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Appareils conitmits d'après la méthode Trifer

C'est en effet à M. Triger, ingénieur français, qu'est due la prfccieuse invention de l'emploi de l'air comprimé à de hautes pressions pour le forage des puits ou le fonçage de piles de pont. 11 s'agissait d'aller exploiter dans la concession de la Ilaye-Longue (Maine-el* Loire) des couches de terrain houiller recouvertes d'alluvions que traversaient les eaux de la Loire. On ne pouvait penser à épuiser l'eau qui envahissait et empêchait de pousser en avant les galeries : M. Triger conçut l'idée simple et lumineuse de la repousser, lie la contenir, en insufflant de Tair comprimé par la partie supérieure du puits; à Tabri de l'assèchement ainsi produit, des ou-

vriers purent aller oblitérer les voies d'eau par des voûtes de maçonnerie.

M. Trouessart, dont nous citons plus loin le rapport sur cette admirable découverte, fait remarquer que l'idée en était déjà venue à Denis Papin, en 1691, et il cite le passage suivant, qui est en effet des plus remarquables :

On pourrait injecter conlinuellement de Tair frais dans la cloche à plonger, à Taide d*un fort soufflet de cuir ganii de soupapes, par un tuyau passant sous h cloche, et débouchant à sa partie supérieure. Ainsi, la cloche demeurant toujours vide et la faisant appuyer tout à fait à terre, le fond de Teau en cet endroit demeurerait presque sec et on pourrait y travailler de même que hors de Teau, et je ne doute point que cela pût épargner beaucoup de dépense quand on veut bâtir sous Feau. Au reste, au cas que les soufflets de cuir ne fussent pas assez forts pour presser Fair autant qu'il serait nécessaire dans de grandes profondeurs, on pour-" rait toujours remédier à cette difficulté, en se servant de pompes pour presser rair.

Mais il y a loin de cette idée à l'invention complète de M. Triger, qui, en 1839, résolut pratiquement le problème, et annonça do suite les applications nombreuses qu'on en devait faire après lui.

L'énoncé complet de cette invention se trouve dans un Mémoire* présenté en 1841 à TAcadémie des sciences.

Nous laissons naturellement de côté tout le détail de la construction des appareils, pour arriver à l'indication des phénomènes physiologiques, fort peu étudiés, comme on va le voir, par le célèbre ingénieur.

Un fait intéressant se rencontre tout d'abord : M. Triger voulu! essayer sur lui-même l'action de l'air comprimé. Or :

Au moment où le manomètre s'élevait à peine à la hauteur de 40 pouces (pression totale) une détonation se fit entendre, et nous nous trouvâmes saisis d'un hH)id glacial et plongés dans Tobscurilé la plus complète, par suite de la production instantanée d'un épais brouillard : une vitre de l'appareil avait crevé.

Cette explosion n^ut d'autre résultat que de nous occasionner une grande surprise.

ïï. Triger signale ensuite, en les rapportant bien exactement à leur cause, les douleurs d^oreilles qui accompagnent la compression et la décompression. Puis il ajoute, et c'est tout ce que contient son Mémoire sur le sujet qui îious intéresse :

A la pression de trois atmosphères, il n'est plus possible à personne de siffler

* Triger, Mémoire sur un appareil à air compriméf pour le percement des puits de mine et autres travaux, sous les eaux et dans les sables submergés, — Compt. rendus Acad. des sciences, t. XllI; p. 884-896, 1841.

3i6 mSTORIQCK.

dans Tair oomprimé : faculté qui, du reile, ne se perd que lorsque Ton airiTe à celte pression.

Dans Tair comprimé, tout le monde parle du nez, ce qui détient d'autant plus sensible que la pression est plus grande.

Les ourners ont remarqué qiien montant dans les échelles, ils se trouTaient moins essoufflés dans Fair comprimé qu'à l'air libre.

Enfm, je terminerai par une obserration assez curieuse, que j'ai été à même de bien constater : c*est qu*un ouvrier mineur, le nommé Floc, sourd depuis le siège d'Anrers, a constamment entendu plus distinctement dans Fair comprimé que tous ses autres camarades. (P. 892.)

M. le professeur TrouessarlS chargé par la Société industrielle d'Angers d'examiner les résultais pratiques de Tappareil de M. Triger, rendit compte de ses recherches dans un intéressant Mémoire.

il y est peu question de physiologie ; on y trouve cependant quelques observations qui méritent d'élre rapportées ici, par cette raison surtout qu'elles ont été les premières faites sur l'homme à des pressions de 5 atmosphères en sus de l'atmosphère normale :

Ce n*est pas sans une certaine appréhension, nous Favouons, que Ton descend la première fois dans l'appareil pour y être soumis à une pression de trois atmosphères. Ces 32 000 kilogrammes en sus de la pression antérieure, qu*il va tous falloir supporter, ont bien de quoi effrayer les épaules les plus robustes.

