‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 119 sur 151 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

La Semaine des Familles, — La Question romaine.

M. Jagqdb8 LBcorpRx. Là Semaine des Familles. NtUkaniel, Félix-Henri et René, Les Causeries sur l'histoire de France, Louis Vkuillot. m. Charlss BouolA bt lis Leçons de Seuilly. M^ ZémaIdb Flsuriot. — Lbs vrais Jeudis de M»* Charbonneau, — Lb voyaob db Vbnisb. — Nouvelle âornoN de la Vie de Marie- Thérèse de France, Lettre de la comtesse de Chambord. — U Question romaibe. Appel au bon sens, au droit et à l'histoire.

Depuis 1852, à Texception de la Vie de jnadame de la RocJwaquelein^ tous les ouvrages d'Alfred Nettement avaient paru à la librairie Lecoffre.

M. Jacques Lecoffre a été Tun des plus chers amis de l'historien royaliste, sou conseil et son soutien aux heures difficiles, et c'est à lui surtout, à ses encouragements et à son généreux appui que Nettement a dû de pouvoir se consacrer presque tout entier, pendant les dix-sept dernières années de sa vie, à ses grands travaux sur la Restauration. L'écrivain et son éditeur ne se doivent donc pas séparer, et aussi bien c'est au premier que j'emprunterai les traits qui vont me servir à peindre le second.

Né en 1802, à Lyon, de parents catholiques et royalistes,

ALFRED NBTTEUBNT

Jacques Lecoffre, qui se trouvait sans ', bonne heure dans la librairie. Son ju esprit sagace et pénétrant, son énergiqu laientau succès. Il s'appuya 3ur deux fo et ennoblir ce succès : le travail et la le. travailleur austère, infatigable, prolonge jours par celui des nuits, étudiant dans t les affaires et les saisissant, avec une r; dans leur ensemble ; mais c'était aussi vaincu et fervent, qui se défendait contre que causent ordinairement les affaires pi cupatlon des choses spirituelles, intell raies*.

Il était établi depuis peu de temps à F la tète d'une maison de librairie im] commeacèrent les luttes pour la liberté i et la liberté de l'Église. 11 y prit dès le grande part. « On ne saurait — et c'est bert qui lui rend ce témoignage — on cier assez haut les services qu'il a rendu gieuse et à la liberté d'enseignement pei Louis-Philippe et la République. Sa maii de toutes nos publications, et, sans lui point atteint les résultats, incomplets et ; aussi salutaires qu'imprévus, de la lutte parle vote de la loi Falloux'. -

C'est seulement en 1852 qu'Alfred Net

I. Notice *i*r Jacquet Lecoffre, par M. Alfrt d'ane Lettr* de 11. le comte de Montalemberl, 1

S. Lettre àe MoDlal«mbert ft Alfred NettemeDi lier 1866.

rapports avec lui. Ils avaient mêmes sentiments, mêmes convictions politiques et religieuses, même élévation d'âme, même noblesse de cœur. Leurs relations ne tardèrent pas à devenir affectueuses» puis tout à fait intimes.

M. Lecoffre, au commencement de 1858, s'ouvrit à Nettement de son désir de créer pour la jeunesse une petite revue, qui paraîtrait tous les huit jours et s'appellerait la Semaine des Familles. Alfred Nettement accepta d'en être le directeur, avec toutes les charges qu'entraîne ce titre. Il ne lui faudrait pas seulement fournir lui-même les principaux articles, il aurait encore à lire les manuscrits, à les rejeter ou à les admettre, à les corriger au besoin. Et, parmi ces manuscrits, il y aurait par monceaux des poésies, des contes, des nouvelles, des romans, — surtout les romans de ces dames qui écrivent, je le veux bien, pour le bon motif, mais qui, sous prétexte de faire de la littérature pieuse, cultivent principalement la littérature ennuyeuse. C'est à cette besogne que s'attellera, pendant plusieurs années, le noble écrivain, pour augmenter les ressources de sa famille, et aussi parce qu'il voit, dans cette Revue, qui s'adresse aux jeunes gens et aux jeunes filles, un instrument puissant pour le bien. H ne négligera rien pour intéresser ses abonnés, pour les amuser même, mais il s'efforcera surtout de faire œuvre moralisatrice, de mettre ses jeunes lecteurs en garde contre Terreur et le mensonge, de leur inspirer le goût du beau et celui du bien, de leur faire aimer ces deux grandes choses que, dans sa vie comme dans ses écrits, il n'a jamais séparées : la Religion et la Patrie.

