Li r^kii LisÈkTi. tHi^bWttr : A. Dutacq
âm "^ Lb côLpbWTÉfaR PÀktstfeN t^arki^iitt le jeUdt et îe diiiiàn'ch'é. — Cette petite febillè cblt^bHâtt diâ t)etllbs fausses Hbdvettés ihsigtiîflàiites. tl V bn à tihe de M. C'àHe Ledhliy qui lient Tek dctix det-nlërlBS bà^és et qde noils àvbhé eu le bo^ràjâfé db lir%. C'est le cbitible de l'absnrdè él dd rtdtcutb ! Cb ^tbuk dé la Vieille apïiàrtient à la pléiade de 1831; iHhiâ sbH taleht et s'a tbbdestie rôtit tobjb'urs retbhd ÛM lé trbisiêttte déssbUs db là itllbrâtùrb i ce tt'est jpâs hoiiîi (tdi dblis bn t)laindrohs.
m — P. Li ViRltft. — A la suite désjôurni^és de juih et après la sUj[)pt*essiotl du jéUrridl la Liberté^ la discorde s'introduisit parmi les rondàtedts-îtilrbcte'urs db cette feuille; trois eilthps ihbnarditl}des ibfortnSrei)!, 'f\\\{ toits trbiâ étirbnt là t)ri4tthttoh de bbntitliiet là tthêrû, morte depuis juin. La Vérité devait être Totgahe db l'iiti de ces {Partis, mais il hbus est tin- |)bsstbie dé dti^e iéqdël. Ëllb est hibrt comnië sa ttlèrb du 8 tûàth, comme sa kmdr tatikerté^ comme tbdtés les choses indëpéndâniès, iôvA lia dictature du sabre.
288 — t^. L'ivENïR NAttofïiL. — Cb jbùrliai pourrait bien êtrb de la veillé {'ébyH U I jbin) î mais cbtntiie le 4 judtet il rejiaràissâîl eh s'appélànl le n» 1 , nous devons retirëgistrer de nouveau. D'atllbut^s, nous vbulohs lui faire quelques eibt)rltliis *.
« Cette pt-bmière page que Irtlit orgarie ndU- Vedli consacre à rexpbsitioil de ses {jt-iticipësnous n'avons pas ce qiiMl feiit de sang-froid pbiii-récrirb.
a Notre main tressaille encore, not^e nlain éi notre cbedi*, aux échos delà sinistre bataille.
o l^àris; ville ttbblb bt vaillàhte ! Pains, béillrë illustre des arts, des sciences et de la pbésie ! Paris, notre gloire et notre amour î
« Cité reltie, cité radiéiise que tout lb ihohdo nous envie ! capitale élue de Funivers !
« ils disent que dans ton seirt est le malnlystéi-ieux qili mine là patrie! ils disent qUe tU mourras martyre, ô notre ville aiihéeî et que ttl mettraïi tes ruines saintes Cbttime une barrière ehtrë la tivîlisàtlon fet la bahbàHe.
fit Ils montrent le passé ; ils se souviêtîhent J ili bbtiititbbt Ibé m^^^ éttlbuéëSUlel de tes
BULLETIN DB GBNSIIRB.
raes; ik se denundisnt st trente-cinq niQlioiiB d'bonunes peuvent subir incessamment les suvages caprices de tes foubourgs.
« Ils te connaissent; ils savent les plaies qui déshonorent ta beauté souveraine.
« Us ont entrevu avec épouvante la profondeur de tes misères ; ils ont lu pendant quatre mois durant les fimlaronnades folles, les rêves insensés, les menaces odieuses qui souillaient tes murailles; ils ont parcouru les pages extravagantes de tes journaux ; ils ont écouté les honteux échos de tes carrefours et de tes clubs.
cQue penser? Ils ont dû te croire, en effet, une ville condamnée.
< Et quand le cri des bâtards de 93 est tombé du haut des barricades, quand ce mot emphatique et perfide a couru comme un tocsin par toute la France : La guubs sociau, beaucoup ont dû prendre le deuil, et se dire : Cen est fiiit cette fois, Paris a vécu !
« Béni soit Dieu, qui a mis le patriotisme ardent à Pâme de tous les Français; béni soit Dieu qui a sauvé Paris, la tête et le cceur de la France!
« Non! non! Paris n'est pas une ville condamnée! Au premier son du tambour, Pai'is s*est levé comme un soldat. La garde nationale a marché sans hésitation et sans crainte, bien qu'elle n'eût point confiance. Il y avait à la tête de la nation des hommes que nous ne jugerons point, puisqu'ils sont tombés. La garde nationale a marché sans eux. La garde nationale a fait abstraction des chefis de la république; elle a combattu pour la république.
< Une rumeur courait dans ses rangs qui disait : La commission executive trahit aujourd'hui comme elle trahissait au 15 mai. — On a consulté les prisonniers de Yincennes»
« La garde nationale fermait l'oreille et combattait toujours.
« Auprès d'elle l'armée et ces héroïques enfonts à qui notre histoire tressera ses plus belles couronnes, les gardes mobiles versaient leur sang loyal.
< Non, non ! Paris n'est point une ville con-damnée!
« Lui follait-il l'expiation du sang et l'expiation des larmes? Ses larmes et son sang coulent aux pieds de Dieu
« C'est désormais le cœur libre et le front haut que nous marchons .à la défense de la société menacée.
« Non, non, nous ne sommes pas condamnés !
€Car il ne 8*agil pins de Paris seolemeat. Le fracas de la lutte a franchi les barrières. Ce n'est pas le vouloir plus ou moins bon d'un directeur des poètes qui peut arrêter au passage le cri de détresse poussé par la grande dté.