Vient d'abord la description des douleurs d'oreilles, qui sont parfaitement étudiées et expliquées :

Un phénomène plus difficile à comprendre, c'est que', les personnes sourdes entendent non-seulement dans Fair comprimé mieux qu'à l'air libre, mais qu'elles entendent mieux que les personnes dont Torgaue est sain

Un des résultats les plus singuliers, c*esl qu'on perde subitement la faculté de siffler sous la pression de 2 atmosphères 3/4 à 3 atmosphères.

Les fonctions de nulrition, de respiration et de circulation ne paraissent pas sensiblement modifiées dans l'air comprimé. Nous avions cru trouver, lors de notre première visite, une accélération dans les battements du pouls de toutes les personnes soumises à l'expérience; mais, à notre seconde visite, le résultat d'une observation plus exacte, faite par un membre très-exercé à toucher le pouls, fut complètement négatif

La respiration n'est ni plus lente ni plus rapide. Il ne parait pas non plus qu'elle soit plus active et que la chaleur animale soit augmentée. Le sang jaillit aussi dans les conditions normales. En un mot, et c'est ce qui surprend le plus, il y a très peu de modifications dans les fonctions vitales. Les ouvriers assurent monter plus facilement à l'échelle et être moins essoufflés en arrivant en haut. Cela ne peut tenir à la perte assez faible qu'ils font de leur poids. Peut-être peu- ▼ent-ils retenir plus longtemps leur respiration, à cause de la densité plus

^ Rapport tur les puiU à air comprimé de M. Triger, — Bull, de la Soc. indtut. d*Angerg et du départ, de Maine-et-Loire, — 1845. ,

FOHTtS PUESSIONS : API»AUEILS TRIGER. 577

grande du gaz nmeaé par clinque respiration? D*un autre côté, ils prétendent fatiguer beaucoup plus en travaillant dans l'air comprimé que dans Tair libre, Nous croyons que cela tient à l'humidité très-grande de fatmosphère des puits, humidité qui gène la transpiration insensible et provoque plus rapidement la sécrétion de la sueur chez ceux qui, dans un semblable milieu, ont à développer leur puissance musculaire. C'est cette humidité qui expliquerait aussi peut-être les douleurs assez vives dans les articulations qu'ont éprouvées quelques ouvriers,

peu d'heures après la sortie du puits

Nous pouvons conclure qu'il n'y a aucun danger sérieux à séjourner plusieurs heures de suite, et pendant plusieurs jours, dans un air comprimé à 3 atmosphères.

Notre auteur ne dit rien de la durée de la décompression ; il parait du reste, se préoccuper davantage du « passage d*unc faible à une forte pression » : il dit seulement qu'on ouvrait peu à peu le robinet.

Danfi une seconde communication à l'Académie des sciences, M. Triger* reproduit ses anciennes observations. II y ajoute les faits suivants :

Tout le monde parle du nez et perd la faculté de siffler à 3 atmosphères. AGn de m'assurer de l'effet de l'air comprimé sur un instrument à cordes, j*ai fait descendre un violon dans le puits et l'on a lrou\c qu'à la pression ci-dessus le son perdait au moins la moitié de son intensité.

Puis vient la première indication des accidents assez graves de la décompression :

Je dois déclarer ici que deux ouvriers, après avoir passé 7 heures de suite dans Tair comprimé, ont éprouvé des douleurs assez vives dans les articulations, une demi-heure après être sortis du puits. Le premier se plaignait d'une douleur extrêmement vive dans le bras gauche, et le second éprouvait une douleur semblable dans' les genoux et dans l'épaule gauche; quelques frictions faites avec de l'esprit-de-vin ont bientôt fait disparaître cette douleur cliez les deux individus ; ils n'en ont pas moins continué leur travail les jours suivants.

En 1846, M. de laGournerie', s*inspirant, dit-il, d'un appareil proposé en 1778 et approuvé par l'Académie des sciences en 1779, employa à l'extraction de rochers dans le chenal du port du Croisic un bateau portant une chambre en métal ouverte par en bas, et de laquelle on chassait l'eau par de Tair comprimé.

Il ne l'immergea que de 5 ou 4 mètres ; il ne faut donc pas s'étonner de voir que

Ijeltre à M. Arago, — Compter rendue de V Académie dei sciencci, t. XX, p. 443- 449; 1845.

