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GAZ DU SANG : PRESSION DIMINUÉE

ment que nous ne sommes pas allés jusqu’au bout, c’est-àdire jusqu’à la diminution de pression qui devient incompatible avec la vie des animaux. C’est que mes appareils ne m’ont pas permis de le faire, les fuites impossibles à éviter dans d’aussi vastes récipients arrêtant, comme je l’ai dit, à 17" la diminution de pression.

J’ai tâché de combler cette lacune par un moyen détourné. Je mettais un chien sous une grande cloche de verre, et l’y faisais périr par diminution de pression. Puis, le retirant aussi rapidement que possible, je prenais du sang dans son cœur gauche à l’aide d’une sonde.

Yoici deux expériences ainsi conduites :

Expérience CLXXX. — 15 mai. Chien pesant 5 kilog. ; cloche de 51 litres. Carotide gauche mise à découvert à l’avance. . ’

Mis à 5*^40“ sous la cloche, et commencé la diminution de pression en entretenant un courant d’air.

A 5^*47“, pression 45®; s’est agité, mais reste maintenant tranquille.

A 5’'50“, 45®; 17 respirations, larges; reste immobile ; tremble. ■

A 5*^53“, 55®; 17 respirations; immobile, la tête basse ; à5’^55“‘, 12 respirations.

A 5** 58“, pression 25®; à 6**, 22 respirations ; immobile.

A 6*^ 5“, 16 respirations ; amené la pression à 15®. 6^^ 7“ : ne peut plus se tenir comme il l’a fait jusqu’ici à demi-assis ; se couche, le nez appuyé pour soutenir la tête ; fait par minute 28 énormes respirations. On maintient la pression à 15®.

A 6^10“, 59 respirations moins amples.

A 6’'15“, 35®; à 6**15“,44 : sortie de matières fécales, sans effort apparent ; à 6*^19“, 40 respirations.

A 6*'20'“, je ferme le robinet d’appel ; la pression s’abaisse aussitôt à 7®. Le chien se soulève sur les quatre pattes, se raidit violemment, bien qu’avec une lenteur régulière, cesse de respirer, et s’affaisse, mort.

Je laisse rentrer l’air : l’animal se dégonfle beaucoup. Retiré, fait deux ou trois petites inspirations pendant qu’on introduit la sonde dans le cœur gauche. Le cœur bai encore un peu ; on tire avec beaucoup de peine 52®® d’un sang très -noir.

Les poumons sont, par larges places, rouges, allant au fond de l’eau, mais se déplissant parfaitement par l’insufflation. Il y a là une sorte d’état fœtal. Pas de sang dans la trachée, ni dans les bronchioles.

Le sang extrait contient, pour 100 volumes : CO® 19,0; O 4,9.

Expérience CLXXXI. — 25 mai. Chien pesant 4 kilog.

Pris à la carotide gauche 55®®,3 de sang . A.

652 EXPÉRIEISCES.

6**. Mis sous cloche de 51 litres, et commencé à diminuer la pression.

A 6** 6“, pression 40®; à d** 8“, 5o<= ; 14 respirations.

A 6**12“, ramené à 45®, 10 respirations.

A 6’*15“, pression 31®; se lève, s’assied, se retourne.

A 6** 17“, pression 26®; assis,mais la tête basse, 13 respirations ; lève la tête quand on frappe la cloche.

A 6*^ 20™, pression 15®; tombe, urine, aboie faiblement et plaintivement.

A 6** 21™, pression 15® ; se relève, aboie et retombe.

A 6^23™, pression 15®; couché, 9 respirations, moyennes. '

Fermé le robinet : la pression descend doucement à 7® ; l’animal parait mort, quand tout à coup (6** 27™) il se redresse debout, se raidit lentement et fortement, et retombe.

On revient à 15® ; il paraît mieux, se remue un peu ; on remonte à 7® ; meurt sans mouvement.

Retiré de suite. J’extrais sans difficultés, du cœur gauche, 50®® d’un sang très-noir . . B.

Au premier coup de pompe, il ne vient rien. Au deuxième, environ 5®® ; au troisième, une assez forte quantité de gaz, et au quatrième presque rien. Le sang n’a pas moussé sensiblement. C’est au reste ce que nous avait donné l’expérience précédente et ce qui s’explique par la faible quantité de gaz.

Le sang A contenait, pour 100 vol. : CO® 35,0; O 19.2 — B — — 16,2;— 8,1

Ces expériences ne permettent de rien conclure relativement à l’oxygène, parce que, bien évidemment, lors du retour à la pression normale, Toxygène de l’air contenu dans les vésicules pulmonaires s’est dissous en partie dans le sang des poumons, qui a été ensuite chassé dans le cœur gauche. Aussi le sang artériel était-il très-rouge, ce qui avait déjà, comme nous l’avons vu dans l’historique (p. 259), singulièrement embarrassé F. Hoppe. Mais l’acide carbonique est dans un autre cas, et nous pouvons voir qu’il a été réduit à 19%0 et 16'%2. Quant à la proportion disparue, elle a été, dans l’expérience CLXXXI, de 53,7 pour 100.

Or, en nous reportant au tableau X, p. 643, nous trouvons à la pression de 17 centimètres (expér. CLXXIX) une perte bien plus forte, de 74 pour 100. Mais d’abord, cette perte n’est pas une moyenne, puisqu’elle ne résulte que de deux analyses faites sur le même animal, dans la même expérience, l’une à 18 centimètres, l’autre à 17 centimètres, avec 12 minutes

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