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INFLUENCE DE LA DIMINUTION BRUSQUE DE PRESSION A PARTIR

d’une atmosphère.

L’étude de cette influence présente de grandes difficultés, sans avoir grand intérêt. En effet, pour les faibles dépressions, si brusquement qu’on les produise, l’action est à peu près nulle chez les animaux aériens ; pour les dépressions fortes, elle se combine avec celle de l’anoxyhémie, à côté de laquelle elle n’est que de bien médiocre importance.

Quand on tombe brusquement à une demi-atmosphère, les animaux tressautent, bondissent, quelquefois tournent sur eux-mêmes, mais se remettent bientôt, ou du moins ne présentent plus que les troubles asphyxiques dus à la pauvreté de leur sang en oxygène.

Ces marques de gêne sont dues sans aucun doute à la dilatation soudaine de tous les réservoirs gazeux de l’organisme, et l’on conçoit qu’ils sont particulièrement considérables chez les oiseaux où ces réservoirs s’étendent dans le corps tout entier; mais presque aussitôt, chez ces derniers, l’équilibre se rétablit, à cause de la communication des sacs aériens avec la trachée, et, par suite, avec l’intérieur. Les mammifères, et surtout les herbivores, eux, sont un peu gonflés par la dilatation des intestins et de l’estomac, mais ils rejettent assez vite les gaz qui les gênent. C’est ce que montre du reste l’expérience suivante :

Expérience GGCCXCIV. — 9 juin. Ghien qui vient d’être tué par une électrisation du cœur.

On introduit dans le rectum, à l’aide d’une petite vessie qui oblitère

parfaitement l’anus, un tube de verre coudé, dont l’extrémité plonge de quelques millimètres dans un verre plein d’eau. L’animal est ainsi disposé dans l’un des grands cylindres de la figure 27 (p. 631).

On fait alors, aussi rapidement que possible, la dépression jusqu’à 34®; on voit pendant ce temps les bulles de gaz se succéder avec vitesse en sortant du tube anal ; cependant la paroi abdominale se gonfle visiblement.

On laisse rentrer l’air; la paroi s’aplatit; il y a encore une notable quantité de gaz dans l’intestin.

Le même effet est produit, ainsi qu’on le sait depuis longtemps, chez les poissons munis d’une vessie natatoire s’ouvrant dans l’œsophage, comme les cyprins. Si la dépression ne marche pas trop vite, on voit s’échapper de leur bouche des bulles de gaz sorties de la vessie ; puis, quand on ramène la pression normale, ils tombent au fond de l’eau, leur densité étant devenue trop forte. Dans ces conditions, ils reviennent avec efforts à la surface pour y avaler de l’air et remplir ainsi à nouveau leur vessie; pour me renseigner sur cette absorption directe, qui pouvait être mise en doute, j’ai institué l’expérience suivante :

Expérience CCGGXCV. — juin, üne carpe pesant une demi-livre est soumise, dans l’eau, à une dépression de deux tiers d’atmosphère. Elle lâche une grande quantité d’air.

On place alors le cristallisoir où elle nage sous une cloche contenant un mélange d’air, d’oxygène et d’hydrogène en proportions non dosées.

Z juin. L’animal meurt; sa vessie natatoire contient 11®®,4 de gaz ainsi composé, pour 100 : hydrogène 33,3, oxygène 16,7, azote 50,0.

Pour le dire en passant, les cyprins, dans l’état ordinaire, tout en venant à la surface de l’eau avaler de l’air, ne l’introduisent pas dans leur vessie, et ne s’en servent vraisemblablement que pour aérer plus énergiquement leurs branchies. Ainsi :•

Expérience GCCCXGVI. — 5 juin. Garpe pesant 200 grammes. Le vase où elle nage est placé sous une cloche contenant un mélange d’oxygène et d’hydrogène non dosé.

9 juin. On tue l’animal.

11 n’y a pas d’hydrogène dans la vessie natatoire.

Les poissons à vessie close, devenant plus légers que l’eau lorsqu’on les décomprime, arrivent à la surface et pé-

EXPÉRIE^'CES.

rissent, par éclatement de la vessie surgonflée. Ce fait est depuis longtemps bien connu des pêcheurs, qui, pour éviter la projection des viscères, qui souillerait le poisson, percent la vessie avec une pointe de fer ou de bois.