« Les départements avertis s'émeuvent à leur tour. La France entière se lève; et comaie le sang se précipite an cœur dans les crises de la vie physique, c'est ven Paris que la France entière s'est élancée.
€ Auprès des calamités les plus profondes.
Dieu clément place aussi toi]|ouis les plus hautes
«Cette guerre fut horrible! On Pavait préparée dès longtemps. Après la révolution de lévrier, de lâches mains avaient sondé les blessures du peuple, et, sur ces blessures vives, on avait mis, en guise de charpie, des lambeaux de la brûlante tunique du Centaure. Les furieuses clameurs des dubs s'étaient jointes à ces homélies névralgiques prêchées par les organisateurs du travail. Pendant quatre mois, on avût irrité le dânuement, exdté la misère.
a Cette guerre fut horrible , d'autant plus que les vrais fouteurs du carnage siégeaient ailleurs que sur les pavés des barricades.
« Mais que d'héroûme en regard de tant de cruautés ! vis-à-vis de ces brutales menaces, que de promesses heureuses !
« Si nous avons vu l'attaque hi plus sacrilège que jamais l'anarchie ait tentée contre Tordre, nous avons assisté au mouvement le plus complet, le plus unanime, le plus magnifique, au mouvement qui sera l'honneur et le salut des temps modernes.
€ Nous avons pu contempler la grande communion française, sanctifiée par hi mort sublime de ce prélat martyr, qui a donné son âme à Dieu pour la paix du monde !...
« Non, non, nous ne sommes pas condamnés !
« Les soldats et le peuple, Paris et la province, la France enfin, toute la France se serre dans nos rues. Chacun porte une arme : c'est comme un détachement de loi gigantesque armée qui viendrait, au besoin, défendre hi dvilisation et la patrie!
« La guem sociale! disaient-ils, la ^[uerre toeiale est commencée. Il fout accepter le mot. C'est bien la guerre sociale , en effet, puisque la société se lève tout entière contre b barbarie.
« C'est bien la guerre sociale. — ^Vous les avez vus traverser nos places publiques, ces simples
REVUE DES JOURNAUX
et valeureux frères que nous envoie la province. Vous avez vu leur pas alourdi par la fatigue, et la poussière collée à la sueur de leurs fronts.— Il y a des enfants sans barbe ; H y a des vieillards à cheveux blancs.
a n y a des femmes qui, plutôt que de retenir leurs maris, les ont suivis tout le long de la route.
«Et quel saint enthousiasme ! Hommes , enfants, vieillards, la tète nue et la main sur le cœur, lancent vers Dieu leur cri loyal, qui est une action de grâces et une ardente prière.
c Us viennent parfois de quelque village inconnu; ils sont vingt, ils sont dix, commandés par quelques vieux braves , débris des batailles épiques où grandissaient nos pères. — Leurs foyers sont bien loin, bien loin. — Us ont le sac sur le dos, et leurs antiques uniformes prêteront à rire peut-être.
« Allez à eux, prenez ces mains rudes et chrétiennes; vous verrez une larme tomber sur le haie àe leurs joues.
« Ils vous aiment. C'est aujourdhui ou jamais qu'il fout faire cimenter Funion sacrée des fils de la patrie. La province est à Paris ; fêtons la France.
«Rapprochons-nous, serrons nos rangs ; soldats de Farmée ou de la garde nationale, signons le pacte de salut.
«Quelle que soit leur source, méfîons-nous de ces froides paroles qui tombent comme un poids glacé sur Tenthousiasme de tous.
«N'écoutons pas ce magistrat qui semble avoir emporté à la mairie de Paris tout l'indigent esprit de son journal , toute la sécheresse d'âme des doctrinaires de la république. Quand il nous dit que nous avc^ps trop de zèle , redoublons de zèle!
« Les gardes nationales et l'armée, l'union intelligente du citoyen et du soldat, voilà l'espoir! Au centre des phalanges innombrables que nous donnera cette ligne, plaçons nos libertés comme un palladium. L'anarchie aura beau mâcher ses balles et tremper ses lingots dans l'oxide de cuivre , l'anarchie est vaincue d'avance et nous avons l'avenir.
« L'avenir ! — C'est notre foi. Nous inscrivons ce mot sur notre jeune bannière qui se lève , le lendemain du triomphe, comme pour sauver la patrie sauvée.
« Hier avec l'arme du soldat , aujourd'hui avec l'arme du penseur, nous étions et nous sommes à notre poste : nous y serons toujours.
« France et liberté ! voilà notre devise.
« L'horizon s'éclaircit. Avec le nouveau pouvoir la confiance va renaStre.
« Oh ! non, nous ne sommes pas condamnés.
La France se féconde.
a Et, c'est à dater d'hier seulement qu'on peut écrire sur son drapeau, sans mentir à sa conscience, ces deux moU) d'heureux augure:
L'AVEmR NATIONAL. »
Plus loin nous lisons encore :
«C'est surtout aux époques de crise; lorsque FEtat se féconde sur de nouveaux* principes; lorsque la société cherche une nouvelle organisation ; c'est quand une nation accomplit une révolution politique et sociale comme celle dont nous sommes les acteurs ; c'est alors que tout citoyen est soldat et doit à sa patrie Fusage courageux de toutes ses armes, de son bras et de son intelligence , de sa plume , de sa parole et de son fusil. »
On le voit, ce journal était bien fcdt, mais il manquait totalement d'idées politiques.— Cest toujours Fécole de la littérature et du romanfeuilleton. — Rédacteur en chef : Paul Féval. Directeur : P. de Caux. Collaborateur : H. Gaultier de Ciaubry.
