‹ La pression barométriqueChapitre 26 sur 191 · XI. Idem · texte numérisé non relu

XI. Idem

XII à XK. Rien, sinon d’insignifiantes douleurs musculaires. Cependant ont supporté la pression de quatre atmosphères un quart pendant trois mois.

XX. A sa première séance, décompression trop rapide. Quelques minutes après sa sortie du sas, offrait l’aspect d’un cadavre : face livide, froideur glaciale, yeux ternes, pupilles énormément dilatées, respiration anxieuse; en auscultant le cœur, on n’entend qu’un vague frémissement ; pouls insensible ; intelligence abolie ; urines involontaires ; vomissements noirâtres ; impuissance musculaire complète.

Bain chaud, couvertures, frictions. Après une demi-heure, le pouls commence à devenir perceptible, la respiration est plus ample, un peu de chaleur reparaît au tronc; le malade balbutie des mots sans suite. Pendant la nuit, à peine la chaleur est-elle rétablie, que des douleurs atroces éclatent dans les muscles ; vives douleurs de tête, cécité et surdité; pouls misérable, à 50.

Amélioration nette le surlendemain ; le malade voit confusément. Mais conserve une vue faible et des pupilles anormalement dilatéesi

XXL A sa première séance, décompression trop rapide. Vives douleurs musculaires persistant six joims.

XXll. A sa première séance, décompression trop rapide. Perte de connaissance, résolution des membres; respiration gênée, pouls plein, dur, 130 pulsations.

Saignée rouge, sinapismes; après quatre heures, la connaissance revient. Dans la nuit, crampes et douleurs musculaires d’une violence épouvantable.

Survit, mais avec un grand affaiblissement de la vue et une surdité profonde. (P. 265 à 275.)

Je citerai enfin l’accident arrivé à M. Pol lui-même, parce qu’il contient l’énoncé d’un phénomène des plus curieux, et sur l’importance duquel nous aurons à insister plus tard. La pression subie avait été de 3,48 atmosphères :

A 11. heures, il regagna sa demeure; il ressentait des douleurs vives dans le bras et l’épaule gauches ; les parois du thorax étaient aussi douloureuses. Il lui sembla qu’il existait de l’emphysème dans ces régions.... Vers minuit, il eut quelques frissons que des vomissements suivirent. Il prit une tasse de thé et s’endormit ; bientôt il survint une transpiration abondante. Le lendemain, il était dans son état ordinaire. (P. 250.)

En résumé, les accidents constatés, Zors de la décompression. sont les suivants :

Difficultés respiratoires, pouvant aller jusqu’à l’anxiété;

Accélération et dureté du pouls ;

Douleurs musculaires souvent très-vives : « aucun des effets de la décompression ne s’est montré aussi général ; unique dans beaucoup de cas, il est initial dans presque tous . C’est le premier et

le plus large anneau d’une chaîne qui comprend successivement, par rang ascendant de gravité et descendant de fréquence, la contraction non permanente ou clonique, la résolution et enfin la sidération » (P. 277.) ;

Accidents cérébraux, hébétude, perte de la sensibilité et de la conscience, coma. Surdité, cécité, très-souvent permanentes;

Enfin, mort subite.

La lecture des observations relevées, ci-dessus montré quelle variété de forme et d’intensité présentent les accidents^ même pour des pressions égales, chez les individus différents, et parfois chez le même individu.

MM. Pol et Watelle ont rem-arqué que les jeunes hommes de 18 à 26 ans ont beaucoup mieux résisté que les hommes faits : sur les 25 réformés, 19 avaient plus de 40 ans et 5 plus de 30 ; l’autre avait 28 ans.

UISTORIQUE.

Ces accidents sont attribués exclusivement, par les médecins de Douchy, à des congestions pulmonaires, hépatiques, rénales ou cérébrales. Nous verrons au chapitre spécial consacré à l’énumération des explications théoriques, quelles sont celles qu’ont présentées de ces phénomènes pathologiques MM. Pol et Walelle.

