C. — Expériences faites sur des lapins
Expérience DXX. — 22 juin. Lapin.
Porté à 8 atmosphères. Décomprimé en 5“.
Oreilles d’un rouge vif ; aucun accident ni immédiat ni consécutif.
Expérience DXXI. — 7 novembre. Deux lapins.
Portés à 7 atmosphères. Décomprimés en 2“ 1/2.
Aucun accident.
Expérience DXXII. — 10 novembre. Mêmes animaux.
Portés à 8 atmosphères 1/8 ; décomprimés en 2“l/4.
Aucun accident ni immédiat ni consécutif.
Expérience DXXÏÏl. — 15 novembre. Lapin.
Porté à 6 atmosphères 1/2.
Décomprimé en 4“ 1/2.
Aucun effet.
Expérience DXXIV. —23 mai. Chat mâle, extraordinairement vigoureux et sauvage.
Porté à 10 atmosphères. Décompression brusque.
Saute, bien portant en apparence, hors de l’appareil et va se cacher sous un meuble.
Une demi-heure aprèSj on l’y retrouve paraplégique. Les membres postérieurs sont raides, avec les ongles sortis ; ils sont sensibles, ainsi que la queue, mais n’obéissent plus à la volonté.
On fait rendre à l’animal des urines sanglantes qui contiennent des spermatozoïdes.
Le sphincter anal est contracté.
GHASGEMEÎiTS BRUSQUES DE PRESSION.
24 mai. Même état ; seulement la queue et le train postérieur sont tout à fait insensibles, et en relâchement. On obtient, en pinçant une patte, des actes réflexes très-nets, mais qui ne passent pas d’un membre à l’autre.
La vessie est énormément distendue par ime urine très-chargée de sang. Les sphincters anal et vésical sont fortement serrés.
L’animal miaule faiblement; il est très- faible, se traîne difficilement avec les pattes antérieures ; temp. rectale 53“’.
Tué par section du bulbe.
Muqueuse vésicale, avec hémorrhagies en piqueté ; pas de sang dans les uretères, ni les bassinets.
Rien de notable aux poumons, au cœur, au cerveau.
Pas d’hémorrhagie ni de congestion médullaire ; mais au niveau des deux dernières vertèbres thoraciques, des deux premières lombaires, existe un ramollissement médullaire tellement avancé que sur certains points (dernière thoracique), la moelle s’écoule comme de la crème. On y retrouve au microscope les éléments nerveux intacts, sans trace d’épanchement sanguin.
Expérience DXXV. — 17 juin. Chat.
De 12^1 20“ à 4^30“, porté à 10 atmosphères. A 1^* 39“, décomprimé subitement en 3“.
Sorti de l’appareil, court en tous sens comme effaré.
A 1*^ 48“, commence à se paralyser du train postérieur; à 1*“ 50“, est sur le flanc, sans pouvoir se relever.
Pupilles contractées, la gauche plus que la droite; temp. rectale 39“,5; 140 pulsations régulières ; 36 respirations difficiles et irrégulières.
Motricité et sensibilité complètement abolies dans les membres postérieurs et la queue.
2*^. Plus de respirations; mouvements du cœur toujours réguliers.
Autopsie immédiate. — Oreillettes se contractent encore ; en piquant celle de droite, il en sort du sang battu d’air et mousseux ; celle de gauche, au contraire, ne contient pas d’air.
En mettant à découvert la moelle, on voit dans les veines des méninges une grande quantité de petites bulles d’air; il en sort également des vaisseaux de la moelle divisée en travers. Pas de trace d’hémorrhagies ni de congestions médullaires.
Expérience DXXVI. — 22 juin. Chat de l’expérience DLXVIl (placé avec lapin de DXX).
3^ 20“, commencé la compression. A 4*^, 5 atmosphères 1/2 ; la machine motrice s’arrête. Remise en marche à 4*" 20“; à 4^* 45“, 8 atmosphères. Courant d’air entretenu sous pression.
A 50“, décompression en 3 minutes.
Le chat saute hors de l’appareil et s’enfuit.
A S**, il est pris d’un accès convulsif, avecime agitation violente qui dure environ 3 minutes; On voit, pendant ces mouvements désordonnés
EXPÉRIENCES
et indescriptibles, le train postérieur se raidir progressivement et devenir immobile, tandis que le train antérieur et la tête sont en proie aux plus étranges contorsions. A maintes reprises l’animal, qui se roule sur luimême, se retourne et mord avec une sorte de fureur ses pattes postérieures et ses cuisses.
