CHAPITRE III
PHÉNOMÈNES PRÉSENTÉS PAR LES ANIMAUX SOUMIS A DES PRESSIONS INFÉRIEURES A CELLE DE l’ ATMOSPHÈRE.
Les phénomènes présentés par les animaux soumis à la diminution de pression sont précisément ceux qui ont été signalés chez les voyageurs en montagne et les aéronautes ; j’ai cependant quelques détails intéressants à ajouter à ce qui est connu déjà. Mais je ne fais nulle difficulté d’avouer que, ces phénomènes étant d’ordre purement descriptif, leur analyse exacte m’a paru ne devoir être faite qu’après une étude suffisamment approfondie de leur cause ; l’intérêt était évidemment d’ordre inférieur.
Cependant, je crois devoir rapporter ici les détails de quelques expériences. Il sera plus facile ensuite d’en analyser les phénomènes en les groupant autour des principales fonctions physiologiques. Mais les conclusions que nous en tirerons s’appuieront également sur les expériences nombreuses exposées au 1“ sous-chapitré du chapitre ?■■, et au 2® sous-chapitre du chapitre H, expériences qu’il m’a paru au moins inutile de raconter à nouveau ici.
Après l’exposé de ces symptômes, j’en ferai la comparaison avec ceux que présentent les animaux asphyxiés en vase clos à la pression normale; je déduirai ensuite de tous ces faits la
EXPÉRIEKCES.
méthode qu’il faut employer pour se mettre à l’abri des accidents de la décompression, et je ferai le récit des expériences exécutées suivant cette méthode sur les animaux et même sur l’homme.
SOUS-CHAPITRE PREMIER
Expérience GGXY. — 2 mars. — Petit Cuien, mis dans le grand cylindre.
2h 5m Pression nonnale : 16 respirations.
2h ^5m 4()c de pression : 16 —
2>» 26“. 22*= — 40 -T- se couche ; les respirations
sont dicrotes; il respire d’abord parle thorax, puis l’abdomen se soulève.
2^^ 56“. 20= dépréssion; 44 respirations.
2*» 55“. On ouvre un peu le robinet de rentrée d’air ; la pression remonte à 21=, les respirations tombent à 50. Puis on referme le robinet.
A 5^ la pression n’est plus que de 19 ; les respirations sont restées à 50.
A 5** 5“, 18= de pression; les respirations tombent à 28.
5** 10“. Pression 22= ; respirations 18.
5** 18“. Retour à la pression normale.
5h 24m^ Respirations 14.
L’animal se porte bien.
Expérience CCXVl. — 21 mars. Chien épagneul de grande faille, mis 4 5** dans le grand cylindre à dépression. Sa température rectale est 58°, 5. A 4** 58“, la pression n’est plus que de 25=. On ramène rapidement la pression normale; la température de l’animal s’est abaissée à 56°, 5.
Expérience CCXVII. — 2 avril. Chienne bull-dog, ayant eu déjà queU ques opérations ; attachée dans le même appareil.
4‘'40“, à la pression normale 24 respirations, 125 pulsations, teropé» rature rectale 59°.
4‘*45“, pression 46=, 24 respirations, 110 pulsations.
4^55“, pression 56=, 22 respirations, 100 pulsations.
5** 5“, la pompe s’arrête et l’air revient à la pression normale : 20 respirations, 120 pulsations.
On a mis à nu l’artère fémorale autour de laquelle a été placé un fil de cuivre qui en indique les mouvements et permet ainsi d’en compter les pulsations.
5** 55“, la pompe, remise en marche, a ramené la pression à 46' : respirations, 18, pulsations- 104.
5*^45“, pression 36', respirations 24, pulsations 100.
6** 15“, pression 41', respirations 18, pulsations 100.
O*» 20“, pression normale; la température rectale est 58', 8.
Expérience CGXVIU. — 23 avril. Chien, sous la peau duquel ont été injectés 5 centigrammes de chlorhydrate de morphine.
Mis à 4*» 30“ dans le grand cylindre, avec un manomètre dans l’artére fémorale gauche.
11 a alors 20 respirations et 126 pulsations.
A 32“, la pression est à 60'; il y a 24 respirations et 120 pulsations.
A 4*^ 55“, la pression est à 43' : 33 respirations; 184 pulsations.
A 4** 40“, la pression est redevenue normale ; les respirations sont tombées à 24 et les pulsations sont restées à 160.
On ne peut apprécier exactement la tension artérielle à cause des caillots.
Expérience CCXIX. — 27 mai. Chien, attaché dans le grand appareil, avec fémorale mise à nu, et cardiomètre dans l’artère.
5h 40ni. — Pression normale : 30 respirations; 134 pulsations ; pression cardiaque, de 16 à 18'.
A 5*^ 5o“. — Pression 36' ; 60 respirations ; l’animal s’est agité par instants.
A 6** 3“. — Pression 26' ; 70 respirations inégales. On ouvre la communication de l’artère avec le manomètre ; le mercure monte et oscille entre 16 et 18°. Les pulsations sont de 160 à 180 par minute.
Retour à la pression normale en 5“; 20 respirations. L’animal revien rapidement à l’état normal.
Expérience CCXX. 22 avril. — Chat amené à 2*' 50“ rapidement à 26' de pression, sous courant d’air. Ne peut demeurer debout, se couche en miaulant.
o'^ 20“ , 33 respirations.
5** 30“, ramené à 36' parce qu’il paraît trop malade.
5*» 30“, est toujours resté couché en rond.
Retiré à 6^ ; n’a pas uriné.
Maintenu sous cloche ; mais à la pression normale, sous courant d’air continu.
23 avril; 10*^ du matin, retiré. 11 a uriné; son urine ne contient pas de sucre.
Se remet très-bien.
708 EXPÉRIENCES
Exférieîîce CGXXI. — 14 mai. — Chat pesant 5*=,500. Sous la peau 10 centig. de chlorhydrate de morphine. On le place sous une grande cloche de verre, mesurant 31* ; son artère fémorale a été mise à nu, et un fil de cuivre passé autour indique les battements. L’animal reste assez tranquille tout le temps de l’expérience.
A 4** 30”, à la pression normale, a 25 respirations ; 105 pulsations.
On commence alors la diminution de pression, en ménageant un courant d’air faible, mais suffisant pour maintenir la pureté chimique de l’air de la cloche.
A4** 50“, la pression est de 56®; il y a 40 respirations et 120 pulsations.
A 5** 10“*, pression 46® : R. 40 ; P. 120.
A 5** 20*“, pression 36® : R, 48 ; P. 132.
A 5** 30*“, pression 26®; l’animal est fort gêné, affaissé avec des soubresauts convulsifs fréquents; il bave : R. 56; P. 140.
La pression descend lentement à 20® ; l’animal est haletant, présente des mouvements convulsifs généraux, et meurt à 5** 45*“.
Les poumons sont revenus sur eux-mêmes, sans crépitation ; emphysème superficiel; pas d’apoplexie pulmonaire.
Sang noir dans le cœur gauche.
Expériekce CCXXII. — 28 février. Température 13®
Trois LAPiKs de même portée sont placés à 2** sous de grandes cloches, sur l’appareil de la figure 15 (p. 528). On entretient un courant d’air sous diverses pressions.
A : le lapin pèse 770 gr. ; la pression est maintenue entre 70 et 76 cent.
R : pèse 770 gr. ; la pression oscille entre 45 et 50 cent.