‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 100 sur 160 · C. — 8« — — 8 litres · texte numérisé non relu

C. — 8« — — 8 litres

On renouvelle l'air tous les jours.

16 juin. — Les pousses de A sont très-belles et vigoureuses ; rien à B ni àC.

20 juin. — B : Quelques radicelles et des moisissures blacches ; C seulement des moisissures. Je ramène B et C à la pression normale ; les grains germent avec un retard dans les premiers jours pour celles de C.

Je crois inutile de rapporter un plus grand nombre d'expériences ; chacune de celles qui précèdent est, en réalité, multiple, à cause de la quantité de graines qui ont été semées ensemble. Les expériences suivantes en corroborent les résultats qui sont du reste, suffisamment nets.

Ils permettent de conclure, à n'en pas douter, que la germination se fait avec d'autant moins d'énergie et de rapidité que la pression est plus faible. J'appelle spécialement l'attention sur les résultats de l'expérience CCGL, auxquels le système des pesées a donné une précision particulière. Us montrent que, à la pression normale, chacun des brins d'orge poussés pesait plus de 8 milligrammes, tandis qu'à 50'' de pression ils n'en pesaient que 7, et à 25"" que 6.

De plus, il germe un nombre beaucoup moins grand de grains sous basse pression qu'à la pression normale. Il est assez difficile de comprendre la raison de cette inégalité, qui

s'est moDtrée manifestemeot â chaque expérience ; dans b même expérience CCCL. où les brios oat été comptés, oo eo

a trooTé 76 à la pression normale, 3«> à 50^. et :25 seolemeot

Il est donc d'ores et déjà bien évident que la germination doit se faire moins rapidement et moins sûrement, pour les graines analogues â Torge. sur les grandes hauteurs que dans la plaine, étant supposées égales toutes les conditions d'humidité, de température et d*état électrique de Tatmosphère.

Ici se pose maintenant la question que nous avons eu à résoudre en parlant des animaui. Est-ce â la dépression, en tant que condition physique, qu'est due la lenteur, puis Tarré( de la germination, ou bien faut-il attribuer ces phénomènes à la moindre tension de Toxygène de Tair? Tout ce quej*ai dit jusqu'ici m'autorisait â aftirmer l'exactitude de cette dernière hypothèse. J'ai voulu cependant la soumettre encore à un double contrôle expérimenlal, dans lequel, il est vrai, je me suis contenté d'un petit nombre d'expériences.

Il y a, en effet, comme nous l'avons vu, deux méthodes à employer. Nous pouvons étudier des germinations faites soos la pression barométrique normale, mais dans des milieux peu riches en oxygène. D est évident que si, dans ce cas, nous voyons que la germination se fait plus vite dans Tair que dans un milieu moins oxygéné c'est la pauvreté en oxygène qu'il faudra accuser.

Nous pouvons encore comparer avec des germinatioos faites dans l'air, à la pression normale, d'autres germinations faites à de fortes dépressions, mais dans des milieux suroiygénés, en telle sorte que la tension réelle de l'oxygène soil à peu près égale à celle que présente l'air dans les conditions barométriques ordinaires.

Voici d'abord une expérience faite suivant la première de ces méthodes :

Ex?éRiE5CE CCCLII. — 12 juillet. — Orge semé sur papier à filtre mouillé ; 20 grains dans chaque assiette.

A. Cloche de 13* ; laissé à Tair sous la pression normale.

B. — 20' ; je fais le vide, et laisse rentrer un air très-appauYrien

oxygène par l'inflammation du pliosphore. Le mélange contient ainsi 10 pour 100 d'oxygène.

On remarquera que la capacité des cloches varie en sens inverse de la quantité d* oxygène.

16 juillet. — Les pousses dans A sont plus fortes que dans B.

\S juillet. — Les pousses dans A (air) sont de i^"^ en moyenne; celles dans B (azote) de 10*^.

22 juillet. — A en moyenne 21« ; B en moyenne 19«.

Cette expérience montre bien nettement que, dans l'air pauvre en oxygène, malgré que la quantité totale en soit bien suffisante, la germination se fait moins vite que dans Tair ordinaire.

Je n'ai pas cru devoir insister sur cet ordre d'expériences^ parce que les anciennes recherches de Senebier, de Saussure, de Lefébure, etc., bien que manquant de précision au point de vue de l'analyse chimique du milieu aérien, déposent nettement dans le môme sens.

Voici maintenant des expériences faites par la deuxième méthode :

ExpÉRiEifCEs CCCLIU. — 9 octobre 1872. — Orge et cresson, seméa sur papier mouillé.

A. Air à la pression normale.

B. Air à 16*^ de pression.

C. On fait levide, puis on laisse renirer de l'oxygène, jusqu'au rétablisse* ment de la pression normale ; la même opération est alors recommencée; enfin on ramène cette atmosphère suroxygénée (dont malheureusement on a perdu réchantillon destiné à l'analyse) à la pression de i6<^.

12 octobre, quelques graines commencent à germer en A.

Le 14, la germination commence à C.

Le 16, les pousses sont un peu plus belles en A qu'en C

Le 19, quelques germes apparaissent en B; Â est toujours un peu en avance sur G.

25 octobre, en A, l'orge a 8*^, le cresson o« ; en C, l'orge a 7*, le cres^ son 5% mais ses germes sont un peu moins beaux qu'en A; B n'a qu'une pousse d'orge de 6*^ au plus, et le cresson n'a que 1*^,5.

