La conspiration des poudres
Journal fulminant. Gérant : P. Souy. — Il de^ vait paraître deux fois par semaine. Pourquoi fiBÛre?
BULLKTIN PB CENSURE.
â2l ^ P* L'AVicfirit KATiOMAL. Joumol du li^ertét foUtiqmt^ twilt$ ti reii§iewe$. Réducteurs en ch«f : Paul Fév^Ji et P. de Caux. -- F^isUle trè«HW)dérée 6£ bicit faite. Mais U politique n'a p9& ds succès au«Gi iaeiles et aussi pi'oiapte qiie le romm; ^a m s'itBçrpvise pes joiiraali^ ; voUà poofHiooi Y Avenir ^ali^mal esi le deuxième m le tueisième iauraiil qui» M. Paul Féval Ijiie »hw lui. £a voiei quelques exti^is :
(K Désonaais les mf«H«t»n pournmt perler aux oiio^m Bans iiédûr le genou. Il n'y eun plus de metemores de la veille ni de parias du leixlemafn. La rogne, èa ratde, la rsTêclie anstosraiie 4u Nvlieml dépose ses patrobeoune sur VaxM de h patrie étemée.
« Dorons des cornes de bœuf, allons quérir diea le ixMi^enum» Mt <3e9te jeunee fiUes mai haU^es^ r^u^ fi ler^s de {ewll«ges verts; aobetoBfi dee flul^s # «e^ iïms et obeu^^^fis lee dieux i^amoftek bw le s^pàe aohaJû|ue. Faiso^ uae fête i Â^duissoae-ik&usi Nos «eigfi^ure v^ uianoeu^ .à leurs ^i^riléges «i i^gitiiBes.. Les pon-r quérauts desce^tdeiat d^ kufg obiers.
n PeodfS^t'quatr^ mm vou^ Ayes^P^lé Aàpe*neo); et 4ur^N0es4^ mm ^m» étiez 4e <très-feM«ues ^^aioqueurs. Les parurews eikf^ ij^uéo^g kt^ sûia de ^eter iuii .peu ienr i^ur«e«. Vous ^yesL àonifA qua^Mi mis <r>ap&i»fisé les uvanioes 4® trente et >qpie][ques «o^l^o^s de f'f^ocsaie^ P^* ètite veAM^ été j^ digpe de vou9 faii\a h&os Princes avant voibre ob^te^ mak vms i^e^ W^ féré attoadi^ pour fi\è|ir<e<que 4m bpn^ •Hj^i^lbres du leodefidijuui.
« Après comme avant, vm intautijaMS spidl .Ja pureté jnême, et.c'ast iout.ce jju'il faut
^ Yous 4a\(e2 caoy^pifi que vQtpe sys^ne fim^ sislait à crier iw les foUg||i»B b /république è^t entouiée vd'epiemis, laisait<te^t l)^uD^aietftides eimemis k ki <F4publique. .Nous saurons biau ^e! joela vous donnait «ufie poe^tien .oomuiode. 'Ces £a|itasl3ques ennei^is, 'Vous les i^nisieis^en .peussière deux ou trois fois par senKÛne.; i»iê& <les deux jours, il vous était donné de sauver la pa- Ttie et lâ'écraser la réacîlion'î Muis pendant cela , -cinquante mftte républicains de Tavnirt-vcîlle ïonâaiertt paisiblement 'leurs î)alles et traçaient H ioiSir1em"[ilan;âe bataille.
« On ne peut sufveifter à lalbis tout le monde.
«Vous avez compris que 'te îlëpubliquon*»yeit^iue deux so^^tes^'^admsaires s les ai)AV$}iislee et les iuUHgants. ëe^e^i)énis* V^NiuJieibQHiio
((Pardonnez cependant à notre frai^ohisje.
Pendant que vous étiez au pouvuir, U république avait une troisième ^rte d-enneniis ; c'étaient les gens lassés. Votie politique fatiguait les trots quarts de la France. Il était temps qu'elle cessât.
£ltea cessé. Tout est dit. Pourvu que vous ne reveniez point aux affinires^ le pays se fera pépniiliGaîu de bon ooBur.
« Si forfe que soit la France, elle ne résisterait pas deux fois au déploiement de vqs capacîlés.
« Cette pauvre France! Dieu l'aime bien, car il Ta, par vos mains, cruellement châtiée !
