‹ La pression barométriqueChapitre 117 sur 191 · A 19® : 010,6; CO · texte numérisé non relu

A 19® : 010,6; CO

EXPÉRIENCES

Ces quatre expériences, quand on prend les moyennes en ramenant les origines des tracés à 20, nous donnent le tracé B de la figure 45.

On voit que la courbe (B) s’incline beaucoup plus rapidement que la précédente (À), et qu’elle se rapproche davantage de celle qui, tirée de la colonne 8 du tableau X, exprime les modifications de l’oxygène chez l’animal vivant, et est ici représentée en C. En d’autres termes, la contradiction signalée diminue beaucoup d’importance quand on se place dans les conditions de température présentée par le corps des animaux à sang chaud.

Cependant il résulte de nos analyses que le sang artériel d’un animal vivant soumis, par exemple, à une demi -atmosphère, pourrait absorber une quantité d’oxygène notablement supérieure à celle qu’il contient en réalité.

C’est que l’agitation intrà-pulmonaire du sang avec l’-air ne se fait plus dans des conditions suffisantes. Déjà, nous l’avons vu, même à la pression normale, le sang artériel n’est point saturé de l’oxygène qu’il peut contenir ; il n’y arrive, ou à peu près, qu’à la suite d’efforts exagérés de respiration, qui entraînent une exagération de la rapidité circulatoire. A une demi-atmosphère, il faudrait, pour obtenir le même résultat qu’au niveau du sol, que l’activité du brassement intrà-pulmonaire fût doublée : doubles les mouvements respiratoires en amplitude, en rapidité; doubles les mouvements du cœur, en force et en nombre. Cela est évidemment impossible.

En résumé, les conclusions du travail de M. Fernet ne sont légitimes que dans les conditions de pression et de température (16°) où il s’était placé. A des pressions plus faibles, à la température du corps, la partie de l’oxygène qu’il considère comme chimiquement combinée dans le sang parce qu’elle est indépendante de la pression suit réellement les modifications de celle-ci , bien que notablement moins vite que ne le ferait un gaz simplement dissous. Mais ceci se complique, dans l’organisme vivant, d’une agitation insuffisante

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du sang au contact de l’air, d’où résulte une diminution beaucoup plus rapide de l’oxygène du sang que ne l’auraient fait penser les expériences in vitro.

§ 2. — Augmentation de pression.

Pour étudier l’absorption de l’oxygène par le sang à des pressions supérieures à celle de l’atmosphère, j’ai fait fabriquer un récipient de bronze, d’une capacité de 175"% capable de résister aisément à 25 atmosphères (fig. 45).

La manœuvre était des plus simples. On introduisait dans l’appareil, dont la partie intérieure pouvait se dévisser, le sang défibriné destiné à l’analyse; j’en mettais ainsi environ 100"". Puis, le cylindre refermé, j’y comprimais l’air en le vissant à la pompe à compression, et fermais le robinet R quand le manomètre m’indiquait que j’étais arrivé à la pression voulue. J’agitais ensuite l’appareil en le fixant sur la planchette de la fig. 42.

Enfin, pour extraire le sang

F'o- 0' ~ Appareil pour satui’er d’air le sang à de hautes pressions.

EXPÉRIENCES

dans la seringue graduée, il me suffisait d’en adapter l’extrémité au robinet capillaire r et d’entr’ouvrir celui-ci; la pression de l’air chassait aussitôt le sang ; on maintenait avec quelques coups de pompe une pression constante dans l’appareil pendant toute la prise de sang. Quand il s’agissait de très-hautes pressions, où l’azote dissous en quantité se dégageait dans la seringue, je substituais la pesée à la mesure d’un volume que la mousse ne me permettait plus de déterminer exactement.

Lorsque je voulais faire une analyse à une certaine compression, je commençais par sursaturer le sang en l’agitant à une pression supérieure, afin d’être sûr, en le ramenant à la pression voulue, qu’il contenait bien tout l’oxygène qu’il pouvait absorber. Si plusieurs analyses, à diverses pressions, devaient être faites avec le même sang, je procédais de même en commençant par la plus élevée ; j’en avais parfaitement le droit, puisque la quantité d’oxygène introduite dans l’appareil sous compression était toujours de beaucoup supérieure à celle que le sang pouvait absorber. Il convient de dire que la pression comptée dans l’expérience était celle qui se lisait après l’agitation et l’absorption terminée.

