‹ La pression barométriqueChapitre 41 sur 191 · B. — PHÉNOMÈNES DUS A LA DÉC05IPIÎESSI0N · texte numérisé non relu

B. — PHÉNOMÈNES DUS A LA DÉC05IPIÎESSI0N

Leur intensité dépend, comme nous l’avons dit, de deux facteurs auquels elle est proportionnelle : le degré de la pression atteinte, la rapidité de la décompression.

Jusqu’à 2 atmosphères, il ne paraît se manifester aucun accident chez les ouvriers. Au-dessus, apparaissent de plus en plus fréquemment des démangeaisons cutanées, des puces, qui finissent par occasionner des douleurs extrêmement vives ; elles sont beaucoup plus communes chez les ouvriers tubistes que chez les plongeurs. Puis surviennent des gonflements douloureux des muscles, particulièrement, selon la juste remarque de M. Foîeÿ, de ceux qui ont le plus travaillé pendant le séjour dans l’air comprimé; en même temps, des douleurs périarticulaires. Ce n’est qu’au-dessus de 5 alm. qu’arrivent les accidents vraiment graves : troubles sensoriaux, cécité, surdité, troubles de la locomotion et de la sensibilité générale, surtout paralysie des membres inférieurs, de la vessie, du rectum, et bien plus rarement des membres thoraciques; troubles cérébraux, perte de connaissance ; enfin, mort subite.

Ces accidents ne se manifestent que quelques minutes et parfois quelques heures après la sortie des caissons ou des scaphandres ; dans un cas observé par M. Gai, la paraplégie n’a débuté que vingtquatre heures après la décompression opérée. La durée de celle-ci est du reste très-variable; chez les plongeurs, elle se fait avec une rapidité que les bons conseils de M. Denayrouze n’ont pu modérer ; pour les tubistes, die a été au maximum de trois ou quatre minutes par atmosphère.

Les troubles légers, douleurs cutanées, musculaires, articulaires, disparaissent toujours dans un temps assez court. 11 en est ainsi souvent des accidents plusgraves, et même de la perte de connaissance. Mais trop fr équemment les paralysies des membres inférieurs sont persistantes, et nous avons rapporté des observations nombreuses qui font un lamentable tableau de ces malheureux dont presque toujours la mort vient, au bout d’un temps variable, terminer les souffrances. Dans aucun des faits que nous avons rapportés une paraplégie ayant duré plus de deux jours n’a été complètement guérie.

L’inégalité entre les divers individus au point de vue des effets

AIR COMPRIMÉ : RÉSUMÉ ET CRITIQUES, de la décompression est une des circonstances les plus singulières que nous ait révélées cette étude. Nous avons vu, par maints exemples, que, de plusieurs personnes soumises à la même pression et décomprimées en même temps, les unes restaient absolument indemnes, d’autres n’avaient que de légers accidents, tandis qu’une d’entre elles pouvait être frappée d’une manière redoutable. Il en arrive autant, dira-t-on, .dans bien d’autres circonstances, et une simple sortie de bal donne de semblables inégalités. Mais ce qui fait la singularité du cas présent, c’est qu’on a invoqué, pour expliquer ces accidents, et avec raison, nous le démontrerons, une cause purement physique, et que la physique devrait être égale pour tous. Mais l’inégalité n’existe pas seulement entre divers individus ; elle existe chez la même personne, suivant des circonstances mal déterminées. Il n’est pas rare de voir un ouvrier, épargné jusque-là, être frappé en quittant une pression identique, parfois même inférieure à celles dont il avait déjà impunément supporté la suppression. On a souvent invoqué, pour expliquer ces faits, l’excuse banale et facile d’excès alcooliques ou autres; mais parfois cette explication, qui n’en est pas une au point de vue physique, faisait complètement défaut. La seule circonstance sur laquelle les observateurs soient d’accord, c’est la durée du séjour dans l’air comprimé; plus celui-ci est long, plus à craindre seront les accidents, si bien que certains auteurs en sont arrivés à conclure qu’il faudrait multiplier les poses, c’est-à-dire les intervalles de travail dans les tubes, sans faire attention qu’on multiplierait ainsi les décompressions, occasions d’accidents.

Le précepte de décomprimer lentement a été, en dehors de toute idée théorique, accepté par tous les auteurs et proclamé par les ouvriers eux-mêmes, bien que, dans la pratique, le froid intense qui accompàgne la décompression pousse ceux-ci à se hâter. M. Foleÿ seul n’y paraît attacher aucune importance, et encourage au contraire à la décompression rapide (p. 595).

§ 2. — Explications théoriques.

Nous avons ici encore à séparer les symptômes observés pendant le séjour dans l’air comprimé d’avec les accidents de la décompression.

HISTORIQUE

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