«Mais, ettoor^ q^ie fois, tout est 4i(- Nou^ entr^»ns 4au6 une ère nouvelle. Et puisque vouk voulez bien nous pardonner le mal que vous nqi^ ayez fait, ujais^ns-nops^ La canciliatipiï est le besoin du pf^ys*
« Uftissons-npus pour fortifier le i)PUvoir ; uiiissens-nous pour défemlre la libertés Si la ligue de itous les honnêtes ^eus pouvait une fois se forpier, sérieuse et sincère, nos ennemi^ communs, l'anarchie et l'intrigub, seraient à jamais terrassés* d
222 — P. L^PÔTRE pu PEUPLE. Journal sor ciaîisle ^ poliUqw , littéraire et arlislique. Gérant : Pamelin. Feuilleton de MM- Cnendjas et V. de Féréd. —Voici la profession de foi de ce journal, très-insîgnîfianl bailleurs.
(ïNous sommes, nous avons toujours été, nous serons toujours républicains ; nous reconnaissons le peuple comme seul souverain légitime, et la république comme la seule forme de gouvernement quî puisse faire le bonheur de 4*espècc humante ; mais nous n^aimons pas les «Dtryerains afîkraés et couverts deliaMons, m les républiques qui puisent leur forée dans le sang.
t( fi^s 'vodoRS une république puSssattte p»r la justice, grande par la hberté, inife par la fra- «eiHMlé, «t un peuple lipe «AVateroer k eenvevaùieté.
« Nous 'venâens que la r^^nl^iqns soU Tes^ pressioe des dMts et des dei^NTs de tous, au 4ie« ée «i'4rtre qu'an vain «mt, eu le xèfpt des mesquines an^ons ; «eus venions que te pea- "^ soit 4eivé À la liauteur de la ndséon «pi'ii tient de Dieu, au lieu d'élpe, ooinMe ii fa été ijusqu'à'préfiflnt^.ftbaisfié m wfem de h knit#.
« Neiw vonlens me fépnbliqne mm j^im, aussi fcfllenneUe 4|iye âes mmàfdkm mi ^ égoïstes et corrompues; «ms ymàommjmh \ïk .ittsicuit jutant (gi'i^ esti^^tient; mm le
REVUE DES JOURNAUX
« Nous voulons que la loi soit désormais un pacte loyalement accompli entre tous les citoyens, au lieu d'être^ comme aujourd'hui, ^n instrument d'oppression contre les faibles, un moyen de fortune pour les bjabiles, une arme pour les puissants.
« Nous yoplops que la vie sociale soit enfin prise au sérieux^ que Ton parle moins de vertu et que Ton soit plus vertueux, moins de fraternité el que Ton soit plus fraternel ; nous ne voulons pas que Ton se serve de la misère du pegple ppur Tasservif . Nous voulons que chacun puisse conserver, pleine et entière, sa part de liberté et les droits qu'il tient de sa qualité de citoyen, et que chacun accomplisse consciencieusement ses de-^ voirs.
« Nous ne voulons ni Texploitation de Thommo par la misère, ni Texploitation de Thomme par r£tat; parce que toute exploitation quia pour but rabaissement de Tespèce humaine, est un crime de lèse-humanité.
(( Nous voulons que tons puissent vivre en tra* vaillant ; mais , seule , la vie du corps ne sufQt pas h donner* la bonheur ; nous demandons, pour tous, la vie du corps, la vie de Tintelligence et la vie du cœur, sans quoi le bonheur n'est qu'une G.ctiqn et l'existence sociale un lourd fardeau. 9
223^8. li'ÉPOQUii. fovrnal 4e$ honnétf$ gens. Gérant : Bernard, -^ On disait cette fouille rédigée par le cénade socialiste du café dw Arts, présentement au café du TMàtre'-FrançfUê.
Pourquoi avait-^lle si peu d'esprit quoique courant si fort après? C'est que M. Toussenel a prêté tout son esprit aux bêtes, qui n'ont pas encore voulu le lui rendre. Pauvres bêtes I
Nous trouvons dans l'un des oinq numéros de oe Journal une chanson intitulée ; Cri d'tUarme d'un éj^m anUre les sociaLisleSf sur l'air :
Satan dit un jour à sespairs. Nous en extrayons quelques couplets :
La masse des consommateurs
Aveuglée par Tintrlgue^
Veut avec les vrais producteurs
Faire une sainte ligue ( Mais c'est nous guillotiner, Cest bien pis, c^est nous ruiner.
Protégez la boutique, # Gomme ont fiiit tous vos devanciers,
Bt que la république
Profite aux épiciers.
Explorant Tombre du comptoir»
Un chimiste vorace Dans notre eau-de-vie a cru voir
Poivre, acide et mélasse, Ils feront croire au public
Qu'on y met de l'^enic.
Protégez, etp.