* Mémoire iur Vextraction des roches de la passe d'entrée du port du Croisic, — Ann. desponls el chaussées^ 1S48, !•' semestre, p. 261-315.

Ls mtmen o*ODt jamais trooré que b pression de l'air les locoamiodâl. Ctsî à peine si elle fait éprouver pendant quelques secîtodes âne çéne l^çére anx 4ir«ilief.

Le Dombrt des pulsationi du poub n'est pas seDsiUèmerit aniniieoté. iP. 30^. •

(Test dans bs mines de Douchy (Nord , que fut imifée d abord la méthode employée pai M. Triger sur les Lords de la Loire. Les difficultés étaient plus grandes, puisqu^il s^agissait non plus de travcTser des sables perméables avec un !ube en tùle de 1"50 de diamètre, mais de creuser à trayers des calcaires un puits de 3 mètres de diamètre.

Nous citerons dans un moment le Mémoire important que les docteurs Pol et Watelle ont consacré à Tétude des accidents qui ont, dans cette exploitation, frappé de nombreux ouvriers. La pcemière connaissance en fut apportée par un rapport de l'ingénieur Blavier\ envoyé pour examiner cette invention nouvelle.

Il indique d'abord lesdouleurs d'oreilles, fimpossibililé de siffler. Pour parler il faut faire un certain effort :

11 noijs a semblé aussi que dans l'échelle dialonique la Toix perdait un ton ou un ton et demi dans les notes aigûes sans les regagner par le bas.

Il n'a trouvé aucune différence dans le nombre des pulsations avant d'entrer et dans l'appareil :

Si les effets de Fair comprimé ne se manifestent pas sur réconomie animale tout le temps qu*on y est plongé, du moins dans la durée cl*une pose d'ouvriers, il n*en eit pas tout-à-fait de même si Ton cherche à envisager ces effets, abstraction fiùte du moment.... La plupart des ouvriers, quoique choisis parmi les plus robustes et les plus sains, ont ressenti fréquemment, quelques heures après en être sortis, soit des pesanteurs de \He, soit des douleurs dans les jambes. Un d'eux seulement a éprouvé une perclusion absolue des bras et des jambes pendant 12 heures. Le directeur de la mine nous a ^ftirmé que les effets ressentis coïncidaient presque toujours avec quelques excès commis dans Tintervaile des poses. (P. 561.)

Cependant lui-même, après avoir été soumis à la pression totale de 2.6 à 3 atmosphères, fut frappé d'un accident assez sérieux :

Le lendemain de noire visite du 5 décembre, des douleurs vives sont survenues dans le côté gauche, et nous avons ressenti une gène douloureuse assez grande pendant plusieurs jours de suite. Comme un refroidissement ou quelque autre cause étrangère à Tair comprimé pouvait avoir agi, lorsque nous avons été

* Rapport sur le procédé suivie à Douchy, pour traverser des nappes d'eau considérables, — Ann. des mines, 4» série, t. IX, p. 349-364; 1846.

complètement délivré de ces douleurs, le 28 décembre, nous avons tenu à recommencer Texpérience, et nous avons pris à In sortie du puits les plus grandes pré* cautions pour nous mettre à Tabri de tout refroidissement. Malgré ces précautions, le lendemain, trés-sensiblement à la même heure, à savoir 20 heures après notre sortie du milieu d*air comprimé, nous avons ressenti dans le côté droit des dou« leurs tout à fait semblables aux premières, et qui nous ont tenu engourdi peu* dant quatre à cinq jours. (P. 562.)

Nous arrivons maintenant à l'important Mémoire, le premier qui fut sur ces accidents écrit par des médecins, dans lequel MM. Pol et Watelle * exposent les effets de la compression de l'air sur les mi^ neurs pendant le creusement de rAvaleresse-la-Naville, à Lonrches, dans la concession de Douchy (Nord).

Les auteurs ont pris soin d'avertir que leurs notes ayant été prises sans intention de publicité, ils ont observé sans plan, sans programme, et par conséquent sans ordre. Mais ils pensent, et avec grande raison, que leur travail présentera cependant quelque intérêt et quelque utilité.

Pendant l'exploitation, la pression totale s'est élevée à 4 atmosphères 1/4. La compression se faisait en un quart d'heure, la décompression en une demi-heure ; 64 ouvriers ont pris part aux travaux ; ils restaient ordinairement quatre heures de suite dans l'appareil, et cela deux fois par jour.

Les auteurs ont décrit à part les effets physiologiques qu'ils ont observés sur eux-mêmes et les effets pathologiques éprouvés par les ouvriers :

1" Effets physiologiques : Douleurs des membranes tym paniques ; ralentissement de la respiration et surtout diminution d'amplitude de l'expansion thoracique, devenue à peine perceptible ; ralentissement du pouls, (tombé de 70 à 55 ;) augmentation de la sécrétion urinaire.