Le même phénomène, je dis ceci pour ne plus revenir sur cet ordre de faits, s’observe sur les poissons à vessie close qu’on a maintenus pendant quelques jours sous l’influence d’une augmentation de pression :

Expérience CCCGXCVII. — 4 mai. Épinoches dans appareil cylindrique en verre. Soumises à 2 atmosphères de pression, vont immédiatement au fond de l’eau.

iO mai. Nagent librement. On décomprime ; arrivent immédiatement à la surface. Retirées, meurent.

Ainsi, ces poissons avaient reformé dans leur vessie une quantité de gaz suffisante pour reprendre, avec leur densité première, la liberté de leurs mouvements. Mais la décompression leur a été fatale.

La vessie aérienne close est donc fort mal dénommée vessie natatoire, puisqu’elle nuit au poisson et le contraint de rester à une certaine profondeur d’eau, sous peine, ou de venir écla ter à la surface, ou de couler indéfiniment dans la profondeur, s’il dépasse les faibles limites entre lesquelles il lui est permis de se mouvoir verticalement.

J’ai pu obtenir un résultat analogue à celui de l’expérience CCCGXCVII avec des grenouilles rapidement décomprimées de 5 ou 6 atmosphères à la pression normale. L’air des poumons se dilatant énormément, fermait lui-même l’orifice trachéal ; l’estomac sortait par la bouche, le poumon se crevait, et le corps était transformé en une. sorte de ballon fortement gonflé. Tout cela est chose simple, et se pouvait deviner.

Mais revenons aux animaux aériens. Quand on les décomprime très-rapidement, ils périssent aussi presque soudainement. Peut-on, dans cette mort, attribuer une part importante à la brusquerie de la décompression? Cela revient presque à la question que nous avons déjà posée. L’influence d’ordre purement mécanique ou physique de la décompres-

CHAÎS'GEÏENTS BRUSQUES DE PRESSION.

sion est-elle appréciable? Les expériences rapportées dans les chapitres précédents montrent qu’elle est bien faible, en tout cas, puisqu’un animal peut, par exemple (expérience GCLI), être très-rapidement amené sans encombre à la pression de 7 cent., à la condition que Fair soit très-chargé d’oxygène.

Examinons cependant les résultats de quelques expériences faites spécialement en vue de la décompression brusque :

Expérience CGCCXCVUI. — 2 mars. Chien pesant 2*^”, 300, mis dans cloche de 31 litres. Cette cloche (fig. 27, C) est en rapport, par un tube de caoutchouc à parois épaisses, avec un vaste récipient de tôle (B) où la pression a été amenée à 1 0®.

On ouvre un robinet de communication, et la pression tombe immédiatement, dans la cloche, à 12®. Aussitôt, agitation comme convulsive, cris, hémorrhagie nasale avec écume; mort en 3 ou 4 minutes. Les poumons présentent des ecchymoses qui ne disparaissent pas complètement par l’insufflation. Bronches et trachée pleines d’écume sanguinolente. Sang noir dans les cavités gauches du cœur, très-noir à droite, sans gaz libres.

Expérience CCCCXCIX. — 7 mars. Chat de grande taille. Même procédé expérimental.

La pression est amenée d’un coup à 16®; l’animal se dresse presque aussitôt, s’agite avec violence, bâille. Au bout de 2”, tombe sur le flanc, sa langue noircit ; à 3“, sa pupille se dilate, des frissons surviennent dans les muscles peaussiers. Mort après 6“.

Betiré aussitôt , l’animal, très-gonflé, s’affaisse quand la pression normale se rétablit; pas de gaz dans le sang; sang noir dans le cœur gauche, encore plus dans le cœur droit; veines pulmonaires rouges; ecchymoses pulmonaires.

Expérience D. — 15 mars. Moineau mis instantanément, par un dispositif analogue, à 12® dépréssion.

Agitation; mort très-rapide sans vraies convulsions.

Pas de gaz libres dans le sang.

Expérience D1. — 18 juin. Chat amené très-rapidement à 12® de pression.

Meurt après une phase très- rapide de convulsions.

Poumons congestionnés, se déplissent et blanchissent quand on les insuffle ; les parties les plus congestionnées ne s’enfoncent pas dans l’eau.

Pas de gaz dans le sang, examiné avec grand soin.

Expérience DH. — 16 décembre. Deux rats, mis dans une cloche de 2 litres, sont amenés aussi rapidement que possible (2 ou 3 min.) à la pression de 4®, 5.

936 EXPÉRIENCES

Tournent sur eux-mêmes, bondissent, meurent sans véritables convulsions.

Retirés aussitôt et ouverts l’un A à l’air, l’autre B sous l’eau : les cœurs battent encore.

