‹ La pression barométriqueChapitre 152 sur 191 · DLXI · texte numérisé non relu

DLXI

10 min.

1 min. 1/4

ÉTAT DE L’AMMAL

Paraplégie; recompr. et décompr. lentement; meurt le lendemain. On ne trouve pas de gaz dans le sang. Petites taches hémorrhag. dans la moelle épinière.

Paralysé, énormément de gaz- au cœur ; va mourir. On fait respirer oxygène; la respiration revient ; accident; mort.

Paralysé, respire oxygène; meurt.

Paralysé, meurt après 2S min. Gaz au cœur.

Paralysé, respire oxygène, respirations reviennent, gargouillements disparaissent. Reste parai., meurt; pas d’air daiis les vaisseaux.

Meurt en 25 min. Gaz cœur droit et gauche.

Paralysé, va mourir; respire oxyg.; va mieux, gargouillements disparus ; remue, s’agite. Meurt après 1 heure 1/2 ; pas de gaz dans les vaisseaux.

Dn peu malade, se remet, un peu paraplégique.

Paralysé; gargouillements. Oxygène. Les gaz disparaissent, l’animal survit, paraplégique ; mourant le troisième jour.

Pas d’accidents.

Resp. oxyg. La paralysie qui commençait rétrograde ; mais retombe et reste paralysé plusieurs jours.

Meurt rapidement. Gaz dans le cœur droit.

Meurt en un quart d’heure. Gaz dans les veines.

Resp. oxyg. Paraplégie, pas de gaz au cœur; va mieux; meurt dans la nuit.

Meurt rapidement. Air partout.

-Animal de l’expér. DLII. — Quelques légers troubles locomoteurs et sensitifs.

Même animal. — Rien.

Même animal. Rien. Pas de gaz dans le sang.

Même animal. — Quelques légers troubles locomoteur. Pas de gaz dans le sang.

Mort rapide (25 min.). Pas de gaz au cœur ; gaz dans toutes les petites veines, dans la veine porte, dans les vaisseaux du bulbe ; 550“' de gaz dans l’estomac.

Sang tiré à 5 atm. donnait déjà des gaz libres. Mort après quelques resp. Gaz partout. Elle ést pleine ; gaz dans le sang des fœtus, dans l’allantoïde; placenta déchiré.

Extract. 34 cent. cub. de gaz dans cœur droit (CO^ 20,8; — Az 79,2 ; — O traces) . — Gaz dans les vaisseaux de la pie-mère. .

Mort instantanée. Énorme emphysème sous-cutané, sous-musculah’e. — Gaz dans le ventre, dans l’épiploon, dans la chambre antérieure de l’œil, dans le liquide céphalo-rachidien, dans la .moelle. Pas d’hémorrhagie, moelle, cerveau, poumons. Pas de gaz dans cœur gauche. Cœur droit tout gazeux (C02 45,2 ; — Az 82,8 ; — 0 2,0).

Mort rapide ; emphysème sous-cutané. Gaz dans tout le sang.

Animal des expér. DLIl à DLVI. Meurt. Gaz dans système veineux ; emphysème sous-cutan.

Meurt. Gaz dans les veines.

Meurt en 12 min. Gaz dans les veines et le cœur gauche.

EXPÉRIENCES

§ 2. — Décompression lente ou en plusieurs temps.

Les faits qui précèdent suffiraient amplement pour me permettre de tracer une histoire assez complète des phénomènes curieux dus à la décompression brusque, et d’en fournir l’explication. Cependant, la variété dans les détails est telle qu’il me paraît avantageux de rapporter encore un certain nombre d’expériences du même ordre, mais où la décompression a été faite d’une manière plus ménagée, précisément en vue de rechercher les précautions qu’il faudrait prendre pour la rendre inoffensive.

Voici ces expériences : '

Expérience DLXV. 20 juin. Cochon d’Inde. De 2** 45“ à 5** 50“ amené à

10 atmosphères; j’établis un courant d’air sous pression.

A 4^ 4“, ouvert en grand le robinet; en 1“, la pression tombe à 5 atmosphères ; je maintiens alors une ouverture légère du robinet ; la pression est équilibrée à 4"^ 30“.

