OBSERVATIONS SUR LES GAZ DU SANG
Les nombreuses analyses des gaz du sang que j’ai rapportées dans ce livre méritent de nous arrêter quelques instants, en dehors même des considérations relatives à la pression barométrique.
Je dirai tout d’abord que la haute température à laquelle je porte le sang dans la pompe à gaz, m’a permis d’e.xtraire beaucoup plus rapidement et beaucoup plus complètement les gaz du sang que n’avaient pu le faire mes devanciers. Sans doute, à 40°, sous l’influence du vide, on finit par obtenir à peu près tout l’oxygène et tout le CO^ contenus dans le sang ; mais il faut longtemps pour cela, les coups de pompe successifs n’amènent plus que de faibles quantités de gaz, il vient en même temps de la vapeur d’eau où l’acide carbonique se redissout lors de la condensation, et enfin, chose plus grave, une petite quantité d’oxygène peut être consommée pendant l’opération même. Au contraire, à la température de l’eau bouillante, tous les gaz sont immédiatement appelés par le vide, et il m’est arrivé quelquefois de les recueillir tous d’un seul coup de pompe.
Azote. — D’après les recherches de Fernet, 100 volumes
GAZ DU SAKG.
de sang, à 15“, sont capables de dissoudre 1,4 volumes d’azote. J’ai souvent trouvé des chiffres un peu supérieurs à celuici, ce qui n’a aucune signification, car il pouvait être resté quelques bulles d’air dans tout l’appareil; mais j’en ai aussi trouvé d’un peu inférieurs, et ceci est plus intéressant. En laissant de côté les causes possibles d’erreur, nous y trouvons cette présomption que le sang, en traversant les poumons, n’est point suffisamment agité avec l’air pour se saturer des gaz qu’il est apte à dissoudre.
Ceci devient une certitude quand nous envisageons les résultats des expériences sur les gaz du sang d’animaux placés dans l’air comprimé. Il s’en fout, en effet, de beaucoup que l’azote suive la loi de Dalton, puisqu’à 10 atmosphères, par exemple, je n’en ai trouvé au maximum que 11 vol. 4 {exp. CLXXXIII).
Je vais revenir dans un instant sur cette constatation importante.
Oxygène. — Les proportions d’oxygène que nous avons ■trouvées dans un même volume de sang, chez des animaux de même espèce et également bien portants, ont varié dans des limites dont l’étendue a lieu d’étonner.
J’en relève ici le tableau, tant pour l’acide carbonique que pour l’oxygène, en ne prenant, bien entendu, que les expériences faites sur des animaux qui respiraient l’air ordinaire, àla pression normale. J’ai placé entre crochets, et je ne comprends pas dans la moyenne des analyses, celles où les animaux étaient malades, ou respiraient dans des conditions anormales : les indications nécessaires sont inscrites dans la colonne des observations.
Ainsi, en éliminant les circonstances extraordinaires, les extrêmes ont été pour l’oxygène 24,0 (exp. DCLXYl) et 14,4 (exp. CCLXXX). 11 y a 8 analyses donnant de 14 à 16, 9 de 16 à 18, 29 de 18 à 20, 25 de 20 à 22, 9 de 22 à 24 ; la moyenne générale a été de 19,4. Mais on voit que j’ai eu raison de prendre assez souvent, dans le cours de ce livre, comme expression moyenne, la proportion de 20 volumes pour 100.
Ces variations peuvent être dues soit à la présence d’une