‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 111 sur 160 · C. 3« — de 50 à · texte numérisé non relu

C. 3« — de 50 à

EiPÉBiENCE CCCCLXIX. — 26 mai. Salive filtrée, mélangée à amidon cru en suspension dans volume égal d'eau. Le liquide, bien mêlé, est placé en quantités égales dans 2 tubes, dont l'un A est laissé à la pression normale, l'autre B est soumis à 15 atm. suroxygénées.

5 juin. A contient évidemment beaucoup plus de sucre que B.

Cependant le dépôt qui est au fond du tube A se colore en bleu intense par l'iode, tandis que celui de B ne donne qu'une coloration verdâtre.

Expérience CCCCLXX. — 20 janvier. Salive, amidon cru et eau. Bien mêlé, et placé dans plusieurs tubes. On s'assure que le mélange ne contient pas de glycose.

A. A la pression normale, bouché avec cornet de papier renversé.

B. A 21 atm. d'air suroxygéné.

Tous les deux sont mis à Pétuve, 30 degrés. 25 janvier. Essayé avec liqueur bleue :

A. 7" en réduisent 55 gouttes.

B. 7" ne réduisent que 14 gouttes.

ExpÉRiBKCE CCCCLXXl. — 22 mars. Salive, amidon cru et eau. Mélange placé dans des tubes.

A, A'. A la pression normale.

B, B'. A 9 atmosphères suroxygénées.

24 mars. Essayé avec liqueur bleue.

A A' contiennent un peu plus de glycose que B et B' ; différence légère, mais évidente : visées faites avec grand soin sur papier blanc.

Expérience CGCCLXXIl. — 25 mai. Salive, amidon cru et eau. Quantités égales dans six tubes.

A. Trois sont étirés à la lampe et laissés à la pression normale. Bé Trois à 15 atmosphères d'air suroxygéné. 27 mai. Analyses des tubes par H. Dastre.

A. Contiennent 2'"«,2 ; 2'"«,9 ; l'"«,7 ; soit en moyenne 2"»8,3de glycose.

Dans ces expériences, la transformation de l'amidon en sucre a continué à se faire dans l'oxygène comprimé, mais son intensité a manifestement diminué.

Mais, pour obtenir ce résultat, il faut ne pas attendre trop longtemps, et examiner les liqueurs au bout de peu de jours*

1H2 EIPÉRIENCES.

Sans quoi, surtout si l'on s'était servi de diastase^ Ton trouverait le contraire, et Ton verrait que la liqueur comprimée est plus riche en sucre que l'autre. C'est ce qui est arriTé, par exemple, dans les expériences suivantes :

ExpÉAiEHCB GCCCLXXIU. — ^6 juin. Amidon cm en suspension dus Teau, mêlé à une certaine quantité de diattase. Bien agité ; mis dans i tubes :

À. Pression normale.

B. 15 atm. suroxygénées.

21 juillet. A, o*"^ réduisent 25 gouttes de liqueur bleue.

B resté sous compression jusque-là : 5^ réduisent 40 gouttes.

Aux deux il y a encore de Tamidon.

Expérience CCCCLXXIV. — l«'mars. Salive, amidon cru, eau, quantités égales dans 12 tubes :

A. Six sont étirés à la lampe et laissés à la pression normale.

B. Six sont mis à 15 atmosphères suroxygénées. 28 mars. Analyse des tubes par M. Dastre.

A. 2 tubes contiennent des quantités de glycose proportionnelles aui nombres 45 et 39 : d'où une quantité moyenne de 1"»«,7.

B. 3 tubes analysés contiennent des quantités de glycose proportionnel les aux nombres 111, 119, 115 : d'où une quantité moyenne de 4^,6 de glycose.

Cela s'explique aisément : la diastase restée à l'air s'étail un peu altérée, tandis que celle qui était sous compression avait gardé ses propriétés et continuait à agir.

g 2. — Pepsine.

ExpÉRiB5CE CCCCLXXV. — 16 février. Pepsine Boudant; trois tubes, dans chacun desquels on en met "2 grammes avec o""^ d'eau distillée.

A. A i*air, coifTè d'un cornet de papier.

B, B'. A 15 atm. d'air suroxygéné.

5 mars. Décompression.

A. Sent assez fort et est couvert de moisissures formant bouchon; trèsacide ;

B B'. Ne sent rien; pas de moisissures; acide.

Je mets B et B' chacun dans un verre avec 10 granmies de blanc d'œuf cuit et coupé en morceaux; les verres, qui sont égaux, sont ensuite remplis d'eau acidulée avec l'acide chlorhydrique.

