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GAZ DD SANG : PRESSION DIMINUÉE

d’intervalle. De plus, pour arriver à cette dépression énorme, que je n’ai pu atteindre depuis, j’avais dû maintenir pendant une heure l’animal à une pression inférieure à 30 centimètres (voy. à la page 641 le détail de l’expérience).

Je signalerai encore dans cette expérience CLXXIX la trèsfaible proportion d’acide carbonique qu’a retenue le sang en passant de 17 à 26 centimètres de pression (anal. D), malgré un quart d’heure d’intervalle. J’ai cru ne pas devoir faire entrer ce chiffre n° 17, tableau X, dans la moyenne de la colonne 15 et dans le graphique de la figure 32 qui l’exprime.

Un autre point intéressant est, au contraire, le retour des proportions normales d’oxygène et à peu près normales de CO* lorsque l’animal a été ramené à la pression de 76 centimètres (trois quarts d’heure après). J’ai eu de nombreux exemples de cette réparation des gaz, exemples plus rapides encore.

Quant aux chiffres des analyses B, C, D (n°" 20, 21, 17 du tableau X), je pense qu’il faut les considérer comme des minima pour l’acide carbonique, et j’ai préféré inscrire au tracé CO* de la figure 31 les résultats fournis par les expériences à 7 centimètres, qui semblent être plus près de la moyenne, et mieux rentrer dans la loi du graphique.

11 me serait facile de tirer maintenant des conséquences pratiques de la considération des faits qui précèdent, et de montrer ce qu’il advient du sang des voyageurs qui, soit en ballon, soit sur le flanc des montagnes, se soumettent à des diminutions importantes de pression. Mais je pense que ces réflexions se trouveront mieux à leur place dans la troisième partie de cet ouvrage, lorsque je déduirai de l’ensemble des faits expérimentaux l’explication des troubles produits par les modifications de la pression. Je me contenté ici de résumer les résultats ci-dessus rapportés en cette formule simple :

Quand la pression diminue, la quantité des gaz contenus dans le sang diminue également, mais en proportion un peu moindre que celle qu'indiquerait la loi de Dalton; le sang perd ainsi relativement plus d’oxygène que d'acide carbonique.

EXPÉRIENCES

SOUS-CHAPITRE III

DES GAZ LD SANG AUX PRESSIONS SDPÉRIEÜRES A CELLE d’dNE ATMOSPHÈRE.

§ 1. — Dispositif des expériences.

L’appareil que j’emploie en vue de l’extraction du sang d’animaux soumis à des pressions supérieures à celle de l’atmosphère consiste (fig. 33) en un cylindre droit en tôle d’acier de 4 mill. d’épaisseur. La partie moyenne du cylindre est à base circulaire, tandis que les deux extrémités ont pour directrice une ellipse. Le raccord est assujetti au moyen de nombreux boulons très-petits: La forme elliptique a pour objet de permettre d’introduire, en les présentant par leur petit axe, les portes qui doivent fermer les extrémités du cylindre.

Ges portes consistent en un cadre de fonte au centre duquel est fixé un hublot de verre de 18 mil], d’épaisseur, sur un diamètre de 10 cent. On les met en place en les présentant obliquement et en les entrant dans le cylindre; ramenées alors en arrière, elles se juxtaposent au rebord et ferment hermétiquement, grâce à une rondelle de caoutchouc. Deux chevalets armés d’écrous les maintiennent en place ; la pression de dedans en dehors fait le reste.

, La longueur totale du cylindre est de 1”,50 ; son diamètre, dans sa partie circulaire, est de 40 cent.; la capacité totale est donc d’environ 133 litres.

On charge l’appareil au moyen d’une pompe à compression C du système Rouquayrolle et Denayrouze, mue par la machine à gaz dont on voit en A l’embrayage qui actionne les engrenages B ; l’air chargé de vapeur d’eau que lance cette pompe, et dont la température s’élève notablement, est forcé de traverser un serpentin baignant dans l’eau froide D, muni d’un réservoir E pour l’eau de condensation.

656 EXPÉFUENGES.

Un robinet a établit ou ferme la communication avec la pompe.

Un autre robinet c, dont l’ouverture peut être progressivement augmentée, permet, soit d’extraire, pour l’analyser, de l’air du récipient, soit d’y entretenir, sous pression, un courant d’air pur, soit, enfin d’obtenir une décompression trèsbrusque. Enfin, le manomètre b indique la pression.

En d se trouve un robinet qui, situé dans la partie déclive d’une garniture intérieure en zinc, permet d’extraire les urines ou les eaux de condensation. Enfin, en f est un gros orifice qui peut, tantôt être fermé par une tête à pas de vis, comme le montre la figure, tantôt permettre d’introduire un thermomètre, une serre-fine à tige, une sonde, etc. Pour empêcher l’air de s’échapper autour de ces instruments, on leur fait traverser une balle de caoutchouc (B, fig. 54), prise dans une bague en cuivre dont le pas de vis la serre à volonté. Cette disposition tout en oblitérant complètement l’air, laisse aux instruments une mobilité qui peut être utile.

