‹ La pression barométriqueChapitre 156 sur 191 · PROPHYLAXIE DE LA DÉCOMPRESSION RRUSQDE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE DE LA DÉCOMPRESSION RRUSQDE

A 2^ 20“, on lui fait respirer d’une manière continue de l’oxygène pur.

A 2*“ 50“, le bruit du gargouillement a cessé, la respiration est plus libre, l’animal essaye de se relever à l’aide des pattes antérieures ; son œil n’est plus hagard,

A 4** 30“, on cesse la respiration d’oxygène. L’animal est tout à fait bien au point de vue de la respiration et du cœur. Mais il est toujours paralysé, ou du moins ne peut se tenir sur ses pattes, bien qu’il ait des mouvements spontanés des membres et de la tête.

Trouvé mort le lendemain. Pas de gaz au cœur ni dans les vaisseaux.

Expériexce DXG. — 12 novembre. Chien de l’expérience DXLV.

5h Décomprimé de 7 atmosphères 1/4, paralysé, avec fort gargouillement au cœur, et grandes difficultés respiratoires.

5** 20“. On commence la respiration d’oxygène pur.

3*^ 35“. Les respirations sont très-amples et fréquentes ; il n’y a plus de bruit de souffle au cœur. L’animal fait des mouvements généraux, et essaye d’enlever sa muselière avec ses pattes.

Les respirations se régularisent pendant un certain temps, puis elles diminuent d’intensité, et vers 4*^ 30“, il est manifeste que l’animal s’épuise et va mourir:

On l’ouvre à 4^ 45“, alors qu’il est près de mourir. Pas de gaz dans les veines ni dans le cœur.

Expériexce DXCl. — 25 novembre. Chienne de l’expérience DXLVII.

Décomprimée de 7 1/2 atmosphères, paralysée à 3^* 23“, gargouillements, insensibilité, etc.

3** 28. La respiration étant arrêtée, on est obligé de faire la respiration artificielle avec de l’oxygène. Au bout de 6 à 7 respirations artificielles, les mouvements spontanés reviennent, le cœur recommence à battre nettement, les gargouillements diminuent, la sensibilité disparaît.

Mais à ce moment l’oxygène se perd, et on ne peut continuer l’expérience ; l’animal meurt presque aussitôt après.

On trouve le cœur droit tout gonflé de sang, avec un peu de mousse seulement.

Expériexce DXGII. — 27 novembre. Chien de l’expérience DXLVIU.

Paralysé, gargouillements très-forts, décomprimé de 7 atmosphères.

Au moment où commencent les respirations d’oxygène, les gargouillements du cœur paraissent augmenter un peu, puis le cœur cesse presque complètement de battre ; graduellement il devient assez fort et fréquent. Mais le gaz ne cesse de revenir par le bout supérieur de la veine jugulaire mise à nu, et l’animal meurt après une demi-heure.

Sang très-rouge, et sans gaz au cœur gauche ; sang assez rouge avec bulles fines au cœur droit.

Expériexce DXCUl. — 6 décembre. Chien de l’expérience DL.

Décomprimé de 7 1/2 atmosphères à 3** 22“. Aussitôt paraplégique,

EXPÉRIENCES

pattes antérieures un peu raides, mais se retirant quand on les pince ; pattes postérieures raides et insensibles ; gargouillements très-forts.

Je lui fais respirer de l’oxygène et mets à nu sa veine jugulaire, qui est pleine de gaz.

Aussitôt les respirations se régularisent ; peu à peu les bulles de gaz deviennent moins grosses à la jugulaire, la sensibilité revient un peu aux pattes postérieures ; l’animal va évidemment mieux.

Vers 5**, les gaz ont complètement disparu de la jugulaire ; l’animal redresse la tête quand on l’appelle en sifflant. On continue la respiration d’oxygène jusqu’à 9’^ du soir.

10 décembre. — N’est plus complètement paralysé du train postérieur; peut se tenir debout et traîne les pattes sur le dos des doigts en marchant. Sensibilité exagérée aux membres postérieurs. Caractère devenu méchant.

11 décembre. — Couché, paralysé ; légers mouvements réflexes du train postérieur. Sensibilité très-exagérée dans les membres antérieurs. Temp. recf. 37“,9.

12 décembre. — Meurt.

Rien à noter aux viscères thoraciques et abdominaux.

Pas de ramollissement médullaire. Les coupes transversales de la moelle montrent dans la substance blanche et la substance grise un piqueté rouge qui va en diminuant de la région lombaire à la région cervicale.

Expérience DXCIY. — 11 décembre. Chien.

Comprimé à 8 atmosphères. Décomprimé très-lentement à 7 3/4. Puis en 3“, à la pression normale : 5*^ 15“.

On retire immédiatement l’animal et lui fait respirer de l’oxygène.

5h 25m^ I2Q pulsations ; sa température rectale, qui était avant l’expérience à 38®,5, est à 37°, 5. Respiration régulière ; on voit des bulles de gaz dans la jugulaire mise à nu.