Les auteurs accusent encore un « sentiment musculaire d'une résistance à vaincre, la densité insolite de l'atmosphère ambiante embarrassant la progression »; l'impossibilité de siffler, éprouvée au-dessus de 5 atmosphères, est également attribuée à une résistance inattendue, éprouvée par les muscles de la langue en présence d'un air condensé.

Au retour et pendant la décompression, ils éprouvèrent une vive

• Mémoire iur les effets de la compression de Vair appliquée au creusement des puits à houille. — Ann. d hygiène publique et de médecine légale. 2» série, t. I, p. 241-279; 1851. — Mémoire écrit à la fin de l'année 1847, et présenté, peu de temps après, à la Société de Douchy.

380 lliSTORlQUE.

sensation de froid, une certaine anhélation ; le pouls remonta h 85.

Effets pathologiques. —En prenant en bloc les observations, on voit que, sur 64 hommes, 47 ont supporté plus ou moins bien les travaux ; 25 ont dû être réformés ; 2 sont morls. En les relevant par le détail, on voit que 14 on! éprouvé des accidents légers, 16 des accidents plus ou moins graves, pouvant aller jusqu*à menacer la vie ; 2 sont morls.

En revanche, 2 ont bénéficié d'une certaine amélioration. L'un (l'*" catégorie, obs. I), était asthmatique, et respirait mieux dans le puits ; l'autre (o"" calég., obs. 3), chloro-anémique, ayant eu des hémoptysies fréquentes, vit son oppression disparaître, ses muqueuses devenir plus rouges :

Nous voyons poindre, disent à ce propos MSI. Pol et Watelle, sans nous dissimuler les diflicultés d'application, une nouvelle ressource de thérapeutique palliative contre la plupart des dyspnées.

Les accidents, règle universelle et sans exceptions, avaient lieu au moment de la décompression :

Le danger n'est pas de pénétrer dans un puits comprimé ; il n'est pas davantage d'y séjourner plus ou moins longtemps ; la décompression seule est à craindre : on ne paie qu'en sortant.

Examinons maintenant en quoi consistent ces accidents plus ou moins graves.

Ce sont d'abord les douleurs du tympan, phis ou moins vives et durables, et M. Pol constate qu'on les fait cesser beaucoup plus vite en se mouchant qu'en faisant des efforts de déglutition.

Pour les autres symptômes, comme MM. Pol et Watelle ont eu le bon esprit de donner les observations complètes, je crois ne pouvoir mieux faire que de les résumer chacune en quelques mots, suivant l'ordre dans lequel ils les ont présentées :

pREMiiRE CATÉGORIE. — Ouvrievs ttf/ant pris les travaux à V origine.

Observations. — I. Asthmatique, respire mieux dans le puits. A la décompression, violentes oppressions avec réaction circulatoire exagérée. Réformé.

II. A été jusqu'à quatre atmosphères et demie. Embarras de la respiration, diminution d*appétit, digestions pénibles, douleurs dans les membres. Selles noires. A beaucoup maigri.

m. Mêmes effets.

lY. Idem.

Y. A fait bonne contenance jusqu*à trois atmosphères. Au-delà, éblouisseroents,

douleurs musculaires, crampes ou engourdissement universel, Tomissements de matières noirâtres. Le tout au retour à Tair libre.

Un jour, une heure après sa sortie du puits, ayant pris son repas, il se plaint de malaise; porté sur son lit, t7 y perd connaUsance, Pouls plein et fréquent, face injectée, respiration courte et stertoreuse; son obscur partout, souffle bronchique, râle muqueux; résolution musculaire. Saigné, purgé, sinapisé. Après quatre heures, retour à la connaissance. £n trois jours, guérison. Réformé.

YI. Arrivé sans encombre jusqu'à quatre atmosphères un quart. Un soir, après 8*ètre couché bien portant en apparence, pris, à onze heures, de douleurs musculaires accompagnées de contractions qui simulaient des accès tétaniques.

Peau glacée, pouls petit et lent, urines abondantes et limpides. Respiration anxieuse ; mêmes résultats d'auscultation qu*à V.

Bains à 3^* exaspèrent tellement les douleurs, que le malade n^y peut rester. FrictionSi sudation forte, calme. Rétabli le lendemain, reprend son travail.

YII. A la pression de 3,3 : troubles cérébraux, analogues à Tivresse comateuse, hébétude, bredouillement. Respiration accélérée, pouls rapide. Pupilles dilatées.

