GAZ DU SANG ; PRESSION AUGMENTÉE. C
l’examen des faits, en nous servant de la figure et des deux tableaux.
1° Oxygène. — Son augmentation, avons-nous dit, est constante. Mais la comparaison des colonnes 5, 8 et 12 du tableau XI, nous montre qu’elle est à la fois très-variable pour une même pression, et très-faible même sous F énorme pression de 10 atmosphères. :
La variété des résultats n’a pas de quoi nous étonnerj, après ce que nous avons déjà vu en parlant des diminutions de pression, et après les inégalités dont témoignent encore les chiffres si divers de la colonne o. Il nous est impossible dé la rattacher à quelque condition connue; mais elle est fort intéressante à constater, parce qu’elle peut servir à rendre compte de l’intensité,, fort variable selon les sujets, avec laquelle agit la compression de l’air.
Quant à la valeur de cette augmentation, il est vraiment fort curieux de voir combien elle est faible. Son maximum, sous une pression de 10 atmosphères, a été de 26,7 pour iOÏ), c’est-à-dire qu’en volume la quantité d’oxygèiie contenue dans 100'"' de sang artériel a passé de 19'''', 4 à 24'''',6. Les chiffres relatifs aux pressions intermédiaires déposent dans le même sens. Le tracé Ox et la colonne 2 du tableau XII montrent avec une grande évidence cette lenteur d’augmentation.
Nous avions déjà vu, du reste, par les expériences faites dans l’air dilaté, qué l’influence de la pression barométrique,: relative à la quantité d’oxygène absorbable, est moindre poun les pressions voisines de 76'' que pour celles qui sont beaucoup plus basses. Ainsi, les chiffres de la colonne 14 du tableau X, page 645, montrent qu’en passant de. 76 à |6® Foxygène diminue seulement de 15,6 pour 100, tandis qu’en passant de 56 à 56'' il diminue de 45 — 15,6 = 29,4 pour 100. Aiissi le graphique Ox (fig. 51), qui exprime la marche du phénomène, va en se surbaissant aux environs de la pression normale.
Nous pouvons transformer ceci d’une manière. plus claire encore dans un aptre graphique (p. 56). Prenons pour orb gine du zéro le vide barométrique, mesurons les pressions
Fig. 56. — Augmentation de î'oxygénè du sang artériel de 0 â 10 atmosphères (tracé et ordonnées en pointillé), et de 0 â % atmosphères (tracé et ordonnées en trait plein).
GAZ DU SA^•G : PMSSIuJi AUGMENTÉE. 665
en atmosphères sur l’axe des æ, et portons sur l’axe des y des valeurs proportionnelles à la richesse en oxygène aux diversespressions, et nous obtenons ainsi une courbe Oa(3 (graphique et lignes verticales ponctuées) qui, après avoir monté très-rapidement dans la région de zéro à 1/2 atmosphère, un peu moins dans la région de 1/2 à 1 atmosphère, se surbaisse considérablement au delà.
Les chiffres ne sont pas moins nets; en admettant que le zéro de l’oxygène corresponde à la dépression mortelle de 7 à 8 centimètres, égale à 1/10^ d’atmosphère, nous voyons, par la combinaison des tableaux X et XI, que :
De 1/10 à 1/4 d’atmosphère, la proportion de l’oxygène a
augmenté de . 7,5
De 1/4 à 1/2 . 5,7
De Oà 1 atmosphère . . .
^ ^ g > divisant par 2 la différence de 5 à 5 = 1,1 .
En d’autres termes, ces faits montrent que, dans l’organisme vivant, l’absorption de l’oxygène par le sang augmente très-rapidement pour les pressions inférieures à une atmosphère, mais très-lentement, au contraire, pour les pressions de plusieurs atmosphères. Tout semble indiquer qu’il existe, correspondant aux environs de la pression normale, un point de saturation chimique de l’oxy-hémoglobine, et qu’au delà il ne s’ajoute plus au sang que de l’oxygène dissous dans le sérum, suivant la loi de Dalton. Ceci sera vérifié lorsque je parlerai des expériences faites «ii vitro sur le sang sorti des vaisseaux.
Nous reviendrons en leur lieu sur les réflexions que suscitent ces faits intéressants. Contentons-nous de constater, pour le moment, qu’un ouvrier qui travaille à la pression
6(56 EXPÉRIENCES
(ie 2 à 5 atmosphères n’a pas beaucoup plus d’oxygène dans le sang qu’à la pression normale. Il y a plus, ;et ceci n’est pas à négliger pour l’explication de l’inégalité des phénomènes manifestés par les divers ouvriers, j’ai vu des animaux qui avaient normalement dans le sang, à la pression normale, plus d’oxygène que d’autres à 10 atmosphères ; c’est ainsi que, dans les expériences sous pression diminuée, certains de mes chiens avaient, à la pression normale (voy. tableau X, p. 645, exp. 4 et 11), moins d’oxygène que d’autres à une pression de 56 centimètres et même de 44 centimètres (exp. 1,2,5, 8).
2° Acide carbonique. — Ainsi que le montre le tableau de la page 660 (colonnes .4, 9, 15), tantôt il augmente, tantôt il diminue. Son augmentation est toujours très-faible (au plus 9,2 pour 100, c’est-à-dire, en quantité réelle, 5“,4 pour 100“ de sang) ; sa diminution a été très-forte (jusqu’à 29,7 pour 100, c’est-à-dire 14“,9 pour 110“ de sang).' Tout ce que permettent de dire les chiffres, c’est que l’acide carbonique a toujours diminué lorsque sa proportion primitive dépassait 58“ pour 100“ de sang.
Les moyennes, représentées, suivant la convention ci-dessus établie, par la colonne 5 du tableau XII et par le tracé GO^ de la figure 55, indiquent une diminution irrégulière, il est vrai, mais constante. Cependant, on peut dire qu’il reste établi, comme fait général, que l’augmentation de la pression audessus de la pression normale ne modifie pas d’une manière très-considérable la richesse en acide carbonique du sang. Il en était tout autrement, ainsi que nous l’avons vu, pour les pressions inférieures à une atmosphère ; mais déjà, aux environs de 76% nous avions vu que l’acide carbonique varie peu, et dans les chiffres delà colonne 14, pour la pression de 56% nous trouvons ceux bien faibles de 2,5 et de 0,8 pour 100. Au contraire, à la pression de 56% par exemple, le sang contient en moyenne 29,2 pour 100 d’acide carbonique de moins qu’à la pression normale, ce qui correspond à une perte moyenne de 11“,4 pour 100“ de sang.
La conséquence pratique importante de ce fait est que les