51* 30“. Mis à terre un moment, est paraplégique.

0^ 50“. 90 pulsations ; il n’y a jamais eu de gargouillements au cœur ; on ne voit plus de gaz dans la jugulaire ; température 37°, 2.

6*^ 15“. On cesse la respiration d’oxygène; mis à terre; n’est plus paralysé, et traîne seulement un peu la patte postérieure gauche sur les orteils; les pattes de derrière semblent insensibles.

11 est entraîné par un mouvement de manège qui le fait tourner sur sa droite; la tête se courbe fortement à droite, les yeux se tournent de même. 11 a un fort nystagmus et des trépidations des muscles du cou. Quand il veut marcher, il prend maintes précautions, puis, au moindre obstacle, il tombe en tournant sur le flanc droit.

6^ 30“. Amélioration manifeste ; les pattes de derrière et la queue sensibles ; l’animal marche beaucoup mieux et paraît intelligent.

6*^ 43“. L’amélioration ne se soutient pas; l’animal traîne de nouveau la patte gauche.

12 décembre. — Plus pai’alysé que la veille, ne peut presque pas marcher, et tourne encore à droite.

DÉCOMPRESSION BRDSQÜE : PROPHYLAXIE. 979

L’excitation des pattes postérieures amène d’énergiques mouvements réflexes; mais le chien ne semble pas s’en apercevoir. Les pattes postérieures, surlout la gauche, sont plus chaudes que les autres.

14 décembre. — Toujours paraplégique, ne peut se soutenir même un instant.

18 décembre. — Même état; urine facilement ; mouvements réflexes énergiques.

Expériexce DXCV. — lo décembre. Chien.

Porté à 8 1/4 atmosphères; décomprimé en 5“. Aussitôt, à 5*^, respirations d’oxygène.

11 n’est pas paralysé ; mais après quelques minutes, la paraplégie commence et devient complète, avec mouvements réflexes persistants.

On n’entend à aucun moment des gargouillements au cœur, et la respiration s’opère assez bien.

4^^ oO"^. On cesse la respiration d’oxygène. L’animal ne peut se tenir sur les pattes postérieures. La respiration se fait bien, les battements du cœur sont purs.

6** 30“. Même état; sensibilité obtuse des pattes postérieures.

14 décembre. — Couché, ne peut se tenir sur les pattes postérieures, bien qu’il puisse les remuer spontanément, et qu’il y perçoive les piqûres.

Meurt dans la nuit du 14 au 15.

Les faits qui viennent d’être rapportés, et dont les résultats étaient déjà consignés au tableau XYIII, montrent qu’une de nos prévisions a été parfaitement réalisée. Sous l’influence de la respiration d’oxygène pur, les gaz contenus dans les veines et le cœur droit ont diminué, puis disparu ; les gargouillements cardiaques ne sont pas survenus lorsque la respiration d’oxygène était faite de bonne heure, ou ont cessé par son fait. Le danger d’une mort immédiate, par arrêt de la circulation pulmonaire, a donc été conjuré L

Mais cependant nous n’avons pu sauver nos animaux ; les paralysies ont persisté, et, malgré une amélioration immédiate réelle, ont fini par emporter les sujets en expérience.

C’est que la respiration d’oxygène n’a pu ramener dans le torrent circulatoire et faire disparaître les bulles de gaz arrêtées çà et là dans les capillaires du système nerveux central.

* Il résulte de ced que la respiration d’oxygène serait un moyen efficace de combattre les effets de l’introduction de l’air dans les veines. J’ai fait à ce point de vue un certain nombre d’expériences tout à fait encourageantes pour les chi^ ruipens.

EXPÈRIEÎsGES.

C’est qu’elle n’a pu, à plus forte raison encore, faire résorber les bulles qui, ainsi que nous l’avons vu, se dégagent dans l’épaisseur même des tissus.

Sur elles, la recompression seule peut avoir un effet utile. Mais, d’autre part, la recompression ne peut faire redissoudre une collection gazeuse un peu considérable ramassée dans le cœur droit.

Nous sommes donc amené à recommander l’emploi successif de la respiration d’oxygène, pour obtenir l’élimination de l’azote emmagasiné dans le cœur veineux, et de la recompression pour redissoudre les bulles arrêtées dans les capillaires ou disséminées dans les tissus.

Encore ne peut-on se flatter d’une guérison certaine, pour cette raison que les bulles de gaz, en repassant à l’état libre au sein de tissus délicats, comme ceux delà moelle épinière, peuvent y avoir occasionné des désordres, des dilacérations, dont leur disparition ne saurait suffire pour conjurer les funestes effets.

C’est donc aux moyens préventifs, c’est donc à la décompression lente que l’on devra s’attacher dans l’industrie, et c’est là un point sur lequel nous reviendrons dans notre troisième partie.

SOUS-CHAPITRE V

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