Le voNiTSUH R^UM.iQAiH. — Feuille
91 Février.
Aux preiliiers jours, la consternation fut grande dans Paris. Chacun comprenait que cette révolution qui, aux cris ùevive la réforme^ nous avait conduit à la République, pourrait bien sans le vouloir nous entraîner aussi jusqu'au communisme. Placé entre deux inconpus, entre le passé et l'avenir, on ne savait comment accepter le présent. Tout dans les faits, dans les hommes et dans les idées paraissait étrsmge et imprévu. Hier et demaûi étaient également inj compréhensibles, jamais le doigt de Dieu ne s'é- I tait appesanti d'une manière aussi évidente sur le pays. ^ Les républicains euxHOiêmes, n'osant croire à leur succès, s'inquiétaient fdus de l'exploiter que de l'organiser. Tout le monde attendait. Enfin, le 27, l'opinion pubhque encore timide et tremblante voulut se réveiller, on vit alors paraître;
5 — P. Le salut public, f- Gérant M. Loudun. Journal modéré qui ne put satisfaire la fièvre démoératique dont toutes les tètes avaient été saisies m subitement.
$ — P. Le salut public, de MM. Champfleury, Baudelaire et Toubin» — Quoique ou parce que rédigé avec beaucoup de talent, ce journal de (hntaiâe démocratique n'eut que deux numéros. Comme il est extrêmement rare, puisque la Physionomie de la Presse n'en fait même pas mention, nous en extrairons
RfiVDE DES JODEWAOX/
un article intitulé : Les CHATiMBNf s ds bibu.
a L'ex-roi se promène.
Il va de peiqtle en peuple, de TÎUe eu ville.
Il passe la mer ; — au-delà de la mer, le peuple bouiUonne , la République fenaieote sourdement.
Plus loin, plus loin, au-delà de TOcéan, la République.
Il rabat sur TËspagnOv — la République circule dans Tair, et enivre leB poumons eomme un parfum.
Où reposer cette tête maudite?
A Rome?... Le Saint-Père ne bénit plus les tyrans.
Tout au plus pourrait-il lui donner Tabsolu^ tion. Mais Tex^-roi s'en meque. Il ne croit nia Dieu i ni à diable.
Un verre de Johannisberg pour rafraîchir le
gosier altéré du juif-errant de ta royauté !
Mettemichn'apas le temps. U a bien assez d'affaires sûr les bras ; il faut intercepter tautes les lettres, tous les ]ourn«ux,|toates les dépôdies. Et d'ailleurs, entre despotes, il y a peu de fra*ternité. Qu'est-ce qu'un despote sans couronne ?
L'ex-^roi va toujours de peuple en peuple, de ville en ville.
Toujours et toujours, vive la République! vive la liberté ! des hymnes ! des cris ! des pleurs de joie !
Il court de toutes ses forces pour arriver à temps quelque part avant la République, pour y reposer sa tête ; c'est là son rêve. Car la terre entière n'est plus pour lui qu'un cauchemar qui l'enveloppe. Mais ù peine touche-t-il aux barrières, que le» clodies se mettent gaiement en branle, et sonnent la République à âes oreilles éperdues.
La tète de Louis-Philippe attire la République comme les paratonnerres seavent à décharger le ciel.
Il marchera longtemps encore, c'est là son châtiment. Il faut qu'il visite le monde, le monde républicain , qui n'a pas le temps de penser à lui. «
7 — P. La répobltqub française. ( jfon mentionnée dans la Phytiontmie de la Pre$$e). Rédacteurs : MM. Frédéric Rastiat, Hippolyte
Caslille, Molinari. — Né le 26 février, ce joui^
nal, franchement républicain, combattit coura-
gensement pendant près d'un mois les doctrines
absurdes du citoyen Louis Rlanc. Dans le n» 18,
nous trouvons ce mot aux électeurs ruraux:
« LaisseresE-Yous tme tK)igfi'éè d^fi^aies 'y' dé*poser ce vote qui doit décider de- votre salut?:. Autant vaudrait,. Qia, foi, confier au prenuer passant venu, votre beurre, v^s œufe, et vos choux, pour qu'il aille, sans vous., les vendre aU marché voisin, »
Voici un extrait ^u n*^ 14, cfUi va assez-bien à l'adres^ des socialistes, et coinitie notis n^en avons par encore fini avec eux^ il «'eiit pas inu^ tile de le traniscrire ici:
« Que l'on y prenne garde ! Aujourd'hui oa commandite la théorie de M. Louis Rlanc; demain, il faudra commanditer celle des fouriéristes, après-demain celle des communistes!