289 — S. La pressb hépcblicainb. — Spéculation du citoyen Charles Marchai dont nous avons déjà parlé plusieurs fois et qui en ce moment encore est appelé devant les assises de la Seine. Il avait pour collaborateurs à ce journal insignifiant et nul, le citoyen Agathon Bougiclis (d'Athènes) et Alexandre Dumas.
SjuiUel.
290. — La réforhb judioairb. Feuille sans aucune valeur du citoyen Courtois, ancien clerc d'avoué ; mais.
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.
ÎQ juillet.
291. — Gazbtte nationalb. Journal du peuple et de Varmée. Directeur-gérant : Schiltz, rue de Lille, 95. — Nous ne pouvons rien en dire (inconnu).
i9juilUt.
892. — L'fiCHO DU TAL-DB-GiACB. Joumal des médecins militaires, paraissant toutes les semaines, depuis le 19 juillet. Un des rédacteurs: Watteaux.
21 juUUt.
29?. — L'ASSoaATioN fratbinbllb bt mn- TBRSBLLB VUS TftATAiLunJis. Feuille d'un so-
Bp\.hJf.JV» B» PëVÇUK^.
cialisme p|ialan9fcfi^{> tcès-x98ue ; voici s^ profession de foi :
« Au travail apparient Tempire du mon4^!
entre les mains des travailleurs est la so^ve^aineté réelle. Pour jouir de ç^tte souvcraweté, ils n'ont besoin ni du concours du gpuvernepient, ni de celui des capitalistes : la condition de cette jouissance est soumise ^ leur association.
« Quand les travailleurs vqu^ront, ils possièderont la richesse sociale. Pour cela il faut ^\fi\s assurent la consommation de leqrs produits.
Cette consommation sera assurée pa^ VciSiod^ lion. Ce sera elle qui travaillçra, qui produira et l^ui consommera ; avec elle sera )e bien-être; jiors d'elle, consommation improductive, diipipution quotidienne de richesse, et enGn pauvreté.
a L'association des travailleurs doit avoir pour pnncipe : augmenter la valepr du travail ; diminuer la valeur de la propriété, et pour but^ Fab- §orptioa de la fortune ii^actiye ou des inactifs et pisŒs ; elle doit enfin arriver à ce résultat : ^ richesse st^ulement pqr le Irapail ! 9
Tout le numéro est rempli des mêmes choses, '4es m^pies idées, des piêmes lu^ts répétés dix fois, cent fois de la même maqière. Gérants : Lar;:ive et Grasseaux.
' éiuiUel,
294. — L4 CONCORDE. Petit journal honnête çt modéré, plein de bpnnes intentions, dévoué quand même au général Cuvaignac; voici up extrait du numéro 3 :
« Aujourd'hui Tamertume ne sied à personne ; aujourd'hui en bonne conscience, les menées sourdes pas plus que les attaques ouvertes ne sont permises à personne.
« Pourquoi ?
« Parce que le peuple n'obéit plus, nais qu^ copwQae^.
« Parce que nous ne son^mes plus gouvernés, parce que nous sommes représentés; parce que tious ne sommes pbas exploités, mais qu'au contraire nous sommes servis.
c Vous avez nommé, pour un terme, vos re^ présentants ; vous les avez chargés de fiiirepour le mieux.
% Vous teur avez impoié k même M qu'à Yous-nèmes, la loi de la mijorilé.
« Gonameiit pourriez-voua sans vous mécoiH naître, sans vous démentir, aana voiii avilir, vous plaindre d'eu;( ç^ los siispecter?
i^ t^uf9 f^xftJ^x 1^3 h^ie& du, |ouvok qui
4»aw dWi ^m^ 4><?wi m vw^
faut^. N'avq99-not|8 lias cr^ ce pouro[
mêmes, sai)s entraves, saps exclusion?
a Ne l'avoas-iious pas fait i| notre in
tt Ce pouvoir Q*^~t-il pas et i^otre ment, et nos besoins, et |ia(f^ intérêt < intell^eace?
« par ua QubU coupable, $(tir(ez-vQU8 1 votre droit au jour de rëlection ! par ua| infâme, t'aurieif-vous veqdu ? Non cen jour de Fupiversçl siUTnigQ you§ avez a^| votre zèle, avec votre cojEUM^i^pce, avec va mières.
«]ph bien alors; que 4^Dm^4^-vous1i| vous faut-il?
« Quel mqyea conoaiasez-vous. d'être i servis? A qui, à quoi vous eq i:9pp0r(ere^\| dans \otre propre chose, fh^ sfirement | vous-mêmes ?
a Si vos représentants, si le pouvoir qui [ émane ne voys servaient pas bien; ^ ce mé^ dilTicile était mal rempli par eux, c'est auen n'aurions pas non plus connu ^ foi^d le oui oui consiste ^ ^iep choisir.
85 JmUI^i.
p5i^^.\4 40URNAI. et du 29 Juillet.
296 — P. L^ Çf ECTATfV^ Il«r|JB|4CAI2(.
Ces deux feuilles étaient efitièreuieut dévoué* au général Cavaignac; on disait la p^emiè subventionnée çt |a seconde rédigée dios l'ai çien cabinet de M. Génie, ^u ministère des a faires étrangères.