J’ai tenu à analyser longuement leur important Mémoire, le premier en date pour l’étude des hautes pressions, non-seulement à cause des nombreuses observations pleines d’intérêt qui s’y trouvent rapportées, mais parce que des vérités d’une haute importance y sont mises pleinement en lumière :

1“ « La compression, jusqu’à 4 atmosphères un quart, n’est pas à craindre par elle-même; elle se supporte parfaitement et infiniment mieux qu’une raréfaction proportionnelle beaucoup moins considérable. » Le retour à la pression naturelle seul est à craindre; son danger est proportionnel à la fois à la valeur de la compression et à la rapidité de la décompression : il faut donc ralentir beaucoup celle-ci ;

2“ Dans l’air comprimé, le sang veineux devient rutilant. Cet effet persiste un peu après le retour à la pression normale ;

3“ On est « autorisé à espérer » qu’un moyen de soulagement certain et prompt serait de recomprimer immédiatement, pour décomprimer ensuite avec précaution ;

4“ Les chlorotiques ou anémiques, les* personnes qui respirent difficilement, pourront tirer un parti utile du séjour dans un air variablement comprimé.

Pendant les travaux de Douchy, une explosion survint, au moment où la pression totale était de 5,20 atmosphères. Elle fut l’objet d’un rapport de M. Comte S ingénieur en chef des mines. Huit hommes se trouvaient en ce moment dans l’appareil; quatre furent tués par écrasement ; deux autres, après avoir commencé à monter l’échelle pour sortir du cylindre, la lâchèrent, sans qu’on ait jamais pu savoir pourquoi ni comment; un septième ouvrier n’éprouva aucun accident; le huitième, envahi par l’eau, put également s’échapper. M. Comte fait à* son propos une hypothèse curieuse et étrange, intéressante parce qu’elle montre combien, en ces questions, les meilleurs esprits errent aisément :

Peut-être, dit-il, trouva-t-il secours pour remonter sur l’eau . dans la légèreté

* Rapport sur l'explosion d'un cylindre à air comprimé sur l'avaleresse n" 7 , située dans la concession de Rouchu'^ovA). — Ann des mines, 4'?érie, t. II, p. 121-148. 1847.

spécifique que lui communiquait l’air comprimé dont certaines parties de son corps étaient encore plus ou moins remplies. (P. 150.)

La nouvelle méthode se généralisa rapidement, h’autres puits furent creusés, et l’on observa des faits analogues à ceux qu’avaient signalés MM. Pol et Wattelle.

C’est ce qui arriva, par exemple, au rapport de Bouhy*, dans la mine de Strépy-Bracquegnies (Belgique) :

A Strépy-Bracquegnies, tous les ouvriers, un seul excepté, qui ont travaillé dans l’air comprimé à 3,70 atmosphères, et pendant quatre à cinq heures consécutives, ont été atteints, après leur sortie de l’appareil, de douleurs plus ou moins aiguës . Ces douleurs, dont le siège était principalement dans les arti¬

culations, telles que les genoux, les épaules, les plis des bras, se présentaient chez certains individus avec un degré d’acuité tel qu’ils restaient quelquefois plus de quarante-huit heures sans pouvoir goûter le sommeil .

On a remarqué que quelques ouvriers assez fortement attaqués, et qui étaient descendus pour travailler, se trouvaient débarrassés de toute douleur dès qu’ils étaient comprimés, mais qu’elles se faisaient sentir de nouveau quelque temps après leur sortie de l’appareil.

Outre ces effets, l’auteur signale encore des picotements incommodes sur toute la surface du corps et particulièrement aux extrémités.

Mais c’est surtout à la fondation des piles de pont que l’air comprimé est employé, et c’est dans ces conditions que des centaines d’ouvriers sont chaque année exposés à son action. Il n’est donc pas sans intérêt pour nous d’indiquer d’une manière rapide en quoi consiste, dans ce cas particulier, la mise en application delà méthode Triger.

La figure 6 nous permettra d’être très-bref dans nos explications ; c’est une figure demi-schématique que nous empruntons au mémoire plus loin analysé du D'' Foleÿ.

Un tube de fonte MM composé d’anneaux concentriques réunis par des boulons w, et terminé à sa partie inférieure par une chambre évasée ou « crinoline », est descendu dans le lit du fleuve à la place que devra occuper la pile de pont. Best coiffé à son extrémité supérieure par une pièce à 3 compartiments ; celui du milieu, F, communique constamment avec le tube de fonte ; une machine soufflante y envoie continuellement, par un tube G, de l’air suffisamment comprimé pour pouvoir chasser toute l’eau du cylindre de fonte, et sortir incessamment en bouillonnant tout autour; le fond s’asséche

* Creusement à travers les sables numvanis d'un puits de la mine de Strépy-Bracquegnics. — Ann. des irav. publ. de Belgique, t. VU, 1848; cité par Barella, p. 621.

HISTORIQUE

alors, comme il arrive au tube de verre dans lequel un enfant

souffle après l’avoir plongé dans l’eau.