Ouvert l’appareil : le cochon d’Inde paraît en bon état ; mais à 40“,

11 s’agite, se roule, se paralyse d’une manière ascendante, la respiration se trouble et cesse à 4^^ 45“.

Gaz en abondance dans le cœur droit, dans les veines des membres et les artères. Pas de gaz dans le cœur gauche, les veines pulmonaires et coronaires, le système porte.

Pas de distension gazeuse de l’estomac et des intestins.

Expérience DLXVI. — 20 juin. Chat, placé à côté du cochon d’Inde de l’expérience précédente.

Poussé à 10 atmosphères. Amené en 1“ à 5 atmosphères, puis en 25“ à la pression normale.

Aucun accident immédiat ni consécutif.

Expérience DLXVn. — 29 juin. Chat et lapin amenés en 1^ 1/2 à 10 atmosphères. Pression maintenue sous courant d’air pendant 5'^.

Décompression en 2**.

Sortent tout mouillés, tremblants (le chat tremblait dans l’appareil, dans l’air comprimé), ils n’ont pas crié ; aucune paralysie ; se remettent rapidement, et survivent.

La température du chat était tombée de 39", 5 à 34", 3 ; celle du lapin, de 39", 6 à 36®, 7.

Expérience DLXVin. — 2 juillet. Lapin de l’expér. DXX. De 2^» 50“ à 3** 55“, monté à 10 atmosphères; courant d’air pendant 30“.

On commence à décomprimer à 4** 27“ ; la décompression est faite

avec une lenteur calculée, montre en main, à raison d’à peu près 2“ par atmosphère ; elle est terminée à 47“.

Le lapin ne paraît rien avoir. Est pris cependant de paraplégie vers d’*, avec conservation de la sensibilité ; vit encore à 50“ ; est trouvé mort le lendemain.

Expériesce DLXIX. — 2 juillet. Chat blanc placé à côté du lapin de l’expérience précédente.

Poussé à 10 atmosphères, décomprimé régulièrement en 20“.

Le chat blanc crie, respire difficilement; au bout de quelques secondes, paraît entrer en fureur, se mord, mord le chat gris de l’expérience suivante étendu près de lui. A des tremblements convnlsifs ; ses pupilles sont très-dilatées. Meurt en 5“. Je tire avec de grandes précautions du gaz du cœur droit; les 25'=®,8 de gaz- que j’obtiens ainsi contiennent 15,9 pour 100 de CO®, le reste en azote, sans trace d’oxygène.

Gaz dans tout l’appareil circulatoire : veines, artères, système porte, vaisseaux intérieurs de la moelle. Celle-ci est très-dure et ne présente aucunè trace de déchirure.

Expériexce DLXX. — 2 juillet. Chat gris, placé à côté des animaux des deux expériences précédentes.

Est mourant au moment où on le retire, et meurt aussitôt après.

Je tire de son cœur droit 55®®, 1 de gaz, qui contiennent 17 pour 100 de CO®.

Mêmes résultats d’autopsie qu’à l’expérience précédente.

Expérience DLXXI. — 10 jnillet. ^Chien de l’expérience DXXIX.

De 2** 40“ à 5*^ 40“, porté à 10 atmosphères. Aux approches de 10 atmo- ■ sphères, a des espèces de convulsions.

Sous pression, pendant 50“.

Décomprimé de 10 à 6 atmosphères en 1“; puis de 6 à 1 enl*". Mêmes convulsions pendant la décompression.

A sa sortie de l’appareil, ne peut se soutenir sur le train postérieur ; hurle et gémit ; se couche sur le côté ; tremblement et forte extension des pattes de devant à chaque inspiration. Pattes de derrière fléchies, immobiles, mais sensibles.

Vers 5** 50“ se relève, marche un peu, lentement, puis se recouche étant encore très-faible du train de derrière.

11 juillet; va bien.

Expérience DLXXll. — 25 juillet. Chien de l’expérience CLXXXIl (voir p. 658).