Deux attaques semblables, guéries Tune en neuf jours, l'autre en quinxe. Conserve de la diplopie et des tournoiements, avec surdité d'un côté. Réformé.

Ylil. Présentait à l'excès deux phénomènes habituels : i* suppression des fonctions de la peau et augmentation de la sécrétion urinaire pendant la compression : 3* rapidité augmentée des battements de cœur après la décompression ; son pouls, de 58 montait à 130.

K à XYll. Rien d'important à noter.

XYIII. Sain et vigoureux. A éprouvé à plusieurs reprises de vives douleurs dans les membres et la poitrine. Troubles respiratoires croissant avec la pression, ainsi que les douleurs musculaires qui sont très-aiguës.

Est réformé. Dans les dernières journées, descend sans permission dans le puits. Y travaille sans se plaindre; sort avec ses compagnons, se lave comme eux, tombe aussitôt privé de sentiment et meurt en un quart d'heure. L'autopsie signale seulement engouement des poumons, engorgement du foie, de la rate, des reins; rien au cerveau, sinon sablé congestionnel.

XIX. Oppression violente avec matité et bronchophonie : pouls rapide, peau froide, toux continuelle ; contractions cloniques des membres; mieux sensible après cinq heures de soins.

Puis, une autre fois, à ces accidents se joignent : dilatation de la pupille, résolution des membres, stibdileritim, coma. Trois saignées coup sur coup ; sang rutilant au sortir de la veine ; guéri. Réformé.

XX. Mêmes accidents que Yll. Resté également sourd d'un côté, avec vue trèsafiaibUe. Réformé.

XXI. Un jour, vue troublée et double, ouïe abolie; respiration gênée, toux fréquente, pouls dur et galopant. Saignée rouge, guérit.

XXII et XXIII. Douleurs de tête, étourdissements, crampes. Réformés. XXIY et XXY. Rien d'imporUnt.

XXYl. Accidents thoraciques et cérébraux ordinaires ; guérit après de fortes transpirations. (P. 250 à 259.)

Categorib spécialk n'ayant travaillé quun jour et sans préparation, à 3,8 atmosphères.

Neuf hommes sortirent sans se plaindre de rien. Mais peu après, huit éprouvèrent des douleurs musculaires très-intenses, qui disparurent dans la nuit, excepté chez un, où elles persistèrent plusieurs jours.

Ces accidents sont attribués exclusivement, par les médecins de Douchy, à des congestions pulmonaires, hépatiques, rénales ou cérébrales. Nous verrons au chapitre spécial consacré à rénumcration des explications théoriques, quelles sont celles qu'ont présentées de ces phénomènes pathologiques MM. Pol et Watelle.

J'ai tenu à analyser longuement leur important Mémoire, le premier en date pour l'étude des hautes pressions, non-seulement à cause des nombreuses observations pleines d'intérêt qui s'y trouvent rapportées, mais parce que des vérités d'une haute importance y sont mises pleinement en lumière :

l"" a La compression, jusqu'à 4 atmosphères un quart, n'est pas à craindre par elle-même ; elle se supporte parfaitement ei infiniment mieux qu'une raréfaction proportionnelle beaucoup moins considérable. » Le retour à la pression naturelle seul est à craindre; son danger est proportionnel à la fois à la valeur de la compression et à la rapidité de la décompression : il faut donc ralentir beaucoup celle-ci ;

5** Dans l'air comprimé, le sang veineux devient rutilant. Cet effet persiste un peu après le retour à la pression normale ;

5" On est « autorisé à espérer » qu'un moyen de soulagement certain et prompt serait de recomprimer immédiatement, pour décomprimer ensuite avec précaution ;

4*" Les chlorotiques ou anémiques, les personnes qui respirent difficilement, pourront tirer un parti utile du séjour dans un air variablement comprimé.

Pendant les travaux de Douchy, une explosion survint, au moment où la pression tolale était de 5,20 almosphcres. Elle fut l'objet d'un rapport de M. Comte*, ingénieur en chef des mines. Huit hommes se trouvaient en ce moment dans l'appareil; quatre furent tués par écrasement ; deux autres, après avoir commencé à mouler l'échelle pour sortir du cylindre, la lâchèrent, sans qu'on ait jamais pu savoir pourquoi ni comment ; un septième ouvrier n'éprouva aucun accident; le huitième, envahi par l'eau, put également s'échapper. M. Comte fait à son propos une hypothèse curieuse et étrange, intéressante parce qu'elle montre combien, en ces questions, les meilleurs esprits errent aisément :

Peuloètre, dit-il, (rouva-t-il secours pour remonter sur Teau dans la légèreté

* Rapport fur Vexploêion d'un cylindre à air comprimé aur Vavalcrcsse n» 7, située dam la concatron tir D7'tch;f[^ovâ\ — Ann rfcfi yub*en, 4«*(^r'e, ♦ H. p. 1?I-HH. 18i7.