Et qui fournira, l'argent ? Lés contribuables, c'est-à-dire tout le monde, le pauVre comme le riche, car tout le monde paye l'impôt, ne l'oublions pas ! Et le pauvre plus encore que le riche! Rs objectent, à vrai dire, ces sociaUstes à. qui l'on jette avec une si déplorable libéralité les deniers de la nation, ils otyectent que leurs ateliers nationaia donneront du travail aux ou* vriers. Oui, sans doute, mais ce travail qui sera donné aux uns ne sera-t-il pas ravi aux autres? Ces capitaux avec lesquels on va fonder des ateliers nationaux ne seront-il pas enlevés à toutes les branches de la producdon, oîji ils servent à alimenter le travail? En les déplaçant, on déplace le travail, voilà tout; oh le déplace k grands frais, et, par conséquent, au lieu de l'augmenter on le diminue ! »
8. — Le p£Uplb constivuai9t. ^-Le 27 fé^ vrier, lorsque ce journal parut en placards sur les murs de Paris, ce fut un événement. Chacun s'abordait le soir en se den^ndant: Avezvous vu, avez-vous lu le journal de l'abbé de Lamennais?— Le célèbre auteur des Paroles d*un croyant reparaissait tout à coup Comme une ombre, l'ombre de lui-même — Les premier^ numéros sont pleins de foi, pleins d enthousiasme pour la République. Ainsi le il avril, l'abbé de Lamennais écrivait :
« L*union du peuple et de l'artoéca été scellée hier an pied du monument, immortel symbole de notre gloire nationale, sous le drapeau sacré qui enveloppe de ses pUs tous les enfants de la France. — Et comment l'armée et le peu- I pie ne seraient-ils pas unis? Par où pourraient- I ils être séparés? Est-il un intérêt qui ne leur ' soit pas commun? N'est-ce pas du peuple qae ' sort le soldat? Le temps de son service fini, j n'est-ce pas dans le peuple qu'il rentre? Il y - retrouve son pore, sa mère, Besfrèresysessœari,
BULLETIN DE CENSURE
Est-ce que jamais ces liens ont pu 6tro rompus?
aCompreod-on maintenant tout ce que renferme de salutaire et de grand Tunion du peuple et de Tarmée? Elle est le complément de Funilé nationale, la garantie de la paix dans le droit, de r(»*dre dans la liberté. Une seule volonté, une seule force, et conséquemment plus de révolutions possibles, car les révolutions ne sont jamais que le combat entre deux forces et deux volontés opposées »
Et, le il juillet, le même homme écrivait dans le même journal :
« Le Peuple constituant a commencé avec la République, il finit avec la République ; car ce que nous voyons, ce n'est pas, certes, la République, ce n'est même rien qui ait un nom : Paris est en état de siège, livré au pouvoir militaire livré lui-même à une faction qui en a fait Son instrument ; les cachots et les forts de Louis- Philippe encombrés de 14,000 prisonniers, à la suite d'une affreuse boucherie organisée par des conspirateurs dynastiques devenus, le lendemain, tout-puissants ; des transportations sans jugement, des proscriptions telles que 93 n'en fournit pas d'exemple , des lois attentatoires au droit de réunion, détruit de fait ; l'esclavage et la ruine de la presse, par l'application monstrueuse de la législation monarchique remise en vigueur ; la garde nationale désarmée en partie ; le peuple décimé et refoulé dans sa misère, plus profonde qu'elle ne fut jamais ; non, encore une fois, non, certes, ce n'est pas là la République; mais, autour de sa tombe sanglante, les saturnales de la réaction.
