‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 112 sur 160 · ÉLÉMENTS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS ANATOMIQUES

20 mars. Â sent un peu mauvais. B aucune odeur. Greffées sous la peau du dos de deux rats. Pas d*accident.

i6 juillet. La greffe A est parfaitement prise; B est presque entièrement résorbée.

Expérience CCCCLXXXI bis. — 22 mars. Queues de rat écorchées, suspendues dans des tubes, au-dessus d*un peu d'eau. Â. Pression normale.

B. A 9 atmosphères suroxygénëes.

24 mars. Greffées à deux rats.

Pas d'accidents.

i^^juin. A, greffe parfaitement prise.

B. Presque entièrement résorbée.

La transfusion du sang, qui n'est qu'un cas particulier de la méthode générale des greffes animales, montre également que le sang qui a subi l'action prolongée de l'oxygène comprimé, est incapable d'entretenir la vie; ses éléments anatomiques, ses globules, sont tués, et leur introduction dans l'organisme détermine même la mort. Exemple :

Expérience CCGCLXXXll. —20 avril. 100" de sang de chien, défibriné, sont agités d'une manière continue pendant 18 heures dans l'appareil représenté page 697, avec de l'oxygène comprimé à 18 atmosphères.

21 avril. On enlève à un petit chien (pesant 5 kil.) 100" de sang, saignée qui certes ne l'aurait pas fait périr*, et on lui injecte lentement, dans la veine fémorale, les 100«« de sang agités et bien purgés de gaz libres.

L*injection est faite à 11^. Immédiatement après, Tanimal se met à courir; mais bientôt il se retire dans un coin, tombe dans une sorte de somnolence, et meurt à 5*» 50" ; sa temp. rectale est à ce moment de 29<»,5.

Ainsi, les éléments anatomiques des os et du tissu cellulaire ont été tués par l'oxygène à haute tension ; le sang a acquis des propriétés toxiques; les greffes se sont résorbées sans avoir contracté d'adhérences vasculaires. Si elles n'ont pas excité de phlegmon, cela tient probablement à ce que l'oxygène avait tué tous les germes atmosphériques qui pouvaient

* Paul Bert. Note sur un signe certain de la mort prochaine sur les chiens soumis à une hémorrhagie rapide (Mémoire de la Société des sciences de Bordeaux i. IV, p. 75, 1866).

y adhérer; j'ai, du reste, autrefois, obtenu de semblables ri^ sultats.

Il résulte de ces faits que la mort des animaux supérieun dans l'oxygène comprimé, si elle a pour mécanisme prochain la surexcitation du svstème nerveux central, comme nous l'avons établi, est due, en réalité, à une action générale de l'oxygène sur tout l'organisme. Seulement^ les élément^ nerveux, plus susceptibles, réagissent les premiers, troubienl les mécanismes vitaux, tellement que la mort survient avant que les autres éléments soient sensiblement affectés.

Nous tirons encore de là cette conséquence que la mort des éléments anatomiques n'a rien à voir avec la putréfaction ; elle n'en est pas, comme on a pu le penser avec une apparente raison, le premier stade; elle est tout autre chose, puisque la pression, qui la hâte, empêche la putréfaction.

SOLS-CHAPITRE IV

DE l'emploi de l'0XTGÈI>(E A HAUTE TENSION GOlfME MÉTHODE

Les faits qui viennent d'être rapportés dans les deux souschapitres précédents me paraissent présenter un intérêt considérable, non-seulement en eux-mêmes, mais au point de vue d'un emploi de l'oxygène à haute tension, comme méthode expérimentale. Nous avons vu, en effet, que les organismes microscopiques qui constituent les vrais ferments, que les éléments anatomiques, isolés ou groupés en tissus, sont tués par l'oxygène ; qu'au contraire, les ferments non figurés, solubies, les diastases, lui résistent parfaitement et sont même conservés par lui.

Nous avons donc en main un précieux instrument de différenciation pour reconnaître ce qui appartient à l'une ou à l'autre des deux classes de fermentations.

