GAZ DU SANG : EXPÉRIENCES IN VITRO
Schützenbe^ger^ Selon ces chimistes, le sang, ou, pour mieux dire, l’hémoglobine à laquelle on a enlevé tout l’oxygène possible par Faction du vide ou de l’oxyde de carbone, en contiendrait encore une quantité à peu près égale à celle qu’elle vient de perdre.
Il y aurait donc ici une sorte de protoxy-hémoglobine, que le vide même aidé de la chaleur, que l’oxyde de carbone, ne sauraient réduire, et une deutoxy-hémoglohine, à laquelle le vide et l’oxyde de carbone pourraient enlever son second équivalent d’oxygène. Au delà, l’hémoglobine, complètement saturée, ne saurait plus prendre d’oxygène, dont la proportion augmeiîterait seulement par simple dissolution dans le sérum ambiant. Gela rappelle singulièrement le mode d’union de l’acide carbonique avec les bases alcalines, dont les protocarbonates sont indécomposables par le vide, tandis que les deuto-carbonates perdent aux très-faibles pressions barométriques leur second équivalent d’acide, comme on le sait depuis les travaux d’H. Rose. Le sang complet se comporterait donc vis-à-vis de l’oxygène, comme le fait une solution de bicarbonate de soude vis-à-vis de l’acide carbonique. Dans Furi et l’autre cas, il se trouve 1° en dissolution dans l’eau et sa proportion peut y être indéfiniment augmentée suivant la loi de Dalton ; 2“ en union facile à dissocier par le vide aidé de la chaleur; 3“ en union inattaquable par le vide et la chaleur.
Ce rapprochement est très-saisissant lorsqu’on fixe son attention sur la manière dont ce gaz sort du sang quand on agite ce liquide avec l’air à diverses pressions barométriques.
L’agitation du sang avec l’air pur, à la pression normale, ne lui enlève que très-lentement une partie de son acide carbonique, sans pouvoir l’en dépouiller complètement. Si l’air est dilaté, la sortie de l’acide se fait un peu plus vite. Cependant les expériences qui viennent d’être ci-dessus rapportées (p. 688 et suiv.) montrent que, même à d’assez basses pressions, le sang ne perd pas rapidement son acide carbonique.
* Comptes rendus de VAcad. des sciences, t. LXXVl, p. 440^ février 1873.
Cependant ce gaz sort du sang en proportions un peu plus considérables que ne le fait l’oxygène; aussi voit-on le rap- CO®
port -Q- diminuer de valeur au fur et à mesure que la dé-i
compression augmente (expér. CXCIX, CC et CCI).
D’autre part, en faisant un vide progressif sur du sang placé dans la pompe à mercure, je n’ai vu l’acide quitter le sang en proportions notables qu’à de très-basses pressions, à peu près en même temps que l’oxygène. En d’autres termes, les bicarbonates et les phospho-carbonates alcalins se comportënt aux environs du vide comme la deutoxy-hémoglobine dont je parlais tout à l’heure.