Après 5 minutes, calme relatif ; pupille gauche dilatée outre mesure ; paraplégie à peu près complète. Défécation par contr-action intestinale, le sphincter anal n’étant point paralysé. Urination ; pas de sang ni de sperme.
5’'30‘^. Je présente l’animal à la Société de biologie; la paraplégie est complète pour le mouvement et la sensibilité. Les pupilles sont à l’état normal.
5^ 45“. Mieux manifeste ; la jambe gauche est sensible, et l’animal la remue un peu, et lorsqu’on le soutient, s’appuie même un peu dessus ; rien à la jambe droite.
6*“ 15“. Celle-ci revient un peu à son tour; la queue commence à être sensible.
La paraplégie est redevenue complète, et a même envahi un peu la région dorsale inférieure.
Les jours suivants, paralysie plus complète encore et un peu ascendante. Meurt le 26, la vessie distendue; on n’a pu le faire uriner; il a mangé.
Autopsie. — Toute la moelle épinière est un peu ramollie ; elle est diffluente au-dessous du renflement cervical. Sur ce point précis, elle est un peu jaunâtre, et contient un peu de sang altéré et quelques corps granuleux en voie de formation ; les veines des méninges contiennent un mélange d’air et de sang ; il sort de l’air des vaisseaux de la moelle.
Sucre dans le foie, un peu dans l’urine, qui contient aussi un peu de sang.
E. — Expériences faites sur des chiens.
Expérience DXXYll. — 17 mai. Chien pesant 4 kilog.
Pression portée à 4 atmosphères.
Après 1/4 d’heure environ, ouvert brusquementle gros robinet; décompression en moins de 2“. L’animal va bien.
Expérience DXXVIII. — 18 juin. Chien de petite taille. Poussé en 1*^ à 10 atmosphères ; y reste environ l** ; décomprimé en o“.
L’animal ne peut sortir de l’appareil ; il n’y a plus d’autres mouvements que des mouvements respiratoires ; cris de douleur incessants.
Placé sur la table à autopsie, on voit du gaz dans la jugulaire mise à nu.
On y introduit une sonde qui va dans le cœur droit, et on en extrait 33®‘,9 de gaz contenant pour 100 20,8 de C® et 79,2 d’azote, avec quelques traces d’oxygène.
Le cœur droit et les veines sont pleins de gaz battu avec du sang ;
CHA>’GEMiL\TS BRUSQUES DE PRESSION.
il en est de même dans les veines de la pie-mère et des plexus choroïdes. Estomac très-distendu par les gaz.
Expérience DXXIX. — 9 juillet. Chien pesant 12 kilog.
45m . porté à 5 atmosphères; laissé 50“ sous courant d’air.
Décomprimé en 2“.
Aucun accident immédiat ni consécutif.
Expérience DXXX. — 15 juillet. Chien ayant perdu beaucoup de sang.
Poussé à 6 atmosphères et décomprimé en 2“-
L’animal traîne les pattes postérieures et marche sur ses ongles ; après une heure, marche mieux, mais se recouche aussitôt qu’on cesse de l’exciter.
Va bien le lendemain.
Expérience DXXXI. — 17 juillet. Chien de l’expérience DXXIX et de l’expérience DLXXI (décompression lente).
De 1*^ 56“ à 2*», porté à 6 atmosphères ; laissé 50“.
Décomprimé en 2“ ; sort bien portant, se secoue et marche très-bien. Accun accident.
Expérience DXXXII. — 22 juillet. Chien.
Poussé de S* 50“ à 6*^ 10“ à 6 atmosphères 1/2. Je tire alors du sang duquel il ne se dégage pas de gaz libres dans la seringue. Ce sang contient cependant 7,7 pour 100 d’azote.
A 6^ 40“, arrivé à 8 atmosphères 1/2 ; décomprimé en 5“. A 6**50“, je tire du sang à la carotide; ce sang contient 2 pour 100 d’azote.
L’animal est resté attaché sur la table à expériences; en recousant la plaie du cou, je vois des bulles d’air dans la jugulaire ; il commence alors à faire de grandes inspirations, qui se terminent par la mort à lo“.