Je reprends 2 grammes de pepsine en poudre, les mets dans 5«« d'eao

FERMENTATIONS DIASTASIQUES. 913

I distillée, y ajoute 10 grammes de blanc d'œuf cuit, et la même quantité d*eau acidulée.

Les trois verres sont mis à l'étuve à 58 degrés. 8 mars. Il reste dans chaque verre 2 grammes de blanc d'œuf, mat.

Ainsi la pepsine, après Taction de l'oxygène en tension, ' s'est comportée absolument comme auparavant.

g 3. — Ferment inversif de la levure.

Le ferment dont je me suis servi avait été, ainsi que la myrosine et Témulsine dont il sera question dans les paragraphes suivants, préparé par M. Schûtzenberger, alors chef du laboratoire des travaux chimiques à la Faculté des sciences :

ExpéRiEMCB CCCCLXXV bis, — 16 février. Mis dans trois tubes étirés à la lampe 5<^ de liquide.

A. A Tair libre, coiffé d'un cornet de papier. BB'. A 15 atm. d'air suroxygéné.

5 mars. Décompression; je ferme les trois tubes à la lampe; mais au- ' paravant je m'assure que le ferment des tubes A et B transforme rapidement le sucre de canne en glycose.

15 mars. Mis à Tétuve, où la température varie de 25 à 40 degrés.

25 n^ars. Retiré de l'étuve : A et B B' agissent encore.

17 mai. A est alcalin et infect; n'a plus aucune action.

B et B' sont acides, ne sentent rien, et ont conservé leur énergie.

g 4. — Myrosine.

Expérience CCCCLXXVl. — 16 février; dans 3 tubes étirés à la lampe ; 5^ de hauteur de liquide.

A. Air libre, coiffé d'un cornet de papier;

B, B'. A 15 atm. d'air suroxygéné.

5 mars. Décomprimé : A et B agissent parfaitement sur le myronate de potasse pour donner l'essence de moutarde.

15 mars : mis à l'étuve, de 25 à 40 degrés.

25 mars : retiré de l'étuve ; A et B B' agissent encore.

17 mai ; A et B B' agissent encore, mais les derniers plus énergiquement.

g 5. — Émalsine.

Expérience CCCCLXXVl bis. — 16 février. Cette expérience est faite en môme temps et dans les mêmes conditions que les trois précédentes.

914 CXPERiraCES.

15 mars : il y a beaucoup de moisissures sur TémulsiDe noo cooprimée ; rien sur Taulre, non plus que sur les autres tubes.

La formation d'essences d'amandes aroéres au contact de Tamygdalsh se fait avec les deux liquides, le 25 mars, au sortir de l'étUTe.

17 mai. L'émulsine non comprimée est couverte de moisissures, alcaliiy infecte, elle n'a plus d'action.

L'autre semble fraîche, n'a pas d'odeur, est légèrement acide, et if^ énergiquement et rapidement.

En résumé, tous les faux ferments solubles que nous avot^ mis en expérience, diastase salivaire, pepsine^ ferment inversif, myrosine, émulsine, nous ont donné le même résultai et ont conservé leur propriété caractéristique après TaclioE prolongée de l'oxygène à haute tension. Bien plus, codhik celui-ci les débarrasse des germes de moisissures, des vibrions, etc., qui tôt ou lard les détruisent à Tair libre, ib demeurent eux-mêmes pendant un temps qui parait îndéfiiii.

Cette remarquable propriété pourra peut-être être employée dans la pratique, et notamment dans la thérapeutique. On se trouverait fort bien, j'en suis persuadé, de substituer aux poudres, aux extraits si infidèles des sucs digestifs, cft sucs eux-mêmes, soumis au préalable à une pression suffisante, pour leur éviter la putréfaction. Mais je dois ici m borner à cette indication. •

SOLS-CUAPITHE 111

ACTION DC l'oxygène A HAUTE TENSION SUR LES ÉLÉME>TS AXITOVIQCC.

Après avoir constaté, dans le chapitre IV, raction rapidement mortelle de l'oxygène à haute tension sur les animaoi supérieurs, nous avons cherché à analyser celle actioo, d'après des méthodes introduites par M. Claude Bernard dan? la toxicologie. La section des nerfs, l'examen du cœur, l'emploi des anesthésiques, Tinjeclion du sang des animaux tués par l'oxygène dans les veines d'autres animaux, nous uni montré que les phénomènes violents qui précèdent et araênent la mort, sont le résultat d'une surexcitation des centrer

ÉLÉMENTS ANATOMIUUËS. 915

nerveux, si bien que j'ai été conduit à rapprocher l'action de l'oxygène de celle de la strychnine et de l'acide phénique.

