‹ La pression barométriqueChapitre 113 sur 191 · GAZ DU SASG : EXPÉRIENCES /N VITRO · texte numérisé non relu

GAZ DU SASG : EXPÉRIENCES /N VITRO

de l’oxygène est à très-peu près la même, quelle que soit la pression atmosphérique, sur le sommet des montagnes et dans les plaines. »

A cette conclusion qui ne visait que la quantité d’oxygène absorbée par un animal dans un temps donné sous des pressions différentes, et qui se trouvait d’accord avec les faits antérieurement signalés par Régnault et Reiset, Vierordt et Lehmann, les physiologistes en ont ajouté une seconde, — qui paraît tout à fait justifiée, à priori., par les travaux mêmes de M. Fernet, — c’est à savoir que, dans le sang de l’animal vivant, les quantités d’oxygène sont à peu près indépendantes de la j'.ression barométrique. « Sans cela, dit, par exemple, Lon- « getS on arriverait à cette conséquence que le sang des ha- « bitants des régions où la pression atmosphérique est ré- « duite à moitié renfermerait moitié moins d’oxygène que le « sang des habitants des bords de la mer, où cette pression « est de 0”,760. Comment admettre que des observateurs « n’auraient point été frappés des profondes modifications cc que des variations pareilles ne manqueraient pas de pro- « duire dans le mode d’existence de ces populations?»

Cette conclusion et le raisonnement qui lui sert de base furent acceptés par tous les physiologistes. Or, il est fort curieux de remarquer que, lorsque M. Jourdanet vint affirmer, appuyant ses assertions sur une longue pratique médicale, que, dans les régions élevées de la république mexicaine, « le :< mode d’existence des populations est profondément modi- « fié, » on retourna contre lui l’argumentation même de Longet, et que l’on nia l’exactitude de ses observations comme contraires aux données de la chimie physiologique.

L’explication donnée par M. Jourdanet de l’état pathologique spécial qu’il avait constaté sur les plateaux de l’Anahuac reposait précisément sur la moindre quantité absolue d’oxygène que devait contenir le sang des hommes et des animaux sous une aussi faible pression. Or, nous venons de voir, dans le premier sous-chapitre, qu’il avait absolument raison.

* Traité de physiologie, 5‘ édit., t. V, p. 592; 1868.

EXPÉRIENCES

et que, malgré le légitime étonnement de Longet, il est exact de dire que, si l’on diminue de moitié la pression barométrique, on voit se réduire presque à moitié l’oxygène contenu dans le sang.

11 y avait donc, entre le résultat des observations deM. Jourdanet et de nos expériences, d’une part, et, d’autre part, les conséquences logiques des analyses de M. Fernet, une contradiction qui ne pouvait être qu’apparente, et qu’il s’agissait d’expliquer.

Mais tout d’abord M. Fernet n’avait pu modifier la pression que dans des limites fort étroites ; pour le sang considéré dans son ensemble, les pressions avaient varié de 741 à 580 millim. (p, 208). Je dus me demander ce qu’il adviendrait dans des e.xpériences où la pression serait, d’une part, diminuée jusqu’au voisinage du vide, et, d’autre part, augmentée de plusieurs atmosphères.

Le problème était infiniment plus facile à résoudre que du temps de M. Fernet; j’avais, en effet, à ma disposition des moyens d’extraire tous les gaz du sang, que n’avait pu, malgré tous ses efforts, obtenir ce physicien. Il en résulte qu’il avait dû procéder par la mesure directe des gaz absorbés, c’est-à-dire de la diminution de volume des gaz agités avec du sang préalablement dépouillé de ceux qu’il contenait d’abord; série d’opérations très-délicates, qui nécessitaient un outillage très-compliqué, et l’emploi d’appareils de verre ne permettant pas de hautes pressions. Grâce à la pompe à mercure, au contraire, je pouvais, après avoir agité le sang en présence d’une grande quantité d’air, sous des pressions déterminées, en extraire complètement et facilement les gaz dissous. J’aipu, delà sorte, opérer un grand nombre d’analyses, qui, sans prétendre à la rigueur des secondes décimales, sont très-suffisamment exactes pour atteindre le but que je me proposais.

Je vais en rapporter quelques-unes ; mais je dois auparavant remercierM. Gréhant, qui me suppléait alors à la Faculté des sciences de Paris, et qui, à ma prière, a bien voulu exécuter un grand nombre d’entre elles.

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