On ne trouve pas de gaz dans le sang du cœur droit ni du cœur gauche; mais il y a des bulles nombreuses dans toutes les petites veines du système général et du système porte.
L’estomac est énormément distendu ; on en tire 550“^ de gaz ; l’intestin contient beaucoup de mousse gazeuse et est gonflé.
Expérience DXXXIII. — 24 juillet. Chien de l’expérience DXXXI.
De5>* 50“ à 5** 55, porté à 6 atmosphères ; laissé 2*^ sous courant d’air.
Décomprimé en 2“, aucun accident.
Expérience DXXXIV. — 25 juillet. Chien de l’expérience précédente.
De 2*» à 2*^ 45“, poussé à 7 atmosphères.
Décomprimé aussitôt en 2“ : saute seul du haut de l’appareil.
5“ après, tombe sur le côté, le train postérieur paralysé ; sensibilité très-obtuse. Les pattes antérieures sont en extension forcée et tressautent à chaque respiration.
27 juillet. Paraplégie complète du mouvement ; muscles relâchés ; queue et pattes insensibles, mais avec mouvements réflexes de la queue. Le
EXPÉRIE>CES.
sphincter anal est relâché, mais l’introduction d’un thermomètre y provoque de violents mouvements réflexes; tempér. 59°,5. Vessie paralysée; en pressant sur le ventre, l’urine sort par jets saccadés ; régulièrement, elle sort par regorgement : pas de sucre.
!«*■ août. L’animal estresté couché sur le côté droit; la paralysie a fait des progrès ascendants ; les côtes sont immoKles, et la respiration est purement diaphragmatique : on voit alors nettement l’élévation des côtes inférieures par le diaphragme.
En pinçant la patte postérieure droite, elle se retire, de même pour la queue : rien à la patte postérieure gauche. Le sciatique gauche, mis à découvert et pincé vigoureusement, donne quelques petits mouvements dans les muscles fléchisseurs de la jambe, mais l’animal ne sent rien. Le sciatique droit donne des mouvements marqués, et l’animal manifeste de la douleur quand on le pince. Les muscles interrogés par l’électricité exigent pour se contracter un courant un peu plus fort à gauche qu’à droite, ce qui est sans doute dû à l’action différente des nerfs.
Les orteils, pris dans les mains, sont plus chauds que les doigts des membres antérieurs ; ceux-ci sont sensibles et se retirent quand on les pince.
Le sphincter anal se contracte comme convulsivement quand on y touche ; la température rectale est 38°.
L’urine sort quand on excite le nerf sciatique droit : pas de sucre.
Je tue l’animal, qui est fort malade, par ouverture du thorax.
Le nerf sciatique gauche est rougeâtre, ses vaisseaux sont injectés ; dans la plupart de ses tubes, la myéline est un peu louche et commence à se fragmenter. Le nerf sciatique droit est intact.
La moelle épinière est ramollie à la région du renflement lo'mbaire. Des coupes transversales montrent les altérations suivantes. Au-dessous du renflement, piqueté rouge dans la substance grise ; à la partie supérieure du renflement, là où la coupe est possible, on trouve injection complète de la corne grise postérieure gauche et injection par places de celle du côté droit ; les cordons antéro-latéral et postérieur de gauche sont d’un gris jaunâtre très-marqué : tout cela est très-ramolli.
Au bas de la région dorsale, aspect uniformément rouge de toute la substance grise, qui est moins molle, avec coloration s’irradiant dans la substance blanche postérieure, surtout à gauche ; ramollissement gris jaunâtre du cordon antéro-latéral gauche et du cordon postérieur.
L’altération va en diminuant lorsqu’on remonte, et cesse à peu près audessus du renflement brachial; la moelle y est ferme, mais encore un peu injectée.
Expérience DXXXV. — 3 août. Chien.
A 8 atmosphères, le petit appareil, qui soutient la canule à tirer le sang (fig. 54, E), est projeté violemment : la pression tombe en 5 ou 4“.
Le chien sort, court quelques pas, puis tombe et meurt rapidement. Gaz en abondance dans le cœur droit, mais non dans le cœur gauche.
Expériesce DXXXVI. — 5 août. Chienne pleine poussée à 9 atmosphères un quart, saignée de 375"^ de sang (voir expér. CLXXXIV, p. 658 ^ ; décomprimée rapidement : fait quelques inspirations et meurt.