5^ 8“, chien poussé à 10 atmosphères; à 5*^ 15“, ramené en 2“ à 6 atmosphères ; à 5** 45“, ramené de même à 5 atmosphères; à 6^^ 55“, décomprimé en moins de 50“.

Aucnn accident immédiat ni consécutif.

Expérience DLXXllI. — 27 juillet. Chien de l’expérience CLXXXIII.

Poussé à 10 atmosphères, saigné de 145®®.

EIPÉMESCES.

Décomprimé à raison de 5“ par atmosphère, trés-réguiiérement.

L’opération est finie à 5** 45“.

Sorti à 6^, est paraplégique : patte droite presque insensible, gauche un peu sensible, queue sensible.

A : respiration anxieuse. Paralysie ascendante qui a envahi tout le corps; les côtes ne bougent plus : respiration purement diaphragmatique.

Trouvé mort le lendemain.

Expérience DLXXIV. — 7 août. Chienne poussée à 10 atmosphères, saignée de 128“ de sang (voir p. 659, expérience CLXXXV).

Je décomprime au moyen du robinet gradué ; en 20“, la pression baisse de 2 atmosphères 1/2 ; dans les 20“ suivantes, elle baisse de 1 atmosphère 1/4, et de 1 atmosphère o/4 dans les 16“ qui suivent; elle est alors de 4 atmosphères 1/2, et j’ouvre le gros robinet, qui l’équilibre en 3“.

Le tout est fini à 7^* 31“.

Retiré à 7** 40“, l’animal est complètement paralysé; on entend au cœur un bruit de gargouillement : 80 pulsations extrêmement irrégulières ; 80 à 100 respirations, se faisant encore un peu par les côtes; pas d’anxiété apparente ; mousse énorme à la gueule.

Meurt à 8^^.

Cœur gauche : sang noir avec un peu de gaz. Cœur droit : sang noir tout battu de fines bulles de gaz.

Gaz dans toutes les veines et les artères, excepté les veines du système porte, tandis que les artères mésentériques en sont pleines.

Mousse abondante dans l’estomac et l’intestin, mais non énorme et dangereuse par son volume. Écume dans les bronches : poumons sains, sans congestions ni apoplexies.

Expérience DLXXY. — 8 août. Chien poussé à 10 atmosphères, et saigné de 133“. (Voirp. 659, expérience CLXXXVL )

Décomprimé en 50“ ; très-régulièrement, c’est-à-dire environ 5“ par atmosphère.

L’équilibre est rétabli à 7** 30“ .

A 7^ 35“, on entend au cœur un bruit de gargouillement très-fort. L’animal, mis à terre, est paralysé du train postérieur et des côtes. Température rectale 39“.

8*1 30“, bruits de gargouillement très-fort à droite, beaucoup plus faible à gauche; paralysie progressive ; l’animal est intelhgent, et dresse la tête quand on l’appelle ; température rectale 56“.

9*1 30“, état encore plus grave ; température 35“ ; les yeux sont presque seuls mobiles. Toujours gargouillement fort à droite, faible à gauche.

Trouvé mort le lendemain.

Expérience DLXXVl. — 9 août. Chien.

Poussé de 8*i à 9*i 12“ à 10 atmosphères ; paraît avoir dans l’appareil une sorte d’agitation cQnvulsive.

Décomprimé trés-réguliérement en 30“*, soit 10*“ par atmosphère.

Sort à 10** 42*“, gai et bien portant.

A 10** 47*“, la patte antérieure gauche s’étend, puis se paralyse du mouvement, mais reste sensible.

A 10** 50*“, l’animal tombe, la patte postérieure droite s’étend paralysée du mouvement.

10** 55*“, cette patte va mieux, mais la patte postérieure gauche se prend à son tour.

11**, tout le côté gauche est paralysé, mais sensible.

Expérience DLXXVII. — 25 octobre. Chien vigoureux placé librement dans le grand appareil. De 2** 30*“ à 4**, la pression est amenée à 10 atmosphères. Vers 3** 50*“, le chien, qui depuis qu’il est dans l’appareil ne fait que crier, est pris d’une attaque de 'convulsions toniques et cloniques qui dure une vingtaine de secondes. Après quoi il reste faible et titubant pendant quelques minutes.

