NOVEMBRE
382-— S. La révolution démocratique et SOCIALE. Rédacteur en chef : Ch. Delescluze.
Directeur : A. Dahcan. Rue Damiette, 1. Du 7 novembre.
Ce journal est le nouvel organe officiel du citoyen Ledru-Rollin. Voici quelques extraits de son programme :
« En élevant une tribune nouvelle à renseignement du peuple, en arborant le drapeau de la révolution démocratique et sociale, les fondateurs de cette œuvre de propagande témoignent suffisamment de leurs principes et de leurs espérances. Que pourraient-ils ajouter à cette formule sortie du sein des masses, consacrée tout à la fois par l'assentiment général et par les attaques passionnées des factions contre-révolutionnaires. N'esirelle pas la traduction véritable du dogme de nos pères, et le titre qui brille en tète de notre feuille n'est*-il pas de ceux qui obligent à toujours
« Nous voulons :
« L'éducation gratuite commune et obUgatoire;
« Abolition des contributions indirectes ;
« Reprise par TEtat des banques , des chemins de fer, des canaux et des mines;
« Substitution de Tirnpôt direct et progressif à tous les impôts que nous a légués la royauté;
« Abolition de tous les octrois ;
« Consécration du droit au travail avec toutes ses conséquences ;
« Soumission aux impôts de la dette publique;
BIJLLETIIf DE GENSDIIE.
« Abolition du remplacement militaire et réorganisation de l'armée; collation de grades dans une certaine limite par le concours et Téieotion;
« Révision des codes ; réforme de la magistrature, réforme hypothécaire et ûnancière, apphcation du jury aux procès civils;
tt Révision des lois de douanes;
a Révision des lois administratives ;
« Révision de la constitution pour arriver notamment à la suppression du pouvoir présidentiel, dangereuse image de la royauté. »
Ce programme, comme on le voit, est complet; c'est celui de la Montagne, de la République rouge, de la démagogie. C'est celui de tous les hommes de désordre et d'anarchie, qui n'osent pas se dire socialistes, ou qui sont trop ignorants pour l'être. C'est celui des intrigants et des peureux qui comptent sur les hommes flottants de tous les partis. C'est enfin celui des révolutionnaires qui veulent désorganiser la société pour organiser k révolution en permanence.
8 Novembre.
Renaissance de la Liberté, après une double mort violente.— Organe spécial de M. Louis- Napoléon Bonaparte. Rue Bergère, SO. Gérant:
Mouillard ( n^ 445 de la collection).
383 — S. Le vrai catholique, journal de la réforme religieuse et sociale. Directeur-gérant : Elisée Lecomte, ancien rédacteur du Journal de Genève et du Réveil de l'Ain. Mensuel. Rue du Faubourg-Saint-Denis, 15. — Feuille protestante, socialiste et presque insignifiante.
584 — S. Le défenseur du peuple, jour-nal mensuel. — C'est un long et volumineux programme communiste que nous étudierons si il y a lieu dnns la seconde partie de ce travail. Rue de l'Aibre-Sec, 20. Gérant : Narcy. Rédacteurs : F.-Ch. Sairans, P. Rimant, etc.
385. — La langue de vipère, chronique mensuelle des petitesses de nos grands hommes. Rue Coquillière, i5. Rédacteur-gérant : J. Jacques. — L'écrivain qui se cache sous ce nom prétend faire connaître tous les jours ses principes dans des publications plus sérieuses ; celleci, dit-il, a pour objet de discuter les hommes. Et en effet elle est consacrée tout entière à la critique de nos fonctionnaires républicains. A propos de M. Jules Bastide, nous lisons :
<KUn gouvernement d'impuissants ne pouvài^
REVDE DES JOURNAUX.
iU
évidemment se fiiire représentm' au-dehors que .par on eunuque.
a Hier les corrompus, aujourd'hui les incapables; à quand donc les hommes d'Etat? »
Cependant la Langue de vipère n'est pas une méchante langue. Elle attaque aussi bien M. Thiers que H. Ledru-Rollin ; elle pique aussi fort le petit père Marrast que le père de Genoude; pour qui est-elle donc?
386 — S. Lb RÉFOUfATEUR, joumal de la ligne riticole et de tous les intérêts de Cagriculture et de Findustrie nationale. Rue Menars, 12. Gérant : Oct, Déchevaux. — Spécimen mai fait et complètement nul d'une feuille républicaine et socialiste qui regarde le bien-être comme la condition fondamentale de la morahté et de la liberté. Le premier numéro devait paraître du 20 au 30 novembre.
Dans ce travail, nous avions uniquement pour but de faire connaître l'esprit des journaux publiés depuis février, et de révéler ainsi aux lecteurs les tendances, les sentiments, les doctrines qui s'agitent dans les bas-fonds de la société. Nous voulions donner un fil conducteur au milieu du dédale de nos révolutions, et tâcher de soulever un coin du vofle qui recouvre encore l'avenir. Pour cela, nous avons cherché avec soin et scrupuleusement réuni toutes les publications de la presse; nous supposions que chaque feuille nouvelle devait être l'expression d'une idée nouveUe.
L'exactitude avec laquelle nous avons rempli notre tâche est venue changer, pour certains lecteurs, la nature de ce travail. On a voulu y voir un catalogue complet et raisonné de tous les nouveaux journaux. C'est en effet la nomenclature la plus exacte et la plus complète qui ait encore paru.
Mais notre but n'ayant jamais été de dresser un catalogue à l'usage des collectionneurs, on comprend que dans une revue aussi longue et qui présente autant de difficultés , il ait pu se glisser des fautes, des inexactitudes, des erreurs, et, malgré tout, quelques omissions. Nous avons dressé une table des matières qui, en facititant les recherches, nous permettra de rectifier les articles inexacts. Nous allons maintenant réparer les omissions que nous avions faites à dessein, et à cause de la nullité de ces feuilles sans date, sans signature et sans valeur.
387.^ Le choléra -morbus, moyens de s^en préserver. Rue de la Harpe, i5. ^ Canard
médical classé, on ne sait poufquoi, dans ks journaux.
388. ~ Les jcbas bs là mÉPUBUQCE. FemlU populaire^ pubhée par Edouard Houel, rue du Rocher, 6. En têteest un timbre de lasodél^ du progrès Ubre universd^ fondateur Ed. Houei.
Ce canard contient: un long article socialiste, une chanson de M. Etienne Arago, différents articles pour ou contre la légitimité; il parie aussi d'une médaille représentant M. Crédit, c'est-à-dire Henri V.
389. — Plus de bocrreau. Canard imprimé sur papier rouge, portant en tète n* 1, et le timbre du citoyen Edouard Houel. Il contient un fragment de Victor Hugo contre la peine de mort, et une ode de M. de Lamartine sur le même sujet.
Le même canard a paru aussi sous le titre de :
390. — Là peine de mort, jugée par Victor Hugo et Lamartine. N» 1, rue du Rocher, 6, et place de la Bourse, 13.