A. Sang examiné à la loupe dans les vaisseaux, puis au microscope : pas de bulles de gaz. Poumons très-rouges par places, les morceaux rouges vont au fond de l’eau; ils se déplissent par insufflation.

B. On ne voit pas de bulles de gaz se dégager sous l’eau.

Expérience Dlll. — 16 décembre. Rat tué par le même procédé, à la même pression ; mais maintenu pendant 10 minutes à 4®,5.

Pas de gaz dans le sang, examen minutieux.

Poumons adhérents au thorax, mais revenant sur eux-mêmes quand on l’ouvre ; rosés avec fines piquetûres, surnageant partout.

Le foie broyé avec du noir animal donne énormément de sucre.

En rapprochant ces quelques faits de ceux qui ont été déjà rapportés, et dans lesquels la dépression avait été très-brusquement obtenue, on voit que les phénomènes physiques se réduisent à bien peu de chose, même alors que la rapidité de l’expérience a dû en augmenter l’importance. Nous avons déjà parlé de la dilatation des gaz intestinaux; quand le vide est soudain, ils n’ont pas le temps de s’échapper, et doivent contribuer pour une part, bien petite sans doute, aux angoisses de l’animal.

Les ecchymoses pulmonaires ne signifient rien, puisqu’on les trouve dans l’asphyxie simple, à la pression normale.

Les hémorrhagies pulmonaires ne sont point un fait constant ; d’autre part, on les voit survenir dans certains cas lorsque la pression a été diminuée lentement; il est donc difficile de les attribuer à la brusquerie de la dépression. Je considérerais plutôt comme ayant cette cause l’aspect singulier que m’ont présenté les poumons du chien (Exp. CLXXX) dont l’histoire se trouve rapportée page 651 : « Les poumons, avons-nous dit, sont, par larges places, rouges, allant au fond de l’eau, mais se déplissant parfaitement par l’insufflation. » Cette espèce d’état fœtal me paraît dû à une sorte de succion exercée de place en place, par la pression de 7 centimètres sous laquelle était mort l’animal.

On a vu, dans la partie historique de cet ouvrage, que les

anciens auteurs attachaient beaucoup d’importance à ce phénomène que certains d’entre eux considéraient comme constant, et comme s’étendant au poumon tout entier. Nous avons rapporté sur ce point les observations de Musschenbroëck (p. 208), de Guideus (p. 212) et de Veratti (p. 214).

Je n’ai jamais vu, quant à moi, les poumons d’animaux morts par la décompression brusque, rétractés complètement et plus lourds que l’eau, dans leur masse entière. Sans doute, comme le pensaient les anciens, sans s’exprimer bien clairement, lorsque la pesanteur de l’air sera réduite à une valeur inférieure à la force de l’élasticité pulmonaire, le poumon devra revenir sur lui-même, et un vide relatif se faire dans les plèvres. Mais, d’abord, ceci ne peut se faire qu’à des pressions inférieures à celles sous lesquelles meurent les animaux, puisque l’élasticité pulmonaire d’un chien, même dans l’état d’inspiration maximum, même ajoutée à la pression négative, ne dépasse pas 5 ou 6 centimètres de mercure ; cette valeur est encore moindre pour les animaux plus petits. Enfin, en supposant cet espace vide dans les plèvres, il est évident que, lorsqu’on rétablira la pression normale, le poumon devra être refoulé dans sa position primitive, sans quoi les côtes devraient se briser sous l’effort de la pression atmosphérique, comme je l’ai autrefois montré expérimentalement; il en résulte que ce phénomène se fût-il produit, on n’en devra pas retrouver de traces à l’autopsie. Pour que la rétraction pulmonaire puisse persister, il faudra ou bien que lors du rétablissement brusque de la pression normale, quelque vésicule se soit rompue, laissant ainsi pénétrer de l’air dans la plèvre; ou bien qu’ après un long séjour dans le vide, du gaz ou des liquides s’y soient exhalés, et c’est probablement pour cette raison .que, selon Veratti, on ne trouve les poumons dans cet état que lorsque les animaux sont restés quelque temps sous la cloche pneumatique.

Quant au dégagement de gaz dans le sang, auquel les anciens auteurs, depuis Robert Boyle (voy. p. 210), ont attribué un rôle si important, et que F. Hoppe (voy. p. 259) a considéré comme la cause principale de la mort, je dois dire que,

EXPÉRIENCES

pas plus quand la décompression a été brusque que dans le cas où elle a été plus ménagée, je n’ai trouvé de gaz libres dans les vaisseaux. Et cependant, in vitro la libération des gaz du sang commence sous une faible dépression. En effet :

Expérience DIV. — 23 juin. On remplit deux tubes de verre, l’un de sang, défibriné et bien reposé, l’autre d’eau. Deux heures après, aucune bulle de gaz ne s’en étant dégagée, on commence à diminuer la pression, en s’arrêtant de 10 en 10‘ pendant 5“.

