Nouvelles nu joue, qui devinrent bientôt
269 — S. Le CoNaLiATBun. Journal modéré mais insignifiant et sans valeur; rédacteurs: Théophile Lavallée, Ponsard, Emile Augier, Taxile Delord, Grustave Planche, docteur Ivan, etc. — Nous sommes, comme on le voit, en pleine école du bon sens, or le bon sens en littérature, daiis les sciences et dans les arts, c'est le socialisme en politique et réciproquement En voulez-vous la preuve, voyez Lamennais le grand promoteur de la philosophie du bon sens; Lamennais, après avoir &it la guerre au socialisme, présidait le 19 novembre le banquet de la presse démocratique et sociale où l'on a glorifié Robespierre et Marat!
Aussi n'est-il pas étonnant que le ConeWaieur rédigé par l'école du bon sens soit un peu socialiste.
Voici un extrait pris au hasard :
« En théorie, l'Etat doit du travail à ceux qui n'en ont pas ; à défaut du travail, il leur doit du pain, car nul homme ne doit mourir de faim sur la terre, et l'état est la protidexicb
BULLETIN DE eENSOIIfi.
de k sooiéié. Que tignifle frofMmèe^ j^r^ voir«tf»Oiirifoir%
« PréfOfonA donc et pottnroyoost ^répâroni progressivemaat iet pacifiquement, k pratiqua de cette théorie. Quoi qu'on fasse oo qii*on dise« TEtat est le directeur obligé des gratids travaux d'utilité publique, c'est lui qui doit foire et ex«> pioiter les cb^nade fer, lescanaul, les ponrs, les tfayauxd'irrigation, de reboisement, de dëA*ichement. L'Etat ne confie à personne le lâoin de fain» ses vaisHèàttx, ses canons, ses fusils, ses sabres, sa poudre^ la manutention du pain de ses soldats et de ses marins; pourquoi ne ferai(>il pas aussi la viande, le blé, les habits^ les sott>liers, les chemites de l'alrmée?
ce Maisv dit-on, l'État ne sait pas fobriquer, exploiter^ administrer à bon marehé. Tant pis pour lui ! s'il ne sait pas faire son devoir, qu'il se retire. L'État, ojouto4M>n, n'est pas indtistriel, il ne doit pas l'ètrc* Je vous demande hnile pardons. Si dans un temps où l'industrie est tout, rÉtat n'est pas industriel^ c'est qu'il n'est pas à la hauteur de soU rôle. Que veutnm dire quand oA dit que la société se transforme? on veut dire que l'ancienne société^ constituée en vue de la guerre et de l'antagonisme, doit se constituer en vue de U paix et de l'association» Que l'État marche dohc non pas seulement dans le sens, mais en tète de la société vers ce but religieux. »
21 Juin.
370 — * Si Là RfipUBLiQfJE POSSIBLE) journal de la mobilitaHon de la prùpriétë foncière, La république possible ! voilà deUx mdts qili hurlent ensemble^ dirait pent4tre le citoyen Boileau; mais que voules-^voUs? c'est un réactionnaire delà veille! -^ M. Emile Lambert donne à la république Un certificat de bonne vie et mœurs, si l'on veut organiser sa caisse hypothécaire; sinon, non. Voilà conunent, selon lui, la république est possible; or, on n'a pas organisé la caisse hypothécairoi donc prenons garde à nousl
Ceci nous rappelle n&turellement le citoyen Henri Imbert et son livre intitulé : La Répa blique esi impossible chez un peuple thrélien et eivUiié; dans toe livre il n'est poirit du tout question de la république^ Ce qui n'est pas étrange; mais ce qui l'est beaucoup plus, c'est de voir atgourd'hui le même citoyen pu blier une autre brochure t les Prélendanlê de vànt le peuple^ dans laquelle il n'est question que de la république et des bien&its du nouveau geuveraemepti Vous voyes bien que les
révoMIohâ challj^lll les IMIfiHfêè, Vt cèMf-Ui â déjà changé bièA dè<s !bis!
27i — S. Le tHïAtîCÀL fcèvotirtlbNl^AtRB.
