ne savez (jue renverser et que vous n'avez pas confiance en vous-mêmes. En effet, rfviez-vous besoin pour constituer un pouvoir, de ces gloires blasées, passées, tarées, qui ont vécu dans la poussière et le bourbier de la royauté ? Aviez-vous besoin pour régénérer la société de ces vieilles perruques de la régence ou 4e la légitimité? — Morbleu! la Mène Buchêne qui n'est pas bégueule vous déclare franchement que vous avez agi comme des moutards^ et que, pour peu que cela continue, elle verra prochainement à -vous donner le fouet; — Entendez-vous ?
« Avant que je terroinef dites-moi donc, enfants , qui vous a insinué d'accoler aux noms respectables des Ledru-Rollin, des Louis-Blanc, des Albert, des Dupont (de l'Eure), des noms moisis comme ceux dont je vous parlais tout-à-
l'heure? — Dites<^oi aiiSBi poufl|iioi vous aTer. eu la bêtise d'encenser ces bomnes, deTenus vos comm», rienfiie voscoamûé, payés, chauffils, éolairé^ Deveaez-voue fous ou esclaves? » La fête dits de là goncorbs.
a Latfère Ducfiène^ n'est pas allée à la fête; la vieille mère du travailleur ne va pas grimacer un sourire dans la foule, quand elle sait que des milliers de ses enfants sont sans pain et sans travaux. — Et qu'irait-èlle faire au milieu des baïonnettes et des chars de triomphe? Voici neuf cents cuihulards satisfaits, étalant leur pédantisme et leur impuissance? Allons donc! — Pense-t-on que si la vieille était passée par là, elle aurait pu se tenir la langue? — N'auraitelle pas engueulé proprement cette bande de claqueurs soudoyés du Champ-de-Mars, applaudissant quand même , aux phrases banales sorties de cerveaux creux , ou au moindres contorsions des commis de la nation? — N'auraitelle pas été indignée de voir nos jeunes filles s'oublier jusqu'à jeter des fleurs à ces mêmes commis? — Vraiment, cela passe toute expression, nos filles devraient être de meilleure maison.
« Et puis, pour ceux qui ont la panse pleine ; qui ont 25 francs par jour et plus à grignoter, les fêtes peuvent avoir de l'attrait ; mais pour ceux qui sont dans la misère, pour ceux qui pleurent sur les destinées de la Pologne , pour ceux enfin qui ont du cœur au ventre, ce jourlà était un jour de deuil.
a J'ai cru qu'il n'y avait que la canaille royale capable de voter 2,000,000 de fr. pour danser sur des cadavres et devant des cachots; mais hélas! la vieille balayeuse des barricades s'est trompée un jour de plus. — Pauvre peuple, toi le seul souverain, on se moque de toi comme de Colin- Tampon. — La mère Duchéne se fâchera y entendS'tu? )>
Pourquoi trouvons-nous dans cette ignoble feuille , une citation de MMt Véry et Alfred Montbrial ; plus une annonce pour la maison de commerce, rue Montesquieu, n" 7?
On nous dispensera sans doute d'apprécier la Mère Duchène , nous n'en avons pas le cœur; il est db ces turpitudes qui décèlent une ignorance si profonde et une si profonde immoralité que nous ne nous sentons pas le courage d'en parler ; n'est-ce pas assez de les faire voir? Cette seule page nous ferait glorifier le triomphe de la garde nationale en juin, si nous ne songions que parmi les trois mille déportés, pas un
REVint DES JOtmifÀUX.
â03 in8ti|atMiNi« pas un des chefs fétAt de IHntmireotion n-a éii ciomprls. ««- Ils avaient tous un ou des protecteurs ! Si bien que la justice a frappé des hommes oaupables, oriminels, il est vrai, mais non les vrais eoupablea, les seuls ori» mine|a,«*TNous n'avona encgre eu que la justice dftS hommes i attendons la jtistiee de Dieu!
