‹ La presse de 1848Chapitre 31 sur 118 · S. Le gamin de paris. Gérant · texte numérisé non relu

S. Le gamin de paris. Gérant

Lardet. ^ Voici un échantillon de ce sale et insignifiant petit journal :

Le Gamin de Paris à M. le Maire.

«De quoi! plus d'attroupements, plus de rassemblements, et si je veux m'attrouper et me rassembler, moi, faudra la permission de M. le maire?

a Magistrat, je te respecte, mais j'ai l'oreille dure et je ne comprends pas à demi-mot.

a Faut-il être deux, trois ou cinq cents pour former un rassemblement gênant?

a Yaura-t-ildes sommations? Combien? dans quel genre? Seront-«iles respectueuses?

(( Et après les sommations?... C'est là que je t'attends, magistrat....

a Tu dis comme cela que c'est gênant pour les cochers. Mais si les clubs en plein air gênent ceux qu'a le moyen de se fendre d'une voiture, ton idée à toi, qui ressemble à celle de Duchâtel, n'est pas commode non plus pour la liberté de tout le monde.

« Quelle liberté doit-on vouloir? Celle d'aller en voiture, ou celle de se réunir, même dans la rue? Gare, j'y payerai la goutte, et le sort de la patrie n'en sera pas plus compromis.

REVUE DES JOURNAUX

«i Enfin, magistrat, je te respecte, et je veux entrer dans ton idée. Tu connais à fond ta voirie, et t'es un édile modèle. Je ne pourrai pas

ni'attrouper dans les rues, vlà qu'est bon

Mais au Champ-de-Mars, hein? C'est une autre paire de manches, ça n'embarrasse rien, ça, hein, monsieur le maire?

a Si pourtant ça te gênait , faudrait le dire. »

217. — Le gamin de paris. Gérant : A. Collin. — Journal modéré , mais à peu près nul.

C'est probablement le 2" numéro de cette feuille qui parut sous le titre de :

218. — Le vrai gamin de paris. — Nous n'en dirons ni plus ni moins ; ni trop ni trop peu.

Ces deux petits journaux nous ont fait découvrir l'existence d'une petite société de petits gens de lettres, et nous allons à ce propos mdiquer à nos lecteurs comment les journalistes, dans la lutte politique soutenue depuis dix mois, se sont groupés par familles d'après la loi des affinités électives.

Nous avons eu d'abord le Petit Homme rouge ^ le Bon Sens du peuple^ V Avenir national, dans lesquels on peut ranger MM. Paul Féval,

Léo Lespès, Marc Fournier, Auguste Vitu etl"?* ^"''''"~* ^" ^«ff*''"'^"'' • wvc*w«Afw vn- A. PourSy. Ge dernier avait autrefois des i..s-l'^««" et tmporlantes, ou fremer xnUrroga. tincts sociaHstes (républicains très-modérés.

socialiste ; Eugène Sue, Esquiros, Louis Blanc, en sont les chefs ; viennent ensuite YiHegardelle, Lachambeaudie, Crubailhès, H. Ménars de SenneviUe, Ch. Deslys, Paul Rochery, Charles Baudelaire, Jules delà Madelène, Pierre Dupont, l'abbé Constant, Greppo, J. Viart, Claude Genoux, Bougarre, Sylvestre, MM"«* Adèle Esquiros, Gay, Fossoyeux, Niboyet, etc.. etc...

Enfin, nous arrivons au petit cénacle dontnous avons parlé en commençant, et qui se compose de MM. A. CoUin, E. Martin, A. de laFizelière, Ch. Deslys, J. Dufiot, A. D*% Galvani, Paul de Lascaux, Thierry et Eugène Woestynn. Nous ne connaissons que ce dernier qui est gros, gras et — ancien directeur i'un journal, à Or-

Ces jeunes gens de lettres, que nous ne pouvons classer, ni parmi les littérateurs de talent, ni parmi les répubUcains qui n'en ont pas, ont publié plusieurs petites feuilles modérées et réactionnaires, telles que La Carmagnole, du l*' juin (quatre numéros, je crois); Le Gamin de Paris, du 4 juin ; Le Vrai gamin de Paris, du même jour (deux ou trois numéros); au 15 juin il est devenu le Petit caporal, journal de la jeune et vieille garde; le numéro 5 de ce jour-< nal contenait en supplément : Révélaiions eu-

je veux dire malgré eux )

Dans le Pamphlet nous retrouvons : Léo Lespès, A. Vitu, Am. Achard (Grimm), Champfleury, Ch. Monselet, Théodore de Banville ( Fr. Villon ), Paul Féval (ouvrier sans ouvrage), Henry Murger, Henri Nicolle, Julien Lemer, Loys l'Hermmier, A. Ponroy ( G. Dicks), G. de la Landelle, tous, ou à peu près, républicains sans le vouloir.

Maintenant nous avons dans le Spectateur républicain et dans le Journal , toute l'école du bon sens, c'est-à-dire des républicains sans le savoir : Alphonse Karr , Francis Wey , Louis Jouidan, Th. LavaUée, Barrai, Biaise, Ponsard, Emile Augier, Taxile Delord, Gustave Planche, Laurent-Jan, docteur ivan, Carraguel, Félix Tournachon, etc., etc.

L'école de la fantaisie politique est moins nombreuse , elle ne compte guère que trois ou quatre représentants : A. Vacquehe, Paul Meurice, Méry, Ch. Hugo.

De Pierre Leroux à Proudhon, en passant par George Sand, nous rencontrons l'école littéraire*

toire des insurgés (du 4 août). Le 13 août, il donnait à la fin de son numéro 7 : Revue des murailles, musée comique, etc. Dans le mois d'octobre, le Petit caporal se fait hebdomadaire; il se déclare mensuel en novembre, et en décembre il cesse de paraître.

Le Croque-mort de la Presse, à qui nous empruntons ces détails, assure que les mêmes écrivains ont aussi pubUé Le succès.

N'est-ce pas encore à eux que l'on doit : Les Mémoires d'un insurgé, histoire des sociétés secrètes, depuis 1815, jusqu'en 1848. ^ Nous connaissons deux livraisons de cette publication hebdomadaire.

219. — Le courrier de l'assemblés na-- TiONALE. Gérant : Ed. le Françay. — Cette feuille a paru une fois pour donner les noms des cent quarante-quatre candidats à la représentation nationale ; il y en avait le double environ pour onze nominations.

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