GAZ DU SANG : EXPÉRIENCES IN VITRO
§ l^^ — Pressions inférieures à une atmosphère.
Mes premières expériences furent simplement faites en introduisant dans un flacon à large ouverture (fig. 41) une certaine quantité de sang défibriné que j’agitais ensuite vigoureusement, sans fermer complètement le flacon. Lorsque le sang était ainsi saturé d’oxygène, j’attachais le flacon au bout d’une longue ficelle, et le faisais tourner à la façon d’une fronde, manœuvre qui fait sortir très-rapidement les bulles d’air restées en suspension dans le liquide visqueux. Je prenais alors, avec la seringue graduée, une certaine quantité de sang, dont j’extrayais les gaz par la pompe à mercure.
L’ouverture du flacon était alors bouchée avec soin par un bouchon de caoutchouc que traversaient un thermomètre et deux tubes de verre coudés. L’un de ces tubes plongeait dans le sang, dont il permettait de se procurer ensuite des échantillons par l’intermédiaire du robinet R.
Le robinet R’ du second portait une pièce bifurquée par laquelle s’établissait à la fois la communication en a avec la machine pneumatique, et en b avec un tube plongeant dans une cuvette pleine de mercure, tube destiné à former baromètre.
Les choses ainsi disposées, je diminuais la pression jusqu’au point voulUÿ je fermais le robinet R’, j’enlevais le tube bifurqué, et j’agitais vigoureusement le flacon pendant un quart d’heure. Dans ces conditions, l’oxygène qui aurait été
Fig. 41. — Flacon disposé pour la saturation du sang par l’oxygène sous diverses dépressions.
EXPÉRIENCES
en excès, par rapport à la pression diminuée, pouvait sortir du sang, qui n’était plus saturé qu’à cette pression nouvelle. Le flacon était assez grand, par rapport à la masse du sang, pour que l’oxygène ainsi dégagé fût absolument négligeable. Du reste, je m’assurais, par une manœuvre simple, que la pression n’avait pas varié sensiblement pendant l’agitation.
Ceci fait, je prenais un nouvel échantillon de sang, pour l’analyse des gaz.
Comme j’introduisais dans le flacon environ 200“ de sang, il m’était possible de faire plusieurs analyses, avec le même sang, à des pressions diverses.
Plus tard, un perfectionnement utile fut apporté à celte méthode, dont la cause d’erreur principale réside dans la
difficulté d’agiter suffisamment bien avec la main. Le flacon fut solidement fixé sur une planche que mettait énergiquement en mouvement une petite machine à eau (flg. 42). Dans ces conditions, la sa-
Fig. 42. — Machiae à eau agitant le flacon où se trouve le sang à saturer d’oxygêne.
turation du sang se fait avec une extrême rapidité, et il suffit de quelques tours de fronde pour faire disparaître ensuite la mousse et les bulles de gaz en suspension.
Arrivons maintenant aux expériences :
Expérience CXCIII. — 1" décembre. Flacon de o litres; 180*=“= de sang de chien défibriné.
Après agitation à la pression normale, le sang contient pour 100*=“= de liquide : oxygène 19,0 ; acide carbonique 35,2.
Après agitation à 56*= de pression : O 17,2 ; CO* 28,4 ; Az 2,4.
A 36*=: O 16; CO* 27,6; Az 1,6.
A6<=:O12,4;CÔ*23,2;Azl,0.
Expérience CXCIV. — 7 janvier. Sang de chien, agité à 76*=*=, contenant