et 20 août, 2 et 18 septembre
ALPBBD NEITEMEKT
I traité leur politique, mais j'apprendrais, chaque joue
I mieux, si j'en avais besoin, à faire grand cas de la sin
I de la constance. Et quelques-una d'entre eux, Vai
I autres, ont été traités plus tard ai cruellement que je
! plu h leur rendre justice d'avance. Soyez sûr qu'on i
le crédit dont on a besoin pour la bonne cause qu'à c
: d'être équitable et même généreux envers ses adversai
a J'attende avec impatience votre compte rendu des d
, scènes, et je vous prie de recevoir, en attendant, a'
remerciements, l'assurance de mes sentiments les p
tiugués.
<c Guizo • 4 septembre 1856. »
Alfred Nettement avait peioe à se consoler de
pouvoir écrire d'articles politiques dans lesjouri
Paris. Il en écrira dans un journal étranger. U
< dans les derniers mois de 1856, la plus importa
; feuilles catholiques et monarchiques de la Belgi
Jownal de Bruxelles, lui demanda de devenir
ses correspondants. Il accepta. Sa première lettr
le 10 janvier 1S57. Elle était signée G, et il en fut df
' des suivantes, ce qui faisait dire à Pontmartin : « I
est paré des plumes du O. »
Les lettres d'Alfred Nettement continuèrent sani
r ruption pendant douze ans et demi, jusqu'au 1
' 1869. Elles furent insérées d'ahord sous la rubriqu<
Carrespondance du Journal de Bruxelles.
Paris, le
Cette rubrique, au bout de quelque temps, fu modifiée :
Nouvellet élrangères.
France (Gorreapondance particulière)
Paria, le
Ce qu'étaient ces letti'es de Paris, quel succès les accueillit dès le premier jour, un bon juge va nous le dire^ Au mois de janvier 1858, le président du comité de rédaction du Jowrna/ de i?rtw;eZ/e5, M. Adolphe DechampsS ministre d*État, le principal orateur et le chef du parti catholique, écrivait à Alfred Nettement :
« Monsieur et Ami,
« J'irai à Paris au premier jour et mon premier soin sera d'aller causer avec vous de la réorganisation de nos joamaux, vous dire combien vos «correspondances ont de succès, vous remercier de cet excellent concours et vous prier de le continuer dans les conditions actuelles. Les arrangements pris avec vous par M. Nève finissent, je crois, le 11 courant. Le Comité me charge de vous demander de les continuer et de les proroger pendant Tannée qui va s'ouvrir. Vous nous enverriez une lettre chaque semaine, comme vous le faites actuellement, en ayant soin de nous transmettre exceptionnellement quelques lettres supplémentaires, quand les événements vous le conseillent. Je crois que c'est Tarrangement pris avec vous.
« Plusieurs membres de notre comité qui désirent que l'édition internationale de nos journaux puisse entrer en France à la faveur de certains ménagements de style et de forme pris à regard de TEmpire» voudraient que vous missiez une sourdine à vos charmantes lettres, au point de vue de l'opposition à la politique impériale.
« Je partage peu cette appréciation, et je crains qu'en craignant d'être assommés à la frontière, nous ne risquions d'être
1. Adolplïo Dechnmps (1807-1875), représentant du district d'Ath, (INJ'i), Rouvenipur du Ijuxembourg ]te\^ (1841), ministre de-s Travaux publics (1848-18iô|, ministre des ÂtTaires étrangères (1845-18^17), etc. - Il était le frère do M*"" Dechamps, archevêque de Matines et primat de Belgique, qui fut élevé à la dignité de cardinal, de Tordre des prêtres, le 5 mars 1875.
assommants. Il est vrai que vous n'avez nullement ce risque à courir. Pour moi, j'aime mieux m'en rapporter à vous.
« Veuillez agréer, Monsieur et ami, l'expression de mes sentiments les plus affectueux et les plus distingués.
€ Deghamps. »
L'arrangement se fit, tel que le désirait M. Adolphe Dechamps. Alfred Nettement continua d'envoyer ses correspondances, — sans y mettre la moindre sourdine^ — et le Journal de Bncxelles continua d'être très régulièrement arrêté à la frontière, lorsqu'il s'y présentait paré de la séditieuse initiale.