Nous n'apprécions plus, nous laisserons parler. Voici un extrait de cette feuille qui a paru deux fois : le 21 et le âS Juin :
a Ah ! si i'oa a dit quelque pArt que TintlignatioB taKies poêles 1 cette îo^-aâ, aristocrates, oonspiratfeura, coifiph^èurs Ah gu^r« eivilè, corrupteurs, exploiteur» de tcHts les Hlhgïs, de tous les étages, caméléons et hyènes politiques, l'indigAatibh qui s'empare de hous va voiis donner des jugds; et, devant noire TttlfiU^ÂL RË- VOLUTIONNÂÎHË» vous comparaîtrez uii à un, pour entendre le réquisitoire de l'actmsateur public^ pour présenter votre défense, si le crime trouve des défenseurs, si la lAcheté tttnive des apologisteiS, Si Itt cbrrtiptfbn th)iive elteôre dies avocats ! et le verdicî popntàîre l-oUs déclarera indignes dé porter le nom àeciîoùens français! C'est la seule peine que notre tnburtal révolutionnaire prononcera contre les grands coupables. )i
272 — S. Li!^ tiotJLlEti RbUGEiâ, féUmis dû ttnb patifii^ dèÈ Htéiîs d\s riibmMé. Le citdyén Pelin traîne eè bbdiet avec l'aide déâ ëitbyen^ Richard de Beder. Voici Utt fhtgmeut de cette feuille dont iâ Secondé pogô e^t ed vers, c'est-àdire illisible l
(i A nouil doud Uô défendre la cëUtè de no§ frères el la hbtrë, fl Udtts de rëélàmer éoUtre une organisation impie ; à llôils, étlbints déshéritéi et voués à IH misère, db môhtref à tous nos glorieux hàiliôhst b nohs dé répondre & l'éld-^ quence de la rhétorique à gages par T^loqUence que donnent le bon dh)it et la vérité.
«Il feut utie voix aut travailleurs : nous àurbns le courage d'élever la nôtres iidtl§ btUverons les sarcasme des plats valets de régdîsmé et de la réaction, Uéus mixi draperôtis dans notre misère, noUs la mettrohs face à feciè aVed votre luxe, et nous demanderons quëlsi sont ceux qui ont le plus mérité de la patHe. i»
273 — S. Journal DÊHoCHAtrQUfi Et opfricïUh D8S AtËtlBRS fTÀTiONAux. L'ftrmée révolutionnaire était embrigadée, organisée, soldée par l'État ; il he lui manquait plus qu'ùil Moniteur officiel pour rendre des décrets 6t faire connaître sa volonté. Ce MoHiteUi' parut le 22^-24 jiiin, la veille de l'insurrectlolfi. Le langage en est mbdéré, plein d'amour, de fraternité et de charité chrétienne. Mais pobf qtii sait lii'e^ pour qui coonatl la manière doni ^ jour^
MVm BëS îmiRRAUX.
mente, {fàb iës bHgàdiefs e! i^v les chëf^ M séctidng, M reiib bien értûénï qûé lout atitlrô langage eût été inhabile, dangereux et parfôiterfient Ifnitlte d'ailleurs. Les flîscôurè et les pli-éaicalidrt^ bràtes servaient fi t*eîidre té qii'ôri n'osait {Jas écn^e.