Nous en étions 1^ de notre revi^^d^es. JQumai lorsque vint \^ fameuse séance des interpeil tiens du sai^çdi % décemli^re. Non? avons attentivement le 4font(eur, étudiant avec so les faits exposés daps le piémoire de la commû sion executive, le silence de MM. Arago et € Ldipartia9> l'inquiétude et les soupçons qui cii culèrent i^m Paris k ?3 juip, et rapprochar ces faits de la création d'organes politiques dé voués, nous ne vpyons rien d'impossible à o que M. Cavaignac ait voulu se ipettre àlaplaô 4e )a commission executive, et nous ne lui ei faisons pas un reproche. Est-<^. un cri|ne d'êtn plus habile que MM. Gamier-Pagès et Ledru- RoUjn?
Arqyé àP^ le 17 miai, le c^néral Cayaigimc est aussitôt entpuré d'amis qui lui font voir les avantages de sa position et fout le parti qu'on en peut tirer. Faut-nl bQ^ucoilp- d^ génie pour savoir que si le portefeuiljp des ^ffli^ires étrangères est \i^ p}u^ difficile ^. t^» celui a§ la
HHVUt^ fii^l iO»|i«4|3|^
^uerreop imï^ 4^ T»¥plmiQa f^ lo plus mm^ tant? {4 sûcjété nç y^u( p^s maurir ^osse tléfen^fo; oq Taitaqua, çH^ résista, l^'ariçée est \sx scqle (bvce ar^pi»^ «ppâlé^ à la soutenir il'uaa maQi^ç #£0^?. Si ia garda paliopale ét^it fQ^couteiUP de soq gauvepaeoii^nt, elle s'absliendrait comme elle a fait en février et Téoieute seraU bientàt triomphante. Mais qu'elle ii'ouhli«( jamaiala sanglant exemple de Vienoe 1 V* Gavoigaae a donc po voir dès ie premier jour où le conduirait le ministère de la ffuerrOi S'il ne Ta pas vu, qu'on ne parle plus de son talent et de ses capacités. S'il Ta vu, au contraire, qu'on ne lui en fesse pas un crime, mais qu'on B^accaUe pas non plus la commission executive, impuissante, ibible, inhabile, mais non traître.  ohacunies œuvres.
M. Gavaignac s^est constamment tenu dans la AégalHé ; il a tu une conduite géométrique et mi- Ittaîre. Sou mérite est d'avoir systématiquement et avec courage poursuivi son plan de défense. Il a résisté aux obsessions de tous genres dont il était l\>l)tjet, tandis que la commission executive, seule responsable le premier jour, promettait des troupes et des secours qu'elle ne pouvait pas donner; de là les bruits de trahison qui se répandaient.
La responsabilité de M. Gavaignac a toujours été couverte soit par la commission soit par l'Assemblée nationale. Les attaques, les reproches, les récriminations qu'on lui fait sont donc absurdes et de nulle Valeur. La question est unç affaire d'interprétation et d'intention ; il n'y a . rien dans les ftdts que l'on ne puisse incriminer, il ne peut même pas y avoir l'ombre d'un doute. • Dieu seul juge les consciences.
La coromi^ion executive dit : « Nous dçmandiQpsbes^ucoup de troupes dans Paris. » Le général répond : Il y avait 50 mille hommes, c'està-dire tout ce qu'il pouvait y avoir. »
-r Nous vouhons intimider l'insurreçtiou en
déployant dç (grandes forces et en prou^euaut dans
les rues de fortes patrouilles. M. Cavaignac ré-
' pliquç : — Je voulais vaincre l'insurrection et ce
pas dissépiiç^cr ïs\es forces. Je vous ai commu-
"' nique nio^ plan; vous l'avez approuvé.
! — Jtf^pourquoi noua laissioz-vous, IjS 23 juioi
' ' efï but^ç li tq^jtes les çalpamies^ ^ tou» les ^up-
! çons et dans l'impossibilité d'envoyer d<2^ §^
.coiv^s ^T h qvç gauche? — P^ce que j'avais
icoacopidç^ jff^(^s troupes et quei'âiais iaQi-ji\^e«
ea pen^Qs^ ^ i^^uiCg du lemj^ à cq|b-
b^th-p ri^surr^ç^op a; $1 en étpdi^r \» sli*^tégie, etc„ Ole, ^
0(1 le vo^, )çs {^its lîQtèt gl4r6 et pr^çi$; les réponses sQut (catégoriques; le généra) est iu-t vulnérable. Pourquoi d^s homn^es que iiqu^ proyons houorabl^s se sput-ils e^g^és dans cet^ affaire? P'est encore ufje fois, qu'il y ç^ 1^ UU<) question d'iotontipp, de ç(^science etd'iut terprét£^tiop. La çouimission e^écutivç çs( convaincue de sou droit et de )a loy^iut^ 4« $a cunduile, mais elle ne peut paç écrire et sQurnettu» au puhlic les éléments de sa i»>nv^ct|uu. C'e^t un brûlot que Ton jf^ti^ avûpurd'hui et qui éclfh tera quelque jour; après le IQ déçeiQfhrft* l^ républicains ne cherchent pas à reverser la répuMique eu combattant M.Çavi^igu^c, ilsveu-r lent seulement prendre ^i^ pour l'avenir 4
Cette discuasiou nous % profondéopiçpt iffljgé parce qu§ nou9 y avous vu uu gern&e de disr corde interminable, ûiu se rapiMdte qu'eu juin d y a eu trahison, trahison manifeste; les insurgés couuaissant la tactique suivie contre eq^ ftveç \^ plus graude exs^çti^ude» et voàUl pourquoi eu quelques heures le 93, des barricades s'étaieQt élevées sur tou$ les points. Ils savaient ie cbifire des troupesi leur disposition, leur marché §t leur emploi; en un mot, ils av^ieut tous les set crets die la commission executive* Conuu^ut cela? Nous croyons quç jusqu'ici il u'y a pas eu de révélations et que la séance du 2 déceJE)iih49 n'a été qu'unç parade devant Iç public. Nous persistous à pensçr que certains m^bres d^ la commission executive étaient d^ms uue fausse position, et que cette position ks 9 empêchés fs^ttaquer s^rieusemeut le général Gi^vajjfiaaçy qu^ de son c6té les a géuéreuseu\çnt u^nagés par des vou^^ératiom; ie politique ou d'mtér^t. ÇuSn cette 4iscussiou ne npi:^ a nuilem^çut éclairés, et nous nous demandons toujours si i(. Gavaignac est répubUcaia quand même; s'il est av^c 1^ révolutionoairçs contre l'oj^ou publique ou avec l'opinion publique contre l'émeute !