Nous sommiss d^s hoimét^s gens,
tiais leur Bonnard dénonce Les coups de pouce intelligents»
Les sacs pesant une once, Mieux vaudrjût-ilonc, scélérat.
Que le mî^ri^band s^ volât?
Protégez, etc.
Puisque l'on n'ose pa« pu^u*
Cette infàine ahai^hie.
Têt Qi* Urd it fiiHt en finir
Par une monarchie.
Qu'on nous donne Paul ou Jean., Mais qu'on gagne de l'argent.
Protégez k boutiq^e^ Comme l'oi^t fait tous nos devaifci^'St
£t qoe )a république
Profite aux épiciers*
Cette ignoble feuille, qui voulait tout attaquer, religion, propriété, famille, est tombée sous le mépris public. Nous nous rappelons encore le tenlps où la populace la lisait avec avidilé sur les murs de Paris, quoiou'elle ne pût rien comprendre à ses lourdes plaisanterie^ et à ses grossiers paradoxes.
224. — La jeune répubiiqu^ démocratique et sQcilae. Gérant : Ferrant. -— Prograipipeaffiche qui avait pour devise :
DiettStlalilMrU,
La famiUtt et la propiiété»
Je ne connais point ce journal ; mais en comparant le titre avec l'épigraphe, je ne crains pas de dire que son rédacteur est absurde. La république démocratique exclut complètement l'idée de Dieu et presque celle de liberté; la république sociale ne signifie rien ou suppose nécessairement la suppression de la propriété. Il y a dqnc contradiction manifeste entre le titre de ce journal et l'épigraphe.
Peut-être dira-t-on que notre nouvelle constitution, qui prétend que nous sommes une ré-' publique démocratique, a été décrétée en présence de Dieu, ainsi que le déclare le préambule? Je vous répondrai que ces mots : en présence éle DicH qui sont en tête me touchent peu; ditesmoi, je vous prie, le moyen, même pouf un vé-
BULLETIN D£ CENSURE
publicain, de ne pas être sans cesse en présence de Dieu ? — El si bon gré mal gré, nos représentants ne peuvent rien faire sans être en présence de Dieu , que prouve cette déclaration banale qui est en tête de la constitution? c'est comme s'il y avait : sous la voûte bleue du del^ en noire palais de f Assemblée nationale, etc., etc. ; ce n'est pas le mot qu'il fallait, c'est l'esprit; ce n'est point le signe seulement que nous voulons, c'est la réalité avec toutes ses applications, ses conséquences et ses déductions. Or il n'y a guère de constitution politique qui renferme moins Vidée de Dieu que la nôtre ; heureusement qu'elle se déclare elle-même incomplète et révisable; peut-èti-e une autre fois Dieu sera-t-il moins maltraité. Espérons-le pour lui, pour nous, et surtout pour la république !
8 Juin.
225. — La Boussole républicaine. Journal des intérêts et de V avenir de la République. — Rédacteur : P. E. Gase, républicain honnête mais naïf, car il s'étonne de voir les intrigants et les incapables de la veille se précipiter à la curée des places.
226 — S. JOUKNÂL DES TRAVAILLEURS. —
Fondé par les ouvriers délégués au Luxembourg. — Gérant : Pemet, ouvrier ébéniste. — Collaborateurs : Pierre Vinçard, Jules Salmson, etc. Ce journal était tout à la dévotion de Louis Blanc, Venfant gâté des socialistes, en voici quelques extraits :
« Ce qu'il nous faut avant tout, c'est une organisation puissante que rien ne puisse briser, celle que nous vous apportons est simple : la formation de sections populaires, unitairement centralisées par le comité des délégués du travail.
« Notre but, frères, c'est l'émancipation du prolétariat, la conquête de nos droits sociaux.
(( Cette question est liée intimement à la question politique. Pour la résoudre, il nous faut pleine et entière liberté de propagande, liberté de réunion, liberté d'association. La garantie de la liberté n'est ni dans la constitution, ni dans les promesses verbales ou écrites : elle est tout entière dans l'union de ses défenseurs. Frères, ralliez-vous sous un même drapeau. La contrerévolution est audacieuse ; qui sait où s'arrêteront ses attentats? Elle est habile, sous prétexte d'ordre ou de coumunisme, elle tournerait vos armes contre vous, le soldat de la liberté ne doit relever que de sa raison.
« Notre droit, appuyé depuis longtemps sur la justice, doit triompher par la promulgation de la loi. Opposons à la coalition des intérêts individuels la ligue des travailleurs associés pour le triomphe de la révolution sociale dans les élections futures.