Les deux cœurs sont pleins de gaz presque complètement libres : l’estomac contient peu de gaz.
Le cœur des fœtus, leurs veines contiennent à la fois du gaz et un sang très-noir. Dans le liquide allantoïdien surnagent d’abondantes bulles ; le placenta est tout déchiré par les gaz ; pas de gaz dans l’amnios.
Expériexce DXXXVII. — 16 octobre. Chien qui a déjà servi aux expériences DLXXVII et DLXXVlll (10 atm., décompression lente. Voir p. 959).
De 1^ 10“ à l** 45“, porté à 7 atmosphères, décomprimé à 1*^ 55“ en
Sorti de l’appareil, est vif et ne paraît éprouver aucun symptôme fâcheux.
3“ 1/2 après la décompression, soulève la patte antérieure droite, et paraît souffrir. Après 5“, est agité, titube du train postérieur, a une érection presque subite. Après 7“, raideur tétanique énorme du train postérieur, qu’on peut à grand’peine fléchir. La queue remue, et il n’y a rien aux membres antérieurs.
On recomprime l’animal à 7 atmosphères pour le décomprimer trèslentement. (Voir expér. DLXXXVllI, p. 976.) Meurt le lendemain.
Expériexce DXXXVllI. — 18 octobre. Chien.
Comprimé à 7 atmosphères dé 2*^ 25“ à 3^ 10“, et laissé 7“.
Décomprimé aussi rapidement que possible, en 2“, de 3^ 17“ à 3** 19“.
Retiré de l’appareil, va, vient, caresse; mais à 3** 21“ est pris de paralysie du train postérieur ; il reste bientôt couché, et ses souffrances se manifestent par des cris.
Poussé à une pression nouvelle de 7 atmosphères, et alors à une dépression extrêmement lente. (Voir expér. DLXXXVIL) Meurt le soir.
Expériexce DXXXIX. — 20 octobre. Chien.
Soumis à 3 atmosphères et demie. On reçoit du sang artériel sous le mercure, dans une éprouvette. Il s’en dégage évidemment de très-fines bullettes de gaz, qui se réunissent à la partie supérieure du tube.
Décomprimé en 1“, ne présente aucun accident; les bruits du cœur sont normaux.
Expériexce DXL. — 23 octobre. Même animal, poussé à 4 atmosphères 1/2, et laissé 10“. Décomprimé en l“l/4, n’éprouve aucun accident immédiat ni consécutif.
Expériexce DXLI. — 25 octobre. Même animal, poussé à 5 atmosphères ; laissé 10“ et décomprimé en l“3/4. N’a encore aucun accident.
* A O atmosphères, le sang tiré dégageait du gaz dans la seringue.
EXPÉRIENCES
Expérience DXLII. — 51 octobre. Chien.
Poussé à 7 atmosphères 1/4. Décomprimé en 1“ 1/4. Sorti à 2*» 7“, sans accidents immédiats.
A 2^^ 15“, est trouvé faible, titubant, a vomi plusieurs fois. A 2** 55“, on entend au cœur d’énormes gargouillements, et l’animal meurt subitement.
Gaz dans le cœur droit et tout le système veineux, même la veine porte. Rien au cœur gauche.
Expérience DXLllI. — 31 octobre. Chien.
Placé à côté du précédent ; n’a aucun accident immédiat. Mais à 2'“ 15“' est trouvé couché sur le flanc, sans mouyements; la respiration est gênée, sifflante, comme si l’animal allait bientôt mourir. 11 y a des gargouillements au cœur.
On lui fait respirer de l’oxygène (voir la suite, expér. DLXXXIX). 11 meurt dans la nuit.
Expérience DXLIV. — 12 novembre. Chien.
Poussé à 7 atmosphères 1/4. Décomprimé en 2 minutes.
Meurt en 25“ environ. Gaz libre dans toutes les petites veines; cœur droit plein de mousse; bulles moins nombreuses dans le cœur gauche.
Expérience DXLV. — 12 novembre. Chien.
Placé à côté du précédent. Est pris d’accidents de paralysie et meurt au bout de environ, après qu’on lui a fait respirer de l’oxygène. (Voir expér. DXC.)
Expérience DXLVI. — 15 novembre. CJiien.