Iliais tout c^ nçus éloigne du Joi^rno/ à^ mf . Alphonse Karr^ qui a sans doute étudi^ la pojiiticjue 9pu* U$ liUe^li, Gette feuille h^onn^te et ^lodéréc avait pnur ^cialité d'a^mirçr to^m les actes du gçnéra) Çayaiguac; ell^ es^ 9^1^ le !<"' novenibri^ Ia iMiJMique Qxtérieure était faite par M. Gérard de Nerv^, kmrn^ de t^r lent que les lecteurs ^ la H^me 4es fffm»^ if<m^ n'ont i#int oi^é. )f . JFéfo lou^vt»
BULLETIN DE CENSURE
chon fidsait le journal, c'est-à-dire les laits divers et les (ails Paris ; tous les jours il envoyait la eoide à rimprimerie ian$ conviction^ car il a le tort d'être rouge comme ses cheveux. La chambre fut confiée quelque temps à M. Charles Ledhuy, qui certes vaudra mieux que son père dont nous avons parlé plus haut. Les autres collaborateurs étaient M. Francis Wey, J.-P. Schmit, le fameux faux ouvrier qui avait été nommé représentant pour son excellent petit Uvre: Du painy du travail et la vérité ; etc., etc. Ce que nous*avons à dire du joumali$me littéraire et de récole du bon-iens trouvera sa place à propos du Spectateur républicain.
Le journalisme littéraire c'est Fignorance def rhistoire et du fait, le vide des idées, la nullité intellectuelle cachées sous l'apparence de la forme. C'est la méthode du roman appliquée à lapohtique ; c'est la recherche de la phrase et du mot et l'absence de la pensée. Demandez donc à Balzac ce qu'il pense de tous ces jeunes gens de la veille se faisant les journalistes du lendemain; ces vaudevillistes d'hier devenus hommes d'état aujourd'hui? Que peuvent-ils vous apprendre, eux qui n'ont rien appris! Qu'y a-t-il de commun entre le roman, produit pur de l'imagination, et la politique qui repose sur des conceptions rationnelles, sur des faits historiques et pour ainsi dire scientifiques? Aussi tous ces journalistes romantiques appartiennentils forcément à l'école du bon-sens, école de l'instinct qui, comme le chien, flaire et ne raisonne pas. Maintenant ce n'est pas notre faute si ceux dont nous parlons se sont faits les bassets de la presse, les chiens couchants du journalisme. Car c'est une chose profondément triste à remarquer que la servilité des gens de lettres toujours prêts à servir tout pouvoir qui paye et qui paye bien. Que l'artiste n'ait point d'opinion politique, cela se conçoit; il cherche le beau^ non le vrai; il a un but supérieur aux choses temporelles de ce monde, et pour le poursuivre sans préoccupation étrangère, avec toute l'intensité des forces de son âme, il doit se tenir à l'écart des discussions. Mais alors pourquoi se vendre?
L'écrivain est toujours ou artiste ou savant. S'il est artiste il cherche le beau: il est poète ou romancier. S'il est savant il poursuit le vrai; il est journaliste, économiste, historien, etc., etc. L'école du bon $ens est venue changer tout cela, confondre et bouleverser les notions les plus claires et les plus simples. — - Elle veut faire de l'art utile; c'est le beau devenant du
joli; c'est le vaudeville politique qui endort, le roman socialiste qui soulève le cœur de dégoût; c'est Lucrèce^ et le Vieux de la montagne; c'est le Juif-errani ou le» Mytlèree de Paris. — Que sais-je encore ? Dois^je relater ici toutes les turpitudes, tout le dévergondage des aimées
AppUqué à l'histoire, le bon sens produit les élucubrations sociales du citoyen Louis Blanc, les ladeurs politiques de M. de Lamartine, les pamphlets historiques de MM. Michelet et Quinet^ etc., etc.
En économie poUtique, il vous donne les doctrines des socialistes, des communistes, des phalanstériens et celles du citoyen Proudhon, qui sont une fusion de toutes les autres.
Vous parlerai-je de la chimie microscopique du citoyen Raspail ? — Â quoi bon ?
J'aime mieux vous prouver ipto-fado que rj^cole du bon sens est socialiste, et pour cela je n'ai qu'à ouvrir le Spectaiewr répMieain, rédigé par M. Louis Jourdan, Th. Lavallée, Barrai, Biaise, Ponsard, Emile Augier, Taxile Delord, Gustave Planche, Laurent-Jan, docteur Ivan, etc., etc. ; toute l'élite de cette spirituelle école.
