‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 112 sur 182 · Minerve littéraire, tome II (1821), p · texte numérisé non relu

Minerve littéraire, tome II (1821), p

LA PRESSE LITTERAIKE

prit; il faut qu'elle apprenne à devenir interprète du cœur si elle veut obtenir des succès durables.

On en conviendra, le reproche est curieux, et le conseil admirable, de la part de Tissotl Mais il faut lui savoir gré de ce qu'il y a, tout de même, de sympathique dans une partie de cet article; il va jusqu'à dire, après une citation de i'épître à Byron : « Admirable passage oii Ion respire un parfum de poésie, semblable à l'encens qui s'élève d'un temple vers le ciel (1). »

Nous citerons enfin, en anticipant sur les dates (parce que l'article se rapporte aux Méditations) un jugement des Lettres champenoises^ de 1824, où le caractère original de la poésie lamartinienne dans ses rapports avec les besoins de la société nouvelle est très finement saisi.

La mytholog'ie païenne et le brillant cortège de ses dieux, grands et petits, ont trop longtemps enluminé nos hémistiches... Inspiré par la lecture de Byron, M. A. de Lamartine a donné parmi nous un éclatant signal... Il a laissé la fiction pour la vérité. La vérité ! voilà le besoin de tous les esprits ; elle seule peut nous intéresser. Nous nous croyons dignes de l'entendre, et nous la cherchons au dehors comme au dedans de nous-mêmes. C'est donc vers elle que tous les efforts doivent se diriger... Pourquoi les Méditations poétiques sont-elles recherchées et lues avec tant d'avidité ! Parce qu'elles représentent l'homme à l'homme lui-même ; parce qu'elles développent son âme à ses yeux ; parce qu'enfin, après lui avoir montré le néant des choses de ce monde, elles conduisent hardiment sa pensée vers ce qui est au delà (2).

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