Dans ces conditions, l’ouvrier qui vient à son travail, ouvre la porte d’une des chambres latérales, E, la referme derrière lui , et, par un robinet de communication avec la chambre centrale F, équilibre la pression de l’air où il est plongé avec celle de l’air du cylindre. Ceci fait, il ouvre aisément la porte intérieure jusque là fermée par la pression, et descend par une échelle jusqu’au fonds du puits.

Là , il travaille , remplit, avec les matériaux qu’il enlève, des seaux qu’on remonte et qu’on vide au dehors. Veut-il sortir? il se présente devant l’autre chambre latérale C où l’air est resté sous pression, y entre, referme la porte, et laisse, par un robinet qui communique avec le dehors, s’échapper l’excès d’air comprimé. Il peut alors aisément ou- Fig. 6 (empruntée à la thèse de M. Foieÿ). vrir la poi’te extérieure

schéma quitter l'appareil.

Au fur et à mesure que le travail avance, que l’excavation augmente, le tube de fonte s’enfonce par son propre poids et par celui de la maçonneiie nn

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dont on le charge ; on superpose alors de nouvelles rondelles de fonte, jusqu’à ce que la creusée soit finie ; il ne reste plus enfin qu’à remplir de maçonnerie tout le cylindre, et la pile est terminée.

C’est par cette méthode si simple, beaucoup plus compliquée, cependant, en pratique, que ne semble l’indiquer la description qui précède, qu’ont été construits, depuis 1851, un grand nombre de ponts.

La conception de cette application à la fondation des piles de pont de son système d’assèchement, appartient à M. Triger lui-même ^ Mais cette idée ne fut réalisée qu’en 1851 par l’ingénieur anglais Hughes, pour la construction du pont de Rochester, sur la Medway, dans le comté de Kent.

Un ingénieur d’origine française, Brunei, construisit par ce système le pont de Chepstow, sur la Wye (1849-1851) et de Saltash (1854-1859) ; pour ce dernier, la profondeur maximum atteinte fut 26“,68 au-dessous de la haute mer. A celui-ci seulement arriva un accident mortel ; un homme mourut en quittant le cylindre où il était resté fort peu de temps. Je n’ai pu, du reste, me procurer de renseignements détaillés sur ces faits.

En 1856, M. Cézanne* fut chargé d’établir un pont à Szegedin (Hongrie), pour permettre au chemin de fer autrichien du S. E. de traverser la Theiss, affluent du Danube.

11 employa le système des tubes à air comprimé. Les travaux de fouilles ont été « arrêtés à 20 mètres environ sous les hautes eaux, pour ne pas s’exposer à la pression de 3 atmosphères, au delà de laquelle le travail des hommes est très-pénible ». (P. 355.)

Un paragraphe spécial du mémoire de mon regretté collègue est consacré à l’étude des effets physiologiques de l’air comprimé :

Il y a trois phasesà distinguer : l’entrée, le séjour, la sortie.

Lorsqu’on ouvre le robinet d’entrée de l’air, on est immédiatement saisi aux oreilles par un bourdonnement violent accompagné de douleurs dont l’intensité varie avec les individus . .

Le séjour au fond dn tube, dans une pression de trois atmosphères, peut être prolongé pendant plusieurs heures sans inconvénients ; le timbre de la voix est un peu altéré, la respiration activée couune par une marche rapide ; une cigarette qu’on agite se consume en flambant; les bougies brûlent rapidement, mais avec une flamme fumeuse . . .

Le moment de la sortie, quoique peu douloureux pour la grande majorité des

Lettre à M. Ârago. — Comptes rendus de V Academie des sciences, t. XX; p. 445,

* Police sur le pont de la Theiss et sur les fondations tubulaireè. — Annales des ponts et chaussées, 1859, semestre, p. 534-382.

HISIORIQLE.

individus, est le plus dangereux pour les ouvriers . Le sang afflue quelquefois

dans le nez et dans la gorge; certaines personnes éprouvent des névralgies violentes, mais courtes; d’autres conservent pendant plusieurs jours des maux de tête et des douleurs de dents .

Les ouvriers qui travaillent habituellement dans les tubes ont mauvaise mine ; ils résistent cependant très-bien. (P. 369.)

Le 12 décembre 1859, il y eut une explosion de pile au pont de Bordeaux, d’où décompression instantanée ; sept des ouvriers qui y travaillaient n’ont éprouvé aucun accident. Deux furent tués , mais par des causes purement mécaniques.