Un premier point a d’abord été déterminé : c’est que l’augmentation de l’oxygène contenu dans le sang était tout à fait passagère, et disparaissait rapidement quand la compression avait cessé. L’expérience suivante en fait foi :

Expérience CCX. — 20 juin. Sang de chien défibriné:

A la pression normale, après longue agitation, contient O 20,0.

On en introduit 100“ dans l’appareil, et l’on fait la compression à 12 atmosphères, avec du gaz suroxygéné, en telle sorte que la tension de l’oxygène correspond à 44 atmosphères d’air. Après une agitation qui a été insuffisante pour une saturation complète, on trouve dans le sang, pour 1 00=*= ; O 57,7.

On recueille alors dans un flacon le reste du sang comprimé, qui est très-rouge et contient beaucoup de gaz en suspension ; le flacon reçoit un tour de fronde, et 10“ après la sortie de l’appareil, le sang ne contient plus que 20 vol. d’oxygène, comme au ‘début de l’expérience.

Arrivons maintenant aux expériences faites avec un soin

GAZ Dü SAKG : EXPÉRIENCES IN VITRO.

suffisant pour que la saturation ait été complète ; la pression a été faite avec de l’air ordinaire :

Expériekce CCXL — 20 juin. Sang de chien défibriné.

A la pression normale contenait O : 20,0 A 12 atmosphères en contenait 50,0 A 8 ~ — 25,7

Expérience CCXII. — 22 janvier. Sang de chien défibriné. A la pression normale, contenait O 20,2 A 18 atmosphères — 28,2

rappelle tout particulièrement l’attention sur l’expérience suivante, qui a été faite avec les plus grandes précautions :

Expérience GCXIII. — 12 janvier. On tire à un chien de très-grande taille 500®“ de sang à Fartére fémorale. Ce sang est défibriné, filtré à travers un linge, puis agité pendant une demi-heure avec de l’air à la pression normale ; il contient 14,9 vol. d’oxygène.

On l’introduit alors dans l’appareil ; à chaque expérience, l’agitation dure une demi-heure. On a trouvé ainsi :

A 6 atmosphères, O 19,2 A 12 . — 26,0

Discutons les résultats de cette dernière expérience.

Appelons æ le volume d’oxygène supposé combiné avec l’hémoglobine contenue dans 100“ de sang, volume qui serait, par hypothèse, indépendant de la pression ; appelons y le volume d’oxygène que 100“ de sang absorberaient, à l’état de simple dissolution, à la suite d’agitation dans l’air à la pression normale; nous aurons :

A 1 atmosphère x+ ^ = 14,9 (1)

18 — Ær-4-18i/=31,l (4)

Retranchons (1) de (4), il vient 17^= 16,2, d’oùy=0,95; de l’équation (1) nous tirons alorsa?=14,9 — 0,95 = 13,95.

En portant ces valeurs dans les équations (2) et (5), nous

EXPÉRIENCES

trouvons les chiffres 19,6 et 25,4, au lieu de 19,2 et de 26, différences qui sont tout à fait de l’ordre des erreurs d’expérience.

Ainsi l’hypothèse est vérifiée, et, au-dessus de 1 atmosphère, la pression n’ajoute plus au sang que de l’oxygène dissous, dont la proportion croissante suit la loi de Dalton.

Si donc nous prenons 20 comme proportion moyenne d’oxy¬

gène contenu dans le sang à la pression normale, et si nous supposons, pour faciliter le calcul, qu’il y en ait 1 volume de dissous, nous trouverons que, à 6 atmosphères, il devra y avoir 25 volumes; à 12 atmosphères, 31 volumes; à 18 atmosphères, 57 volumes.

Ces derniers résultats sont marqués au graphique de la figure 46 par les points dont la série forme naturellement une ligne absolument droite. Or, si nous avions dessiné à

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