Au mois de septembre 1858, Alfred Nettement publia la Vie de Madame de la Rochejaquelein^ et il y avait peutêtre lieu de s'étonner qu'au moment d'entreprendre son Histoire de la Restauration, il lui fît ainsi infidélité dès le premier jour. C'est que le pauvre grand travailleur n'était pas toujours maître de son travail. Pour obliger un ami qui, devant quelque argent à un éditeur, lui avait signé un billet, il s'était porté caution. L'échéance venue, l'ami
n'avait pas payé. Nettement offrit aussitôt d'acquitter la dette, bien que cela le gênât un peu ; mais il ne cacha pas à l'éditeur qu'il lui serait plus agréable de le payer en monnaie d'écrivain, c'est-à-dire de lui remettre, à trois mois de date, le manuscrit d'un volume in-18 de 400 pages. L'éditeur ayant accepté, il se mit aussitôt à la besogne. Avant l'expiration des trois mois, le volume était prêt : c'était la Vie de madame la marquise de la RochejaqueleinK
1. Un volume in-18. J. Vermot, libraire-éditeur, successeur de M. Hivert, quai des Augustins, 33. — 1858.
Ce volume devait faire partie d'une collection destinée à la Jeunesse, et, sauf sur un petit nombre de points, et en particulier sur la dernière partie de la vie de l'béroïne, il ne pouvait être que la reproduction des célèbres Mémoires. La copie forcément devait rester très loin du modèle. Cette copie pourtant a sa valeur propre. Madame de la Rochejaquelein, c'était la Vendée avec ses deuils et ses gloires, et la Vendée, pour Alfred Nettement, c'était plus qu'un grand souvenir et une merveilleuse épopée, c'était une religion. Il a donc mis, dans cette œuvre hâtive, quelque chose de sa foi, de son ardente conviction, de sa flamme royaliste, et ce sont de belles pages que celles où, après avoir montré comment madame de la Rochejaquelein, à l'exemple de la femme forte des Livres Saints, a mis durant plusieurs années sa main aui grandes entreprises et s'est appliquée ensuite à toutes les industries de la charité, il raconte la mort et les funérailles de celle qu'il appelle, en terminant, la veuve des héros et « la mère des pauvres », titre plus précieux devant Dieu que celui de marquise de Lescure et de marquise de la Rochejaquelein.
Après cette excursion — un peu forcée — en dehors de son époque préférée, de celle où il voulait désormais se cantonner, Alfred Nettement s'empressa d'y revenir. Au mois de décembre 1858. il publiait les Souvenirs de la Restauration * .
Il n'a pas seul la parole dans ces Souvenirs. Le plus
1. Un Yolume in-18. Jacques LecolTre et 0'% libraires-éditeurs, rue du Vieux-Colombier, 39.
souvent, se sont les contemporains eux-mêmes, témoins ou acteurs, qui lui fournissent les éléments de ses récits. C'est ainsi qu'il a pu donner, sur la situation de Paris à la veille du 20 mars 1815 et sur les dispositions de l'armée alors réunie à Orléans, une longue et très curieuse note, spécialement rédigée pour lui par madame la comtesse Dupont, dont le mari avait été ministre de la Guerre du 13 mai au 3 décembre 1814.
Le génj^ral d'Andigné avait commandé pour le Roi, pendant les Cent Jours, sur la rive droite de la Loire. Un soir, dans son salon de la rue de Vemeuil, il raconta, devant Alfred Nettement, les principaux épisodes de sa campagne de 1815. L'auteur des Souvenirs a reproduit ces épisodes avec une fidélité dont témoignent aujourd'hui les Mémoires mêmes du général, récemment publiés*.
Les chapitres les plus importants du livre sont consacrés à la réaction de 1815 dans le midi, à ce que les ennemis de la Restauration appellent la Terreur blanche. Sur cette douloureuse question, si odieusement envenimée par l'esprit de parti. Nettement a fait la lumière, et il a pu la faire complète, grâce aux papiers du baron d'Haussez, qui, avant de devenir un excellent ministre de la Marine, avait été préfet de Nîmes.
A ses mérites propres, ce volume des Souvenirs en joignait un autre, celui d'annoncer l'œuvre maîtresse d'Alfred Nettement, sa grande Histoire de la Restauration : il en était l'heureux prélude.
1. Mémoires du général d'Andigné^ pabUés avec Introduction et Notes par Edmond Biré. Deux volumes in-8*, librairie Pion, 1900.