‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 102 sur 151 · Li'Opinion publique da 15 novembre ltW · texte numérisé non relu

Li'Opinion publique da 15 novembre ltW

proposée pour légitime quaat à sod objet, qui était de réglementer le suffrage universel, mais ils estimaient qu'elle entraînerait des résultats fâcheux dans plusieurs de ses applications. Elle leur semblait exclure mal i propos des catégories d'électeurs sédentaires, honorables, utiles, nécessaires peut-être, et créer ainsi des mécontentements dangereux. En restreignant Tuniversalité du vote qui donne une si grande autorité morale à la majorité et au pouvoir, on ôtait au gouvernement de sa force ; en autorisant l'opposition à revendiquer cette universalité amoindrie, on lui fournissait le terrain qui lui manquait. Plusieurs amendements qui auraient enlevé à la loi son caractère de réaction, qui l'auraient diminué tout au moins, furent présentés par MM. Raudot, de Tingay, Vesin, de Vaujuas, de Larcy. Alfred Nettement les défendit dans son journal. Tous furent rejetés. A la dernière heure cependant, dans la séance du 31 mai, Alfred Nettement eut rheureuse fortune de faire adopter, malgré Topposition du rapporteur, du ministère et de la commission, un amendement dont il était l'auteur et qui était aind conçu :

« Sera rayé de la liste électorale, à la requête du ministère public, pour un laps de temps qui ne pourra être moindre de cinq ans, ni excéder dix ans, et dont la durée sera fixée par le tribunal, quiconque aura encouru une condamnation poor les délits prévus par les articles 338 et 339 du Gode pénal (complicité d'adultères, entretien d'une concubine dans le domicile conjugal). »

Lors du scrutin sur l'ensemble de la loi, Alfred Nettement, et, avec lui, quinze membres de la droite, votèrent pour le rejet.

ALFRED NBrrEMENT 887

Au mois de juillet 1849, l'Assemblée avait vote, mais seulement à titre provisoire, une loi sur les journaux. La loi organique sur la presse, présentée un an plus tard, vint en discussion le 8 juillet 1850.

En 1849, Alfred Nettement s'était efforcé d'introduire dans la loi proposée par M. Dufaure des dispositions plus libérales. En 1850, son attitude fut la même.

L'article 1" de la nouvelle loi portait une augmentation du chiffre de cautionnement pour les journaux publiés dans les départements. Alfred Nettement, dans la séance du 9 juillet, rappela les services qu'avait rendus et que rendait encore la presse départementale. C'était lui porter un coup funeste que d'élever pour elle le taux du cautionnement, alors qu'elle avait déjà tant de peine à trouver les capitaux dont elle avait besoin. Il insistait donc pour le maintien du statu qico. UOpinion publique avait presque tous ses abonnés en province. En plaidant pour la presse des départements, son directeur allait contre son propre intérêt ; mais n'était-ce pas chez lui chose habituelle ?

Combattu par M. Rouher, l'amendement fut rejeté.

Le 11 juillet, à la suite d'un éloquent discours de M. de LaboulieS l'Assemblée, par 323 voix contre 280, adopta Yamendement Tinguy^, ainsi conçu :

1. Laboulie (Joseph-Balthazar-Gnstaye de), 1800-18B7, avocat au Jnrreaa d'Aix, dépaté de MarseUle de 1834 à 1837, représentant des BoQches-du-Rhône à rAssemblée constituante et à TAssemblée législative. Doué d'un rare talent de parole, il obtint, dans ces doux Assemblées, de grands succès de tribune. H insérait assez fréquemment Idans VOpinion publique des lettres politiques, et, jusqu'à sa mort, il ^ testa run des meiUeurs amis d'Alfred Nettement.

2. Tinguy (Charles- Louis, marquis de), 1818- J 881, roprésentant de la Vendée de 1848 & 1851.

388 ALFKED NETTEMENT

« Tout article de discuasion politique, philosophique ou religieuse inséré dans un journal devra être signé par son auteur, sous peine d'une amende de 500 francs pour la première contravention, et de 1,000 francs en cas de récidive. »

La plupart des journaux s'étaient élevés, avec une extrême vivacité, contre cet amendement. Les Débats^ le National, la Patrie^ VAssemblée nationale, le Constitutionnel avaient ensemble fait campagne pour amener le rejet d'une disposition qui, selon eux, « blessait la presse au cœur ». Mieux inspirée, V Opinion publique l'avait chaleureusement défendue :

a Pour nous, écrivait Nettement, malgré les dif Qcultés d'application, nous l'acceptons de grand cœur. Il y a longtemps que nous comprenons ainsi la presse, u Droit en avant et le front découvert», cette belle devise de notre noble duc de Fitz-James est aussi la nôtre. Quand on juge toutes les vies, il faut livrer la sienne ; le journaliste n'est pas un homme privé, c'est m homme public. Il faut qu'on juge ce que pèse sa responsabilité morale, pour apprécier ce que pèse ce qui tombe de sa plume. Il faut qu'on sache s'il est un homme de talent vénal ou un homme de bien, un homme de dévouement qui sert son pay& avec sa plume, comme il le servirait avec sa fortune, avec sa vie. Pour cela, la première de toutes les conditions, c'est qui se nomme*. »

Le 25 juillet 1850, Alfred Nettement signa, pour la première fois, son premier-Paris. Et maintenant il ne se passera pas un jour sans que son nom reparaisse dans VOpinion publique, et souvent plusieurs fois dans 1^ même numéro.

A quelques jours de là, le 11 août, la Législative entrai!

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