Voici sa profession de foi :
« Etre cahne devant une cause qui nous est chère, être impartiaux dans la passion qui nous anime, être sincères jusque dans nos erreurs, être vrais en face des mensonges que chaque jour verra naître, forts de cette certitude que le temps des fictions est passé, et qu'il n'y a de salut pour notre société nouvelle que dans la franchise et dans la vérité; dire tout haut ce que chacun pense tout bas, et répondre toujours et à tous de ce que nous aurons dit et pensé; s'attaquer aux faits plus qu'aux hommes ; aux péchés de toutes sortes plus qu'au pécheur luimême; faire de la critique et non de la satire ; de la morale et non du pamphlet; écrire enfin au jour le jour l'histoire d'une époque comme celle qui se prépare; l'écrire honnêtement, sobrement, dans un langage ferme et hardi, sans violence et sans emphase. C'est une tftche difficile, impossible peut-être, mais c'est un but auquel devront applaudir les gens de cœur et de bon sens; c'est celui que nous proposons. »
Donnons maintenant un échantillon de la prose de M. Jourdan:
« Egalemant convaincu qu'il n'y a point d'ordre sans liberté, ni de liberté sans ordre, et que le principe de l'autorité est d'autant plus
REVUE DES JOURNAUX
sacré qu'il émane de tous, nous nous rallierons 1 autour des pouvoirs de la République; nous maintiendrons de tous nos efforts le respect qui leur est dû, mais nous leur dirons la vérité dans toute notre indépendance. Nous ne cesserons de leur demander leur propre consolidation, non plus comme jadis par le déploiement de la force matérielle, mais par le déploiement de toutes les forces productives de la patrie.
« Amis sincères, nous ne dirons pas au peuple qu*il n'a que des droits, nous lui indiqjerons ses devoirs. Le peuple qui crée, qui sauve les Républiques est devenu quelquefois leur danger, leur tyran. Nous dirons au peuple toute la vérité, nous ne partagerons aucun de ses égarements, nous réclairerons sur les dangers dont on Fentoure. Nous le traiterons en homme, et non pas en roi que Ton flatte, ou en enfant que Ton gâte.
« En fait de principe, la France a conquis aujourd'hui tout ce qui a été possible à l'esprit humain de conquérir jusqu'ici. La grande affaire de notre temps est donc l'application pratique de ces principes.
« Nous poursuivrons cette application sans relâche et de tous nos efforts.
« Nous croyons que les nations, soit dans leurs rapports intérieurs, soit dans leurs rapports réciproques, n'ont plus que deux ennemis à combattre : l'ignorance et la misère. Il n'y a pas un désordre social sur quelque point du globe que ce soit qui n'ait pour principe ces deux causes fatales.
« La destruction de ces causes est la seule œuvre glorieuse que les pouvoirs aient à entreprendre aujourd'hui.
« Là donc sera notre eriUrium politique.
Toute mesure, tout acte est bon ou mauvais, selon qu'il attaque plus ou moins l'une de ces causes, l'un de ces deux principes du maU
«Il est impossible que la grande majorité des hommes et des femmes, dans un pays comme le nôtre, ne soit pas d'accord avec nous sur ce point.
« Nous puiserons dans nos cœurs, dans notre foi ardente et profonde, sinon le talent, du moins le courage, la force, le dévouement, ? persévérance nécessaires pour l'accomplisse- ^ ment d'une œuvre que nous considérons comme sacrée, et qui est à la fois nationale et reli-
« Nationale, car elle a pour objet la gloire et la prospérité de la France.
« Religieuse, car elle se propose pour but la conciliation de tous les efforts, l'amélioration du sort de ceux qui souflrent et l'union de tous, n
Enfln M. Th. Lavallée, chargé de l'histoire politique, s'exprime ainsi :
« Pour que ces questions devinssent tout à coup et^de toutes parts si redoutables, il fallait qu'elles fussent; or, elles étaient : 1789 les portait dans ses flancs; 1848 n'a fait que les mettre à terme; mais elles sont un produit naturel du progrès social, de la marche des idées, des nécessités du temps. Sous toute autre forme de gouvernement que la République, un peu plus tôt, un peu plus tard, elles auraient éclaté, et, l'on ne saurait en douter, avec plus de désastres et de tempêtes.
<K En effet, l'histoire de notre Occident se réduit à deux grands faits : l'avènement du christianisme, l'avènement de la révolution française; le premier, qui a transformé complètement l'humanité en abolissant l'esclavage ; le deuxième, qui doit la transformer plus complètement, en abolissant le prolétariat; le premier, qui a énoncé l'idée de la fraternité comme uniquement spirituel et réalisable seulement dans le ciel; le deuxième, qui énonce cette idée comme temporelle et réalisable sur la terre. Ces deux grands faits découlent l'un de l'autre; ils sont également d'origine divine; ils portent tous deux dans leur sein une société nouvelle. Ainsi, ces problèmes qui nous causent tant d'embarras dans le présent, tant de soucis pour l'avenir, ils sont nés en 89. Les cahiers des étatsgénéraux en contiennent l'expression ; Mirabeau en résumait la pensée générale dès le 14 juin, c'est-àdire, avant que l'Assemblée nationale se fût constituée. « Le peuple veut du soulagement, « disait-il, parce qu'il n'a plus de force pour a souffrir; le peuple secoue l'oppression , parce « qu'il ne peut plus respirer sous l'horrible faix « qui l'écrase.... Le peuple que nous représen- « tons, dont nous défendons les droits, de qui « nous tenons les nôtres, le peuple est tout... « il faut lier notre sort au sien et travailler pour « lui. »
« Et deux mois après, Paris était plein de rassemblements d'ouvriers qui discutaient en plein air non-seulement les actes de l'Assemblée nationale, mais la liberté de l'industrie, la destruction des maîtrises, les questions de salaires, etc. Si ces problèmes restèrent pour la plupart à l'état vague de théories douteuses, et ne causèrent aucune grande émotion, c'est que 89
BULL1STIN fiË CÈNBtJdË.