M. P. Regnauld‘, qui rendit compte des travaux, ne dit pas sous quelle pression eut lieu cet événement, mais il résulte de son Mémoire que l’enfoncement du tube était alors certainement inférieur àl2“,90. (P. 82.)

On a bâti, en 1859, un pont sur le Nil, le pont de Kaffre-Azzyat : les piles furent creusées à 26 mètres au-dessous de l’eau. Cinq Arabes moururent des effets de la pression : un dans la cage même, en s’en allant, mais avant d’être sorti dehors ; la pression était de 36 livres anglaises par pouce carré®. Les autres se sentirent malades dans le cylindre et moururent pendant la décompression ; la pression était alors de plus de 30 livres. Le sang sortait par la bouche, le nez et les oreilles.

Le Mémoire de Babington et Cuthbert®, auquel j’emprunte les faits précédents, est spécialement consacré à l’étude médicale des accidents observés pendant la fondation du pont de Londonderry , en octobre 1861.

La profondeur atteinte a été de 75 pieds au-dessous du niveau de l’eau :

La pression supportée par les ouvriers fut, au maximum, de 43 livres par pouce carré, en tout. Us souffraient de douleurs d’oreilles, de maux de tête, de douleurs dans les jambes, de saignements de nez, de malaises généraux. Ces symptômes augmentaient beaucoup quand les robinets étant ouverts tout grands, le changement de pression était trop rapide . Ces symptômes apparaissaient d’abord

en entrant dans l’air comprimé; mais ils étaient beaucoup plus forts quand on passait des cylindres dans l’air libre : des accidents sérieux, mortels même, sont alors arrivés.

Mémoire sur la construction du pont métallique sur la Garonne , à Bordeaux. — Ann. des ponts et chaussées, 1867, 2= semestre, p. 27-115.

2 Une atmosphère correspond à 15 livres par pouce carré.

® Paralysis caused by working under compressed air in sinking the Fondations of Londonderry New Bridge. — The Dublin quart, journal of medical sHence, t. XXXVI, p. 312-518, 1863.

FORTES PRESSIO>'S. — APPAREILS TRIGER.

Je reproduis, en les abrégeant, les six observations des auteurs ;

I. 5 octobre 1861. Homme de 28 ans, ayant travaillé quatre heures sous une pression de 25 livres; en sortant, tombe insensible. Froid et livide; insensibilité totale, paralysie faciale à droite; strabisme de l’œil droit ; pupilles presque immobiles ; 150 pulsations, petites et irrégulières; bruits du cœur à peine perceptibles; respirations très-irrégulières, de 24 à 44 par minute; inspiration brusque, expiration prolongée.

Saignée : sang noir, visqueux et poisseux . Mort vingt-quatre heures après la

sortie du cylindre.

il. Cas absolument semblable, survenu en même temps. Mort de même en vingtquatre heures.

in. 23 ans. Quand nous le Visitâmes, il était tout à fait abattu, mais avait sa connaissance, se plaignait de douleurs aux jambes et aux cuisses. Incapable de marcher, jambes et pieds froids et insensibles. Était assis les pieds dans le feu, si bien que plusieurs de ses orteils furent brûlés sans qu’il sentît la chaleur.

II n’était pas devenu de suite malade, et comme il avait souffert des jambes les jours précédents, il n'avait appelé le médecin que plusieurs heures après être sorti du cylindre.

Deux jours après était guéri, sauf ses brûlures.

lY. Cas semblable. Hémoptysie. Guérison.

V. 18 ans, le 5 octobre. Quatre heures sous la pression; tombe sans connaissance pendant qu’on décomprime . État demi-comateux, répond quand on

l’excite et retombe dans l’insensibilité. Les symptômes comateux passèrent en dix-huit heures; il était alors paralysé totalement depuis la quatrième côte. Rétention d’urine, perte de sensation et autres symptômes des maladies de la région médullaire cervicale.

Mourut à l’hôpital 162 jours après ; n’a jamais retrouvé la sensibilité ni le mouvement.

VI. 30 ans. Symptômes identiques ; seulement la paralysie ne commence qu’à la huitième vertèbre dorsale. Vécut trente jours.

Beaucoup d’autres cas de paralysies légères, de douleurs musculaires et autres affections nerveuses furent également observés.

Aucune autopsie n’a malheureusement pu être faite.

Nous verrons plus loin l’explication que les deux médecins anglais ont donnée de ces faits.