Voici tjlielques passages qiiè hôUô ettiptuntôhs àU premier ndhiéro :
« Ùd reprësetttant, dorit quelqîies éfcritâ devaient lions îkirë ct-oirë à pîtii^ de bienveillance envers tfes dgéhéHtés dô là gbfcîêté, à fnis, ttiiiis !a discussion dès bureaux sur râlto'catidh dê^ troiâ millions poiir lès dteliefs fiàtiohaux, une opinion que nous ne pouvons nous dispenser de i-éfuler. iS. lëon tadcher àttribbe att* ateliers iiallonauit totié les maiix (|tii pèsent iWr h situation : il lëk dcctise d'ètrë un obstacle au rétablissement de la sécurité et du crédit.... «L^ Assemblée hatioilale, dlUil,nepeutdélibëref' chaque jour que ébuâ h prbtëbtiotl de fasiH Û de bahbiis ; à bhd'qde insbtit Ténièute grdndë h sa porlë.... Il y a deux IbrcëS qui se tiennéiit eii échec : là fercê fjolitiquë, la force i-évolullonnairë.... Il faut, ajoKle-t-il, dissiper ces fai*cmbtemenli d'dHgëjreuâ; aiitnnt ^UHtrirhômUà, «
« t'rèrës, c'est aihél qiie lëfe hëtiltoéS chà^géè d^organisër la répiibllljue ti-alteht cëujt ^ûi Tbht conquise ^
a Comtilent à-t-oll ré|)biidu à rjolrë cortfiahcl? Cbmtiiënt §'ëst-on occiitié de liotrë itilsérè ? Sénibiablëâ fi Uhë hliéè de vaiitoilrs àiïàmés, les piétëndus répiilblicîilhs Se sorti rués èdhs pddëur sur les placés grassement rétribuée^ ; brstjd'ik ont été repus, ils oht déclaré tjuë tblit était poilr le mieux ddhs la mëillëiii'e dë^ républliiilës possibles. Mollement étendus sdr les dlvails royëux, tt^dlhés ilânsles doUbes vditlires de Tancienne ëour, ils se soht itidigtiés que des misérables se plaigni§!îent d'avoir i^im ; fi ceU* qui leiir dëmMildent du jlàlti, ils olD^ent des baïonnettes et de la mitraille ; occupé* exclusivement (le ta satisfactioii de leUrs passions, ils bUt ddiiiié le temps à là réactibn de levëb \û tête, de s'organiser, de devenir toute puissante et prête à livrer bataille. Après avoir jeté les républicains dans le donjoti de Viricerihes et dans les cachots de la Conciergerie, MM. nos gouvernants à'ajperçoivënt enfin, qu'ils ont fait fkussë route; ils jettent le cri d'alarme et déblahent la république ëii danger ; île nous presSdns pas, hélas ! de les féliciter sur ce revirement.
à Le petliilë pett( ce ijti'îti^eiit; il poséèdë éfa
Idi-mihb tbti« tel nio^é de «tint; L« déJsotf* ragémëm Sei^t un oritnè, et tias eâfenfs nm^ diraient imtrë ttlëmoiré, 8)^ âU lieti de Ifl libertéf nous allions^ ^t tiotre Hidie indifférence^ leur léguer la Servitude.
« NdUs ne somtnèi {ms, c^'rni 16 sache bien, Uiie arUiëë f^vdlutidnitaifè an lérviéii dU ûés^ oiûve oU deà intrigants qui voudraient eiepldtef les prolétaires et escamoter la révolution, houil sbmtues les défënstsurs de là rëpnbliqtie, et le f»8il (fUl fl servi à la eon^ttéfir est tmtjonrs prêt à la défendre contre ses ennemis^ quels qu'ili éoient. Nous ne nous rallions qU'ft un seul cri :
k Vive la république démoeratiqde et so^ cialeîl!»
271 •— 8. L'AittÈOttN ]>iHdGHATB. Joumal quë lidUs avons tenu aussi, mais iton lu. Son habit est fait de niille morceaux rouges^ depuis la rdsë tendre jusqti'aù cramoisi et au roUge blanc. Sa batte est démocratique et sociale, son masque est insignifiant. A propos de œt arlequin nous poutnns dire avec M. de Salvandy ; On danse sur Uff Vdloun. Géhaht: Emile Lazé ; collaborateur^ Pluchonneauatné^ qui aitnebeau* coup trop les ÂHe^uifiÈi Cette feuille devait être rédigée cheÉ Un marchand de vins^ et écrite aVëë de rabSiUthe.
Les journaux s'écrivent dans la rue avec dd plomb; de là pdudre et du sang ! ! !
Ydus avez VU l'esprit dës feuilles révolution^ nairës, les tendances de là presse roûigê.