« Les hommes qui se sont faits ses ministres, ses serviteurs dévoués, ne tarderont pas à recueillir la récompense qu'elle leur destine, et qu'ils n'ont que trop méritée. Chassés avec mépris, courbés sous la honte, maudits dans le présent, maudits dans l'avenir, ils a'en iront rejoindre les traîtres de tous les siècles dans le charnier oiî pourrissent les âmes cadavéreuses, les consciences mortes »
Dans le 5* n"*, nous trouvons un article de M. Pascal Duprat qui termine par ces mots :
a Que les ouvriers ne se dessaisissent pas légèrement de leurs armes, qu'ils gardent avec la même sollicitude la plupart de ces barricades qui ont été le tombeau de la royauté. C'est ainsi qu'ils fonderont véritablement la République* Ces pierres qui ont fsài tout à coup des ci-
tadelles seraient encore au besoin les gardiennes du droit populaire. »
En voici un de M. Henri Martin, qui ne paraît guèire plus pacifique :
« Que crains-tu, ô peuple, en retournant au travail ? — Qu'on t'arrache ces droits reconquis au prix de ton sang? — Qu'on te vole encore cette égalité polilique qui est le seul moyen et la seule garantie des améliorations sociales ? — N'as-tu pas ton fusil à côté de ton établi ou de ton métier ?— Qui te l'ôtera ?»
Les collaborateurs de M. l'abbé de Lamennais étaient M. Aug. Barbet, pour la partie financière ; MM. Ferrari, Jules Dupré et Christien Ostrowski, pour la politique extérieure. Ce dernier trouvait que les Français, les Belges, les Suisses, lesEspagnols, les Portugais, les Italiens et les Polonais sont tous républicains, et il porte à 405 millions le chiffre des vrais démocrates en Europe. — Peut-être aujourd'hui en rabatterait-il un peu.
Âpres avoir boudé l'Assemblée nationale et la commission de constitution, l'abbé de Lamennais se mit à bouder le public qui répondait froidement à son appel.— Le 11 juillet, le Peu-pie constituant cessa de paraître; l'illustre abbé eut la modestie de croire que /a l{^/brm€ le remplacerait avantageusement auprès de ses lecteurs, et il légua sa succession à ce journal, qui n'en devint ni plus riche ni plus intelligent. — Voici les adieux qu'il fit à ses abonnés : c 11 faut aujourd'hui de l'or, beaucoup d'or, pour jouir du droit de parler : nous ne sommes pas assez riche. — Silence au pauvre. »
Ce journal en réahté n'était ni franchement politique, ni franchement socialiste. — C'étaien t toujours les Paroles d'un croyant^ les Âmschaspandset Darvands, une sorte de mysticisme grossier qui tient de la bête et de l'homme, mais qui ne répond à aucun besoin, à aucune fraction de l'opinion publique ; nous sommes persuadés que si M. l'abbé de Lamennais avait trouvé une idée, la plus petite idée nouvelle; il aurait eu le talent de trouver aussi un cautionnement.