« Le peuple, cette multitude de producteurs dont la misère est l'apanage, le peuple n'a existé jusqu'à ce jour que pour procurer à ceux qui l'exploitent, des jouissances que lui, le paria de la société, n'a jamais connues.
« Oui, c'est par son travail que le peuple fait les bourgeois, les propriétaires, les capitalistes ; oui, c'est le peuple qui fait tous les heureux de la terre.
« L'Etat, c'est-à-dire les hommes qui gouvernent le peuple, n'existent qu'aux dépens de l'impôt payé par tout le monde, de l'impôt dont la source vient évidemment du producteur.
« Supprimez le producteur, et vous anéantissez d^un seul coup les bourgeois, les propriétaires, les capitalistes, et vous conduisez l'Etat à la banqueroute.
«Donc, l'Etat, c'est le peuple, c'est le producteur.
« Ceci posé, pourquoi le peuple attendrait-il, peut-être vainement, une organisation sociale qui pourrait tout au plus lui rendre une faible partie de ce qu'il donne volontairement tous les jours à celui qui l'exploite ?
« Plus d'intermédiaire entre le peuple et le gouvernement!
« Que le peuple, sans plus attendre, s'organise donc lui-même ! n'est-il pas souverain, le producteur de toutes les richesses?
« Oui, que telle soit sa volonté, et nulle puissance au monde ne saurait y mettre obstacle !
« Oui, que le peuple veuille l'ASSOCLlTION, mais qu'il la veuille avec autant d'énergie et de persévérance qu'il a voulu la LIBERTÉ, et bourgeois, propriétaires et capitalistes seront bien forcés de consommer ses produits; et bientôt l'on verra ces marchands de salaire venir offrir leurs capitaux à un taux que le peuple sera libre d'accepter ou de refuser.
«A l'œuvre donc, peuple souverain, dessile tes yeux, sors de ton obscurité et vois la lumière ! Unis tes forces en un seul faisceau, viens mettre fin à tes misères par la sainte ASSOCIATION, que les heureux du siècle, dans leur appréhension égoïste, ont l'audace de traiter d'utopie.
« L'esclavage est aboli ! Viens prolétaire) viens signer ton émancipation »
RËUVE DES JOURNAUX.
227« — Ls Figaro, journal des ihéâlrei, — Gérant : Thierry.
228. — Lbs débats de l'assemblée nationale. — Gérant : Charles Thorez. — Bureaux : rue du Doyenné, 12. — Voir : Le peupie françaiê» -^ Déclaré le 19 juin.
229 — S. Le Christ républicain. Jwkmai du citoyen Deleclergues^ administré par le citoyen RideL Quand une société s'élève contre tout pouvoir, contre toute autorité, TEglise ne doit pas s'attendre à être respectée. — Laissez les républicains de la veille ou ceux du lendemain, et vous verrez bientôt la religion décriée, méprisée, honnie; le prêtre insulté, baffoué; le culte traîné dans la boue des réjouissances publiques. -— Est-ce que ceux qui ne veulent d'autre souverain que le peuple, la populace, le nombre, qui ne connaissent d'autre loi que VopinUm publique ou le préjugé, car une opinion n'est qu'un préjugé supposé légitime, estce que ceux-là peuvent croire à Dieu, à la justice éternelle et aux lois morales? — Est-ce qu'ils peuvent voir dans la religion autre chose qu'un moyen politique de gouverner les hommes par l'intimidation et l'obéissance? — Aussi les révolutions ne manquent-elles jamais de vouloir renverser l'Eglise, de calomnier et d'insulter les prêtres. Exemple : Qu'est-ce que le Christ républicain? — Lui-même va se charger de répondre :
« Assurément, ce n'est pas le Dieu des prêtres, ni de toute leur séquelle de dévots, de béats, de moines et de menottes. J'aurais peur de me damner si ma plume impie osait rendre le Christ complice des tartufes de sacristie, et justifier le clergé, quand le Dieu de l'Evangile le condamne depuis dix-huit siècles.
« Apprenez donc que, entre les robes noires et le Sauveur des hommes, il y a un abîme de différence; entre la religion et l'esprit des ecclésiastiques« il y a un enfer qui les sépare ; parce que la doctrine du code sacré est diamétralement opposée à la conduite des prétendus successeurs des apôtres; parce que cette grande corporation marche dans la voie de l'antiquité, pour entraîner l'humanité dans la perdition; parce que, à partir du simple curé de campagne, le vice, la fourberie, l'hypocrisie, l'impureté, la soif de l'or et du pouvoir, vont en augmentant jusqu'au Souverain-Pontife pour y abonder effroyablement ; ce qui surtout les rend coupables devant le Christ, c'est d'avoir été toujours les ennemis les plus perfides des intérêts du peuple.