Que voUlëz-voUs répdUdrë ft cës sauvages blameurs ! Ils dnt sdûlé le peilple de leurs dé^ clamatlbn§ inseUsées^ ils l'dnt enivré de sdëia* ilsmë, et voilà que le peuple s'avance conune un homiiie ivre qui n'a plus conscience de ce qu'il fait:
Hourrah! hourrah! aut armel; citU^ens!
aux armes! Vovez-vous dans le lointain cette tourbe qUi grouille et èé tord sous la débaucha du socialisme; ce sont les barbares qui s'avan:» cent. Hourrah hourrah ! à vos armes !
Les balontiéttës étincelantes reluisent au so^ lëil; le flot S'agltëi il moutonne^ il écume^ il blanchit, et déjà lance sa bave puante sur tout ce t\\x{ ose l'approcher.
Hourrah! hourrah! aUi ai'meS) citoyens! mk armes !
Comme les vers s'abattent sur un cad&vre pour le dépecer^ aiUSi fbtiV-iis flè i& SéeiM. ife
BULLETIN DE GENSORB.
slnsînuent de tous cMs. Â qui la tête! à qui le œiir ! Les fonctions vitales en sont rong^ de tontes parts, les intestins en sont remplis, et bientôt de ce corps social si grand, si riche et si beau, il ne restera plus qu'un hideux squelette. Hourrah! hourraii! aux armes, citoyens! aux armes! Voici les socialistes qui s'avancent; les barbares sont à nos portes; ik attendent le pil-
Oui, aux armes! vous qui aimez réellement, sérieusement les libertés politiques, parce que, TOUS le savez, Findépendance est nécessaire, indispensable à la vie d'un grand peuple, à la dignité, et par conséquent à la moralité de l'individu et de la nation. Aux armes! car vous savez aussi que le dernier mot de tout socialiste comme de tout révolutionnaire est la dictature au profit de son système ou de sa doctrine.
Aux armes ! vous qui aimez la religion, les sciences et les arts, aux armes l
Vous aimez la religion, parce que la religion poursuitl'accomplissement du bibn en enseignant le devoir^ en prêchant la Un morale^ en nous montrant la chute et le péché, tandis que les socialistes poursuivent la réalisation du mal en réclamant des droits dont ils sont indignes dans leur état déchu, et en voulant soumettre la société aux lois physiques et grossières du bien-être corporel, comme si cette loi physique ne dépendait pas avant tout de l'accomplissement de la loi morale.
Aux armes ! vous qui aimez la science, parce que la science poursuit la découverte du vhài, parce qu'elle élève et agrandit l'homme à ses propres yeux et aux yeux de Dieu en lui faisant découvrir les lois de sa réhabUitalion et de sa destinée ; tandis que les socialistes, ignorants du passé, ignorants de l'avenir, veulent étouffer les lumières et les généreux élans de l'homme vers le vrai sous la préoccupation exclusive de ses appétits et de ses instincts.
Aux armes ! vous qui aimez le beau, parce que les arts, comme un fumet délicieux, comme une émanation du ciel, nourrissent et fortifient l'âme, font battre plus vivement le cœur et rélèvent vers Dieu, source de toute beauté, de toute vérité et de toute justice; tandis que le socialisme fait descendre le cœur de l'homme dans son ventre, sous ses pieds, et dessèche l'âme sous le souffle aride des passions les plus grossières et les plus brutales.
: Aux armes donc, citoyens ! aux armes I voici les socialistes qui s'avancent; les barbares sont
à nos portes; ils viennent détruire; renyerser, anéantir la religion, les sciences et les arts, le bien, le vrai et le beau, Hourrah! bourrah ! citoyens, à vos armes!
A vos armes! vous tous qui possédez, non pas parce que vous possédez, mais parce que la propriété est une chose juste en soi, fatale, nécessaire, indispensable à l'ordre social, à la civilisation et au progrès. Ce n'est point une institution humaine, quoiqu'elle soit régie par des lois humaines; c'est un droit naturel, une institution divine. Mais, hélas! vous ne croyez plus vous-mêmes aux institutions divines! Vous avez nié Dieu, et les socialistes vous répondent en niant la propriété.