S'agit-il d'une fermentation vraie, elle devra être arrêtée complètement par l'oxygène comprimé, sous une tension cor respondant à environ 50 atmosphères d'air, et le feraient

BLEHISSEMENT DES FRUITS. 019

I étant tué, elle ne se manifestera plus, lors môme que la pression redeviendrait normale. La fermentation est-elle due à la I présence d'une matière analogue à la diastase, cette matière, ^ soumise à Tair comprimé, devra y conserver presque indélîni- I ment ses propriétés actives, qu'une expérience consécutive • permettra de mettre en lumière.

I Je me hâte de dire cependant que, s'il est ainsi très-facile I de déterminer si un phénomène donné est une fermentation j vraie, la méthode ne permettra nullement de décider s'il est une pseudo-fermentation, ou le résultat d'une simple oxyda- , tion. Un exemple tiré du blettissement des fruits fera com- , prendre ma pensée.

§ 1<". — Blettissement des fmits.

Certains fruits, par exemple les nèfles, les cormes, sont régulièrement atteints de blettissement, si bien que, comme ils ne peuvent être mangés que dans cet état, on le confond communément avec la maturation. Le blettissement est-il le fait d'une évolution vitale des cellules du fruit ; est-il le résultat de la réaction d'une matière diastasique antérieurement formée sur le tannin, qui disparaît pendant le blettissement; est-il, enfin, simplement la conséquence d'une oxydation de ce tannin, dont la disparition enlève au fruit sa saveur insupportable î Voyons d'abord ce que disent les expériences :

Expérience CCCGLXXXIII. — 29 septembre. Cormes non blettes, bien saines, placées avec soin dans des éprouvettes.

A, laissées à Tair libre.

B, soumises à une pression de iO atmosphères suroxygénées. 4 octobre j Décomprimé.

A, commencent à blettir.

B, évidemment plus blettes encore.

Expérience CCCCLXXXIV. — 5 novembre. Nèfles non blettes.

A, à la pression normale.

B, à 17 atmosphères d'un air contenant 78 pour 100 d'oxygène. H novembre. — Décomprimé.

A, encore très-dures, ne blettissent qu'une semaine après

B, complètement blettes, et, par suite, de la décompression bnisqoe<t du dégagement des gaz, crevées et éclatées.

Ainsi, non-seulement le blettissement n'a pas été arrêlê, mais bien, au contraire, il a été accéléré par raclion <k l'oxygène à haute tension. Cela seul suffit pour nous monlrer qu'il ne s'agit pas là d'un acte de la vie cellulaire.

Mais est-ce un acte diastasique? Est-ce d'une oxydation (t recle qu'il s'agit? Les oxydations de cet ordre ne sont pas arrêtées par l'oxygène en tension ; au moins en est-il ainsi pou? celle du pyrogallate de potasse :

Expérience CCCCLXXXV. — 10 février. Au fond d'un verre est unefc solution d'acide pyrogallique ; une petite capsule contenant de la potasse flotte à la surface. Le tout est soumise 10 atmosphères suroxygénées dans l'appareil cylindrique en verre.

15 février. On secoue l'appareil sans l'ouvrir; aussitôt que la potasse touche l'acide, on voit le liquide rougir instantanément, plus rapidement, certes, qu'il n'aurait fait à la pression normale.

L'accélération du blettissement dans l'oxygène comprimé semble bien indiquer qu'il est le résultat d'une oxydation. L'expérience suivante tend à le démontrer :

Expérience CCCCLXXXVI. — 12 novembre. On broie dans un mortier des nèfles bien dures, et l'on coule dans un verre la pâte ainsi obtenue.

Deux heures après, le blettissement a commencé à la surface de la inas« pâteuse.

En résumé, nous voyons, grâce à l'emploi de Toxygène à haute tension, que le blettissement n'est très-certainem^l pas un acte de la vie des cellules du fruit, mais très-p^obabl^ ment le résultat d'une oxydation directe.

§ 2. — Blataration des fruits.

La même question peut se poser pour la maturation régulière des fruits. Si c'est un phénomène d'ordre diastasique, il continuera dans Toxygène comprimé ; si c'est un acte de vie cellulaire, il sera arrêté. L'expérience est assez difficile à réaliser, parce qu'il faut prendre des fruits qui mûrissent aisé-

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