‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 117 sur 160 · FERMENTS, ETC.. RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

FERMENTS, ETC.. RÉSUMÉ

vain rétablit-on les conditions normales, Tactivité vitale ne se rétablit pas. C'est ce qui arrive par la chaleur, par rhumidification excessive, et par l'augmentation de pression. Les graines conservées intactes en apparence dans Tair comprimé, ne germent plus lorsqu'on les ramène à la pression normale, et c'est en vain que l'oxygène, sousla tension habituelle, entre en contact avec les vibrions morts, et définitivement morts, qui peuplaient la viande préalablement soumise à l'oxygène comprimé.

Il n'est pas besoin d'aller jusqu'à la mort pour mettre en évidence ces importantes différences. Un animal soumis à la décompression est pris, à un certain moment, de convulsions, que fait immédiatement cesser le retour à la pression normale : Sublalâ causâj tollitur effectm. Mais les convulsions dues à l'excès de pression persistent alors même que la cause apparente a été supprimée : c'est que la cause réelle, l'altération chimique existe encore, agit encore et excite les centres nerveux.

Il se fait donc, sous l'influence de l'oxygène en excès de tension, dans l'intérieur même des éléments anatomiques isolés en monocellules ou groupés en tissus, des altérations chimiques donnant naissance à des produits durables, dont la présence trouble l'harmonie nécessaire à la persistance de la vie, chezrélément d'abord, chez l'être complexe ensuite.

Ce sont là sans doute des formules un peu vagues; mais ce vague tient à l'état général de la science et ne doit pas m'être reproché. Que savons-nous des transformations moléculaires qui se passent régulièrement dans les tissus, au sein et au contact des éléments anatomiques? Le peu que nous en savons, je l'ai soumis à l'expérience; j'ai vu que la transformation de l'amidon en glycose, que la réduction de la glycose en ses éléments premiers, sont ralentis par l'oxygène sous forte tension. Or, ce sont là des actes généraux qui se manifestent, on le sait, dans la vie d'une cellule de niycoderme, comme dans celle d'un mammifère ou d'un oiseau. Ils sont ralentis, mais cependant le ferment soluble qui les produit n*est en rien altéré et reprendra plus tard, à la pression nor-

maie, toute son activité. Pourquoi donc, après ce retour à la pression normale, la vie ne reparaît-elle pas, comme après la suspension due au vide ou au froid? Est-ce que le ferment, dont l'action régulière a diminué, en aurait acquis une nouvelle qui aurait produit cette substance durable dont nous cherchons l'origine? Est-ce la matière fermentescible, au contraire, qui s'est altérée et se refuse ensuite à Taction du ferment conservé ?

11 est bien difficile de répondre aujourd'hui à ces questions. Tout ce que je puis dire, c'est que les substances soumises à la compression : viande, œuf, lait, pain, présentent rapidement une réaction acide, due probablement en partie à de l'acide lactique. II n'est pas impossible que la présence de cet acide dans l'intérieur même des éléments anatomiquessoit la cause de la mort.

Mais, sans poursuivre plus longtemps des phénomènes dans l'intimité desquels nous ne saurions entrer davantage, nous sommes autorisés à dire, par les nombreuses expériences dont le récit a tenu tant de pages, que sousTinfluence de l'oxygène en tension, il survient, dans Tintérieur même de chaque élément anatomique, des altérations chimiques incompatibles avec la vie de cet élément. Ceci posé, tous les phénomènes, si variés, que nous avons énumérés jusquMci, s'enchaînent et s'expliquent aisément.

S'agit-il d'un être vivant réduit, dans sa structure élémentaire, aune cellule ou à un petit nombre de cellules ? Comme son activité vitale se manifeste le plus souvent à nous par les phénomènes connus sous le nom de fermentations vraies (alcoolique, acétique, lactique, putréfaction), sa mort aura cette conséquence que ces phénomènes seront arrêtés pour toujours, à moins d'un ensemencement de ferments nouveaux.

S'agit-il, pour aller de suite à l'extrême inverse, d'un animal des plus compliqués dans sa structure? Les éléments anatomiques qui forment ses tissus sont menacés de mort. Ceux d'entre eux qui jouaient dans la chimie vivante le rôle des ferments figurés, cessent d'agir, ou diminuent d'énergie dans l'action. Les phénomènes de fermentation ly-

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motique qui se passent en dehors comme en dedans d'eux

diminuent d'intensité et s'altèrent. Leurs qualités person-

' nelles, leur contractibilité, leur propriété de transmettre les

' excitations ou de les transformer en réaction, se modifient et

^ tendent à disparaître.

' De là, la dépression générale des phénomènes chimiques de ' la vie; de là, moins d'oxygène consommé, moins d'acide carbonique produit, moins d'urée excrétée ; de là, l'apparition i dans les urines du sucre qui n'est plus suffisamment détruit; i de là, enfin, un abaissement énorme de la température. I Et en même temps, — comme toutes les fois qu'un trouble I considérable et rapide est apporté dans l'équilibre des fonc- I lions d'un animal supérieur (hémorrhagie, asphyxie, etc.), I c'est le système nerveux central qui, le premier excité, manifeste par ses réactions violentes le danger qui menace l'orga- I nisme entier, — en même temps, dis-je, apparaissent ces con- I vulsions qui témoignent, par leur persistance après le retour fi à la pression normale, qu'une altération chimique profonde \ s'est faite soit dans les tissus mêmes de la moelle épinière, I soit dans le sang qui les baigne et leur apporterait ainsi une i sorte de poison. Viennent enfin les contractions musculaires j modifiées dans leur manière d'être, ressemblant à des cram- ( pes, comme il arrive, du reste, à tout muscle qui meurt.

Entre ces deux extrêmes, de la cellule isolée et du vertébré \ à sang chaud, tous les intermédiaires : d'un côté, les moisis- I sures, les algues, les graines, les végétaux vasculaires ; de I l'autre, les annélides, les mollusques, les insectes, les pois- I sons, les reptiles. Tout l'ensemble des êtres vivants, en un i mot, périt sans retour quand la tension de l'oxygène s'élève ' suffisamment. Aucun, on peut l'affirmer, ne résisterait à une tension correspondante à la pression de 20 atmosphères d'air. Nous aurons à revenir sur les inductions que suggère ce phénomène inattendu.

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