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L’odorat, le goût et le toucher perdent de leur acuité

4. La pression négative à l’inspiration et la pression positive à l’expiration augmentent.

O. La convexité de l’abdomen diminue par la compression des gaz intestinaux.

6. Pour la même raison, le diaphragme et la base du poumon s’abaissent.

7. Le poumon, pendant l’inspiration comme pendant l’expiration, vient se placer devant le cœur.

8. D’où vient la diminution de l’impulsion cardiaque à la palpation et la faiblesse de ses bruits à l’auscultation.

9. La capacité vitale pulmonaire augmente. A 3/7 de compression, elle s’est agrandie en 1/2 heure, de 73'%40 en moyenne, et en 1 heure 1/2, del05“,27, c’est-à-dire 3,30 p. c. de leurs dimensions primitives.

10. Par le retour à la pression normale, l’augmentation de la capacité pulmonaire diminue, le poumon ne reprend pas exactement son volume primitif.

11. Des séjours répétés amènent chaque jour une augmentation de la capacité pulmonaire; plus au début qu’à la fin. Après 3 mois 1/2 de bains d’air ma capacité pulmonaire vitale était devenue 743“, c’est-à-dire augmentée d’un quart sans aucune perte du pouvoir contractile du poumon.

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12. L’habitude acquise par le diaphragme et le thorax persiste après la terminaison des expériences.

13. Ces augmentations n’ont pas seulement lieu pour les respirations ex¬

trêmes; elles se constatent dans la respiration régulière, et le diaphragme est là aussi plus bas qu’à l’état normal .

14. La respiration devient moins fréquente. Le nombre des mouvements diminue de 1 à 4 par minute. Cet effet se prolonge un peu lors du retour à l’air normal.

15, 16, 17, 18. Répètent pour la fréquence ce qui a été dit de 10 à 13 pour la profondeur.

19. L’inspiration est plus rapide, l’expiration plus lente; la première partie de cette dernière est assez brève, mais la seconde devient tellement lente qu’il semble y avoir une pause.

20. La proportion d’acide carbonique contenue dans l’air expiré augmente ; une respiration avec 3/7 "d’atmosphère en sus contient en moyenne 22,26 p. c. plus d’acide carbonique qu’à la pression normale.

21. Cette augmentation n’est donc pas en rapport exact avec celle de la capacité pulmonaire, qui est de 3,3 pour cent.

22. -Elle a lieu non-seulement pour les mouvements respiratoires forcés, mais dans la respiration tranquille.

25. En comparant cette augmentation d’acide carbonique avec la diminution de la fréquence respiratoire, on voit qu’il y a, en définitive, une plus grande quantité d’acide carbonique rendu et par suite d’oxygène absorbé.

24. De là vient qu’après une série de séjours dans l’air comprimé, le sang veineux paraît plus clair, la température du corps augmente (de 0°1 à 0‘’4), la force musculaire est plus grande, la faim se fait sentir, et, malgré une nourriture plus abondante, le poids du corps diminue par amaigrissement ; cependant, si la pression n’est pas trop forte et si l’on mange^beaucoup, on peut au contraire engraisser.

, 25. La fréquence du pouls diminue de 4 à 7 dans une minute ; cette diminution est encore plus marquée quand il y avait une accélération anormale.

26. Au retour dans l’air, le pouls reprend son rhythme normal.

27. Cependant, lorsque la fréquence du pouls était due à quelque difficulté respiratoire, un abaissement durable peut être la suite du traitement par l’air comprimé.

28. La diminution de la fréquence du pouls paraît être la suite de l’action purement mécanique de l’air comprimé ; la pression augmentée à la surface du corps augmente lès résistances que rencontrent les ondes sanguines passées par la systole du cœur ; celle-ci devient alors plus difficile, d’où résulte la diminution du nombre des pulsations.

29. La courbe du pouls radial subit des changements de formes; sa hauteur diminue, la ligne d’ascension est moins raide, plus oblique, le sommet plus arrondi, la ligne de descente perd sa forme ondulée et devient droite ou légèrement convexe. Il y a donc diminution des vaisseaux, et par suite, de la quantité de sang qu’ils contiennent, augmentation dans la résistance à la systole du cœur, et difficulté plus grande dans la circulation capillaire.

30. Par le retom à l’air normal, le tracé reprend peu à peu sa forme primitive.

51. Le pouls radial paraît changé au toucher; il devient petit, filiforme, presque insensible.

32-35. Relatives à une expérience qui sera rapportée dans le chapitre suivant.

54. L’action du cœur dans l’air comprimé n’est pas plus forte; maison ne sait si elle diminue, bien que ce soit Traisemblable.

55. La courbe sphygmographique se tient, pendant que la pression augmente, au-dessus de celle qu’on a obtenue'à l’air normal. 11 y a donc, dans cette phase, une augmentation dans la pression totale du sang, du moins à l’artère radiale.

36. Des expériences faites chez des animaux, sur la pression du sang dan s l’artère carotide, au moyen de l’hémodynamomètre n’ont donné aucun résultat. Il est vraisemblable que quand la pression de l’air est devenue constante, un nouveau degré d’équilibre est atteint, l’action du cœur devenue moins forte amène une diminutiondans le système ao rtique.

