‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 123 sur 151 · Le 19 octobre · texte numérisé non relu

Le 19 octobre

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< Frotisdorf, le 5 décembre

« Je lis avec le pluu grand intérêt. Monsieur, votre I de ma chère tante, l'auguste fille de Louis XVi, m: veux pas différer davantage à voue remercier de mi envoyée. C'était assurément à vous, dont la plume et eoDt voués de tout temps à la cause de la vérité, de li et du droit, qu'il appartenait de retracer l'histoire de ci royale et sainte qui, à l'exemple de son divin modèle, sur la terre en souffrant et en faisant le bien. Voue dans vos touchants récite la tendresse maternelle que de vertu et de douleur a eue pour moi, et dont jnsi dernier soupir elle n'a cessé de me donner des preu souvenirs m'ont vivement émue, et j'éprouve le besoin en expriuier ici particulièrement toute ma gratitude, aussi à vous redire combien j'ai été charmée de vou Venise avec votre excellent compagnon de voyage. So interprète auprès de lui et croyez vous-même à tous I timents bien sincères.

« Marie-Thèki(SK.

Au mois de novembre 1859, précisément à l'h Nettement publiait sa nouvelle édition de la Vie de Thérèse de France, il n'était bruit en France et rope, que de la prochaine réunion d'un Congrès a régler la question d'Italie. Les amis de Pie IX, le sans du Saiut-Siège se reprenaient à espérer ; il 1 raissait impossible que l'Europe assemblée sanctic violation du droit européen et laissât le champ li: polilique révolutionnaire du Piémont. Tout k c 33 décembre 1859, paraissait une brochure anon^ Pape et le Congrès... et le Congrès avait vécu ! L origine de la brochure, en eflfet, n'était un secn personne : M. de la Guéronaière avait tenu la mais c'était Napoléon III qui avait dicté.

De tous c6tés aussitôt s'élevèrent d^éoergiques protestations. La première fut la Lettre de Mgr l'Évêque d'Orléans à un Catholique^ publiée le 27 décembre* ; la seconde fut Y Appel au bon sens^ au droit et à Vhistoire^. par Alfred Nettement, publié le 5 janvier 1860. Dès la première page, à l'adversaire masqué du Souverain Pontife le courageux écrivain ne craignait pas de dire, tête haute et visière levée :

« Au moment marqué pour la réunion du Congrès, une voix 8*êlève pour citer le Souverain Pontife à sa barre, ♦^t elle se charge d'indiquer à l'avance la solution de la question romaine. Quelle est cette voix ? Je l'ignore. L'auteur de la brochure le Pape et le Congrès ne se nomme pas. — a C'est, dit-il, la voix t d'un catholique sincère. • — Qu'en sais-je? — « Une voix « respectueuse pour les droits du peuple comme pour les inté- « rets de la religion. » ~ Qu'en sais- je encore ? L'incognito n'est pas de mise pour qui vient émettre une opinion dans un si grand débat. On aime à savoir qui parle et à qui l'on parle. Un homme de cœur se plait d'ailleurs à mettre sa vie tout entière derrière ses paroles aûn de leur donner du poids. La presse aussi est une tribune où les orateurs masqués font une étrange figure. Grand ami des droits du peuple, dites-nous votre nom pour que nous sachions si vous les avez toujours défendus et comment vous les avez défendus. Catholique sincère, dites-nous votre nom pour que nous sachions si vous avez servi ou combattu l'Eglise. La première chose qu'on demande à un témoin quand il parait devant un tribunal, c'est de se découvrir le front et de dire son nom ; devant le grand tribunal de l'opinion publique, vous cachez l'un, vous taisez

1. Elle porte la date du 25 décembre 1859. EUe fat en effet rédigée en trois jours. M. Jacques Lecoffre eut Thonneur de Téditer.

2. Appel au bon sens, au droit et à V histoire, en réponse à la brochure le Pâpe kt le GonoiuIs ; in-18 de 70 pages. Librairie Jacques Lecoffre et G*«.

l'antre. Pourquoi ? Que craignez-\ous ? Est-ce votre eet-ve le présent "? est-ce l'avenir ? est-ce votre noi même? •>

Après avoir réfuté tous les arguments de l'ano dénoncé toutes ses contradictions, dévoilé tous ses s mes, Alfred Nettement terminait ainsi :

>< Cette brochure est un scandale; l'adoption desconcl de cette brochure par le Congrès surait une calamité alors qu'il faudrait so souvenir de la belle parole i\u<: p partant pour sa captivité, labsa comme un mot d'oid catholiques de Rome prosternés sur son passage: C( el prière 1 »

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