« Il ne s'ensuit pas que les prêtres soient tous mauvais sans exception ; il est certain qu'il en existe de vraiment dignes ; mais ils sont en très-petit nombre, ceux que le Christ ne désavoue pas : « Il y en a beaucoup d'appelés, mais « peu d'élus. »
« Oui, le clergé, conjointement avec les rois par la grâce de Dieu, a si indignement trahi et exploité l'ignorance et la simplicité du peuple, qu'il faut repousser de l'Assemblée nationale les membres de ce corps comme un véritable fléau. Oui, le clergé a tellement déshonoré, profané et vendu la religion, que si le crucifié du Calvaire était resté visible sur la terre après sa résurrection, les papes, oui, les papes l'auraient crucifié de nouveau !
« Qu'est-ce donc que le Christ républicain?
C'est, comme vous le savez, le Dieu de l'Evangile, toujours le Dieu des pauvres et des ouvriers, toujours le Dieu des opprimés et des pécheurs, toujours le Dieu de toutes les souffrances, toujours le Dieu de cette nombreuse classe qu'on renie, qu'on pressure, qu'on vole, qu'on emprisonne, qu'on calomnie atrocement et qu'on appelle populace, plèbe.
« Il n'y a qu'un Christ qui est Dieu : seulement je lui ai appliqué l'épithète de républicain que les prêtres lui ont refusée pour des raisons connues d'eux et de moi, et qui lui convenait aussi bien du temps d'Hérode que du temps de Lamartine.
<x Mais le Dieu des riches, des princes, des papes et des rois, quel est-il ? Ma foi, vive la république! Ce ne peut être que Satan.
a Allez, allez vous cacher dans vos ténébreuses sacristies, et mêlez-vous de marmotter le bréviaire, tas d'hypocrites et de jésuites ! est-ce que le temporel vous regarde ? Le bon usage que vous en faites, quand vous pouvez vous y cramponner ! Retirez-vous de la politique qui vous accuse de l'avoir embrouillée et rendue inextricable à toutes les époques ! Vous ne possédez plus la science des vrais apôtres : depuis longtemps il est bien visible que la calotte est l'éteignoir de la lumière , et le tricorne, la coiffure du diable.
a Vous n'êtes que les loups dévorants de vos outilles, et vous avez le front de venir les représenter à l'Assemblée nationale I je soutiens, moi, que c'est pour y représenter le jésuitisme et Henri Y ; mais le Christ républicain va vous faire opposition.
« Vous ne rêvez que le retour des Bourbons,
BfJLLËf tft DE CElVSORi!.
àveé râgé d^er de teiaclen régime ; mais vous aure2 uti ennemi dans te Chrtit répubHûatn, comtne dans te Pèi^ê îtuehAte, (fui, s'il plaît à Ilieti, rérélera à ropniicm pafalîane Phistoire de vos tutpfdes et ténébreoses maôliinatioils.
« Les dominui-^obigcum ne s^occupént que de bieii faire bouillir te pot et clé boire du cliampa^e à ta sànfé du peuplé qui n*en goQte pas, parce qu'ils lui conseillent Tespril de mortîùdation. tes prêtres fc^est mol qui les connais !....>!
Que signitient ces ignobles déclamations, ces saks insultes? SI le parti légitimiste conserve quelque espoir, on peut dire que ses plus puissants auxiliaires sont les républicains de la veille» qui, rendront par leiir ignoranco stupide et leur grossière imsioralité la république impossible.
330 *- Pé Ls BoNBOMHE Richard. — Nous eonittissoos trop les rédacteurs de ce journaî qui n'a eu que trois numéros, pour en écrire ni bien si oaal, mais nous pouvons dire, ce qui, dans le siècle où nous vivons, n'est ni un éloge M un blâme, qu'il était peut-être, avec VEre nouvelle, le seul journal vraiment spiritualiste de Pans4
CoMmé il ti'a eu qtt'ane publicité très-restreiate, nous lui farond de ikombreux emprunts. 0a Terra que ëette feuille, publiée daiis la pré- Tiaien âtis Iriales ioumëes de juin, aarail pu obtenir un grand et légitime succès, si le parti défi he&nètes gens était ausâ avide de lecture que eelui dti désordre et de Taiiarcbie.
t^OLiTIQtJE GÉNÉRALE.
fiQUILIBKS SXTÉRIECR.