FORTES PRESSIONS ; APPAREILS TRKiER. 385

spécifique que lui communiquait Taîr comprimé dont certaines parties de son corps étaient encore plus ou moins remplies. (P. 130.)

La nouvelle méthode se généralisa rapidement. D'autres puits furent creusés, et Ton observa des faits analogues à ceux qu'avaient signalés MM. Pol et Watlelle.

C'est ce qui arriva, par exemple, au rapport de BouliyS dans la mine de SlrépyBracquegnîes (Belgique) :

A Strépy-Bracquegnies, tous les ouvriers, un seul excepté, qui ont travailJc dans Pair comprimé à 3,70 atmosphères, et pendant quatre à cinq heures consécutives, ont été atteints, après leur sortie de Fappareil, de douleurs plus ou moins aiguës Ces douleurs, dont le siège était principalement dans les articulations, telles que les genoux, les épaules, les plis des bras, se présentaient chez certains individus avec un degré d'acuité tel qu'ils restaient quelquefois plus de quarante-huit heures sans pouvoir goûter le sommeil

On a remarque que quelques ouvriers assez fortement attaqués, et qui étaient descendus pour travailler, se trouvaient débarrassés de toute douleur dés qu'ils étaient comprimés, mais qu'elles se faisaient sentir de nouveau quelque temps après leur sortie de l'appareil.

Outre ces effets, l'auteur signale encore des picotements incommodes sur toule la surface du corps et particulièrement aux extrémités.

Mais c'est surtout à la fondation des piles de pont que l'air comprimé est employé, et c'est dans ces conditions que des centaines d'ouvriers sont chaque année exposés à son action. Il n'est donc pas sans intérêt pour nous d'indiquer d'une manièro. rapide en quoi consiste, dans ce cas particulier, la mise en application delà méthode Triger.

La figure 6 nous permettra d'être très-bref dans nos explications; c'est une figure demi-schématique que nous empruntons au mémoire plus loin analysé du D' Foley.

Un tube de fonte MM composé d'anneaux concentriques réunis par des boulons m, et terminé à sa partie inférieure par une chambre évasée ou « crinoline », est descendu dans le lit du fleuve à la place que devra occuper la pile de pont. Il est coiffé à son extrémité supérieure par une pièce à 5 compartiments; celui du milieu, F, communique constamment aVec le tube de fonte; une macliine soufflante y envoie continuellement, par un tube G, de l'air suffisamment comprimé pour pouvoir chasser toule l'eau du cjlindie de fonte, et sortir incessamment en bouillonnant to^^l autour; le fond s'assèche

* Creusement à travert les sables mouvants d*un puits de la mine de Slrépy-Bracque^ gnics. — .4m//. des Irav. piiOl. de Bclfjiquc, t. VII, 18i8; cité par Barella, p.ti2l.

aloi-s, comme il arrive au lube de verre dans lequel un enfant souffle après l'avoir plongé dans l'eau.

Dans ces conditions, l'ouvrier qui vient à son travail , ouvre la porle d'une des chambres latérales, E, la referme derrière lui, el, par un robinet de communication avec la chambre centrale F, équilibre la pression de l'air où il est plongé avec celle de l'air du, cylindre. Ceci fait, il ou< vre aisément la porte intérieure jusque là fermée par la pression, et descend par uue échelle jusqu'au fonds du puits.

Là , il travaille , remplit, avec les matériauic qu'il enlève, des seaux qu'on remonte et qu'on vide au dehors. Veut-il sortir? il se présente devant l'autre chambre latérale C où l'air est resté sous pression, y entre, referme la porte, et laisse, par un robinet qui communique avec le dehors, s'échapper l'excès d'air comprimé. Il peut alors aisément ouvrir la porte extérieure et quitter l'appareil.

Au fur et à mesure que le travail avance, que rexcavaUoa augmente, le tube de fonte s'enfonce par son propre poids et par celui de la maçouneiie nn

Fig. S (empruntée k la Ihiie de M. FoleV).

Scbémt rapréunlant le timçtgt d'une pile de panl

p«r lei lubei f) ' '— '

dont on le charge ; on superpose alors de nouvelles rondelles de fonte, jusqu'à ce que la creusée soit finie ; il ne reste plus enfin qu'à remplir de maçonnerie tout le cylindre, et la pile est terminée.