atait Ipour mlBskm unique de détruire et non de fonder ; €m que devant lê« ennemis sii puis^ santa qui s'opposaient à rëutbllsiemént même des baies politiques ^e la févoluiiou, le peuple ne pouvait songer qu'à combattre \ o'est que les poUYOiri révolutionnalrea durent le distraire de œa qoéitions aeoondaires et lui demander le sa^ orifice de ses intérêts les plus immédiats pour le paasiomier Uniquement avee tMdée du salut de la patrie; e'est que, enfin, la guerre édata, et qn'il ne s'agit plus alors de questions sociales, mais d'etiatence»
a Cependant les hommes de 95, avaient trop profondément nntdllgeuce de la révolution et de son atenir pouf ne pal songer au problème social qui en était le but : ils le toosèrent dftnS leurs discours et leUrs éorito; ils rintoduisirent même dans la GonstittitioA de l'an I ; Saint^aust le résuma dans ces mott fanent 2 a Les mal-* (c heureuit sont les puiasandes de la terre ; ils ont a le droit de parier en maîtres suk gouvernants a qui les négligent a Mais en réalité, OeS hom^ mes furent trop pccUpéâ de la guerre pôUf avoir le loisir, non^seuiénent de résoudre le problème social, mais même de rétudier utilement.
« Depuis 4795, le peuple avait laissé faire toutes les révolutidhs par Tarmée; oelte fois il fit la révolution lui-même, et pour le triomphe définitif des idées de 6d; il voulut dono en tirer toutes les tH^neéqueUcae^ et comme la Républi-^ que lui paraissait avec raison^ la seule fbrme politique qui pût Séoonder le problème de Tamé^ lioration des masses, ii travailla à rétablissement de la République^ do là les tt-ois combats de 1852) 1834, i639, liVrél^ par les etthmts perdus des idées soeiales , eU gouvérhementi qui, en repoussant Tombfe même d'une réforme poHtl*^ que, préparait inévitablement leuf triomphe.
£n edet, un quatri^ne et facile combat^ leur donna la viomire et la République', mais a)ot« éU)urdieS| aveuglées d'un succès inespéré, elles veulent subitement, entièrèUient ia dominatft^ et se jettent dans les plusooupableâégaremems; elles extravaguent au liutembouif , daUS les clubs furibonds, dans les journaux incendiai!^, et se confondent aVee l'aUarôfaie ; au lieu dO s'inoculer lentement) pacifiquement) proiidlldéltiëUl dans la société qUi é'étoUne et qui S'épuuVafitê de leur invasion aUbitë, dé lêUri pféienltOHS sauvages» elle Veul^tt l'impbser pér la Ibroe brutalei
tt De là le grand crime des journées de juin ; de là leur défaite dans ces sinistres jourUées qui
semblent non-seulement avoir tué les idées so> claies dans ce qu'elles avaient d'insensé et d'anarchlque, mais dans ce qu'elles avaient de bon et de progressif.
«tes idées et les questions qu^elles reufennent n'en existent pas moins; leur solution n*en est pas moins dans les nécessités du temps; notre époque n'en est pas moins destinée à résoudre le'problème de la misère et à trouver une réponse définitive à la question de la faim. Il faut donc accepter, sinon avec un empressement passionné, du moins avec une résignation sincère, la mission que la Providence nous impose, cette mission sainte de la solution pacifique et fraternelle du problême social que nos pères ont posé en 1789 ; il fkut donc se dévouer de tout cœur à celte tâche difficile, mais inévitable, sans l'accomplissemettt de laquelle on devrait dire qu'il n'y a point de salut pour la France, si ce n'était un blasphème que de désespérer de cette glorieuse prédestinée de DleU t il faut donc nous initier à des sentiments, à des idées, à des mtfiurs qui soient en conformité avec la transformation sociale à laquelle noUs tendons. Ce doit être lé but de la presse, de la tribune uationale, de la chaire chrétienne, de tout ce qui a du talem, un cosur, une plume, une voix.
Que tous les hommes de bonne volonté se réuhissent donc pour prêcher aux uns Tabnégation et le dévouement, auîc autres la patience et la résignation; à tous le Sâôrillûedes passions et des hailies politiques, à tous des Sentiments de fraternité humaine, à tous ce principe qui doit amener là société UôUvelle, ce principe de Tintérêt géûéml qui ehgehdre la passlou du bien-être de tous. »
Vous voyeî bieft qUe c^s gèriS-là sotit socialistes, et qu'ils le seraient bien plus franchement s'ils étaient moins ignorants ou moins peureux.
Nous ne parlerons pa& après cela du feuilleton critique de M. Taxite Delord, sur Tragddabas, pièce ridicule mais, qui témoigne au moins de pféoeeupations sérieuses pôur le beau, ce que l'on ne rencontre jamais dans l'école du non-^etw.
H y a deujc mots à peine què nous écrivions ceâ lignes SUr l'école dU Uon-sens, et aujourd'hui nous apprenons qiie M. tâxile Delord rédige un feuilleton tmqm de théâtres dans le Peuple. Pauvre critique, pauvre pè\ip1t^ D'autres membres do Pécule du bon sens ont aussi cherché refuge dans le camp du socialisme. À la bonne heure) c'est de la franchise. Quand lés révolutions ne serviraient qutl cr(bî&r la société
REVUE DES JOURNAUX
à séparer les bons des mauvais, il ne faudrait pas encore trop les maudire. A propos des gens sans talent, des incapacités honnêtes, des médiocrités ignorantes et envieuses, nous sommes toujours tentés de répéter comme nos pères : Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !
