‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 55 sur 151 · Joies Jaiiiu · texte numérisé non relu

Joies Jaiiiu

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droite et de gauche, qui parle, en riant aux éclats, de toutes choses, excepté de la pièce nouvelle, c'est le feuilleton du Journal des Débats en personne: celui-ci a les cheveux noirs; celui-là a les cheveux blonds, a l'air timide et ^éser^é; il représente le Courrier Français '. Vous avez rencontré partout ce grand jeune homme * aux vastes épaules, au chapeau excentrique, à l'immense chevelure, qui rappelle la chevelure de Tamant de Dalila ; celui-là, qui est un des coryphées du feuilleton, qui a la main légère et la plume facile, c'est le feuilleton à 40 fr., et il était difficile de rencontrer un meilleur prospectus que ces longs cheveux qui descendent au milieu du dos... Voici M. X . . . , le critique du National *, qui se promène avec M. M. . ., le critique de la Quotidienne ^. Ce sont deux hommes d'une bonne figure, affables et bienveillants tous les deux, malins et railleurs, mais chacun à sa façon. M. X. . . cache !e sarcasme sous le sourire le plus charmant du monde ; M. M. . ., lui, sourit très naturellement, et s'il est méchant, c'est surtout sans le vouloir. Celui-ci, quand il ne fait pas de la critique, est un grave bibliothécaire, qui commence à connaître la bibliothèque qui lui est confiée ; celui-là est un charmant causeur, plein de saillies, de traits excellents, d'anecdotes curieuses, très versé dans l'histoire du théâtre, que lui seul il sait à fond. Passe à côté d'eux M. N.*, le critique de la Gazette de France. Celui-là a plutôt l'air d'un prédicateur que d'un critique; il emploie la plus belle période du monde à parler d'une comédie de M. Scribe ou d'un mélodrame de M. V. Hugo. Sa conviction est grande, sa critique sérieuse, son indignation est vraie ; nul ne saurait dire, pas même lui, le peu d^estime qu'il porte à cette marchandise dramatique, et pourtant il y porte tout le zèle de son talent, car il sait que par le théâtre on peut corrompre et déshonorer tout un peuple*. »

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