‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 129 sur 160 · DÉCOMPRESSION BRUSQUE : PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

DÉCOMPRESSION BRUSQUE : PROPHYLAXIE

L*excitaiion des pattes postérieures amène d'énergiques mouvements réflexes; mais le chien ne semble pas s'en apercevoir. Les pattes postérieures, surtout la gauche, sont plus chaudes que les autres.

14 décembre, — Toujours paraplégique, ne peut se soutenir même un instant.

18 décembre. — Môme état; urine facilement ; mouvements réflexes énergiques.

Expérience DXCV. — 13 décembre. Chien.

Porté à 8 1/4 atmosphères; décomprimé en 3°". Aussitôt, à 3**, respirations d'oxygène.

11 n*est pas paralysé ; mais après quelques minutes, la paraplégie commence et devient complète, avec mouvements réflexes persistants.

On n'entend à aucun moment des gargouillements au cœur, et la respiration s'opère assez bien.

4** 50"*. On cesse la respiration d'oxygène. L'animal ne peut se tenir sur les pattes postérieures. La respiration se fait bien, les battements du cœur sont purs.

6^ 30"^. Même état; sensibilité obtuse des pattes postérieures.

14 décembre. — Couché, ne peut se tenir sur les pattes postérieures, bien qu'il puisse les remuer spontanément, et qu'il y perçoive les piqûres.

Meurt dans la nuit du 14 au 15.

Les faits qui viennent d'être rapportés, et dont les résultats étaient déjà consignés au tableau XYin, montrent qu'une de nos prévisions a été parfaitement réalisée. Sous l'influence de la respiration d'oxygène pur, les gaz contenus dans les veines et le cœur droit ont diminué, puis disparu ; les gargouillements cardiaques ne sont pas survenus lorsque la respiration d'oxygène était faite de bonne heure, ou ont cessé par son fait. Le danger d'une mort immédiate, par arrêt de la circulation pulmonaire, a donc été conjurée

Mais cependant nous n'avons pu sauver nos animaux ; les paralysies ont persisté, et, malgré une amélioration immédiate réelle, ont fini par emporter les sujets en expérience.

C'est que la respiration d'oxygène n'a pu ramener dans le torrent circulatoire et faire disparaître les bulles de gaz arrêtées çà et là dans les capillaires du système nerveux central.

* 11 résuite de ceci que la respiration d'oxygène serait un moyen eflicace de combattre les effets de l'introduction de l*air dans les veines. J'ai fait à ce point de vue un certain nombre d'expériences tout à fait encourageantes pour les chirur^'iens.

C*est qu'elle n'a pu, à plus forte raison encore, faire résorber les bulles qui, ainsi que nous l'avons vu, se dégagent dans l'épaisseur même des tissus.

Sur elles, la recompression seule peut avoir un effet utile. Mais, d'autre part, la recompression ne peut faiiie redissoudre une collection gazeuse un peu considérable ramassée dans le cœur droit.

Nous sommes donc amené à recommander l'emploi successif de la respiration d'oxygène, pour obtenir l'élimination de l'azote emmagasiné dans le cœur veineux, et de la recompression pour redissoudre les bulles arrêtées dans les capillaires ou disséminées dans les tissus.

Encore ne peut-on se flatter d'une guérison certaine, pour cette raison que les bulles de gaz, en repassant à Tétat libre au sein de tissus délicats, comme ceux delà moelle épinière, peuvent y avoir occasionné des désordres, des dilacérations, dont leur disparition ne saurait suffire pour conjurer les funestes effets.

C'est donc aux moyens préventifs, c'est donc à la décompression lente que l'on devra s'attacher dans l'industrie, ei c'est là un point sur lequel nous reviendrons dans notre troisième partie.

SOUS-CHAPITRE V

RÉSUMÉ

En résumé, la décompression non ménagée, à partir de plusieurs atmosphères, amène des accidents d'une gravité variable suivant le degré de la compression, la rapidité de la décompression, les espèces animales, les individus, l'état actuel de l'individu en expérience.

Ces accidents doivent être attribués au dégagement de l'azote qui s'était emmagasiné dans l'organisme en excès, suivant les exigences de la loi de Dalton.

Ce gaz repasse à l'état libre dans les vaisseaux sanguins, les divers liquides organiques, l'épaisseur môme des tissus; j

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il peut ainsi, suivant les cas, arrêter la circulation pulmonaire, anémier et amener au ramollissement certaines régions des centres nerveux et particulièrement le renflement lombaire de la moelle épinière, dilacérer les tissus, produire des tumeurs ou un emphysème plus ou moins étendu. La gravité des accidents dépend tout à la fois du siège et de l'étendue de ces désordres multiples.

Une décompression mépagée de 12 minutes par atmosphère est nécessaire pour mettre les chiens à Tabri des accidents, lorsque la compression s'est élevée aux environs de 10 atmosphères.

Une recompression immédiate, ou consécutive à la respiration d'oxygène dans le cas où l'on constate des gargouillements au cœur, est le seul moyen de combattre efficacement les accidents de la décompression.

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