Poussé à 6 atmosphères 1/2 ; décomprimé en 4“ 1/2.
Aucun accident ; [pas de gaz dans le sang de la veine jugulaire, que j’examine au microscope pour plus de sûreté.
Expérience DXLYll. — 25 novembre. Chienne.
Poussée de 2*^ 25“ à S’* à 7 atmosphères 1/2.
Décomprimée en 2“ 1/2 à 5*^ 14“.
A 5^ 23“, se paralyse du train postérieur, puis tombe ; en quelques minutes, la respiration s’arrête, le cœur ne battant pas plus de 20 fois à la minute ; on y entend de très-gros gargouillements ; œil insensible, pupilles dilatées.
On fait respirer de l’oxygène, mais l’animal meurt à 3^ 35“. (Voir expér. DXCl.)
Expérience DXLVlll. — 27 novembre. Chien caniche très-petit.
Monté à 7 atmosphères de 3*^ à 5** 53“ .
Décomprimé en 2“ 1/4.
Sorti de l’appareil, paraît gai pendant quelques minutes, puis, à4''10“.
commence à boiter, se paralyse du tram postérieur, et soudain, tombe sur le flanc. Le cœur fait entendre de très-forts gargouillements.
On fait respirer de l’oxygène, mais l’animal meurt à 4** 27™. (Voir expér. DXCII.)
Expériexce DXLIX. — 6 décembre. Chien, poil ras, très-vif.
Mis sous pression de 2^^ 50“ à 4^ 20“ et porté à 7 atmosphères 1/2.
A 3^ 20“, décompression en 2“.
Sort de l’appareil. Au bout de 10 à 15“ , se paralyse du train postérieur, et paraît fort mal en point avec peut-être quelques gargouillements au cœur{?). Puis se remet un peu, sans pouvoir cependant se tenir sur ses pattes postérieures, où la sensibilité est conservée.
7 décembre. Est toujours paraplégique et se tient à peine sur ses pattes antérieures. Mouvements réflexes, sensibilité réflexe aux membres postérieurs, qui sont plus chauds que ceux de devant.
11 décembre. Eschare à l’épaule gauche, sur laquelle il est couché; odeur urineuse ; hyperesthésie des pattes antérieures ; mourant.
Expérience DL. — 6 décembre. Chien épagneul, placé à côté de l’animal précédent.
Est resté dans l’appareil d’où on le tire paraplégique, avec de trèsforts gargouillements au cœur. On lui fait respirer de l’oxygène. (Voir la suite de son histoire, expér. DXCIII.)
Expérience DLL — 22 décembre. Chien.
Porté à 8 atmosphères 1/2. Décomprimé en 2“ 1/2.
Retiré de l’appareil, est flasque déjà, et meurt en 5 ou 6“.
Air en grande quantité dans le cœur droit et les veines. Quelques bulles dans le cœur gauche. On trouve du gaz en abondance dans tous les vaisseaux de la région inférieure de la moelle épinière.
Expérience DLII. — 16 janvier. Chienne pesant 6^,5, en mauvais état général.
Portée à 7 atmosphères 1/2, puis décomprimée brusquement.
Aucun accident immédiat ni consécutif.
Expérience DLllI. — 25 janvier. Même animal.
Portée de môme à 7 atmosphères 1/2 et décomprimée brusquement.
Environ 10“ après, se mord le train postérieur, comme si elle y éprouvait des douleurs vives ; elle paraît ensuite avoir quelques troubles de la locomotion, qui disparaissent rapidement.
Expérience DLIV. — 25 janvier. Même animal.
Portée à 8 atmosphères, et décomprimée brusquement.
Aucun effet apparent.
Expérience DLY. — 29 janvier. Même animal.
Portée à 8 atmosphères 1/2, décomprimée brusquement.
Éprouve un peu d’irrégularité et de gêne du train postérieur, mais
EXPÉRIEÎfCES.
paraît fort gaie, sans aucune anxiété ; pas de gargouillements au cœur ; on ne voit pas de gaz dans la jugulaire qui est mise à nu.
Expériexce DLYL — dl février. Même animal.
Comprimée à 8 atmosphères et laissée 5“ sous pression, puis décomprimée en 5“ juste.
A la cinquième minute, après le commencement de la décompression, on prend du sang à la carotide, sans y trouver de gaz.