9 — S. L'ami du peuple. — Les savants disent que le citoyen Raspail (de Carpentras) ne sait rien, mais que c'est un homme d'Etat; — les hommes politiques, au contraire, ne veulent pas le prendre au sérieux et soutiennent que ce doit être un bien grand savant. * Ainsi pris entre l'arbre et l'écorce, ce vieux républicain nous paraît avoir quelque analogie avec la pu -
REVUE DES JOURNAUX
naise de bois qui révèle son existence obscure et honteuse par Todeur nauséabonde dont elle infecte Tair. Quant à nous, nous le laissons se juger lui-même ; et puisqu'il dédaigne maintenant la science, acceptons-le comme homme politique. — A nos yeux, il n'a qu'un tort, c'est de se regarder toujours au travers de son microscope et de se voir beaucoub plus gros qu'il n'est. Lisez son journal, car c'est son journal, le journal du citoyen Raspail, l'ami du peuple, et vous trouverez à chaque page, à chaque colonne , à chaque ligne, sous chaque mot, le moi^ moi Raspail, moi le grand homme, je veux, je dis, je prétends ! — Il a eu le talent de faire croire, dans ses premiers numéros, qu'il inquiétait le gouvernement, et quelques lecteurs candides l'ont pris au sérieux. — Plus tard, il s'est cru poursuivi, calomnié, traqué (car il a aussi la faiblesse de croire que tout le monde le connaît, et que par conséquent tout le monde lui en veut) ; mais il en a été quitte pour la peur. — Il alldit sans doute tomber dans Toubli, dont il est digne, lorsque lui vint la fantaisie de se montrer à toute la France en escaladant la tribune de l'Assemblée nationale; — et comme on ne le regardait pas assez, il se mit à crier, à pérorer et à faire le tribun. Cette célébrité par effraction lui valut d'être envoyé a Vincennes.— Mais le peuple, toujours intelligent et moral, aime à récompenser ceux qui violent les lois, et surtout ceux qui cherchent à renverser les législateurs élus par le suffrage universel. — Le citoyen Raspail (de Carpentras) , appuyé aux dernières élections par 66 mille électeurs, a été nommé représentant.
Nous parlons peu du journal, parce que le journal c'est l'homme ; quoiqu'il ait eu quelques collaborateurs anonymes, l'un et l'autre se valent. — N'ayant jamais rien appris, le citoyen Raspail (de Carpentras) croit tout savoir ou tout inventer. — Il est indifféremment géomètre, légiste, historien , etc., etc., et parle de tout avec une égale assurance. — Dans le club des Amis du peuple, il faisait un cours de déclamations démocratiques et sociales. Le mattre seul avait la parole. — Voici quelques extraits de son journal:
(N® 2) c Nous venons de lire avec la plus profonde affliction, dans les ordonnances du Mo-nileur , que le citoyen Crémieux continue à donner du monsieur à tout le monde dans ses rédactions. Nous soupçonnions que le citoyen Crémieux n'était pas républicain avant la pro-
clamation de la République : mais aujourd'hui ce serait un parjure que de ne pas l'être dans le cœur. Après l'allocution de M. Crémieux, vient l'allocution de messieurs, car nous n'osons pas dire des citoyens membres du gouvernement provisoire. Le Moniteur maintient la particule de h M., car nous ne disons pas le citoyen de Lamartine. M. . de Lamartine use du mot de messieurs, long comme le bras. Nous sommes en pleme réaction ; pourquoi pas? M. Thiers a reconnu le gouvernement provisoire, d
Dans le n** 7, nous trouvons ces cinq lignes pleines d'aménité et de bon goût :
« Le sieur Thiers ose se dire citoyen et se présenter à la candidature dans les Bouches-du- Rhône. Nous pensons que ce petit valet congédié de l'ex-royauté aurait dû se présenter de préférence au Bouches de la rue Transnonain {vieux stylé), t»
Le citoyen Raspail, écrirait-il encore aujourd'hui comme au 6 avril : « La république seule peut nous préserver de la guerre civile et des révolutions ; là où tout se décide par le vote, il n'y a plus de place aux coups de fusil. v> — La tentative du 15 mai et les journées dejuinl'ontelles rendu moins ignorant ?
Enfin, dans les derniers numéros de l'ÂnU du peuple, le citoyen Raspail, voyant baisser sa popularité, s'est fait franchement socialiste, sans accepter aucun système, sans formuler aucune doctrine. Voici pourquoi nous ne pouvoLs voir en lui qu'un ambitieux sans idée, un esprit inquiet, soupçonneux et chagrin qui devrait bien aller rejoindre ses amis de la veille et seconso- 1er avec eux de leur ridicule nuUité.
10 — S. Lk Représentant du peuple. — Celui-ci n'est pas le vrai, le grand, le fameux Représentant du peuple qui définit la propriété un vol, la famille un préjugé, la religion une sottise. — Cependant, il n'en vaut pas mieux. Ce sont les mêmes doctricnes grossièreset immorales, développées sans aucune espèce de talent. Le jour même de sa naissance , il a trouvé la mortlionteuse qu'il méritait.
