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Ainsi, moins d'oxygène et un peu moins d'azote. De ceci, découlent deux conséquences :
D'abord, le séjour dans les profondeurs ne soumet les animaux à aucun péril venant de l'oxygène en tension. En secon 1 lieu, la décompression brusque ne devra produire aucun effet fâcheux sur les animaux des profondeurs, puisqu'ils n'auront pas d'excès d'azote dissous dans leurs tissus ; ainsi en va-t-il, du reste, et Ton n'a jamais trouvé de gaz libres dans les tissus d'un poisson ou d'un invertébré ramené par la drague.
Les choses changeraient singulièrement si tout à coup quelque source d'air venait à jaillir du fond de la mer. Il
^ In W. Thompson, Les abimeê^ etc,. Appendice.
suffirait qu'elle vînt de 100 mètres, fût-elle chimiquement pure, pour tuer rapidement tous les êtres qu'elle rencontrerait sur son passage.
Enfin si, pour les animaux aériens comme pour les animaux aquatiques, nous considérons non plus l'époque actuelle, mais les âges géologiques, tout nous donne à penser que la pression barométrique a dû jouer un rôle important dans l'apparition et dans la modification de la vie à la surface du globe. Aux premiers âges de notre planète, en effet, la tension de l'oxygène devait être beaucoup plus forte qu'aujourd'hui pour deux raisons : l'atmosphère était plus haute, et sa richesse oxygénée plus forte, les roches n'étant point encore refroidies et oxydées sur une aussi grande épaisseur. Les époques qui nous suivront verront sans doute l'air rentrer de plus en plus dans les profondeurs du sol et l'oxygène y diminuer en proportion croissante. Ainsi, il est permis d'imaginer qu'il y a eu un temps où les êtres actuels n'auraient pu vivre sur le sol, à cause de la trop grande tension de l'oxygène, et qu'un temps viendra où ils ne pourront plus vivre à cause de sa trop faible tension. Aller au delà de cette première hypothèse plausible serait s'aventurer dans le pur domaine de la fantaisie : nous laisserons à d'autres ce rôle séduisant et facile.
Peut-être cependant me pardonnera-t-on de faire remarquer que les trois ennemis de la vie telle que nous la connaissons aujourd'hui, étant, aux premiers âges géologiques, la chaleur, la tension de l'oxygène et celle de l'acide carbonique, les êtres qui résistent le plus à cette triple et funeste influence appartiennent au groupe des vibrioniens. Ce sont eux, également, qui demeurent le plus longtemps actifs dans l'air raréfié. Vraisemblablement donc c'est par eux- que la vie a apparu, c'est par eux qu'elle finira à la surface de notre planète.