‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 104 sur 151 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

L'Assemblàe législatiTe. — L' • Opinion publi ( suite et fin) . — Le coup d'État du décembre.

le Coup d'État du iS Brvmaire. — Aurkd Neti

SEB PRUNOSTICS SUH JJS COUP d'ËTAT DU PbINCB- PRÉSIDENT

SES coNsSouBHCEs. — L'Optnion pubUque en 1851. Lb uaki Bellbvai. et Henry db Pé.se. -^ Leb Courriers de Par C'iuieries ntusicalea et les Cauteriei littéraires d'Ahu PoNTkjiRTiN. — L'Opinion publique RACoNTftE p*r un de bes TBURS. — La révision, m. »s Falloui et iSOpinion publi

LEITBE du général CHANOARNIBR. — SECONn V0Y4QE D

MoRBtHAN. — Dernière session dr l'Ahseicbléb léqisiat Coup d'État du i8 Fructidor. — La journée du 2 DecBitBr IIazas bt a Vwcbkneb. — SuFFHEBBioN DK iJOpinion publiq

La Législative reprit ses séances le 12 novembre, auparavant, au mois de novembre 1849, Alfred Nett ikvait signalé à ses collègues les dangers qui les çaient, et la France avec eux. S'ils ne savaient pas pour refaire la monarchie, ils n'échapperaient pas ai d'État, dont les suites fatales seraient le rétabliss de l'Empire et, dans un avenir plus ou moins prochi guerre et l'invasion. Ses avertissements n'avaient p écoutés. Il les renouvela avec plus de force, dès qui

semblée fut rentrée. Comme l'histoire, selon le mot de Bossuety est « une maîtresse d'enseignements «, il publia et réunit en brochure cinq articles sur le Coup d'État du 18 Brumaire.

Ces suggestives évocations du passé, ces courageuses prévisions de l'avenir causaient une vive irritation au Prince-Président et à ses ministres. Faute de pouvoir atteindre Alfred Nettement, que couvrait l'immunité parlementaire, on se rabattit sur son journal. VOpinion pttblique avait publié quelques lignes du Corsaire sur VÊre des Césars*. Des poursuites furent ordonnées contre son gérant, en même temps que contre l'auteur de l'article du Corsaire^ M. Courtois, fils du conventionnel, devenu, malgré ses traditions de famille, un des plus ardente champions de la cour royaliste. Le procès fut appelé, te 22 novembre, devant la Cour d*assises de la Seine. Malgré une très spirituelle plaidoirie de M. Alfred Dufougends, ancien directeur de la Mode et représentant de la Mayenne, le gérant de l'Opinion publique fut condamné à 1,000 fr. d'amende et à trois mois de prison. M. Courtois se voyait condamné, de son côté, à une amende de 2»000 fr. et à un emprisonnement d'un an.

On entrait bientôt dans Tannée 4851, et de grades

1. VÊre des Césars était une brutale apologie de la dictature miti* taire. Cette brochure, qui fit alors grand bruit, avait pour auteur M. Auguste Romieu, ancien préfet de la monarchie de Juillet, fort connu, mais non comme écrivain. Au mois d'août 19S>\, il publia le Spectre rouge. Le titre seul de cet ouvrage en indiquait assez l'objeL Les périls étaient assez réels pour émouvoir la société : on les gro^ sissait au point de FafToler. Après le coup d'État, M. Romieu fut nommé directeur général des Beaux-Arts et inspecteur général des bibliothèques. Il mourut le 20 novembre 1855.

événements en marquaient le commencement, préludes de ceux qui devaient en signaler la fin. Le 10 janvier, le ministère était remanié. Tandis que MM. Rouher, Baroche, Fould et de Parieu conservaient leurs portefeuilles, MM. Dumas, de la Hitte, de Schramm, Bineau, Romain-Desfossés étaient remplacés par MM. Bonjean, Drouyn de l'Huys, Regnaud de Saint-Jean d'Angély, Magne et Ducos. Le même jour, paraissait un décret qui destituait le général Ghangarnier et distribuait son double commandement entre le général Baraguey d'Hilliers, pour les troupes de toutes armes de la 1" division militaire, et le général Perrot, pour la garde nationale.

L'émotion fut grande à l'Assemblée. Elle se réunit aussitôt, dans ses bureaux, pour nommer une commission qui proposerait les résolutions à adopter dans les circonstances graves où se trouvait le pays. Alfred Nettement prit la parole dans son bureau. Le commissaire qui serait choisi devrait, selon lui, demander qu'un ordre du jour motivé exprimât le manque de confiance absolu de l'Assemblée à l'égard du nouveau ministère, et que des forces suffisantes fussent chargées de protéger V Assemblée^ sérieusement menacée par les entreprises du Prince-Président. Il fut nommé commissaire par 26 voix contre 17, données à M. Quentin Bauchart, futur conseiller d'État et sénateur de l'Empire *.

Jusqu'au jour où s'accomplira le coup d'État du

1. Les quinze membres do La Commission étaient MM. Bixio, Baze, général Cavaignac, de Montebello, Flandin, Passy, duc de Broglie, Gustave de Beaumont, Dam, Lanjuinais, Alfred Nettement, Morellct, de Momay, Lamartine, Buffet Elle nomma pour président le duc de BrogUe et pour secrétaire M. Lanjuinais.

2 décembre, Louis-Napoléon n'aura pas d'adversaire plus vigilant, plus persévérant, et, en même temps, plus perspicace. Ne semble-t-il pas qull lisait dans l'avenir comme dans un livre, lorsque dans son premier-Paris du 27 janvier 1851, renouvelant et précisant davantage encore ses pronostics de 1849% il déroulait en ces termes la suite des événements, une fois le coup d*État consommé :

c( n est dans la fatalité de M. Louis-Napoléon Bonaparte de commettre aa dehors une faute dont les conséquences seraient incalculables. Son prestige lui vient de la gloire napoléonienne ; une fois maître, il tournera autour de la gloire, comme les papillons de nos salons autour de la bougie à la flamme de laquelle ils finissent par venir se faire consumer. Cela est inévitable, d'autant plus inévitable qu'un régime napoléonien sans gloire périrait par Tintérieur, comme on Ta vu quand la victoire abandonna les drapeaux de l'empereur. M. Louis Bonaparte a l'instinct de cette vérité ; cet instinct a transpiré dans sa lettre à M. Edgard Ney,et dans ses tendances à nouer dernièrement une alliance avec la Prusse. Elle éclatera s'il arrive au but. // voudra faire un coup de gloire du côté du Rhin, et, ce jour-là, il trouvera l'Europe mettant huit cent mille hommes en ligne contre ces deux noms, la Révolution et Bonaparte.

u Le césarisme, c'est donc la guerre, et la guetTe^ (fest um nouvelle révolution en France. Si l'éruption révolutionnaire n'a pas encore éclaté, elle éclatera ce jour-là. . . Après quoi, on fera la guerre révolutionnaire avec le courage du désespoir, mais, selon nous, sans aucune chance de succès, car l'Europe mit maintenant le secret de ces grandes marches qui mènent rapidement les masses militaires à travers les tiatiom démoralisées vers les points d'où l'on domine un pays conquis.

« Vous connaissez, maintenant, la raison de notre fermeté...

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