« Il n'y a qtie tROis «ranihis pijissahcbs en Eistap^i patoé qii'il n'y a que trois isSès i«a- TtOHALis^ trois peuples^ trois nationalités bien distinetés, trois natioils, en un mot. ^ La FftÀiirCK, t^ÀLLBBAONR ct Ia Rcssifi. ^L$ta- Hmiieiitké, le jpr&téêtanHtme et l'Eglise gree^ qUè.
k Ndtts étudierons plus tard le r61ë des autres peuples.
« La France a pour mission de réaliser le ilÈif pdHIqoe, é'est-à-dire le vrai politique.
a L'AlletnagUé a poui* mission de découvrir le tHAi spéculatif, c'estrà«dire le birn dans le doînaiiie du spirituel.
« La Russie a pour mission de créer roRUiiB, c^est-à-dire de protéger le bien et le vrai, de ^r^purër tour union et les moyens de leur co-
existence ou de lëUi^ téi^fsMm simtrftîinée dans l'humanité.
« La France est artiste et guerrière.
«t Elle est artiste, et tout le prouve daili? son passé, tout le coiîGrme dans cé qui se passe sous nos yeux ! Elle pressent ce qui est bien, elle devine ce qui est bon^ elle mstrche idstînctfvement et sans cesse vers le beau;-^ elle fe dévooo avec bonheur pour toute pensée géuérdus^.
Étudiez ses arts et ses mofeurs, analysez sa littérature, et partout vous retrouverez celte noble tendance, cette stibtime hîspiration. Y\ ne faut pas trop désespérer des crises qiii Tagiteirt depuis cînqirante ans ; c*est te plus éclatâftt iêino^nage que noiîs puissions invoquer. Ètfe a soîf de franchise, de liberté, d^iridépendance. EUe veut à tout prix réaliser fa justice pdtttiqne et Ibire conmd^re à chaque citoyen quelle est sa valeur, sa dignité morale, son droit d*hoUlflic intelligent ct libre. — Quelle tendance plus marfifeste vers le bien et vers le vrai!
« La France est guerrière, ou plutôt expansive. Aussitôt qu^ellc a acquis une idée nouvelle, une conception pltts vaste et plus généreuse de ce que Ton doit appeler le bien en politique, elle vent en faire profiter toutes les nations. Il sembte qu'elle n'existe que pôUr ses sœurs, pour les guider, pour les éclairer, pour leur rappeler sans cesse les glorieuses destinées de Fhumanité. Son caractère est d'être expansive, son but national est de marcher pour la défense de la vérité et de la justice. Voilft poUhiuoi on doit raimer et la servi^ avec dévouement— fl iie fkut pas non plus que son esprit guerrier jette la moindre iuquiétnde chez les autres peuples, car chaque jour il se modifie sensiblement, et le temps n'est pas loin où elle h'estimera plus qUe les conquêtes pacillqUes de la raison.
« L'Allemagne est artiste et savante.
« Elle est artiste, non pas à la manière de la France qui s'enthousiïisme si subitement pour toute idée généreuse , pour toute belle pensée , mais à la faç*on plus froide, plus calme, et, je dirai, presque plus sérieuse, des peuples du Nord. Sa vie est méditative ; sa pensée se nourrit d'elle-même. Elle est heureuse de ses propres illusions. C'est une nature toute sentimentale et religieuse, qui aime le rêve, la méditation, et qui jouit silencieusement des douces passions, des tendres seUtlments de nott*e ânie. — Si la France est la tête de l'Europe, l'Allemagne en est le cœur, et c'est dans l'art que ces deux peu()l&s se rencontreronti
KSVfJE DES JOURHAUXi
« L^AMftagiw «et afttume, elâepi^s tth demilAèdé dà tfeiit air» qu'elle a imfioDd tons ses st* Tanti à FCimpe^ C'êsi chez eltë qti'ati retrouve les études sérieuses, protondes ^ inœssantes de nosMicietis i$énëdioUfis;. G*esl à Ke^nisberg et à Bertiii c|u'il ftnt aller demander ees prineiiMles déeouveites de h philosophie moderne et ees beau* systéméfe sOlentiRqueë qlli étoiUieilt autant par leuf gt^ndeUr que par leur ttoùtëautôi — Quelle plus éclatante protive de sa ttiisslott spéciale pour le vrHtf^ Remarquez encore que rAUemagne, par sa configuration géographique^ par les dlfWreuteë raees qui la composent, semble protldeiitièllement appelée à réaliser ce but. Elle peut saisir en quelque sorte et embrasser tous les côtés de la science^ tous les points de vue de resfA>it humaiti. Elle est ici catholique, là protestante, luthétienne ou calviniste. Tantôt di^te, athée ou panthéiste; spifituàliste d'un côté, matérialiste dé l'autre, etc., etc.; elle renferme tous les systèmes, toutes les doctrines; mais partout elle oheltîhe de bonne foi , courageusement et sans préventions , la tériié. Les écoles luttent entre elles plutôt pour s'éclairer que pour se détruire. C'est partout l'émulation, nulle part la guerre. Quel caractère national plus propre à établir la liberté sur la terre?