28 Février.
11 — La voix du peuple. —Ce que dit la Pysionomie de la Presse à propos de ce journal est erroné. Nous avons sous les yeux le numéro publié, il ne contient absolument que des nouvelles ou plutôt que des bruits etdesondit comme il en circulait tant alors.
29 Février.
12 — P. L'AsSEHBLi» NATIOYALB. — Cett^
le
bullehn db censure.
fetiilte, franchénleât moQarebiqAe et i^etionnaire, éomme disetit tes ^^oeràted <Phier, a dû sHHi grand et rapide succès au talent de ses rédacteurs êtt^iotû, mais aussi à ropposîHon coufageus» et éno^giqtie quelle n^a cessé de faire au noureau gouvernement. •-- Quoiqu'elle n^ait jamràs levé son drapeau, on Faccuse avec quelque raison d'appartenir à d'anciens fonction-» naires de Louis-Phifippe.
Voici quelques extraits de ce journal :
N« 28. « Si quelques milliers de fanatiques égarés voulaient violenter et dissoudre l'Assemblée nationale et traiter on pays conquis notre belle patrie, nos représentants auraient bientôt trouvé dans le camp des trente millions de Français qui les auraient élus, un asile respecté, une libre enceinte pour délibérer*
« Et soyez-en certains, malgré vos menaces, de tds hommes sauront faire respecter la souveraineté nationale^ soit à Paris, soit ailleurs, s'il te faut.
« N'ayez donc plus la pensée de vouloir gouverner la nation tout entière par la tyrannie^ les usurpations, par la surprise des émeutes ; la France a cru devoir accepter d'une voix unanime les chefs qui ont pris le pouvoir, mais elle ne veut plus courir le hasard d'une pareille iwr provisaliou* »
qui envoie dans le^jirovinces l'inquiétude, l'agitation et la tyrannie.
« Nous attaquons le inembre du gouvernement provisoire qui prétend opprimer la majorité et qui, pour le soutien de ses opinions, pour le triomphe de Ses volontés, en appelle à la force du dehors. »
N*» 5^, « Nous n'écrivons pas pour les fanatiques intolérants, pour les utopistes orgueilleux, pour les ambitieux incapables et cupides ; nous n'écrivons pas surtout pour les hommes de miauvaise foi, à quelque couleur, à quelque classe qu'ils appartiennent.
« Nous avons pour inspiration notre conscience, pour guide l'opinion publique^ et afin d'assurer le triomphe de la vérité, nous n'avons pas besoin de l'éclat du style, des artifices du langage et des ressources d'une plume exercée.
« On écoute notre parole parce qu'elle sort de notre cœur, parce qu'elle traduit la pensée de tous. A dé^ut de talent, nous possédons la foi, et la foi politique ne manque jamais d'auditoire au milieu même des passions les plus exaltées, parmi les faiblesses les plus déplorables.» ♦ .
N<» 46 « Nous avons adopté la
ligne droite comme la plus courte et la plus sincère : ce n'est pas notre faute si les détours de la diplomatie paraissent à quelques personnes trèshabiles, plus conformes à la situation du pays.
tt Nous ne pensons point à la régence, parce que la régence nous paraît actuellement impossible ; nous ne pensons point au comte de Chambord, parce qu'il ne serait qu'un danger de plus.
«t Nous comptons des amis dans les regrets et les souvenirs que présentent ces deux noms; mais avec les hommes sensés et prévoyants, avec tous les hommes dévoués à l'avenir et à la prospérité du pays , nous voulons un essai sincère , complet de' la République.
« Nous le voulons avec plus d'ardeur que le pins fougueux républicain. »
N"^ 52. « On nous demande pourquoi nous attaquons sans cesse M. le ministre de Tintérieur, pourquoi nous nous posons comme ses ennemis personnels.
