GAZ DU SA]SG : EXPÉRIENCES IN VITRO
la même échelle le tracé de l’expér. CCXIII, et que nous en eussions ensuite remonté l’ensemble jusqu’à amener son point d’origine (14,9) sur la ligne marquée 20, les quatre points de ce tracé se trouveraient représentés par les petites croix du graphique. On voit combien ils approchent des points théoriques.
On a ajouté entre 1 atmosphère et le vide une réduction du tracé A de la figure 43, qui complète la vue d’ensemble de la capacité du sang pour l’oxygène, depuis les plus basses jusqu’aux plus hautes pressions.
J’ai dû me demander si pour les pressions élevées la température amènerait quelque différence importante dans la capacité du sang pour l’oxygène. Les expériences que je viens de rapporter ayant été exécutées à la température du laboratoire, j’en ai fait une autre en agitant le sang dans un bain maintenu à 40“. Comme les résultats ont concordé avec ceux qui précèdent, je n’ai pas cru devoir multiplier les faits.
Voici l’expérience :
Expérience GCXIV. — 15 janvier. 300 grammes de sang artériel sont tirés à un chien de grande taille, défibrinés et filtrés sur un linge.
J’en introduis 130 grammes dans l’appareil de la figure 45; je comprime l’air à 22 atm., et je fais agiter le sang et l’air pendant une demiheure, l’appareil baignant dans l’eau à 40°.
J’abaisse la pression à 18 atm., et cinq minutes après, je recueille
28 grammes de sang . A
La pression étant abaissée aussitôt à 12 atm., j’agite encore et recueille 33 grammes de sang . B
Semblable manœuvre me donne, à 6 atm., 41 grammes de sang. . . G
Enfin, à la pression normale, il me reste encore 20 grammes de sang. D L’analyse par la pompe montre que :
A (18 atm.) contient, pour 100 vol. : O 35,7; Az. 19,2
Dil -)
En opérant sur ces chiffres les calculs qui viennent d’être appliqués à l’expérience CCXUI, nous trouverions pour le coefficient de dissolution de l’oxygène 0,75 et pour les valeurs
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de B et de C 51,2 et 26,7. L’écart entre le calcul et l’expérience est donc de l’ordre des premières décimales, ce qui ne saurait nous émouvoir.
Ainsi, à la température du corps, comme à celle du laboratoire, lorsqu’on augmente la pression, l’augmentation dans la proportion de l’oxygène suit la loi de Dalton.
D’autre part, si nous nous reportons à ce qui a été constaté directement chez l’animal vivant (fig. 36, ligne pleine, p. 664), nous voyons que la quantité d’oxygène contenue dans le sang est notablement inférieure à sa capacité maximum in vitro.
Gela doit tenir en partie à ce que l’oxygène simplement dissous dans le sérum tend à pénétrer aussi par simple dissolution dans tous les liquides organiques et les tissus que baigne le sang, jusqu’à ce qu’il s’établisse entre eux et ce sérum un équilibre de dissolution.
Le ralentissement des mouvements respiratoires et de la circulation du sang, si facile à constater aux hautes pressions chez les animaux à sang froid, vient certainement aussi concourir à diminuer la quantité d’oxygène qui devrait s’introduire dans le sang, en modifiant les conditions de l’agitation aéro-sanguine qui se fait dans les poumons, il y aurait là, de la part de l’organisme, une lutte pour l’équilibre, s’opérant en sens inverse de celle sur laquelle nous avons insisté plus haut.
Si nous nous reportons maintenant à cette observation faite plusieurs fois déjà que le sang, dans les conditions de la respiration normale, n’est jamais saturé de l’oxygène qu’il peut absorber, on concevra que, l’augmentation de pression introduisant un peu plus d’oxygène dans le sang, cet oxygène devra être d’abord rapidement condensé par les globules sanguins, en telle sorte que l’hémoglobine du sang arrive à s’en saturer tout entière avant qu’il en reste une plus forte proportion dans le sérum.
Mais au point de vue chimique pur, les faits que je viens de rapporter présentent un intérêt nouveau quand on les rapproche de ceux qu’ont récemment signalés MM. Risler et