« U Russie, c'est-u-dire la famille slave, n'existe pas encore comme nation ; elle n'a pas d'idée nationale , de croyance populaire ; elle ne connaît pas d*une manière bien claire et bien précise ses destinées futures. — Jusqu'ici elle n'a vécu que par son gouvernement, tncore cinquante ans, et ce sera un peuple, une grande nation. Déjà nos arts, nos sciences et notre industrie y ont pénétré. Sous la protection de l'empereur, la civilisation marche très-vite dans ce pays presque ignoré du reste de l'Europe ; et quelque jour nous verrons avec élonnement nos institutions politiques, nos mœurs libérales, nos lois civiles même, y régner avec toutes les garanties que réclame l'ordre social. Ce jour-là , la Russie sera véritablement le bras de l'Europe, la main qui exécute ce que la tête a pensé, ce que le cœur a voulu,
tt C'est sur cette glorieuse trinité, la France, l'Allemagne et la Russie que doit reposer l'équilibre euro]^éën; c'est entre ces trois peuples qu'il faut répartir les destinées futures de l'humanité. Nous étudierons prochainement les devoirs, que C8 grand principe impose à chaque natHM pârtiottiière.a
wt RiACtlorauiiÈs.
a Qu'est-ce qu'un réactionnaire?— »J*atoue, mes amis , que je ne comprends pas bien ce mot. ^ Pour qu'il y ait réaction it faut qu'fl y ait Action ; or, tous lés partis s*accordent à te-i connaître que le gouvernement depuis trois mois a fait fort peu de chose ; — il n'y à pas à proprement parler û*àctîon politique, il n'y à pas de but déterminé vers lequel le pouvoir dirige la société d'une manière systématique. — Donnerat^n ce nom au désir de république modérée qu'exprime hautement l'opinion publique? — Alors les réactionnaires seront ces faroudhes bonnets rouges qui demandent la république sociale, c'est-à-dire le communisme, — ou bien ceux qui font des attroupements atix cris de : Vive V empereur ï et veulent opposer leurs passions aux volontés d'une assend)lée souveraine élue par la nation. — Ceux-là seraient encore des réactionnaires qui oseraient offrir un prétendant quelconque ( nous en avons tant à choisir ) et l'imposer contre la volonté du pays. — Mais les partis, dans leur injustice , ne se sontils pas avisés de jeter cette épithète à la face de toute la garde nationale , et par conséquent de toute la France. — Aussitôt elle est devenue ridicule, absurde ; les hommes d'ordre et de paix, tous les bons citoyens s'en sont même fait un titre de gloire.
« Sous ce fait très-simple en apparence il y a un profond enseignement à recueillir. — C'est que quand il n'y a pas véritablement à'actitm ou de direction politique, le désordre et la confusion ne tardent pas à s'emparer des esprits. — La société est pleine d'incertitude et de doute, il n'y a plus de lois fixes, de principes immuables. —Chacun fait ce qu'il peut, comme U peut. — Les notions les plus claires s'obscurcissent, on ignore ce qui est bien , ce qui est vrai, ce quiestjiM^e. — Commetit pouirait-on agir conformément ou contrairement à l'Etat, si l'Etat ne sait pas et ne dit pas ce qu'il veut ni où il tend?
tf Voyez, mes amis, les attaques qu'on lance de tous côtés contre la propriété? — Est-ce 6i>n, est-ce jiis^e, est-^e moral? ^^ La conduite du gouvernement nous laisse douter puisqu'il prépare lui-même , de ses propres mains , une loi d'expropriation publique, une violation flagrante des contrats les plus sacrés.
a Voyez le mépris dans lequel tombent chaque jour la religion et la famille. — EstH» pour
BULLETIN DE CENSURE
les relever que le ministre de la justice présente une loi sur le divorce?
« Pendant deux mois, Tinstinct de la légalité nous a sauvés de Fanarchie, et maintenant il n'y a plus de lois inviolables ; — sans cesse d'ignobles journaux font appel à Fémeute, provoquent des rassemblements et veulent substituer la force brutale à l'empire de la raison, à l'autorité de la justice et de la vérité.