28 Mai.
f 87.<^&. Ls TRAVAIL, journal du dub de /q révolutions avec cette devise : vive la r0puklî<r q\ie iéfno^atiquû el tûcialel -^ Rédacteur eq chef: E, Ar Damhel; rédaeteur-gérant s J, 0u» pré ; di3c numéros ont paru jusqu'en juin. «^ Son Dieu, son demi-Dieu ou héros éiait Pierre Leroux ; il s-écrie : a Arriéra rhéteurs, arrière faiseurs dp statistique, arrière rhétoriciens am** poMl49f fiFfiêre poètes aujç mots splendides; place, plac9 nu philosophe humanitaire! d On a fiiit pla^o au philosophe humanitaire, au Fesl4yrateuF de la métempsycose, et cependant il n'y a ri^n au de ehaugé en France; il n'y a eu qu'qn montagnard, un révolutionnaire, une mé*diocrité d^ plu? h l'Assemblée natioqale.
m9, rr^ p. Ls iAiiPiûN, içlaivêuf pçHtique.
pirecteyrp-géeants : L. Royer, X. de Montépin, de VillemiBSsant. ^ Malgré son titre ridicule. Lien con%mo cependant à ce qu^on a appelé la révolution du mépris, ce journal, h force d-es-* prit, est parvenu h se faire lire, à se feire ache* ter ej; h vivre honnêtement, je crois. Les rédaetaur§ étaient tous réactionnaires de la veille et du lendemain, Voici leur programme :
«Î^Otrf^ Lammqn s'allume pour éclairer rinau« gur^tion d'une république ibrte, ipodérée, honnête, constitutionnelle.
« Um r^fublique /br^e, parce qu'elle doit s'appuyer sur la nation armée, c'eslTàrdire sur l'unÎQn de tous l^s citoyens appelés daqs les rangs do là garde nationale, en dehors des** quels il n'y a que les enfants, les vieillards, lep indrmes, les voleurs et les vagabonds ; sur Tu^ Bjon de cQtte force civique, jmmenee et întelligante, avec 1^ fprce militaire, instituée pour défendre les frontières du pays centre les ennCfmis du dehors, et Ja garde mobile, organisée pour protéger les intérêts de la nation contre les ennemis du dedans.
« Une fépuWqu0 modérée, parce que le cahne est la splendeur de la force, comme la violence et la terreur sont les [attributs de la faiblesse.
% Une république hmnéle, parce que la force qui n'est pas mise au service d'équité^ de pr<e««
priété, de femille, de bien-être social, e^est U oanquète ou le brigandage.
tt Une république conslituHannelle^ parce que nous ne connaissons pas d'autre mot pour définir le véritable caractère de ce gouvernement. Lq république démoeraii^e est un non^senç on un pléonasme. C'est un non-sens si, d'après son étymologie, elle signifie la prépondérance d'une partie de la population sur l'autre, c*est-à-dire l'aristocratie de haut en bas, que nous n'aimons pas plus que l'aristocratie dé bas en haut.
a C'est un pléonasme, si elle signifie la souveraineté de la nation tout entière. »
Voici maintenant un extrait du N° 2.
ta Les mauvaises situations politiques reposent toujours sur deux hommes : le gouvernement de juillet a eu M. Thiers et M. Guizot ; la république a eu les citoyens Lainartine et Le* dru-Roliin.
tt Ces adversaires de l'une et de Feutre époque se sont trouvés réunis et séparés au pouvoir, et chacun d'eux représentait des idées opposées : M* Guizot représentait la résistance, M. Thiers le progrès. Il s'est trouvé entre eux deux un eunuque qui représentait la conciliation. Ce qui a soutenu longtemps le gouvernement de juillet, c-est que chaoun de ces deux hommes, dans des conditions, dans des idées, dans des caractères différents, était également éminent.
e 11 serait difficile, même avec les préventions les plus fevorables, d'admettre cette égalité en-* tre leurs successeurs.
a Le lendemain de la révolution de février, le nom glorieux, pur, chevaleresque, de M. de La-* martine a été le drapeau sous lequel sont venus se réfuger les droits de TinteUigence, les intév rets de la propriété, menacés par les machinations et les utopies des démagogues ambitieux.