Notre réponse est faciio ;
« Nous attaquons le ministre de l'intérieur
<t Voici les noms des dynasties qui veulent régner sur 35 millions de Français ^ qui veulent gouverner le plus noble pays du monde.
a ta dynastie du National, la dynastie de la Réforme, la dynastie de la Commune de Paris, la dynastie des communistes socialistes, etc., et enfin la dynastie des fainéants et des pillards ; nous oublions sans scrupule quelques autres prétendants d'une nuance trop insignifiante ou d'une couleur trop tranchée.
« Le National représente la gouvernement accepté et responsable ; la Réforme, toute minorité qu'elle est, règne un peu et gouverne beaucoup; la Commune de Paris aspire au triumvirat dictatorial; les socialistes rêvent l'égalité mathématique et anti-sociale. Enfin les fai néants et les pillards demandent le pillage et le partage des propriétés pour y jouir à leur tour en paix des douceurs de l'oisiveté. » . .
rAssembée nationale a publié autrefois deux lettres à M. de Lamartine qui ont eu un grand retentissement dans toute la France. — La première surtout était très remarquable. — Ceux qui l'ont lue la relisent encore avec plaisir.
Suspendu aux journées de juin, ce journal a reparu le 7 août; mais nous doutons fort qu'il ait obtenu depuis le même succès. — Sa tàchej
REVlïlB bl» JOOKl^AtJi.
était presque remplie ; fi avait réveillé Topinion sage et modérée de la grande majorité da pays. — QudUes (|uesdient les o];Hnionsàtt?Lquelles on appartient» on doit reoonnàiti^ qa*û a poursuivi sa marche «veo beaucoup de talent, de eourage et de modération au milièfH des dangers, des entraves, ded titemaeés de toute nature dont il était entouré.
Rédacteur etl chef: S. le marquis de la Valette qui avait Mdé autrefois l'Edio du monde savant.
15— P. Le girondin — Ce titre dit asse»
ce que devait être ce journal, qui a eu six numéros. — A la devise liberté^ ég^alUé^ fra^ iemilé, il osa ajouter : ordre public ; c'était du courage alors. — Son rédacteur en chef, M.
Auguste Vitu, dirige maintenant le Pamphlet^ Ce n'est pas nu républicain de la veille ni du lendemain, mais ce qui vaut mieux, c'est un homme de talent.
14. — Lb drapeau BfiPUBLiCAiN. — Quoique ce journal ait vécu quelque temps, nous n'en avons gardé aucun numéro, nous n'en dirrons donc rien, et c'est justice ; il était complètement nul.
15. — Le réformateur des abus , par le citoyen Bouchereau. — Insigniflant et nuL — Mort-né. — M, Bouchereau, qui veut réformer le calendrier, nous parait être un républicain d'Almanach.
16 — P. La liberté. — Hâtons-nous d'enregistrer celui-ci, car demain, !•' mars, il aura cessé de vivre, et son titre sera pris par un autre ; M. L'Herminier, ancien rédacteur en chef du Portefeuille diplomaliquet en était le fondateur, -* Ce devrait donc être un journal modéré ou plutôt réactionnaire, — Cependant, M.
L'Herminier disait souvent: « Si la civilisation française doit s'éteindre, pourquoi ne pas nous jeter tout de suite dans le communisme et finir par de joyeuses folies. •«- Mieux vaut la barbarie des socialistes que l'abrutissement des bourgeois. » — C'est le cri de désespoir d'un homme d'esprit qui voit juste et loin.
Terminons ce glorieux mois de février en citant deux publications qui ne sont à la vérité ni littéraires ni politiques, mais que noua devons mentionner ici pour mémoire.
17. — Le mois. ^ Récit des événements accomplis, fait par le citoyen Alexandre Dumas, secrétaire particulier de Dieu. C'est un recueil amusant d'aoecdole» révolutionnairesi On y
trouve souvent des tnôt^ comme celui-ci: que pensèss^vons des cèmmunîstes icariens^
Les communistes icarieïis sont les disciples
d'toi oertaiâ greemmmé le&ie qui a voulu voler.