A de pression, on ne voit aucune bulle de gaz se dégager;

A 56®, non plus ;

A 46®, des bulles apparaissent sur les parois des tubes, à la fois dans l’eau et dans le sang ;

A 56®, le dégagement est également abondant dans les deux tubes.

Un dégagement gazeux doit donc avoir lieu dans les vaisseaux sanguins, et d’abord dans le système veineux, où la pression est moindre. Mais il faut faire remarquer que l’oxygène, en admettant qu’il sorte du sang, doit être immédiatement absorbé par les tissus qui en sont avides ; que l’acide carbonique doit avec la plus grande facilité traverser les membranes pulmonaires, et que tout doit se borner à l’azote, dont la proportion (de I à 2 pour 100 volumes de sang) est si faible. Encore, comme le dégagement est très-lent, a-t-il sans doute le temps de se diffuser par la voie du poumon. Tant il y a que, ^oit qu’on tire le sang sur l’animal vivant, comme nous avons pu le faire à 17 centimètres de pression (Expér. CLXXIX, p. 641), soit qu’on examine le sang de l’animal tué par dépression brusque ou ménagée, on n’y trouve pas de gaz libres. (Voy. particulièrement les expériences DI, DU et DIII, où la recherche des gaz a été faite avec les soins les plus minutieux.)

SOüS-CHâPITRE III

INFLUENCE DE LA DIMINUTION BRUSQUE DE PRESSION A PARTIR DE PLUSIEURS ATMOSPHÈRES.

Le sujet de nos recherches devient ici beaucoup plus intéressant. Il se rapproche, en effet, des phénomènes que nous avons signalés dans la partie historique, en parlant des ouvriers qui travaillent aux piles des ponts, et des plongeurs à scaphandres.

Je commencerai, suivant mon habitude, par le récit détaillé d’un certain nombre d’expériences. J’expose d’abord celles dans lesquelles la décompression a été obtenue en un seul temps et aussi rapidement que possible.

§ — Décompression en un seul temps.

A. — Expériences faites sur des moineaux.

Expérience DV. — 20 juillet. Moineau franc. Récipient à eau de Seltz. Amené en 20“ à 8 atmosphères; laissé pendant 5“ sous pression. Ouvert d’emblée grand robinet et décomprimé en quelques secondes.

S’agite au moment de la décompression, puis ne paraît pas malade, et survit.

Expérience DVI. — 3 août. Moineau franc. Même appareil. Porté à 8 atmosphères, à midi et demi.

A 2’*, malade ; à 2*' 5/4, très-malade. Pris de l’air qui contient 2, 1 pour 100 de CO®. Tension : 2, 1 x 8 = 16,8.

Ouvert soudain le grand robinet; l’oiseau est renversé violemment en arrière ; enlevé aussitôt : sa température rectale est 25“, celle de Pair extérieur étant de 20° ; sang des veines jugulaires très-rouge, on n’y voit pas de gaz. Reste sur le dos et meurt en 10“. A la mort, le sang des veines est noir, on voit des bulles de gaz dans les jugulaires.

Expérience DVII. — 1°'' mai. Moineau franc. Récipient cylindrique en verre.

2*^ 5“, mis à 10 atmosphères ; entouré de papiers imbibés d’une solution de potasse, en telle sorte que le CO® soit absorbé au fur et à mesure de sa production.

A S’* 40“, l’oiseau paraît mort ; la pression est de 9 atmosphères 1/2 ;

EXPÉRIENCES

l’air contient i4,l d’oxygène, et sans doute très-peu d’acide carbonique. On décomprime rapidement. Presque immédiatement, l’oiseau qui a levé la tête au moment où l’on ouvre le robinet, devient très-vif ; suffusions sanguines au crâne. Survit.

Expérience DVIII. — 10 mai. Moineau franc. Appareil cylindrique. De 4** 15“ à 4*^ 20“, mis à 16 atmosphères. Présente après 5 ou 6“ des trépidations avec grande angoisse, petites convulsions, etc. caractéristiques de l’empoisonnement par l’oxygène, dont la tension est 16x20,9 = 334.

A 4** 30“, décomprimé en 1“ ; ne paraît pas souffrir de la décompression ; pas de gaz dans les jugulaires, où le sang est très-rouge. Suffusions sanguines crâniennes énormes. Température rectale 35°.