57, La diminution du calibre des vaisseaux de la conjonctive, de la rétine, de l’oreille des lapins, la décoloration de la pupille et de l’iris des lapins blancs, la pâleur des ouvriers qui travaillent dans l’air comprimé, prouvent directement le refoulement du sang de la périphérie vers le centre ;

38. De là viennent la diminution de la pression intra-oculaire, la contraction de la pupille, la moindre sensation du pouls dans l’oreille et la mâchoire, la membrane du tympan moins rouge, l’amélioration des érisypèdes, enfin l’affaissement des strumes scrofuleuses

39. Un manomètre placé dans la veine jugulaire a montré que la pression veineuse diminue dans l’air comprimé. (Vivenot n’a pas fait là-dessus d’expérience. U s’appuie sur une expérience de Panum qu’il trouve lui-même insuffisante et mal conduite. P. 414.)

On n’a pas fait d’expériences directes sur l’influence de l’air comprimé sur les systèmes veineux et lymphatique. Mais il est certain qu’elle ne peut être qu’excitante ; de plus, la pression négative, qui est augmentée, agit encore sur le cœur et les grands vaisseaux,

40. La température, dans l’aisselle, augmente pendant que l’on comprime l’air, elle arrive à son maximum avec la compression. Pendant le stade de pression constante, il y a aussi une augmentation de la température dans le rectum.

41 . Il résulte de nos expériences qu’une partie du sang est repoussé de la périphérie du corps; l’organisme dispose donc d’une quantité de sang qui doit affluer dans les organes plus profondément situés, comme le cerveau , la moelle, les muscles, le tube intestinal, le foie, la rate, les reins, l’utérus. De la ',l3iinent pour le cerveau la pesanteur de tête, la surdité légère, les bâillements ; pour l’appareil digestif, la faim, la température rectale augmentée ; pour les muscles, l’augmentation de la force musculaire, de la chaleur axillaire; pour les reins, la plus grande quantité d’urine. Ces symptômes complexes, dans lesquels intervient encore le froid extérieur, ne s'exercent que dans les limites physiologiques.

42. C’est pourquoi la compression de l’air n’apporte aucun trouble important dans la circulation du sang, alors même qu’elle est poussée à 4 atmosphères 1/2.

15. On n’en peut pas dire autant du stade de décompression qui cause, quand on va trop vite, des troubles gênants et même très-dangereux dans la distributiondu sang.

44. Le séjour dans l’air comprimé est donc moins dangereux que le retour à l’air libre, qui cause des congestions, des hémorrhagies, des douleurs et surtout des troubles d’équilibre de diverses sortes dans le système circulatoire, qui même, par le développement de gaz dans le sang, peut amener un arrêt de la circulation et par suite une mort subite.

HISTORIQUE

45. Le moyen à employer en présence de ces accidents est le retour rapide dans l’air comprimé. [Zur Kenntniss, etc. P. 489-495.)

La série des travaux de Vivenot fixa, sur les phénomènes curieux qu’il signalait le premier ou qu’il décrivait avec plus de précision que les auteurs précédents, l’attention des physiologistes et des médecins. Les publications se succédèrent rapidement.

C’est ainsi que Freud* observa une augmentation considérable dans sa capacité pulmonaire. Après 30 séances de bains, elle était passée de 3100“" à 3600'"*'; cet agrandissement persistait 5 mois t/2 plus tard. Il n’y avait plus que quatre respirations par minute.

Elsàsser*, qui fit ses recherches dans l’appareil de Gmelin, à Stuttgard, crut pouvoir résumer les observations de ses prédécesseurs et les siennes, relativement au rhythme respiratoire, dans les propositions suivantes :

1° La valeur totale des mouvements respiratoires dans un temps donné est diminuée... ; 2° La diminution porte en partie sur la fréquence, en partie sur l’amplitude des mouvements ; plus la fréquence se rapproche de la normale, moins profondes senties respirations ; si celles-ci sont très-rares, elles deviennent plu s profondes ; 3° Par des inspirations très-forfes, il entre dans les poumons une plus grande quantité d’air qu’à la pression normale. (P. 26.)

Du reste, son mémoire paraît n’être qu’une sorte de résumé des travaux antérieurs de Vivenot. Il est particulièrement consacré à la thérapeutique.

Mais au premier rang des auteurs qui, après Vivenot, s’occupèrent de ces questions, il faut citer le professeur Panum. Le travail du savant Danois est exclusivement d’ordre physiologique®. Nous aurons à lui donner une place importante dans le chapitre suivant ; ici, nous ne parlerons que des observations relatives aux phénomènes physico-mécaniques de la circulation et de la respiration.

Respiration. — Le premier phénomène dont il s’occupe est l’agrandissement de la cavité pulmonaire dans Pair comprimé :

La respiration est toujours plus profonde qu’à la pression normale. Cette action dure souvent pendant 24 heures et plus et augmente par la répétition des bains d’air. Chez une personne dont, à l’air normal, l’inspiration valait de 400 à 700"

* Erfahrungen über Anwendung der comprimirten Luft. — Wiener Med. Press, 1866.

° Zur Théorie der Lebensersckeimmgen in comprimirten Luft. — Stuttgard, 1S66.

3 Le mémoire de Panum parut d'abord en danois, en 1866. Je cite d’après la traduction allemande publiée par l’auteur lui-même : üntersuchungen über die physiologischen Wirkungen der comprimirten Luft. — Pflûger’s Ârchiv f. Physiologie; t. I, p. 125-165,

(en moyenne 480"), le premier bain de 35* de même l’avait fait passer de 650 à 800" (moyenne 750"); le second l’avait amené en moyenne à 900".

La fréquence des mouvements était tombée de 13-14,5 à 11,5 par minute.

Voici, du reste, un tableau qui exprime les modifications présentées par la respiration dans l’air normal et dans l’air comprimé, suivant différents rhythmes volontaires de la respiration :

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