, En 1859, un travail de la plus haute importance, la fondation des piles du pont de Strasbourg à Kehl, fut exécuté à l’aide de l’air comprimé. Deux Mémoires intéressants , l’un plus spécialement pathologique, l’autre plus physiologique, nous ont rendu compte et des sensations éprouvées, et des phénomènes observés, et des accidents survenus. Le premier, par ordre de date, est celui du D'‘ François^ ; nous nous en occuperons d’abord. *

* Des effets de l’air comprimé sur les ouvriers travaillant dans les caissons servant de base aux piles du pont du grand Rhin, — Ann. d’hyg. publ. et de méd. lég., 1860, 2“ série, t. XIV, p. 289-319.

HISTORIQUE

L’auteur commence par décrire rapidement les appareils employés dans les travaux du pont. La durée du travail était de quatre heures, et les postes se succédaient après huit heures de repos. La pression totale s’est élevée à 3 atmosphères et demie. La décompression, d’après les règlements , devait durer de 6 à 8 minutes jusqu’à 2 atmosphères; de 12 à 15 minutes jusqu’à 3 atmosphères; mais l’imprudence des ouvriers a presque toujours empêché la stricte exécution de ce règlement.

Effets physiologiques. — Respiration allégée, moins fréquente; ampliation plus considérable de la poitrine , « ce qui s’explique de soi-même; » circulation exagérée pendant la compression , se ralentissant lors du retour à l’air libre; amaigrissement sensible, même chez les ouvriers qui n’ont pas souffert.

L’auteur insiste peu sur ces faits, et annonce qu’ils seront développés dans le travail de M. Bucquoy dont nous rendrons compte tout à l’heure.

Effets pathologiques. — Ce sont d’abord des otalgies et otites^ après lesquelles souvent l’ouïe reste très-dure.

Puis des douleurs dans les muscles ou les articulations ; il y en a eu 133 cas. Elles se dissipent au bout de quelques jours. Quelquefois, on constate un gonflement local assez manifeste, mais sans crépitation. Dans un des cas, le sein gauche d’un des ouvriers s’est gonflé subitement , de manière « à ressembler au sein bien conformé d’une femme » ; ce gonflement douloureux a cédé rapidement à l’application de quelques ventouses scarifiées, (P, 307 •) Dans un autre , le malade est resté incapable de se servir de sa jambe gauche.

M. François signale encore, comme fréquentes, les démangeaisons à la peau, les puces, comme les appellent les ouvriers; elles cédaient, dit-il, à des lotions d’eau fraîche.

Il explique, par des congestions vers le poumon, le cœur, le foie et la rate, quelques accidents assez obscurs, où se mêlent des suffocations, des palpitations, etc,; l’un des malades, sujet du reste à des hémoptysies, a succombé quelques mois après.

Enfin, la céphalalgie violente, la perte de connaissance, sont attribuées à une congestion cérébrale ; ces congestions ne commençaient qu’au bout d’un quart d’heure ou d’une demi-heure. Dans l’un des cas, l’ouvrier, sorti des caissons (3 atmosphères) sans rien éprouver qu’un picotement très-incommode par tout le corps, gagne d’un pas leste la citadelle ; arrivé là , il tombe comme foudroyé : saignées

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répétées, purgatifs, etc.; il se rétablit, sauf, pendant assez longtemps, une faiblesse notable des membres inférieurs.

Ceci amène à la description de quelques lésions fonctionnelles de la moelle épinière : rétention d’urine , violentes douleurs dans les membres, et, pour un malade, paraplégie persistante à gauche ; la pression était de 3 atmosphères.

Notons enfin que de légères hémorrhagies nasales et même pulmonaires ont été quelquefois signalées.

Je ne nite que pour mémoire un travail de M. Willemin‘, qui n’est qu’un simple compte rendu de celui de M. François, dont l’auteur semble accepter toutes les conclusions, car il ne s’occupe nullement des explications théoriques.

La thèse de M. Bucquoy® est au contraire un travail original et d’une véritable importance. Ses observations, comme je l’ai dit, ont été faites lors de la construction du pont de Kehl.

Nous trouvons, au début de son exposition, un renseignement dont nous verrons peut-être plus tard à tirer quelque profit, c’est que l’air des caissons où travaillaient les ouvriers, contenait en moyenne (six analyses à des époques différentes) 2,37 d’acide carbonique pour 100.

Arrivant à l’étude des phénomènes physiologiques, M. Bucquoy décrit d’abord les douleurs d’oreilles.

Relativement à la circulation, il donne le tableau suivant :

NOMBRE

OBSERVATIONS

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