A 4*^ 35“, grande convulsion, meurt. S a température rectale est 34“.

Le sang est très-rouge dans le cœur gauche, sans gaz. Dans le cœur droit et les jugulaires, il est noir avec gaz en bulles très-fines; ces bulles existent dans le système porte.

Expérience DIX. — 27 octobre. Moineau (récip. cylind.).

Amené à 8 atmosphères.

Décomprimé en 5 secondes.

Sorti de l’appareil, ne paraît nullement gêné.

Expérience DX. — 27 octobre. Moineau (récip. cylind.).

Amené à 10 atmosphères.

Décomprimé en 5 secondes.

Pas d’accident, survit.

Expérience DXI. — 27 octobre. Moineau (récip. cylind.).

Porté à 12 atmosphères. Reste pendant ce temps immobile au fond de l’appareil.

Décomprimé brusquement, s’élance au sommet du cylindre, puis retombe.

Est mort avant qu’on l’ait retiré de l’appareil.

Air en quantité dans les jugulaires et le cœur droit.

Expérience DXII. — 27 octobre. Moineau (récip. cylind.).

Porté à 14 atmosphères.

Décomprimé brusquement ; meurt en quelques minutes.

Air en quantité dans les jugulaires et le cœur droit.

Expérience DXIII. — 27 octobre. Moineau (récip. cylind.).

Porté à 14 atmosphères.

Décomprimé brusquement, sans accidents.

Est trouvé mort le lendemain.

Expérience DXIV. — 27 octobre. Moineau ; appareil cylindrique.

Porté à 15 atmosphères, et décomprimé brusquement aussitôt.

Sorti de l’appareil, ne peut marcher, bat des ailes, a des convulsions, et meurt bientôt.

Air en quantité dans les veines jugulaires et le cœur droit.

Expérience DXV. — 29 juin. Deux moineaux sont portés en une heure à 7 atmosphères de pression, sous courant d’air entretenu par le gros cylindre en tôle.

A ce moment, le caoutchouc de communication crève ; la dépression est instantanée.

Les deux oiseaux meurent en un quart d’heure.

Il faut ajouter à ces expériences faites sur les moineaux les résultats d’un grand nombre d’autres déjà rapportées, dans un autre but, au sous-chapitre du chapitre Nous y reviendrons plus bas.

Je laisse momentanément de côté les réflexions que méritent ces expériences pour arriver à celles qui ont été faites sur les mammifères.

D’abord les rats, pour lesquels on a employé généralement les petits appareils en verre.

B. — Expériences faites sur des rats.

Expérience DXVl. — 9 août 1871. Rat. Récipient à eau de Seltz.

9** 25“, mis à 7 atmosphères.

10*“ 10“, pression tombée à 6 1/2 ; l’animalest enroulé en boule, hérissé; 75 respirations .-

J’ouvre brusquement le grand robinet; l’animal se réveille aussitôt, et ne paraît pas souffrir.

Expérience DXVII. — 10 août. Même animal, même appareil.

41* 10“, mis à 6 atmosphères.

5h 25m^ respirations difficiles, dicrotes ; l’animal est couché en rond dans le fond du vase.

Pris air, qui contient 5,2 p. 100 de CO^ Tension: 5,2x6 = 31,2.

La pression tombe de ce fait à 5 1/2. J’ouvre brusquement le grand robinet. L’animal se remet presque de suite sur ses pattes, et va tout à fait bien.

Expérience DXXIU. — .12 août. Même animal, même appareil.

Mis a 4*" 15“ à 6 atmosphères 1/2.

L’appareil perd; à 6**, la pression est de 4 atmosphères 1/2; l’animal est fort malade. Je prends de l’air, qui contient 6,1 p. 100 de CO®. Tension : 6,1 x4,5 = 27,4.

942 EXPÉRIENCES

J’ouvre en plein le robinet ; le rat ne se remet pas de suite, mais il va bien le lendemain.

Toutes les expériences dont le récit va suivre ont été faites dans le grand cylindre en tôle d’acier représenté figure 33 (p. 655). Le gros robinet qu’on ouvre brusquement est celui désigné par c :

Expérience DXIX. — 24 mai. Deux rats dans le grand appareil cylindrique (expérience faite devant la Conunission de l’Institut).

On les porte à 8 atmosphères i /'2 ; la décompression est faite en 2*“.

Les rats courent au sortir de l’appareil ; quelques minutes après, ils se paralysent et meurent. On trouve du gaz dans tout le système veineux.

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