L'école du non-sêns, c'est la forme ou Texpression démocratique de Tart. Le succès fait le talent, non point le succès qui s'obtient par la lutte, en s'imposant , en descendant des classes supérieures aux classes moyennes et au peuple; mais celui qui repose sur le trivial, le commun, le médiocre et le vulgaire ; celui qui recherche le nombre et flatte les instincts de la populace. L'école du bon-sens est un cercle vicieux, une contradiction permanente ; elle enseigne à tous les idées de tous et elle croit sérieusement ins-* truire ou moraliser les masses. Celui qui suit les autres, a dit Michel-Ange, n'ira jamais devant.
Est-ce à dire que nous approuvions l'école romantique t Non ; nous la répudions avec autant de force et de raison. L'école romantique est devenue l'expression d'un art impossible, d*un art tout personnel qui semble n'exister que dans le cerveau de quelques monstruosités sociales. Kl 1823, le romantisme était la recher'che du beau en dehors û\ïjoH et du convenu, dans lés traditions nationales, dans la vie propre de la société moderne. M. Guizot traduisait alors Shakespeare; l'école royaliste doctrinaire se constituait.
M. de BalÉac, pour fuir ces deux extrêmes, a cherché le réalisme, l'observation exacte et minutieuse de la nature. C'était reprendre et con->tinuer la tmdition, imiter la nature, ça n'est pas la copier servilement, c'est l'étudier avec soin. Pour cela il faut un grand talent, mais quel est l'art qui supporte les médiocrités f II faut apprenne h regarder, à voir, à observer, à comprendre, à comparer, à connaître et à juger.
Quand on sait tout cela il hni encore appreudre à bien sentir et à rendre juste. Voilà le téaîismê dans sa plus exacte expression. Car imiter la nature c'est employer les moyens qu'elle emploie; c'est saisir ses formes et ses couleurs; c'est voir ses accords et ses désaccords, ses harmonies et ses oppositions.
FinjiHttet.
29T. — La HôNGHifi. RecuHt poîUfque, hisloritfiiB H hrWfttfr*. —Rue de la Victoire, 6.— Gérant: I. Boldenyi.
298. — L'aurouk db la nÉtniBLiQUS. Canard de nulle valeur; in-4<>, imprimé à Vaugi-
rard, chez Moncheny, et signé Camille Gaillard. On y remarque cette phrase à propos de l'assassinat de M. de Praslin :
« Le gouvernement en était certainement^ complètement innocent , etc. »
Nous découvrons à Finstant que cette feuille doit être du mois d'août, car elle a été déclarée au ministère de Tintérieur immédiatement ayant la Bouche d^ acier.
299. — P. Le paysan du danhhk. Journal politique et littéraire^ paraissant tous les dimanches. — Voici ce que nous trouvons dans le premier numéro ;
a Réjouissez-vous et bondissez d'une joie sauvage, vous dont les prédications incendiaires ont soufflé le feu qui a failli envelopper dans ses mille replis notre grande cité. — Pendant trois moiS| vous avez fait incessamment appel aux passions mauvaises, et provoquant, contre la
[)artie saine du peuple, la portion maladive de a nation, vous avez suscité les défiances, fomenté les divisions, excité les haines, et fait d'un peuple de frères» un peuple d'ennemis. Réjouissez-vous ; après avoir labouré et fécondé de vos sueurs le champ de la révolte, vous avez vu cette terre maudite produire une hideuse et sanglante moisson. Réjouissez-vous; au nom d'un mieux impossible, vous avez empêché un bien facilement réalisable, et produit un mal dont, par malheur, d'autres que vous auront à souffrir. — Et vous vous êtes impudemment déclarés républicains et démocrates! vous qui n'êtes que des valets de tous les partis, des malheureux sans principes, sans convictions, sans foi politique! Qu'est pour vous la patrie? Répondez : un vain mot, une expression sans valeur et vide de tout sens. Vous n'êtes pas plus patriotes que vous n'êtes républicains; vous êtes tous des conspirateurs à gages, qui continuez sous la République le métier que vous avez fait sous tous les régimes. Si Dieu, qui protège la France, l'eût abandonnée dans les jours de lutte terrible qu'elle vient de traverser, s'il eût fait pour un moment tomber le pouvoir entre vos mains, où en serions-nous à cette heure? Et vous-mêmes, que seriez-vous devenus, quand vos partisans, gorgés et repus, se fussent, à la Suite du pillage que vous leur aviez promis, réveillés de leur sommeil? Ils auraient alors compris vos lâchetés, rougi de vos trahisons, maudit votre impuissance, et sévère justice eût été faite ' par eux. La société en débris eût été vengée.... mais eût-elle pu de longtemps se re-
BCLLETDf DE GENSCKB.
coDStniire.... Grâce à Dieu, elle est encore ifebout, pleine de vie, de force et d'avenir, et mm moins résolue à punir ses ennemis endurcis que disposée à pardonner à ses fils égarés et repentants. »
Ce paysan, comme son aïeul, avait quelquefois de Tesprit, car on lit dans le numéro 5 :
« La révolution a débuté par un banquet renversé, elle ne sera finie que lorsqu'on aura relevé la marmite. »
Gérant : Prosper Poitevin, rue Snger, 9.