A la dixième minute, on tire du sang du cœur droit avec une sonde : il n’y a pas de gaz non plus.
Aucun accident.
Expérience DLVIl. — 12 février. Chien maladif, très-maigre, pesant 8 kilogrammes.
De 50“ à o*» 52“, poussé à 8 atmosphères ; décomprimé en 5“.
Mis à terre, ne paraît nullement anxieux, et marche.
AS** 42“, le train postérieur devient raide et immobile.
A 5** 5o“, le train antérieur se prend à son tour ; grande angoisse respiratoire.
Meurt à 6** o“. Air dans les veines.
Expérience DLVIII. — 27 février. Chien caniche pesant 7 kilogrammes.
Mis à 8** du matin dans l’appareil, à 9** 1/2 est à 10 atmosphères; on arrête la pompe.
A 10**, la pression n’est plus que de 9 5/4.
A 10** 1/2, je regarde l’animal : il est bien portant, et vient placer son nez sur le hublot de verre : la pression est à 9 1/2.
Je rentre dans le laboratoire, et immédiatement une explosion violente se fait entendre. Le hublot a éclaté et ses fragments ont eu assez de force pour couper, à un mètre de distance, une conduite d’eau en plomb ; l’appareil aété soulevé, arraché de ses supports par le recul, et culbuté.
Je retire l’animal avec grand’peine, car il est devenu cylindrique, et passe difficilement par la porte. Emphysème général sous-cutané, intra et sous-musculaire. J’ouvre le ventre : le gaz qui le distend s’en échappe en sifflant.
Le cœur droit est plein de gaz, ainsi que toutes les veines, l’artère pulmonaire et les veines pulmonaires. Mais il n’y en a ni dans l’oreillette gauche ni dans l’aorte. On trouve du gaz dans la chambre antérieure de l’œil, dans le liquide céphalo-rachidien. Les fibres nerveuses de la moelle épinière sont dissociées par des bulles de gaz qui ne sont pas dans les vaisseaux.
Il n’y a pas d’hémorrhagie dans le cerveau ni la moelle; les poumons sont peu congestionnés : pas de sang dans la trachée.
J’extrais 50“ de gaz du cœur droit (où il y en a beaucoup plus) en prenant toutes les précautions pour empêcher l’accès de l’air. Ce gaz contient pour 100 parties : Ox 1,9 ; CO® 15,1 ; Az 85,0.
Expérience DLIX. — 6 mai. Chien pesant 11 kilogrammes.
De 1** à 1** 58®, comprimé à 7 atmosphères 1/2.
J’entretiens le courant d’air sous pression jusqu’à 7*^, où je fais la décompression en 5®.
En sortant de l’appareil, l’animal tituhe, puis s’arrête, tombe et meurt.
11 y a dés bulles d'air en abondance dans le cœur droit et les veines, des bullettes fines dans le cœur gauche.
Pas de gaz dans le tissu cellulaire sous-cutané, excepté dans les creux des aisselles ; on en trouve aussi en bulles fines dans le tissu de l’épiploon.
Les intestins ne paraissent pas plus gonflés que dans les conditions ordinaires.
Expérience DLX. — 3 juin. Chienne des expériences DLII à DLVl. Bien nourrie, est devenue grasse et fort bien portante.
De 311 5“ à 4*^ 5®, est rnontée à 8 atmosphères, et décomprimée aussitôt en 1® 43.
Sortie de l’appareil, court partout, gaie en apparence, et remuant la queue.
Mais après 3 ou 4®, pousse de lamentables cris et essaye de se mordre le train postérieur, qui commence à se paralyser.
L’auscultation du cœur fait entendre de notables gargouillements à droite, mais non à gauche.
Deux ou trois minutes plus tard, les cris cessent, la paralysie est com plète, sensibilité et mouvement.
Elle va croissant, envahit le corps tout entier, avec des raideurs aux pattes, au cou. La respiration, depuis longtemps diaphragmatique seulement, devient très-difficile ; le cœur se ralentit et l’animal meurt vers 4“ 1/2.
Je trouve du gaz dans le système veineux général et la veine porte, mais non dans les artères.