A vos armes, citoyens propriétaires! car la propriété c'est le prolongement de la personnalité humaine, l'ombre portée, la projection du mot sur la terre ; c'est le signe matériel de la valeur morale de l'individu ; c'est le gage de sa liberté et de son indépendance; et pour que l'homme jouisse de son libre arbitre, pour qu'il se développe moralement, pour qu'il accomplisse sa destinée, il faut qu'il ne dépende que de lui-même, des lois morales et de Dieu!
Mais vous ne croyez plus aux lois morales, vous ne croyez plus aux destinées futures, vous ne croyez même pas à votre âme ! Peut-être avezvous raison; l'esprit s'est retiré du milieu de vous, vous n'êtes plus que matière et pourriture. Au xviir siècle, vous avez nié l'existence de l'esprit, et les barbares vous demandent aujourd'hui de quel droit vous prétendez jouir seuls des douceurs de la vie, si vous ne croyez à rien de surnaturel, à rien de divin ; si vous ne connaissez que votre ventre ! Eux aussi n'ont-ils pas un ventre?
A vos armes, citoyens propriétaires ! car la propriété est le stimulant le plus énergique de l'activité humaine; c'est le pivot de toutes les lois économiques, la base et le sommet de l'ordre social! Sans la propriété individuelle, point d'indépendance, point de tibre arbitre, point de développement moral ni de dignité humaine; sans la propriété, nuUo activité possible, car il faut un but aux actions des hommes ; les arts, les sciences, l'industrie le commerce tombent bientôt au-dessous du strict nécessaire. Sans la propriété transmissible et héréditaire, la famille disparaît ; les générations se succèdent, dans le temps et dans l'espace, sans lien, sans rapport, et tout-à-fait étrangères les unes aux autres. Plus de progrès possible, puisqu'il faut sans
REVUE DBS JOURNAUX.
06886 refitire C6 qui a été bit» découvrir C6 qui a été découvert, inventer le lendemain les inventioDS de la veille. Encore une fois la propriété est le lien des générations dans le temps et dans Fespace; sans elle, nous ne sommes plus un peuple, une nation, une société, nous devenons des hrutes que Finstinct seul conduit, protège, omsèrve et perpétue !
A vos armes donc, citoyens propriétaires! à vos armes I hourrah! hourrah! voici les socialistes qui s'avancent; les barbares sont à nos portes ; ils veulent détruire la propriété, décapiter le capital! aux armes! aux armes !
Aux armes ! citoyens propriétaires de la veille, qui serez peut-être les prolétaires du lendemain ! aux armes! car si les révolutions se chargent d'accomplir la grande justice en élevant ce qui est abaissé injustement, et en abaissant ce qui est élevé sans raison, tous nous devons défendre, en tous temps, les principes étemels de Tordre social. Nous possédions indignement, et les révolutions nous ont ruinés ; défendons, sauvons la propriété, car demain, les lois protégeront ce que nous aurons loyalement acquis, et ce que, moralement aussi, nous posséderons pour toujours! aux armes donc, citoyens! aux armes!
Aux armes! vous qui, loin du monde, vivez dans le sanctuaire de la famille! aux armes!
car cette compagne aimante, cette fille chérie, cesenfonts bien-aimés sur qui vous portez toutes vos affections, demain peut-être vous seront violemment ravis ! Ne faut-il pas des génétrices au phalanstère, des femelles aux socialistes de toutes les écoles ! Et si la violence ne vous arrache pas encore les êtres que vous aimez si tendrement, ne voyez-vous pas qu'un souille impur les détache insensiblement du foyer de la famille? C'est le livre, c'est le roman, c'est le thé&tre, c'est l'immoralité de hi rue, c'est la ooi^ ruption qui se glisse chez vous, c'est l'atmosphère qui vous entoure, c'est l'air que vous respirez; tout aujourd'hui conspire contre vous; tout dessèche le cœur, flétrit l'âme, et salit jusqu'aux plus délicieuses émotions! aux armes donc, citoyens! aux armes!
