‹ La presse royaliste de 1830 à 1852Chapitre 65 sur 151 · et 21 juin, 14 et 24 juiUet, 4 août · texte numérisé non relu

et 21 juin, 14 et 24 juiUet, 4 août

7. 22 et 25 février ; 26 et 81 mars; 1, 3, 4 et 16 avril ; 10 et 18 mai

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de n'être pas tous jetés dans le même moule. L'auteur a de l'invention, chose rare en critique.

Un homme de talent, M. J.-Y. Le Clerc, publia, en 1838, un excellent travail, les Journaux chez les Romains, Plus heureux que le savant professeur de Sorbonne, qui n'avait trouvé que de rares et courts fragments de ces premiers périodiques, le critique de la Gazette de France eut la bonne fortune de déterrer un vieil article, un premier-Rome, conservé depuis dix-huit cents ans dans toute son intégrité. Il le mit au jour, le 5 octobre 1838, sous ce titre : Un Article de Journal trouvé à Herculanum. Le 12 janvier 1839, il était en mesure de donner un Second fragm£nt de Tacite trouvé dans les ruines d'Herculanum. L'ancien préfet de police Gisquet était alors en assez fllcheuse posture et venait de perdre, devant la Cour d'assises de la Seine, un procès qui avait fait grand bruit. Par un étrange hasard, dans ce fragment de gazette... romaine, ilétait justement question d'un certain préfet de la Ville Eternelle, dont les mésav#ntures étaient presque de tous points semblables à celles de M. Gisquet. La trouvaille était des plus heureuses et la gageure des mieux réussies.

Une autre fois, c'est une Lettre de M. Lenninier de i836 au M. Lerminier de 1838. M. Lerminier avait fait ^ au gouvernement de Juillet une opposition très vive. Professeur de Législation comparée au Collège de France, ses idées avancées et la forme éloquente dont il les savait revêtir lui avaient valu, chez les jeunes gens des Ecoles, une bruyante popularité. Tout à coup, par un brusque mouvement de conversion à droite, il était passé du camp libéral dans le camp ministériel, ce qui lui avait valu d'être

bombardé maître des requêtes et chevalier de la Légion d'honneur. Le 15 octobre 1838, dans la Revue des Deux Mondes^ où il faisait depuis quelque temps la chronique de la quinzaine, il prit hautement parti contre les principes et les opinions qu'il avait jusque-là défendus. Le 19 octobre, paraissait dans la Oazette de France le feuilleton de Nettement, la Lettre de M. Lerminier de Van 1836, accompagnée de cette formule : Powr copie conforme, N. Elle débutait ainsi :

« Mon cher homonyme,

a Je viens de lire, dans la Revue des Deicœ Mondes, une lettre ^ de vous que je ne dois pas laisser sans réponse ; on pourrait ffi'attribuer les opinions qui y sont énoncées, les idées qui y sont émises, et ma considération souffrirait cruellement d'une eoofusion déplorable que tant de circonstances contribuent malheureusement à établir... »

On voit le cadre, et combien il prête à des développements ingénieux et piquants.

Une autre fois, c'est à la forme du dialogue que le critique a recours. M. Pierre Leroux, philosophe nuageux, mais de grand talent, venait de publier dans VEncyclofdie nouvelle un Dialogue sur le Christianisme y où un |Philosophe et un Chrétien se donnaient la réplique, bturellement le Philosophe mettait le Chrétien à quia. LU lieu de relever, sous une forme plus ou moins dogmale, les erreurs de Pierre Leroux, que fait Alfred lettemenl? Il maintient les paroles du Chrétien supposé, mr ne pas déranger Tordonnance du dialogue, mais il itervient à son tour, et il y a maintenant trois interloiteurs: le Philosophe, le Chrétien complaisant» le Catho-

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lique. On a alors le Dialogue complet. Tandis que le Chrétien complaisant se laissait rouler par le philosophe, le champion du catholicisme répond victorieusement à toutes les objections. Ce nouveau Dialogue sur le Christianisme ne comprend pas moins de trois grands articles*. Ils n'ont rien perdu de leur actualité et mériteraient d'être réimprimés.

Deux ans plus tard, en 1841 , la France entière s'occupait du procès de M"** Lafarge. Il parut à Nettement que, sans entrer dans la discussion de l'affaire elle-même, il lui appartenait de rechercher quelle influence avait pu exeieer sur l'héroïne du G^landier le roman contemporain. Mais ici encore, pour soutenir sa thèse, il sortit de la voie ordinaire du feuilleton, et il publia ses observations sous la forme d'une Note à consulter pour la défense de madame Lafarge^.

Je viens de signaler deux des principaux caractères qui distinguent la critique d'Alfred Nettement. En voidun troisième. A cdté de lui, chacun de ses confrères se rei ferme en quelque spécialité. Jules Janin ne sort pas iïï\ théâtre. Le théâtre et les beaux-arts absorbent Théopl Gautier. Sainte-Beuve, Gustave Planche, Désiré Nù ne s'occupent que des questions purement littéraires, larète Chasles est au département des littératures é1 gères. Seul, Saint-Marc Girardin aborde les questions morale et, de loin en loin, une question d'histoire. Toi d'ailleurs semblent s'être donné le mot pour laisser l'écart les questions de philosophie et de religion. A) Nettement traite et approfondit tous les sujets; au(

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