Après la mort, les muscles sont encore contractiles, les nerfs excitables, les actions réflexes possibles, le cœur bat encore. Mais est-ce à dire que les éléments anatomiques nerveux soient seuls attaqués par l'oxygène? Tout ce que nous avons dit jusqu'ici s'élève contre cette hypothèse : la diminution si considérable des oxydations intra-organiques, la mort des animaux inférieurs, celle des végétaux et des ferments, tous ces phénomènes montrent une généralité d'action qui doit évidemment s'étendre aux éléments anatomiques des animaux supérieurs.

Je ne pouvais cependant me contenter dans ce cas, nor plus que dans aucun autre, de conclusions tirées de l'analogie. Des expériences directes m'ont paru nécessaires; mais j'avoue que, voyant leur concordance avec ce qui paraissait si vraisemblable, je n'en ai pas beaucoup multiplié le nombre :

Expérience CCGGLXXVll. — 20 février. Le train postérieur d'une grenouille est coupé en deux, suivant l'axe vertébral.

A. I/une des parties est laissée à la pression normale» suspendue dans une éjwouvetle bouchée, au fond de laquelle se trouve de leau, pour éviter la dessiccation.

B. L'autre est suspendue de même dans Tappareil cylindrique en verre, 011 Ton pousse la pression à 10 aim. d'un air contenant 80 pour 100 d'oxygène.

24 février. A. Le nerf scia tique n*est plus excitable ; les muscles se contractent encore sous Tinfluence d'un assez faible courant ; leur réaction est neutre.

B. Les muscles pas plus que les nerfs ne sont excitables aux plus forts courants. 11 y a rigidité manifeste, et les muscles sont très-acides.

Expérience GCCCLXXVIIl. — 2 mars, 2'*. Moitiés de grenouille disposées comme dans les expériences précédentes; A à la pression normale, B à 15 atmosphères suroxygénées.

3 marsj 4*». A : nerf scialique bien excitable; contraction musculaire très-vive et très-soudaine, comme à l'état normal ;

B : Le nerf scialique ne peut plus être excité par aucun courant. Les muscles se contractent encore ; mais la contraction est lente, ressemble à une sorte de crampe, et dure encore après que l'excitation a cessé.

Expérience CCCCLXXIX. — 8 avril. Expérience disposée toujours de la

m&nie fjçoo : A â la pressioa oomule, B à 5 atau dTmm mr CMiteuit 50 pour 100 d* oxyg., ce qui corrâspaad en tdnsMn â T.ô atm. d'air.

10 arrii. A : On obtient des contractioQs musciilaîres aTec Tapparali chariot, la bobioe mobile étant â 16< de rextêneiir de la bobine û\t.

B. Pour aToir des contractions, il faat se rapprcMiier jnsqo a 5 ccÉmétres. La contraction est aocompapièe de contradune.

ExHaiocK CCCCLUX. — 12 juin. 4^. On enlère le cœur a 4 greoooillâ. Ces cœors sont placés i à 2 dans une capsule où ils baignent dans it l'humeur Titrée de chien.

A. Laissé à la pression normale.

B. Coiiiprimé dans l'appareil cylindhq[ue en Terre^ à 10 atm. suror^ gênées.

6 kemres. A. Les coeurs présentent encore des battenaenls, surtout pov les oreillettes : on peut les exciter.

B. Ils sont complètement arrêtés, et ne peureni être rappelés par l'excitaticHi.

Ces faits montrent que la contractibîlité musculaire, que l'excitabilité nerveuse motrice, que le jeu rhythmique des ganglions nerveux du cœur, s'arrêtent bien plus tôt dans l'oxygène en tension que sous la pression normale arec Tair ordinaire. En d'autres termes, les éléments anatomiqoes musculaires, nerveux et ganglionnaires sont, comme les déments libres qui constituent les ferments, tués par Toxygène comprimé.

D'autres recherches, dans lesquelles j'ai mis en usage la méthode des greffes animales ^ la seule qui pût ici nous éclairer, montrent que non-seulement les propriétés vitales d'ordre supérieur, d'ordre animal, sont détruites dans les éléments musculaires et nerveux, mais que tous les éléments anatomiques sont tués par l'oxygène en tension. En effet, les greffes exécutées avec des parties soumises au pi^alable à son action se sont résorbées sans avoir contracté d'adhérence :

EJLPÉRIE5CE CCCCLXXXl. — 15 mars. Queues de rat êcorchées, sont sn^ pendues dans des tubes de verre bouchés, avec un peu d^cau au fond.

L^une d*elles. A, est laissée à la pression normale.

L'autre, B, dont le bouchon est percé d*un trou, est portée du 16 aa^ mars à 10 atm. d'air suroxygéné. Température 12 degrés.

* Voy. mon Mémoire sur la vitalité des tissus animaux {AtuuMleê des nalurelUê. ZoohgU, 1866).

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