ExphRitNCE CCCLIV. — i novembre. — Semis d'orge et de cresson sur papier mouillé (une vingtaine de graines).

A. Air à la pression normale,

B. Air à 15*^ dépression.

C. Oxygène à 71 pour 100, ramené à 20^ de pression^ ce qui corres-^ pond à 18 pour 100 sous la pression normale* ...

852 EIPÉIUC^CES.

7 novembre^ quelques germes apparaisseot à A. Le 8, quelques-uns à G.

Le 11, commencemeat de germinalion à B. 25 novembre, l'état est le suivant :

A. Les graines sont toutes poussées, les germes sont trèsHFerts ; le crssoa a environ 2«, Torge 12^.

B. Est remonté à 25' de pression : Cresson plus long, mais moins vert qu*à A. 5 grains d'orge seulement, aussi longs, mais plus minces d moins verts qu'à A.

G. Est remonté à 40« (par conséquent est moins oxygéné). Les pousses, fort nombreuses et fort belles, ressemblent tout à fait à A.

Ces expériences amènent aux mêmes conclusions que les précédentes. On voit, en effet, que les grains semés dans des atmosphères très-oxygénées ont poussé aussi vite que dans l'air à la pression normale, malgré la basse pression barométrique à laquelle ils étaient soumis. Celle-ci n'a donc nulle influence, lorsque la proportion centésimale de l'oxygène est suffisante pour que la tension réelle de ce gaz se maintienne à une valeur voisine de celle qu'il a dans l'air ordinaire el

Il est donc bien établi que le ralentissement de la germination, constaté dans toutes les expériences qui précèdent, lorsque la pression barométrique est très-faible, est dû à la faible tension de l'oxygène. Les graines ne respirent pas suffisamment, malgré qu'elles aient à leur disposition de trèsgrandes quantités d'oxygène en poids. Comme pour les globules sanguins, l'absorption de l'oxygène par les cellules végétales est en rapport avec la tension extérieure de ce gai.

Il était intéressant de chercher à quelle limite inférieure de pression se peut faire la germination. Les expériences qui précèdent montrent déjà qu'elle évolue encore, bien que fort lentement, à la pression de 15% pression beaucoup plus faible que celle de l'atmosphère au sommet de la plus élevée des montagnes, le mont Everest dans l'Himalaya.

Les expériences suivantes répondent à cette question :

ExP£RiE5CB CCCLV. — 14 décembre. Orge (une douzaine de graines) e( cresson sur papier mouillé. Cloches de 1*,5. A. Air : pression normale.

B. Air : 6^ de pression : la tension de Toxygène correspond à 76 : 6 = 2i : x = ifi pour 100 à la pression normale.

17 décembre, — A. Quelques graines de cresson ont fendu leurs enveloppes.

20 décembre. — A. Toutes les graines de cresson ont fendu leurs enveloppes ; quelques graines d'orge ont poussé leurs radicules.

B. 7« de pression ; rien n'a apparu.

M janvier, — A. Les graines de cresson ont germé ; les pousses d*orge atteignent 12«.

B. Deux grains d*orge ont poussé ; ils atteignent 6^.

Les graines de B, ayant été ramenées à la pression normale, poussent toutes, cresson et orge.

Expérience CCCLVI. — 11 mars. — Je sème sur papier à filtre mouillé^ 40 grains d'orge et du cresson.

A. A la pression normale.

B. Dans une cloche de 7*, amenée à i'^ de pression.

28 mars : A. Tout poussé ; Torge à des pousses de 4, 5 et 6^ ; B, dont on a change Tair, le 15, le 18, le 25 et le 26, ne présente aucune trace de germination. On le remonte à 8*^.

26 avril. — On a changé Tair de^B le 31 mars, le 6, le 8, le 11 avril; rien n'y est apparu, sinon des moisissures.

On sème à l'air sur papier mouillé.

20 mai. — Belles pousses de cresson, mais l'orge n'a pas poussé.

C'est donc aux environs de T de pression que la germination ne peut plus se faire. Il est curieux de voir que cette dépression est précisénient celle à laquelle succombent rapidement, quelques précautions qu'on prenne, les animaux à sang chaud (voy. p. 735), et ne peuvent vivre longtemps les vertébrés à sang froid.

Si l'on cherche la valeur centésimale d'oxygène à laquelle correspond, à la pression normale, la tension de l'oxygène sous cette pression de 7% on la trouve à l'aide de la proportion suivante 20,9 : 7 = 76:ic=2,5. Ceci se rapproche beaucoup des expériences de Lefébure qui a montré que la

germination de la Rave se fait encore, bien que lentement et

incomplètement quand Tair ne contient plus que t^ d'oxygène, soient 3,4 pour 100.

g 2. — Végétation.

J'ai fait en outre quelques tentatives pour voir si je pourrais ' obtenir quelque action sur la végétation proprement dite :

Expérience CCCLVII. — 15 juin. Orge.

Je sème des grains d'orge, en môme quantité, dans trois terrines semblables, pleines de terre ; je laisse le tout sous des conditions égales.

25 jmn, les trois semis ont bien poussé, mais un peu în^lemeDt; à Tun, les brins mesurent en moyenne 14'^ ; à l'autre, 15 ; au troisième. 16 à 17.

Je les place sous 3 cloches :

Â. Le semis le moins beau ; laissé à la pression normale.

B. L'intermédiaire ; amené à 50*^ de pression.

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