PROPHYLAXIE DE LA DECOMPRESSION BRUSQUE
en mettant plus de 1 h. 10 pour la décompression (expériences DLXXI, DLXXn, DLXXYII, DLXXVIII). Mais c’est le temps limite, puisque une heure, dans l’expérience DLXXIV, n’a pas empêché la mort. Je laisse de côté les expériences DLXXX et DLXXXI qui constituent une étrangeté encore inexplicable pour moi.
Je n’ai pas remarqué grandes différences entre les cas où la décompression était faite d’une manière continue, à raison, par atmosphère, de 8 minutes (exp. DLXXVIII), ou de 10 minutés (exp. DLXXVI), et celles où elle se faisaihpar sauts brusques, avec intervalles de repos (exp. DLXXII, DLXXVII). Du reste, les faits ne sont pas assez nombreux pour permettre de conclure à l’avantage de l’une ou de l’autre de ces méthodes.
Mais il reste acquis qu’en partant de 10 atmosphères, on ne peut être assuré qu’un chien sera hors de danger qu’en donnant à la décompression une durée d’au moins 12 minutes par atmosphère. Nous aurons à revenir sur ces faits dans la troisième partie de cet ouvrage.
Arrivons à la seconde question. La décompression a été faite trop brusquement. Des gaz se dégagent dans le sang, qui obstruent certains vaisseaux et menacent de mort l’ammal en expérience. Je devais évidemment songer à les faire redissoudre en soumettant l’animal à une compression nouvelle, quitte à le décomprimer avec une lenteur ménagée. C’est ce que j’ai fait dans les deux cas suivants :
Expérience DLXXXVII. — 18 octobre. Chien de l’expérience DXXXVIIl (v. p. 947).
Est paraplégique à la suite d’une décompression brusque partant de 7 atmosphères; la paraplégie a commencé à 3*^ 21“.
De 3*^ 25“ à 4*» o“, est porté à nouveau à la pression de 7 atmosphères, et y est maintenu jusqu’à 4*^ 12“. On décomprime alors lentement ; la pression normale est rétablie à 6^.
Au sortir, l’animal est toujours paralysé du train postérieur, ou, pour mieux dire, ses pattes de derrière, raides et contractées, n’obéissent plus à la volonté; la sensibilité y est conservée, et l’on obtient des mouvements réflexes au pincement, mais avec un notable retarda
Meurt dans la nuit.
976 EXPÉRIENCES
Expérience DLXXXVIII. — 16 octobre. Chien de l’expérience DXXXVII.
Paraplégique en raideur depuis 2*^, à la suite d’une décompression venant de 7 atmosphères. Récomprimé à 7 atmosphères de 2** 15“ à 3*“ 2“, puis décomprimé en une heure.
L’animal paraît en meilleur état et plus calme; mais il est toujours paraplégique, sans raideur ; la température des pattes postérieures est élevée.
Meurt le lendemain.
On ne trouve pas de gaz dans les vaisseaux; mais la moelle épinière présente, depuis le renflement lombaire jusqu’au milieu de la région dorsale, de petites taches hémorrhagiques disséminées dans les faisceaux antéro-laléraux. 11 n’y a pas de ramollissement.
Je n’ai pas multiplié ces expériences ; il est évident que la recompression s’effectuait ici trop lentement pour qu’il soit possible de tirer une conclusion quelconque de ces résultats. Je ne doute pas cependant de l’efficacité de cette méthode, à la condition de pouvoir obtenir une recompression très-rapide. On a vu, dans la partie historique, qu’elle était déjà employée par les ouvriers, et recommandée par les médecins qui les avaient soignés.
Les réflexions que j’ai déjà présentées à la page 967 m’avaient mis sur la voie d’une méthode toute différente, ayant pour but non de faire redissoudre les bulles de gaz libres dans le sang, mais de les forcer à s’échapper par la respiration.
Ces bulles sont composées, avons-nous dit, d’azote ; lorsqu’elles arrivent dans les capillaires pulmonaires, elles ne peuvent avoir grande tendance à se diffuser et à se mêler à l’air du poumon, pour cette raison que celui-ci aussi est composé pour les quatre cinquièmes d’azote. Cette réflexion faite, je devais penser qu’en faisant respirer à l’animal un gaz ne contenant pas d’azote, de l’oxygène pur, par exemple, la diffusion se ferait beaucoup plus vite, et serait peut-être même assez rapide pour faire disparaître tout le gaz du sang, et sauver l’animal. Je donne ici les résultats d’un certain nombre d’expériences faites par cette méthode :
Expérience DLXXXIX. — 51 octobre. Chien de l’expérience DXLIfl.
Décomprimé de 7 atmosphères 1/4, couché, fort malade depuis 2'* lo“, avec gargouillements au cœur.