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LE DROIT DB RÉUNION

« La rue est le premier et le plus saint de tous les clubs. Que voulez-vous, messieurs les bourgeois, le peuple n'a pas à sa disposition vos salles dorées et fleuries ! La porte Saint-Martin, la porte Saint-Denis, la Bastille, voilà ses meetings favoris. Il aime à s'y rassembler le soir pour causer de ce que ses gouvernants ont fait dans la journée. C'est son droit, et nous avons souvent au passage des discours plus sensés que les plaidoieries à la Petit-Jean de l'Assemblée nationale. Le peuple est calme et sage, et voilà que vous arrivez avec vos forêts de baïonnettes. Et de quel droit, s'il vous plaît? Avant de parler au nom de la loi, commencez à la respecter vous-mêmes. Les blouses étaient là bier, de par la loi ; elles y seront demain. C'est vous, vous seuls qui faites de la provocation et de Tillégalité.

« Peuple, reviens sans crainte à tes réunions du soir. Que t'importe leurs sergents de ville (leurs gardiens de Paris, veux-je dire), leur garde municipale (lisez nationale) et leurs commissaires de police, qui seuls n'ont pas travesti leur nom. Tout cela était doux et poli sous l'administration de Caussidière ; tout cela devient arrogant et brutal depuis sa noble démission. Est-ce que le citoyen Trouvé-Cbauvel voudrait marcher déjà sur les traces de M. Gisquet? Mais que t'importe, peuple? Maintiens, en dépit de tous les efforts réactionnaires, les droits achetés au prix de ton sang ; les préfets de police changent, la justice et la liberté ne changent pas. »

Nous trouvons fréquemment dans cette feuille le nom de M. Clavelle Doysi, rédacteur de la partie financière.

Ne serait-il pas utile aussi de conserver les noms des commissaires du fameux banquet à cinq sous ; fraternisation des travailleurs : L.-B. Tbomassin, A. Ratier, Grossier, Baranger, M. Lunin, Ch. Deshayes, Berot fils, E. Surgi, président du Club du 5* arrondissement, Raquinart, J.-B. Florentin, Guérin, Rigaud.

Plus loin nous voyons que les citoyens L. Barbés, Heneytre, A. Deider,A.-L. Tessier, E. Feyt, Vladanet, V. Spiuga, W.-F. Carter, tous étu diants, se donnaient le plaisir de brûler r^i^femblée nationale sur la place Sorbonne, au pied de l'arbre de la liberté et aux cris de vive ta république démocratique et sociale! Voyez vous cette bonne et inteUigente jeunesse des

écoles préparant le couteau qui doit la décapiter. L'Organisation du Travail n'avait d'autres doctrines que celles du citoyen Louis Blanc, qui était son héros, son demi-Dieu, son Dieu; c'est assez dire la nullité complète de ce journal ; aussi ne contenait-il que des calomnies et des dénonciations. Il devait publier aussi des feuilletons de critique d'art, dus à la plume élégante du citoyen P. Dupont. Quel est donc ce citoyen Paul Dupont?

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