Aux armes! vous qui n'avez ni fortune, ni famille, mais qui combattez pour la venté et pour la justice ! Aux armes ! aux armes ! le bien, le vrai et le beau ont besoin de vaillants soldats! La société du mal s'avance contre k société du bien; Satan s'arme contre Dieu ! C'est le jour des grandes luttes, c'est l'heure de la
justice ; en avant ! N^entendez-vous pas le tocsin qui sonne, le canon qui gronde, la fusillade qui résonne au loin! n'entendez-vous pas ces cris sauvages, ces hurlements faroucbÀs, ces blasphèmes contre tout ce qui existe ! Mais déjà la fumée de la poudre m'empêche de voir ces hommes ivres de socialisme. Quels sont ces visages sinistres, ces figures hideuses, agitées par. le crime et par la débauche?
Hourrah ! hourrah ! aux armes, citoyens ! aux armes! ce sont les barbares qui s'avancent pour renverser l'ordre social, pour anéantir tonte civilisation et tout progrès! aux armes! aux armes!
Aux armes, citoyens ! car ils veulent confisquer nos libertés politiques et établir, à leur profit, une dictature révolutionnaire !
Anx armes ! car ils veulent décapiter le ca« pital, abolir et ruiner hi propriété pour enlever aux hommes d'ordre leur force et leur puissance, pour arracher à la société ses mayeni orgu^ niquet de civilisation et de progrès !
Aux armes ! aux armes ! car ils veulent chasser les arts, supprimer les sciences et renverser la religion ! Ils ont déclaré la guerre aux hommes et juré haine à Dieu! D'ignobles instincts les poussent malgré eux ; ils ne savent pas ce qu'ils font; mais ce qu'ils veulent, c'est le désordre, l^narcbie, le pillage, l'incendie, le meurtre. Pourquoi? Pourquoi! Demandez pourquoi la société du mal se dresse éternellement contre la société du bien, que Dieu protège et conduit depuis cinq mille ans ! Demandez pourquoi les fils de Caîn veulent tuer leurs frères! pourquoi les enfants orgueilleux du péché se révoltent sans cesse contre le travail^ le devoir et îê sacrifice !
Hourrah ! hourrah ! aux armes, citoyens ! aux armes! voici les socialistes qui s'avancent; les barbares sont à nos portes; ils veulent abattre ce qu'ils sont incapables de sentir et de comprendre ; ils veulent voler ce qu'ils sont indignes d'acquérir ! alerte ! alerte ! à vos armes ! Fin juin.
Les journaux que nous allons enregistrer ont une importance très-contestable. Nous les supposons publiés en juin, sans connaître au juste la date de leur publication. Le lecteur qui désirera des renseignements plus précis, quant aux détails matériels, fera bien de consulter la table det malièret que nous tâcherons de rédiger avec la plus scrupuleuse exactitude.
Il ne fout pas oublier que nous nojis propo-
BULtiBtIfi DE OSNSORt;
slini t>rliieîpalMireiitâ» déiftdriU«r que Idftjoltrii§ei de juin soht une attaque à main armée du socialisme^ une Hvdlte des barbâtes contre la ciTilisatibn; Tbilà pourquoi nous avons adopté l'ordre blironologique, Texpositidn^ en quelque sorte, historiqde du journalisme parisien. Maintenant nbtre travAH ne doit plus avoir qu'un in-^ térêt de curiosité:
Nous devons dire aussi qiie {irévoyant; des lé mois de févHeri la lutte terrible de juin, nous avions, dès le commencement de la révolution, abheté dans les rues et collectionné avec soin toutes les feuilles qui paraissaierit. Ce n'était pas, chez nous, ia maladie de collectionneur, maladie devenue si contagieuse depuis quelque tenips, c'était le désir de connaître et d'étudier les instincts populaires, les passiens et les dangers dé la démocratie.
Le jour où i'bn prenait les armes, les jour* nàttx devenaient inutiles ; on ne peut pas écrire et se battre en môihe temps ; ces deux choses sont contradictoire^. Qui cherche à vaincre ne cherché pas à convaincre. Aussi, quand bien même la dictature n'aurait pas suspendu liiomentanémebt là liberté de la presse, le jëiimalisme révohitidîmairè n'en serait pas moins mort, ttié sobs seâ propres excès, il eût même été plus politique de laisser la presse libres si cette liberté n'avait pas offert alors les plus grands danger^; on aurait exactemetlt connûtes haines, les instincts, les passions, les désirs de vengeance qui sOtnmeiltent, mais qui peuvent éclater de nouveau tôt ou tard. Oh ne tuë pas des idées avec Ukle balle* le Canon n'est pas plus Un argument que la bari'icâde.