A 4** 10“*, l’animal va bien; on décomprime en passant brusquement de 10 atmosphères à 8, de 8 à 6, de 6 à 4, de 4 à 2, de 2 à 1. A chaque stade, on s’arrête pendant 15“*. Le tout dure 1** 10*“.

Il ne se produit rien pendant la décompression. On ouvre le cylindre, et l’animal en sort librement. Mais après 2 ou 3“*, il pousse des cris de douleur. '

A 5** 45*“, il se couche ; le train postérieur est raide ; quand on le force à se tenir debout, il soulève la patte antérieure gauche, dont il paraît souffrir.

A 6** 15*“, il crie moins, mais est toujours dans le même état.

Va bien le lendemain.

Expérience DLXXVIII. — 28 octobre. Chien de l’expérience précédente, bien remis.

Porté à 10 atmosphères ; après 5*“, a une attaque convulsive.

Au bout de 15*“, on le décomprime, à raison de 8“* par atmosphère, très-régulièrement, soit 1** 12*“.

Ne présente aucun trouble ni immédiat ni consécutif.

Expérience DLXXIX. — 14 novembre. Chien.

Poussé à 9 atmosphères. Décomprimé en 1** environ.

En sortant de l’appareil, sa température rectale est de 20®. Il a de forts gargouillements au cœur et meurt rapidement.

Expérience DLXXX. — 27 juin. Chien pesant 19^,3.

De 1** à 2** est monté à 7 atmosphères 1/2, avec courant d’air. Une fuite se déclare; à 3**, la pression est de 6 atmosphères; à 6** 45*“, elle n’est plus que de 4 atm. 1/2, ipalgré le jeu continu de la pompe.

Décomprimé de t>** 45*“ à 7** 45*“.

Retiré, le gros chien est très-mouillé, froid, mourant ; il meurt après quelques respirations. On lui trouve des ecchymoses pulmonaires et du gaz partout dans le sang.

960 EXPÉRIENCES

Expérieîn-ce DLXXXI. — 27 juin. Deux petits chiens, tout jeunes, pesant environ l*=^,o.

Placés à côté de l’animal de l’expérience précédente.

Les petits chiens sont très-mouillés aussi ; mais ils ne présentent aucun accident immédiat ni consécutif.

Je résume, dans le tableau XIX, les faits relatifs à la décompression progressive et ménagée.

§ 5. — Résumé et conséquences des expériences précédentes.

Envisageons maintenant ces résultats expérimentaux dans leur ensemble.

Le premier fait qui frappe lorsqu’on examine le tableau XVIII, c’est que chez les oiseaux la décompression brusque est beaucoup moins à redouter que chez les mammifères. Un moineau, en effet (exp. DX), a survécu à la décompression à partir de 10 atmosphères, un autre (exp. DXIII) n’est mort qu’assez longtemps après une décompression de 14 atmosphères.

Au contraire, chez les mammifères, les accidents ont commencé à se manifester dès 6 atmosphères (exp. DXXX); la mort a frappé presque tous les animaux ramenés de 8 atmosphères, et tous ceux qui l’étaient de 9. Les chiens et les chats ont encore paru plus susceptibles que les lapins; les expériences DXX et DXXVI faites simultanément sur un chat qui a péri et un lapin qui a survécu, sont caractéristiques, réserve faite des différences individuelles.

Dans la même espèce, en effet, on remarque des différences qui sont fort importantes. Chez les chiens, par exemple, nous avons eu toujours des accidents graves, souvent la mort à 7 atmosphères, sauf les animaux des expériences DXLIX et DLII qui ont résisté à la décompression de 7 atmosphères 1/2, et celui de DLV qui a survécu même en sortant de 8 1/2. t .

Ce dernier animal est, à ce point de vue, tout particulièrement intéressant. Dans une série de décompressions brusques, partant de 7 1/2 atmosphères (exp. DLII et DLIII), puis

CHASGEMENTS BRDSQÜES DE PRESSION, 961

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