« Il serait impossible de pousser l'esprit d'antithèse jusqu'à dire que M. Ledru-RoUin repréf sentait le principe contraire.
a M. Ledru-Rollin est un homme sanguin, expansif, enfin ce que l'on pourrait appeler bon enfant, si Cadet Roussel n'avait pas rendu cette expression impossible dans le langage politique. Il est bel homme, beau diseur, galant, aimant le loisir et le plaisir, vaniteux, et par conséquent subissant l'empire des flatteurs subalternes. Ce caractère étant donné, la conséquence inévita-t ble de la position prise par M. de Lamartine, devrait être de jeter M. Ledru-Rollm tête bais« sée dans l'élément opposé.
« Si M. de Lamartine n'eût pas vécu, M. Le»
BULLETIN DE CENSURE
dru-Rolliii eût probablement traité de haut en bas les citoyens Louis Blanc, Caussidière et Blanqui.
(( Telle était cette position déclarée le 24 février, confirmée par la démonstration ouvrière du 16 mars, jusqu'à la journée du 17 avril, qui a changé la situation des adversaires.
tt M. Ledru-Rûllin, élevé au pavois par la passion populaire, en a abusé dans ses circulaires et dans ses Bulletins de la République.
tt M. de Lamartine, rehaussé par la journée du 17 avril, au lieu de profiter de son triomphe, a paru se repprocher plus étroitement de ses adversaires.
a Cette diflérence de conduite répond à la différence des caractères. Mais la force, qu'elle se trouve dans un camp ou dans un autre, a les mêmes exigences.
« Celle qui a triomphé le 17 avril reproche à son chef de n'avoir pas profité de son dévouement, de n'avoir pas exploité son succès.
« Aujourd'hui, elle est sur le point de brûler ce qu'elle a adoré; elle accuse la générosité naïve d'avoir pactisé avec le macbiavéUsme anarchique.
a C'est une erreur ; les sentiments généreux n'ont pas joué le rôle qu'on leur prête dans la conduite de M. Lamartine.
« Cet homme d'Etat a cru que, sûr désormais de l'appui, quand même, des intérêts modérés et honnêtes, il devait chercher un appoint dans les passions ultra-révolutionnaires qui m&* nacent à la fois le gouvernement et sa personne, etc., etc. »
Conservons encore ce petit apologue, sur lequel nous appelons toute l'attention de nos lecteurs :
(( Nons croyons que les hommes de la veille ont trop pratiqué la théorie de la démolition pour qu'ils soient aptes à réédifier.
<f. Une maison menace* t-elle de s'écrouler, tous les hommes du quartier, bottiers, tailleurs, merciers peuvent la démolir. Mais une fois à terre, ni bottiers, ni tailleurs, ni merciers ne pourront la reconstruire.
« Le grand tort de notre époque, c'est que tous ceux qui ont concouru à renverser la monarchie se croient propres à reconstruire la répubhque.
tt Avant tout, il faut du bon sens, et puis encore du bon sens. »
Le Lampion a été suspendu en juin. Le 19 août, il reparaissait avec un article en blanc, et
il était renupendu le 21. De lui naquirent ia Bouche de fer^ la Bouche d^acier^ que nous trouverons plus loin.
189.— P. L'bxambn, revue pditique^ sociale^ administrante et liUéraire. Rédacteur en chef : Charles de Massas, employé des douanes. — Journal insignifiant, sans valeur et sans couleur, mais modéré. A paru une ou deux fois. — Le premier numéro contient un long programme, assez vague et assez nul, qui n'est autre que la profession de foi du citoyen Charles de Massas aux électeurs. Encore un qui se croyait digne d'être représentant! Mais les électeurs ont été de notre avis,
190.— P. Lb vrai gakde nation4L. Rédacteur : Bonafous, grenadier de la 11*" légion. — Journal modéré, qui a vécu quelque temps.