TUut cela dit |)ourquoi nous avons arrêté notre collection en juin, juste au momerit oh les coUectiotmëurs se sont mis en campagne et où l'on a fait poUr eux les plus bisigniflahts eanards.
Peut-être serait -il bob de la reprendre maintenant ; rhOi"i2dn peut s'assombrir de nouveau. Cependant une insurrection comme celle de juin n'est guère probable. On ne met pas tous les jours cent mUie hommes dans la rUë. Le peiiple n'a pas oublié et n'oubliera pas de longtemps cette terrible lUtte ; il pleure encore ses frères, ses parents, ses amis, tombés sous les balles de la république IvonnêUêi modértêê.
Mais cependant, avec le suiThige univerliel, tous fa'empêcherez pas, voUs ne pouvez pas empêcher les partis de semesUrer^ de se Compter; de ee aiâeit»Hnét*. m eotâme eh Fraucy on
est logique, coilimë dk tri dhlll m llli, èhl^Hé bolletlh dans l'mie est dfl cdUp de fuâîl datl^ là rUë. Vous voilà donc Obligés de môhbsr t6ils les jours ia garde à la fidrte de votre hiâisdH ! Rëfliserez-tous le droit de port-d'arteoi ft cëltlf i|iië vous appelêE souverain et à qui totti aeëbrdei tous les drbitfl civiques? Il t attrait Ittjiiétîbe, contradiction, et, encore iihé ibis, off est Idg?qub en Prancëi ou iie rai^mie pûk ion droit, on le sent; on ne discute {ias, OU flàit'ë. Dites donc tUUt de «Uitô iVahdièmeUt, Ouvertënieht^ que ia république démUci-atique ëât impèâ^âble. Quant à l'autre, ftoûs verrons plus lard.
t>laise à Dieu qUë ces crËlhtéi soient ehihiériques! mai§, hélas ! il suffit d'dU^rif les teut. En février, on a proclamé et ti^'eltêihent dfftèhé le droit au travail, l'organisation dU tratail, etc., nous avons en les journées de jUiU ; et conriment sont^lleë venuesf Pàf^ la filière de trois électldUs. Eh avril, il y kvàii irëntë-quatre représentants a nommer ; b'était lé préthier essai du suffrage Universel ; dans toUs lès camps, il y eut indécision^ hésitatioh et Uianque de discipliue; les partis né se cdtihtlissaient pa§ ; Ils n'étaieht pas encore tranbhéi^, Ihdiqhéé, Visibles et palpables ; mai§ voyët-les eU M\ : M on^e nominations, les socialistes en ont déjà trois ; enfin en juin, ils sbUi toUt-â-fôit dlScif^lidês; ils marchent en pbaiangeë serrées; ils ibht eë qu'ils peuvent; et ëë n'est pas leur faute §'lls ne sbht pas plus nombreux et s'ilë né ti^ibmphëtit pas. Au 10 décembre, pour l'éiefction dU président, il n')r aura (llus nUlle part ni doute; Ui Hésitation. On Se verra, bn se comptera sans erreur possible, et tous les qualité ëns, dit la cotistitutiori, le même vote se rehoUirelleiH ; tbus les quatre dtts leS partis se mesureront airiëi; qUël ^ue sOlt le vainqueur, lé traihcU aunl derrière lui Un parti fort^ nombreux, disbiplihé. il y aura toujours deux armées en présence.