Quelques-uns de ses meilleurs amis ont souvent regretté qu'Alfred Nettement, à l'époque même où il composait

ALPRBD NETTEMENT

son Histoire de la Restauration, ait donné une sigra part de sa vie à la direction et à la rédaction d'un [ journal à images. A se faire ainsi, comme Teu Berqi l'ami des enfants, ne perdait-il pas son temps et peine ? Etait-il sage, de sa part, de sacrifier h ce métier, à cette tâcbe ingrate, des heures qu'il aurait qn'il aurait dû réserver toutes k des œuvres plus di{ de son talent, et qui eussent achevé de consacrer nom?

n est bien vrai qu'en travaillant assidûment, comn l'a fait pendant les onze dernières années de sa vie. Semaine des Familles, Alfred Nettement n'a pas s les intérêts de sa renommée. Il a fait mieux, puisqu servi d'autres et plus grands intérêts ; puisqu'il a sous une forme aimabfe et souriante, modeste sans do mais à coup sûr efficace, l'apôtre de la jeunesse.

Le premier numéro de la Semaine des Familles a j le samedi 3 octobre 1858. Comme autrefois à VOpit publique, à la Semaine aussi l'infatigable écrivait prodigua jusqu'à la fin. Chaque numéro s'ouvrait pa grand article signé Alfred Nettement et se fermait une Chronique signée Nathaniel ; mais Natbaniel, c'< encore Alfred Nettement. Ce pseudonyme ne lui suflf pas ; il en avait encore deux autres, Félix-Hent René, si bien qu'il y avait souvent dans la même livrai, sous trois ou quatre noms différents, trois ou quatre ■■ des du directeur'

 côté de ces articles dont le sujet varie chaque semaine, Alfred Nettement a des séries complètes, assez importantes pour que plusieurs aient mérité de survivre à répbémère publicité du journal. Ici, quatre articles sur Madame Elisabeth^sœur de Louis JT F/; là, huit articles sur Bossuet ; ailleurs, des articles sur Paul Delaroche, sur Ary Scheffer et sur les Salons de peinture, qui reparaîtront dans Poètes et Artistes contemporains. C'est encore un Voyage dans le Morbihan^ devenu plus tard le livre intitulé Quiberon ; des Études sur la Seconde Éducati on des filles, qui formeront, à leur tour un volume, des Causeries sur l'histoire de France *, qui n'en formeront pas moins de deux.

Le directeur de la jeune Revue avait eu vite fait de grouper autour d'elle des écrivains d'un vrai talent, Alfred des Essarta, François Lenormant, Georges de Gadoudal, Gustave de la Landelle, Attale du Courneau, H. de Barthélémy, Achille Millien, Ernest Daudet, qui fit là ses débuts, avec deux petites Nouvelles, VÉva^ion^ei Octave^. M. Emile Desdouits, savant et philosophe distingué, l'auteur des Soirées de Montlhéry^ écrivait de piquantes chroniques scientifiques, sous le pseudonyme de Pomponius. Celui de Curtius cachait le véritable nom d'un sousdirecteur du Timbre, M. Charles Bougie, l'un des plus

1. Les Causeries sur V histoire de France n'ont para en volumes qu'en 1879, dix ans après la mort d'Alfred Nettement. Ces Canseries, au nombre de sept, ont pour titres : les Croisades, la Féodalité, le Moyen âge, la Ligue, la Fronde, le Règne de Louis XIV, la Révolution, La septième et dernière est de M"* Marie-Âlfred Nettement.

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