Voici un passage du premier numéro :
« Ouvriez, défiez-vous de ces hommes qui, «ans être ouvriers eux-mêmes, n'ont que ces mots à la bouche : « la misère de l'ouvrier, l'intérêt de l'ouvrier, l'affranchissement de l'ouvrier, l'organisation du travail ; x> ces gens-là vous appellent le peuple. Certains despotes ont dit : « L'Etat, c'est moi. » Ils vous font dire, eux : « Le peuple, c'est nous; nous sommes le peuple souverain ; à nous seuls le droit et la puissance.» Quant au reste de la population qui ne comprend que les propriétaires, les laboureurs, l'armée, les corps savants, les professions libérales, les fabricants, les marchands, et mille autres qui, sans tenir la lime ou la truelle, n'en sont pas moins voués à des travaux pénibles et utiles à l'Etat, c'est, en vérité, trop peu pour qu'on en parle. Voyons au moins ce qu'ils ont fait pour vous, ces flatteurs du peuple. Au nom de la Uberté, il vous ont lancé dans une anarchie qu'ils espèrent exploiter; au nom de l'égalité, ils vous parquent comme des troupeaux à qui on donne chaque jour le vivre et le couvert ; quant à la fraternité, elle n'a pas place ici. Pour organiser le travail, ils ont fermé les ateliers ; mais l'égalité, ils vous l'ont donnée.... oui, l'égalité de la misère !....»
20 Mai.
191. — Le diable boiteux a l'assemblée NATIONALE. — Voici le diable qui se mêle de nos affaires, ça ira mal. On remarque, en effet, trois ou quatre journaux de ce nom entre mai et juin; mais celui-ci est un bon diable, un diable modéré et anti-socialiste; ce n'est cependant pas un descendant de Lesage* Nous lui repro-
REVUE DES JOURNAUX
choDs de ne pas se montrer et de rester anonyme ;/rinconnu nous fait toujours peur!
Nous trouvons l'article suivant dans le premier numéro :
« Pendant les orgies du gouvernement provisoire, la France, dégoûtée du spectacle qu'elle avait sous les yeux, le supportait cependant avec patience et longanimité, en attendant le jour de la justice : celui de l'ouverture de l'Assemblée nationale. Cet espoir a été tristement trompé. Qu'est-il arrivé ? Les représentants de la nation sont venus prendre possession de la souveraineté ; ils éprouvaient tous, comme la France entière, un sentiment de répulsion et de méfiance pour ces hommes qui avaient, pendant deux mois, si étrangement gaspillé la conGance, le pouvoir, la fortune et les trésors d'enthousiasme que la France leur avait confiés. Eh bien ! ils ont transigé avec ce sentiment si légitime. Au lien de demander des comptes rigoureux, ils ont voté des remercîments à ces mêmes hommes qu'ils ne pouvaient plus estimer. Est-ce faiblesse? est-ce hésitation ? est-ce terreur? Nous pensons, en présence des actes de l'Assemblée, que c'est ce dernier sentiment qui la dominait lorsqu'elle a confié le pouvoir, dont elle est dépositaire, à une commission executive prise dans le sein du gouvernement provisoire, et qui n'a pas manqué d'attirer sur elle et de se donner pour ministres, ou plutôt pour commis, les hommes qui avaient été leurs complices dans les saturnales du pouvoir. Mais au moins ces comptes attendus avec tant d'impatience par la nation seront-ils rendus un jour ? La France saura-telle enfin ce que sont devenus les millions qui sont passés par ses mains? en quel état ils lui remettent les palais, les chevaux, les voitures, les caves dont ils avaient pris possession ? Saurons-nous un jour à qui ont été distribués les millions que la reconnaissance et la générosité nationale ont prodigués pour les blessés de février? Et les dons que notre crédule patriotisme s'était empressé de déposer sur l'autel de la patrie, aurons-nous longtemps à craindre qu'ils n'aient été employés à assouvir la luxure de quelque satrape insolent? Auront-ils été détournés de leur destination comme les cinq cent mille francs envoyés pour le comptoir de Lyon? Vous tous qui vous êtes accrochés au pouvoir, qui flattez encore le peuple pour vous engraisser de sa sueur, voilà des questions auxquelles il faut vous hâter de répondre si vous voulez ré^ tablû- la confiance ou prolonger l'illusion qui
vous a élevés et maintenus jusqu'ici sur ces hauteurs qui vous donnent le vertige. Rendez vos comptes, il en est plus que temps. »
Voici quelques lignes sur le citoyen Louis Blanc :
<x Chargé de l'organisation du travail et préludant à ce ministère du progrès, qui est mort avorté entre ses nudns, M. Louis Blanc, dans les interminables séances du Luxembourg, n'a rien organisé que le chaos, la division dans les esprits et une énorme consommation de vins et de comestibles^ et il n'est rien sorti de tout ce grand fratras de grandes phrases et de grands principes humanitaires et philanthropiques, rien, que du ridicule et du gaspillage. »
Le prospectus de ce journal est du 16 mai.
