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DES EFFETS DES CHANGEMENTS BRUSQUES DANS LA PRESSION

J'ai parlé exclusivement jusqu'ici des phénomènes consécutifs aux modifications graduellement apportées dans h valeur de la pression barométrique, modifications qui se sont réduites, ainsi qu'on a pu le voir, à des phénomènes d'ordre physico-chimique, suite de l'existence dans le sang de quantités plus ou moins grandes d'oxygène. Mais c'est seulement dans ces conditions de lenteur que j'ai pu être amené à nier l'influence de la pression en tant qu'ageirt direct, d'ordre physico-mécanique. On comprend qu'il puisse en être autrement, lorsqu'il s'agit de modifications brusques et considérables.

Les expériences rapportées dans le présent chapitre gA eu pour but d'élucider cette question.

SOUS-CHAPITRE PREMIER

INFtUErïCE DES AUGMENTAÎrONS BRUSQUES DE PRESSION.

Cette partie du travail ne sera pas longue. L'augmenlatioi soudaine de pression ne semble avoir sur les animaux aiH cun effet appréciable.

CtlANGEMEiNTS UUUSQUËS DE PUËSSION. 931

Tout d'abord, lorsqu'il s'agissait d'animaux préalablement soumis à une pression très-faible, comme celle dont il est question dans les chapitres I et III, le rétablissement immédiat de la pression normale n'avait aucun inconvénient apparent. Bien au contraire, lorsque la dépression était très-forte, son effet favorable se manifestait aussitôt, et l'animal revenait de suite à un état normal. On le voyait alors, surtout lorsqu'il s'agissait d'un mammifère herbivore, se dégonfler sensiblement, par le retour au volume primitif des gaz intestinaux, que la dépression avait dilatés.

Les expériences sur l'augmentation brusque de la pression ont été faites sur des oiseaux ou des rats placés dans le gazogène à eau de Seltz. Ce récipient étant mis, par un tube de cuivre, en rapport avec le gros récipient de métal (fig. 35), où la pression était poussée à 10 atm., on ouvrait le robinet de communication c, et l'équilibre de pression s'étai blissait subitement. L'animal semblait alors se tapir, s'aplatir, comme effrayé; mais au bout de quelques minutes, il

^reprenait toute sa vivacité.

L II n'y a pas lieu de s'étonner de ces résultats négatifs, puisque nous avons vu que les ouvriers de tubes et les plongeurs

Ta scaphandres se soumettent à des pressions soudaines de ^ plusieurs atmosphères. Et cela, sans ressentir d'autres incon- ^ vénients que des douleurs d'oreilles plus ou moins vives, dou-

« leurs dont ne paraissent pas souffrir les animaux, dont la trompe d'Eustache s'ouvre sans doute plus facilement que la

^nôtre.

^ L'influence des augmentations brusques de la pression barométrique, presque nulle chez les animaux aériens, se fait au contraire très-énergiquement sentir chez les poissons munis d'une vessie natatoire. Que celle-ci soit close ou non, il suffit d'augmenter un peu la pression de l'air qui surmonte l'eau

B. où nage le poisson, pour voir immédiatement celui-ci précipité au fond du vase d'où les plus puissants efforts musculaires ne

1^ peuvent le détacher que pendant un instant. Mais au bout de

1^ <|uelques jours, pendant lesquels la compression a été main-^ lenue, il reprend toute liberté d'action. C'est que, pendant

cet intervalle, une sécrétion nouvelle de gaz oxygène a rendi à sa vessie natatoire son volume primitif, et à son propre corps, sa densité primitive. Tous ces faits, dont j'ai soutcbI été témoin, ont été parfaitement décrits et expliqués parM.k docteur Armand Moreau.

SODS-CHAPITRE II

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