Je sais bien que l'esprit de la PêgûtHê se développera peu à peu et que hoUè finirons par respecter religieusement la tbi, la volbtité de la majorité; mais on Ue doit pas oUblier hOh plus qu'en Frahce la majorité est tbUjours de Tbpposilion ; je parle de la majbHté dans le pays. L'opinion publique se prononce ffiicilèment contre ce qui est , poiir ce qui n'est pas, excepté & la suite des grandes réVôlUtibns qui jettent lé trbUble et la peut* daUs touS les esprits. On est bien vite d'accord poUr détruire; Ce qui fiiit la fbrce des partis agressifs^ c'est qu'ils h'obélftBeht qti'à dei instinbté, à deâ pâsëiohâ bu à
amm màM&mA\}k.
miSte, h'èkfemîlt iqû^A v^Hii «*4tte Méë, d'iiAe
dans l^f ma Ms brbteiUhtë, des bôttiteitt's éï des déserteui^; mtis lei qualt'e Hti^, hôits dé- IHHrmn 'Mtc bé qtd était, flous réHVëiriserbns hoB Iddéè, ttou^ bri^'rotis tifét h pàséé; nttte tnoiii ifiti^éfottâ dâtts nWcbliAd.
St5. -^ La 6.ié«ssË b'Âoftti^Féks, jNrniU politique paraissant de tempe eii tem^, bro-^ chUt^ fti-32, ëonf^ilt ti; WéUtè dé VMk'fàe, boAté diédit deà Ifllt^ ^ Atlë Mifi», démolitrant 1 utilité et la nécessité du travftH, de l'blrdHâ ^t Idb la boiitié cbndIiiCë.
2YB. '^ L% till-tÀi bs 18«B, )^ttl ji6^tîiat d^iiitldtiei^ ci^ ëh jtiid. Gèradl : Mëh&h), pl«éed&làBoMe,iO.
Lodii d'Aitdte; ^im Bëurbbfl, 49. -^b'ést satiâ douté Uil iiaàHtI d*ébil ^ùt^s dil bàhbtter paH^
S78. -^ Lk iËDiAtElîlà bise vk^kH, ^iiHifit (fe ro/1|M:» d6 publicité.-^^ dbitëtrié uh adbibii jourtlAlv dëblat^ die HobtëAU âù ministère de rintérieur^ te 41 jdHt.
279. — Lb Fkiîlc-îilAÇôîï, t^t?iw ^tàeû^sûeîh, par bëchiftvàiit-Dbméiiii et Ibleis LiVoiiie, qliai de§ OifM^res, 8B. ^ Ce Joutbal se proposait là fusion de tous les Htès. Si hoUs h<e tiégàrdiôhë pAs cette teiitativë cbMhié (chimérique, nbds huriohs prêté tibttid cbticotlrs de R.^ C*. ù cettie revite, astex bibh faite, d'àitiedrs.
280. -^ Lfe éLÂVb, revue ^Mndt^e, polilt-* çii^, éNinb^%if et întéi-àire, orgatib dés ihtérêts, de Tunité et de i'aiïrabchissëtheilt de todtës léHftàlioiis dé là ràbé slave. Hôdéttéui^ : Vëticéèlas Jâblonbwski el Auguste Bàrhy. -^ Le nnmëi-e étiéeimëli du S5 ttaCii codtient ttii prd^ gramme politique qui demande rindëpehdâhcë et raMttchidëëméht de iddtéâ les tiatibnalités slaves, abUs le {irbtbetoràt dé là Russie:
â81. -^ LfeTtÂBS DtJ blÀULE À l itftl^UliLf-
Qtife. — 1*^ hùrtiéro d'uhé publication Ittsighi- IHihte.
f8fl. -^ Lfi CbUREVll blSS SPËbTiCLBd, fo^-
nal des Théâtres. — C'est peut-être encore utt aticiétt Journal qui il reparu.
V^jumet.
285i — Li LttlBRtÈ bB LA ttMti^SB, spécimeil d*ti& jburtiâl qui Tbdlalt se fbbder sur la mort des deux Libertés et de la Presse, Gérant : Dtitaicq.
Il h été déelàt'é ittâsi U inititttK de ridtë-
rKtt^dëu^ mri^ ^oAhMi ^hhtit s^àitpêfét^:
m, ^ LM ivkmtk jfiAmau. mmt t
Dutacq ; imprimbrîiè dé bhâit.