‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 105 sur 151 · Voir ci-desus, chapitre xv, page · texte numérisé non relu

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Par la brèche que le césarisme ouvrirait, Vétranger passera, La fermeté dans une pareille situation n'est donc que de la prudence. Nous faisons comme les Hollandais qui bouchent la première fissure qui se manifeste dans leurs digues ; ceux qui nous blâment tiennent le langage de ceux qui diraient aux surveillants des digues : « Ne contrariez pas ce flot qui veut passer », sans réfléchir que derrière ce flot se presse TOcéan t »

Cet article, nous l'avons dit, est du 27 janvier 1851 ; vingt ans après, jour pour jour, le 27 janvier 1871, à Versailles, le comte de Bismarck et M. Jules Favre arrêtaient ensemble les termes de la capitulation, qui devait être signée le lendemain : Remise immédiate était faite à l'armée allemande de tous les forts de la capitale, ainsi que de leur matériel de guerre ; — l'enceinte était désarmée de ses canons dont les affûts devaient être transportés dans les forts à désigner par un commissaire de l'armée allemande ; — les garnisons (armée de ligne, garde mobile et marins) des forts de Paris étaient prisonnières de guerre et devaient déposer leurs armes ; — l'armée allemande entrerait dans Paris ; les conditions de cette entrée seraient fixées, le jour où Ton débattrait les clauses de la paix définitive.

De toutes les prévisions d'Alfred Nettement, pas une qui ne se fût entièrement réalisée.

Le 2 mai 1851, VOpinion publique entrait dans sa quatrième année. Trois ans lui avaient suffi pour conquérir une des premières places dans la presse de Paris. Ce résultat sans doute était dû surtout au rédacteur en

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chef, à Alfred Nettement ; mais il n'est que juste de rappeler que ses collaborateurs, presque tous des jeunes gens, contribuèrent pour une large part au succès obtenu.

Au mois de mars 1851, le journal de la rue Taitbout fit une précieuse recrue dans la personne de M. L.-C. de de Belleval*. C'était encore un de ces originaux dont Tespèce, j'en ai peur, est pour longtemps perdue. Très énidit, travailleur acharné» le marquis de Belleval s'engageait à fournir autant de copie qu'on le voudrait, à une condition cependant, c'est qu'on ne le paierait point. Et cela, soas le prétexte bizarre qu'il n'avait pas besoin pour vivre qu'on lui pay&t ses articles, — ce qui d'ailleurs était vrai. A partir de son entrée au journal, avec une régularité qui ne se devait jamais démentir, il donna, trois fois par mois, sous le titre beaucoup trop modeste Aq Bulletin bibliographique, de copieux feuilletons, où il rendait compte de presque tous les ouvrages qui paraissaient, principalement de ceux qui avaient un caractère historique.

Un peu avant la venue du marquis de Belleval, YOpinim publique avait vu arriver dans ses bureaux un tout jeune homme, presque un enfant, qui, lui, demandait à être payé, mais pour des motifs particulièrement honorables. Henry de Pêne — c'était son nom — avait à peine dixneuf ans', lorsque, au mois d'octobre 1849, il se présenta au bureau du journal de la rue Taitbout. Après de brillantes études au collège Rollin et d'éclatants succès au concours général, il venait de commencer son droit et se

1. Louis -Charles de BeUeval, marquis de Belleval, né à AbbeTîUe (Somme), le 16 mars 1814 ; mort à Paris le 6 juin 1875.

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