C'est par cette méthode si simple, beaucoup plus compliquée, cependant, en pratique, que ne semble l'indiquer la description qui précède, qu'ont été construits, depuis 1851, un grand nombre de ponts.

La conception de cette application à la fondation des piles de pont de son système d'assèchement, appartient à M. Triger lui-même ^ Mais cette idée ne fut réalisée qu'en 1851 par l'ingénieur anglais Hughes, pour la construction du pont de Rochester, sur la Medvvay, dans le comté de Kent.

Un ingénieur d'origine française, Brunel , construisit par ce système le pont de Chepstow, sur la Wye (1849-1851) et de Saltash (1854-1859) ; pour ce dernier, la profondeur maximum atteinte fut 26'",68 au-dessous de la haute mer. A celui-ci seulement arriva un accident mortel ; un homme mourut en quittant le cylindre où il était resté fort peu de temps. Je n ai pu, du reste, me procurer de renseignements détaillés sur ces faits.

En 1856, M. Cézanne* fut chargé d'établir un pont à Szegedin (Hongrie), pour permettre au chemin de fer autrichien du S. E. de traverser la Theiss, affluent du Danube.

n employa le système des tubes à air comprimé. Les travaux de fouilla ont été « arrêtés à 20 mètres environ sous les hautes eaux, pour ne pas s'exposer à la pression de 5 atmosphères, au delà de laquelle le travail des hommes est très-pénible d. (P. 355.)

Un paragraphe spécial du mémoire de mon regretté coHègue est consacré à l'élude des effets physiologiques de Tair comprimé :

Il y a trois phase&à distinguer : rentrée, le séjour, la sortie.

Lorsqu'on ouvre le robinet d'entrée de Tair, on est immédiatement saisi aux oreilles par un bourdonnement violent accompagné de douleurs dont Tintensité varie a?ec les individus . « .

Le séjour au fond dn tube, dans une pression de trois atmosphères, peut être prolongé pendant plusieurs heures sans inconvénients ; le timbre de la voix est un peu altéré, la respiration activée comme par une marche rapide ; une cigarette qu'on agite se consume en flambant; les bougies brûlent rapidement, mais

avec une flamme fumeuse

» Le moment de la sortie, quoique peu douloureux pour la grande majorité des

Lettre à M. Ârago, — Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XHj p* 445^

* Notice sur le pont de la Theiss et sur les fondations lubulaires. •— Annales des ponts et chauêêées, 1859, !'• semestrei p. 334-382.

388 lUSTOiUQUË.

individus, est le plus dangereux pour les ouvriers Le sang afflue quelquefois

dans le nez et dans la gorge; certaines personnes éprouvent des névralgies violentes, mais courtes; d autres conservent pendRiit plusieurs jours des maux de

tète et des douleurs de dents • •

Les ouvriers qui travaillent habituellement dans les tubes ont mauvaise mine ; ils résistent cependant très-bien. (P. 369.)

Le 12 décembre 1859, il y eut une explosion de pile au pont de Bordeaux, d'où décompression instantanée ; sept des ouvriers qui y travaillaient n'ont éprouvé aucun accident. Deux furent tués , mais par des causes purement mécaniques.

M. P. RegnauldS qui rendit compte des travaux, ne dit pas sous quelle pression eut lieu cet événement, mais il résulte de son Mémoire que renfoncement du tube était alors certainement inférieur à 12»,90. (P. 82.)

On a bâli, en 1859, un pont sur le Nil, le pont de Kaffre-Azzyal : les piles furent creusées à 26 mètres au-dessous de l'eau. Cinq Arabes moururent des effets de la pression : un dans la cage même, en s'en allant, mais avant d'être sorti dehors ; la pression était de 36 livres anglaises par pouce carré*. Les autres se sentirent malades dans le cylindre et moururent pendant la décompression ; la pression était alors de plus de 30 livres. Le sang sortait par la bouche, le nez et les oreilles.

Le Mémoire de Babington et Cuthbert', auquel j'emprunte les faits précédents, est spécialement consacré à l'étude médicale de% accidents observés pendant la fondation du pont de Londonderry , en octobre 1 861 .

La profondeur atteinte a été de 75 pieds au-dessous du niveau de l'eau :

La pression supportée par les ouvriers fut, au maximum, de 45 livres par pouce carré, en tout. Us soufTraient de douleurs d*oreilles, de maux de tète, de douleurs dans les jambes, de saignements de nez, de malaises généraux. Ces symptômes augmentaient beaucoup quand les robinets étant ouverts tout grands, le changement de pression était trop rapide Ces symptômes apparaissaient d'abord

en entrant dans Tair comprimé; mais ils étaient beaueoup plus forts quand on passait des cylindres dans Tair libre : des accidents sérieux, mortels même, sont alors arrivés.