11 y a de l’emphysème dans le tissu sous-cutané des aisselles ; on voit de petites bulles innombrables dans le tissu graisseux sous les muscles du thorax, et dans le pannicule sous-aponévrotique tout le long du dos, dans l’épiploon, le médiastin, le sillon du cœur, le tissu graisseux du canal médullaire.
Index d’air dans les vaisseaux de la pie-mère médullaire et cérébrale : rien dans la toile choroïdienne ni le liquide céphalo-rachidien.
Pas de sang épanché au cerveau ; piqueté un peu gros à la moelle épinière. Poumons sains, sans congestion ni emphysème; congestion de la rate; petites apoplexies du grand épiploon.
Expérience DLXI. — 21 juillet. Chien pesant 6‘',3.
De 2^ 30® à 4**, porté à 8 atmosphères.
A 4*“ 10®, décomprimé en 1® 1/4.
EXPÉRIENCES
Meurt à 4^ 22™^ avec de l’air en quantité dans tout le système veineux; bulles fines au cœur gauche.
Poumons injectés, œdématiés.
Expériesce DLXll. — 24 mai. Gros chien épagneul.
(Expérience faite devant la Commission de l’Académie des sciences.)
On pousse la compression à 8 atmosphères 1/2, pour décomprimer en 2”.
Le chien paraît gai et court en remuant la queue. Après quelques minutes, il s’assied et devient triste. Quelques minutes ensuite, il fléchit sur le train antérieur et tombe à terre.
On entend des gargouillements au cœur droit.
L’animal paraît souffrir beaucoup et mord violemment tout ce qu’on lui présente. Il ne tardepas à mourir.
Gaz en bulles fines dans tout le système veineux ; rien aux artères.
Expérience DLXIII. — 4 juin. Jeune chien bien portant, pesant 4500 grammes.
On met à nu la veine jugulaire, sans l’ouvrir ; l’animal, attaché sur la gouttière, est porté dans l’appareil à compression, où on l’amène rapidement à 6 atmosphères, pression qu’on entretient sous courant d’air pendant 5^ 1/2. Il crie beaucoup.
Décompression en 20®. L’animal est retiré du cylindre et détaché. Paralysie complète du mouvement et de la sensibilité aux quatre membres ; pouls rapide, respiration accélérée ; pas de cris.
Remis aussitôt sur la table d’expériences, on recueille par le bout périphérique de la jugulaire 50*^® de sang, où l’on ne voit pas de gaz, et qu’on injecte lentement sous l’eau : aucune bulle de gaz. Une sonde est introduite dans l’oreillette droite ; on relire et traite de même SO®^ de sang; pas de bulles.
Le chien est pris de diarrhées et de miction involontaire.
11 meurt dans la nuit.
L’autopsie démontre la présence de grosses bulles de gaz dans le système veineux (veine cave, veine azygos, veines mésentériques). On en trouve beaucoup dans certains lobes du foie et dans les reins, un peu dans la moelle, pas trace dans le cerveau, les méninges ni les rimscles.
Expérience DLXIV. ■ — 12 juin. Jeune chien blanc de petite taille, trèsbien portant. — Placé dans le grand cylindre ; amené rapidement à 5 atmosphères et 1 /2 de pression. Maintenu sous cette pression avec courant d’air pendant 4*“.
L’animal paraît fort tranquille pendant tout ce temps.
Décomprimé en 20®.
Sorti de l’appareil, s’échappe en courant et l’on a la plus grande peine à le reprendre. La jugulaire et la veine fémorale droites étant mises à nu, on y voit défiler une longue série de bulles de gaz cpii vont en grossissant.
Après quelques minutes, ou tire à l’aide d’une seringue, du bout péri-
CHASGEMEKTS BRÜSQÜES DE PRESSION. 953
phérique de la jugulaire, une certaine quantité de sang que l’on injecte doucement sous de l’eau : on voit de suite de noinbreuses bulles se dégager à la surface.
Le chien, gardé en observation pendant plusieurs jours, ne présente aucun accident consécutif.
Je résume, dans le tableau suivant, les résultats principaux fournis par les expériences qu’on vient de lir§. Je les ai classées ici en suivant l’ordre croissant des pressions.
J’ai compris dans ce tableau les résultats des expériences où j’ai tenté de sauver les animaux, soit en les comprimant à nouveau, soit en leur faisant respirer de l’oxygène. (Voir sous-chapitre IV, p. 874 et suivantes.)
TABLEAU XVlII.