« C'est qu'en elTet quand il n'y a plus de droit publie officiellement proclamé par l'Etat, on ne sait plus ce qu'il faut appeler justice et vérité. — Les doctrines les plus grossières prétendent se réaliser au nom de la morale, et en invoquant les principes les plus augustes.— Où irons-nous, si nous nous laissons entraîner par le torrent d'erreurs, de mensonges et de comiption qui monte avec tant de rapidité et fait déjà de si grands ravages? »
231. — L'Europe hépdblicàine. — Rédacteur-gérant : J. Raballet. — Rue Richer, 12.— Ce Raballet-là ne serait-il pas un journaliste de province que les événements politiques auraient fait sortir de son pays?
232. — P. Le couhrier de la chambre. — Gérant : A. Herr. — Journal modéré mais nul quoique ou parce que sans couleur politique.
10 Juin.
233. — P. La Constitution, journal des vrais intérêts du pays. — Gérant : Domenge.
Voici sa profession de foi :
« Nous voulons la république, sans anarchie et sans réaction.
« Tous disent la même chose ; bien peu Donnent leur formule. Nous allons donner la nôtre:
« Il y a deux manières de régir une société ; l'une qui consiste à la traiter en mineure, à la prendre en tutelle, à stipuler en son nom, et à subordonner le droit de chacun à un prétendu droit social qu'on fait descendre graduellement jusqu'aux moindres transactions de la vie civile.
— « L'autre, qui tient la société pour majeure ; qui laisse à l'individualisme son action pleine et entière, et son libre développement; qui reconnaît et proclame la liberté de chacun, en supposant à cette liberté une seule limite, le respect des droits d'autrui ; qui restreint l'action du gouvernement au strict nécessaire, c'est-àdire aux soins qu'exige la défense du pays au dehors, le maintien de l'ordre et des lois à l'intérieur, et qui arrive, par ces procédés simples et réguliers, à réaliser le gouvernement a bon marché.
«Notre journal prendra^ dans la presse, cette t&che toute naturelle, de défendre à la fois la république contre les chimères de l'avenir et contre les impossibilités du passé.
a II sera pour la République, contre les socialistes qui voudraient nous mener à l'absolutisme en nous faisant traverser l'anarchie. Il sera pour la république, contre les anciens monarchistes qui voudraient nous rendre la chose monarchique, moins le mot.
«Sa ligne politique est toute tracée par ce qui vient d'être dit.
a Fonder en France la république sur la liberté^ c'est-à-dire, sur le respect absolu des droits naturels de l'individu, qui n'ont d'autre limite que le respect des droits d'autrui ;
(( Constituer un gouvernement à bon marché, c'est-à-dire, ramener les fonctions gouvernementales à l'œuvre d'ordre et de paix qu'elles doient remplir, simplifier les rouages de l'administration, supprimer les gros traitements, les cumuls, les sinécures, contrecarrer ce détestable penchant du pays qui fera bientôt du peuple français un peuple de valets, et arriver enfin à obtenir une complète et meilleure besogne, à l'aide d'un personnel d'employés quatre fois moins nombreux et suffisamment rétribués ;
« Faire une guerre incessante à toutes les écoles du socialisme, qui tendent, plus ou ' moins, à supprimer le mobile de l'activité hu- j maine, et à faire de la France un immense couvent ; prouver que toutes ces écoles ont pour dernier mot le cmimunisme ; •
« Combattre par conséquent toutes ces idées d'intervention du gouvernement dans les actes ^ de la vie sociale ; misérables expédients de financiers et d'utopistes aux abois, qui arrivent à l'anarchie en cherchant Tordre, ou à l'absolutisme en cherchant la république.
«Telle estfœuvre qui, à notre sens, doit être résolument poursuivie par l'Assemblée nationale ; c'est au succès de cette œuvre que nous travaillerons. La vraie république est là, pas ailleurs. »
Dès son quatrième numéro, cette feuille s'appelait le Journal de la république napoléonienne, — Serait-ce par hasard la république cosaque? — Quoiqu'il en soit^ ce journal n'était ni nul, ni insignifiant comme le dit la Physionomie de la Presse, Il paraissait avoir un ensemble d'idées politiques, un système bien arrêté de gouvernement; c'est chose rare au milieu du désordre intellectuel qui règne autour de nous.
RËYUE DES JOURNAUX.
354 — S. La rApcbliqub rouge, avec cette épigraphe de Proudhon : Sauvenez-^imu que le drapeau rouge est le sipie d'une révolution qui sera la dernière. Le drapeaurouge^ c'est Véten-' dard fédéral du genre humain, — Gérants :
César et Perruchot. — Bureaux, rue des Bourcherie^Saint'-Germain, 38. Voici quelques ex* traits de ce journal :