Lorsqu’on veut voir ce qui se passe dans l’appareil-, on place une bougie en face de l’un des hublots de verre, et on regarde par l’autre : manœuvre périlleuse, car c’est dans ces conditions que survint l’explosion dont je parlerai dans un autre chapitre.

Le chien sur lequel devra être faite l’opération est solidement attaché, le museau pris dans une muselière, sur un cadre en fer et en bois, dont la forme s’adapte à la paroi intérieure de l’appareil, en telle sorte que l’animal, une fois introduit, ne peut se déplacer. Dans une de ses artères carotides A, est introduite une sonde métallique S, qui peut, lorsque l’animal est en place, se raccorder avec un tube de cuivre qui traverse à vis la paroi de l’appareil, et est muni au dehors d’un robinet R.

Les choses étant disposées, on ferme le robinet R, la serre-fine SF fermant la carotide et empêchant le sang d’entrer dans la sonde. On fixe alors la porte du cylindre et on commence la pression; celle-ci monte aisément à raison d’environ 4 minutes par atmosphère, lorsque tous les robi-

GIZ Dü SANG : PRESSION AUGMENTÉE.

nets sont bien fermés. Il faut ainsi à peu près 40 minutes pour arriver à 10 atmosphères, pression maxima que j’aie atteinte avec cet appareil.

Rien de plus simple maintenant que d’extraire le sang de l’animal, lorsqu’on est arrivé à la pression désirée. Il suffit d’ouvrir le robinet R et d’enlever la serre -fixe SF pour voir le sang carotidine s’élancer avec une force extraordinaire au dehors.

Dans ces conditions, en effet, l’animal est comme une éponge puissamment exprimée par une force correspondante à l‘‘,03 multiplié par le nombre des atmosphères et par la surface extérieure de son corps.

Toute la manœuvre consiste donc à adapter au caoutchouc épais qui adhère au robinet la seringue en verre de la fig. 23. En ouvrant avec précaution les robinets, on voit le piston de la seringue soulevé énergiquement par la pression du sang. Il ne faut pas manquer d’adapter à la seringue son robinet propre, et de le fermer aussitôt qu’on a pris la quantité désirée de sang, afin d’empêcher les gaz qui se dégagent souvent de s’échapper. Quand ce dégagement était considérable, je pesais la seringue pour avoir la quantité de sang, les lectures de volume devenant alors fort inexactes.

Fig. 34. — Extraction du sang d’un animal placé dans l’air comprimé.

EXPÉRIENCES

§ 2. — Expériences.

Voici maintenant le récit détaillé des expériences faites dans les conditions ci-dessus indiquées.

Expérience CLXXXII. — 25 juillet. Chien pesant 12 kilog.

Tiré à la carotide gauche 56«<= de sang . A .

4**o0‘“. Mis dans l’appareil à compression, et foulé l’air avec courant ; à on est arrivé à 10 atmosphères.

A 5*“ 15“, tiré o6g^7 de sang, trés-rouge; des gaz se dégagent dans la seringue, et le sang commence très-vite à se coaguler . B;

Ramené en 2 min. à 6 atmosphères, et entretenu à celte pression, sous courant; à S** 4o“, tiré 39‘=‘=,7 de sang un peu moins rouge ; pas de gaz libre (C).

Ramené brusquement à 5 atmosphères, et entretenu sous-courant d’air.

A 6*^53“, tiré 58‘=®,2 de sang; pas de gaz libres . (D)

On décomprime lentement. A 7^, l’animal va bien ; il survit sans accident.

Le sang A (1 atm.) contient, pour 100 vol. : O 19,4; CO^ 35,3; Az. 2,2

— B (10 atm.) —

- C (6 atm.) —

— D (3 atm.) —

Expérience CLXXXIII. — 27 juillet. Chienne pesant 9 kilog.

Tiré 29‘=«,5 de sang à la carotide . (A)

Mise dans l’appareil à compression ; avant chaque extraction de sang, je maintiens à la pression déterminée, sous courant d’air, pendant quelques minutes.

A 5h21“, tiré 29“,5 de sang à 2 atmosphères . . • . . (B)

A 3^ 48“, 54‘^%3 de sang à 5 atmosphères . (C)

A4**35“, 38‘=“,2 de sang à 7 1/2 atmosphères . (D)

Jusque-là, pas de dégagement de gaz dans la seringue.

A 51*15“, tiré 30‘=<=,7 de sang à 10 atmosphères; ici, il vient des bulles

fines de gaz. ... • . (E)

Décomprimée en 50 minutes ; meurt.

Le reste de son histoire sera rapporté au chapitre VU.

LesangA(l atm.) contient, pour 100 vol. : COM8, 5; CO^ 57,1 ;Az 2,2

— B (2 atm.) — — 19,1; 57,7; 5,0

- G (5 atm.) — — 20,6; 40,5; 6,1

i. . — r D(71/2:atm,) — — 21,1; 56,8; perdu

— E (10 atm.) — — 21,4; 56,8; 11,4

Expérience CLXXXIY. — 5 août. Chienne pesant 11 kilog.

Tiré 29'=s5 de sang à la carotide . (A)

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