Gazette de France ^ du 13 novembre
2. Drame en cinq actes et en prose, représenté au Théàtre-Fran^ le 28 septembre 1840. Eugène Sae avait écrit ce drame en coUaboratic avec M. Prosper Goubaux, chef d'une iostituUon privée qui devint collège Ghaptal. M. Goubauz, l'un des auteurs de Tref%te ans ou Vie d^ un joueur (avec Victor Ducange), de Richard d'Arlington \^\ Alexandre Dumas), de Louise de LigneroUes (avec Ernest Legoai etc., etc., prenait au théâtre le pseudonyme de JHnaux.
Louis XIV avec une âpreté de haine qui n'avait pas encore été égalée, le représentant comme un bellâtre niais et rengoi^é, un bellâtre qui visait en certains moments au Néron. Alfred Nettement fit bonne justice de ces puériles et misérables accusations. Ce n'était pas seulement au théâtre, mais aussi dans ses romans, qu'Eugène Sue s'en [ prenait à Louis XIV. C'était entre eux deux comme une affaire personnelle. D'après l'écrivain, le roi n'avait eu ni one qualité, ni un talent, ni une vertu ; tout, dans son siècle, s'était fait sans lui et malgré lui. Alfred Nettement montra qu'avec le système de M. Sue le règne de Louis XIV devenait tout simplement inexplicable. Il dit les qualités du prince et sa grandeur, son sens naturel et droit, son haut sentiment d'honneur et de majesté souveraine. Il fit voir que l'unité territoriale de la France était surtout son œuvre et qu'il l'avait assise sur des bases inébranlables. Lorsque, cent ans plus tard, l'empire de Napoléon s'écroula, quand sonna l'heure où il se fallut demander s'il y aurait encore une France en Europe> on vit reparaître les piliers de cet édifice indestructible, de cette France de granit créée par Loui XIV, et devant la destruction de laquelle l'Europe recula impuissante en rendant un dernier hommage au grand siècle et au grand roi.
Les deux Dumas, le petit et le grand, Adolphe et Alexandre, prirent à tâche d'imiter Eugène Sue et de déni- , grer à leur tour Louis XIV, Adolphe Dumas * dans son
1. Adolphe Dumas (1806-1861). Après avoir publié en 1835 la Cité des hommes, poème de quinze miUe vers, il se consacra au théâtre et fit jouer à l'Odéon le Camp des croisés, drame en cinq actes et en ', ren (1888) ; à la Porte-Saint-Martin, Mademoiselle de la Vallière, drame en cinq actes et en vers (1842) ; au Théâtre-Historique, l'Ecole des familles, comédie en cinq actes et en vers (1847).
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drame sur Mademoiselle de la Vallière*, Alexandre daas sa comédie des Demoiselles de Saint-Cyr^. Alfred Nettement ne manqua pas, en ces deux rencontres, d*opposeT, une fois de plus, la vérité de l'histoire aux fantaisies du romantisme. « Si nous mettons, écrivait-il, tant de sollicitude à protester contre les outrages de ce genre, ce n'est pas seulement dans un intérêt littéraire, c'est avant tout dans un intérêt moral. Le tbé&tre est, surtout pour les classes les moins instruites de la société, une source d'idées; la critique, sous peine de se déshonorer, ne peut pas souffrir qu'on corrompe les idées populaires à leur source, qu'on trompe les spectateurs sur les époques, sur les hommes et sur les choses; qu'on fausse leur jugement, qu'on altère leur bon sens par des tableaux sans fidélité, pleins d*anachronismes sociaux et politiques, bien plus intolérables que des anachronismes de dates. L'histoire n'appartient à personne, précisément parce qu'elle appartient à tout le monde ; et quant à nous, nous regarderons toujours, non seulement comme un droit, mais comme un devoir de protéger contre toutes les entreprises ce dépôt sacré, et de protester contre de semblables pièces, au nom du bon sens et du goût*. »
C'est ainsi qu'Alfred Nettement savait élever le feuilleton dramatique et lui assigner une autre fin que celle d'amuser le public, d'allumer des fusées et de faire étinceler des soleils, ou encore d'exécuter des prodiges et des tours de force, de jouer des mots, de la phrase et du style comme