Il s'appelait alors : Journal politique, véridiqUe, charivarique. dramatique, satirique, et vive la république ! Bureau : rue des Grands-Augustins, 27. La Physionomie de la Presse le déclare rouge et dévoué à Caussidière; nous n'en croyons rien. Il devait paraître tous les jours, mais ne parut que deux fois la semaine jusqu'en juin, époque de sa mort.
Rédacteur-gérant : Ch. Tondeur.
29 Mai.
192. — BuLLEriN DE l'association des médecins DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE, rCVUO
hebdomadaire qui n'a paru que deux fois. — Nous n'avons pas à en parler ici ; mais, à ce propos, nous vous dirons qu'à Paris tous les médecins se croient de grands politiques; c'est peut-être parce qu'ils ne sont pas médecins.
Pour moi, quand je vois un homme de science spéciale comme la médecine, qui demande l'étude de toute la vie et de tous les instants, faire de la politique, je me méfie de sa médecine et de sa politique. On ne court pas après deux lié vres à la fois. Il faut être l'un ou l'autre, ou ni l'un ni l'autre, il n'y a pas de milieu. Quand donc voudra t-on comprendre que la politique est une science aussi, une science positive, certaine, qui exige des études longues, sérieuses et soutenues; qui demande la connaissance approfondie de l'histoire, c'est^-dire de la marche de la civilisation dans le progrès ; la connaissance des lois divines et humaines, le connaissance des religions, et surtout de la religion, car la société moderne est chrétienne ; la connaissance de la PHiLOSOPHU, et non pas des philosophies^ ni du philosophisme ^ car la société moderne veut le progrès^ c'est-à-dire une marche rationnelle, systématique et consciente ver» l'avenir;
glJLLMÏlN ms (iBM6tiRE.
Itt eonoaissàiioe de VétomtiM potitii}tle, paité qu'il faut connaître pftrftitement le mécanisitie social avant d'y porter la maid; la cotiuàissancé de la léffiikUion et des iégiélMmi comparées, parce que si les mœurs font les lois, les lois font adssi les mœnrs pour Cette partie de la population qui ne doit et qui ne sait qu'obéir» Mais à quoi bon faire iei le programme deâ connais^ sances que rhotnme politique^ je ne dis pas même Thorame d'Etat, je dis Tliomme qui veut parler politiquei doit posséder. Nos hommes politiques, journalistes, clubistei) jpublieistes, propagandistes* socialistes sont tellement igno*rants, qu'ils ue savent même paa quelles sont les choses qn'ils devraient satoir. Ils ignorent jusqu'à leur propre ignorance I
1^5. «^ S» Ln Vrai pfttic duch^« -^ Nous n'avons pas de renseignements sur ee Vrai Père IhêeMnêi mairi, d'après son titre, nous pouvons le croire rédigé par des barbares.