Mémoire ior la comtruction dupant métallique %ur la Garonne , à Bordeaux. — ^ Ànn. des ponts et chauêiées, 1867, 2* semestre, p. 27-115.

* Une atiDosphëre correspond à 15 livres par pouce carré.

* Parahfsis caused hy working under compressed air in sinking the Fondations of l/)ndonderry Neto Bridge, — Tke Dublin quart, journal of médical sHence, t. XXXVI, l»> 312-318, 1865.

FORTES PRESSIONS. - APPAREILS TRIC.ËR. r,89

Je reproduis, en les abrégeant, les six observations des auteurs :

I. 3 octobre 1861. Homme de 28 ans, ayant travaillé quatre heures sous une pression de 23 livres; en sortant, tombe insensible. Froid et livide; insensibilité totale, paralysie faciale à droite; strabisme de Toeil droit ; pupilles presque immobiles; 150 pulsations, petites et irréguliéres; bruits du cœur à peine perceptibles; respirations très-irréguKères, de 24 à 44 par minute; inspiration brusque, expiration prolongée.

Saignée : sang noir, visqueux et poisseux Mort vingt-quatre heures après la

sortie du cylindre.

II. Cas absolument semblable, survenu en même temps. Mort de même en vingt« cpiatre heures.

m. 23 ans. Quand nous le visitâmes, il était tout à fait abattu, mais avait sa connaissance, se plaignait de douleurs aux jambes et aux cuisses. Incapable de marcher, jambes et pieds froids et insensibles. Était assis les pieds datu le feu, si bien que plusieurs de ses orteils furent brûlés sans qu'il sentit la chaleur.

11 n*était pas devenu de suite malade, et comme il avait souffert des jambes les joars précédents, il n'avait appelé le médecin que plusieurs heures après être sorti du cylindre.

Deux jours après était guéri, sauf ses brûlures.

lY. Cas semblable. Hémoptysie. Guérison.

Y. 18 ans, le 3 octobre. Quatre heures sous la pression; tombe sans connaissance pendant qu*on décomprime État demi-comateux, répond quand on

Texcite et retombe dans l'insensibilité. Les symptômes comateux passèrent en dix-huit heures; il était alors paralysé totalement depuis la quatrième côte. Rétention d'urine, perte de sensation et autres symptômes des maladies de la région médullaire cervicale.

Mourut à Thôpital 162 jours après ; n'a jamais retrouvé la sensibilité ni le mouvement.

YI. 30 ans. Symptômes identiques ; seulement la paralysie ne commence qu'à la huitième vertèbre dorsale. Yécut trente jours.

Beaucoup d'autres cas de paralysies légères, de douleurs musculaires et autres affections nerveuses furent également observés.

Aucune autopsie n'a malheureusement pu être faite.

Nous verrons plus loin l'explication que les deux médecins anglais ont donnée de ces faits.

En 1859, un travail de la plus haute importance, la fondation des piles du pont de Strasbourg à Kehl, fut exécuté à l'aide de l'air comprimé. Deux Mémoires intéressants , l'un plus spécialement pathologique, l'autre plus physiologique, nous ont rendu compte et des sensations éprouvées, et des phénomènes observés, et des accidents survenus. Le premier, par ordre de date, est celui du D' François* ; nous nous en occuperons d'abord.

^ ûe$ effets de Voir comprimé sur les ouvriers (ravaillant dans les caissons servant de base aux piles du pont du grand Rhin, — Ann, d'hyg, publ. et de méd. Ug,, 1860, 2- série, t. XIV, p. 289-3iy.

' L'auteur commence par décrire rapidement les appareils employés dans les travaux du pont. La durée du travail était de quatre heures, et les postes se succédaient après huit heures de repos. La pression totale s'est élevée à 3 atmosphères et demie. La décompression, d'après les règlements, devait durer de 6 à 8 minutes jusqu'à 2 atmosphères; de 12 à 15 minutes jusqu'à 5 atmosphères; mais l'imprudence des ouvriers a presque toujours empêché la stricte exécution de ce règlement.

Effets physiologiques. — Respiration allégée , moins fréquente ; ampliation plus considérable de la poitrine , « ce qui s'explique de soi-même; » circulation exagérée pendant la compression , se ralentissant lors du retour à l'air libre; amaigrissement sensible, même chez les ouvriers qui n'ont pas soufTert.

L'auteur insiste peu sur ces faits, et annonce qu'ils seront développes dans le travail de M. Bucquoy dont nous rendrons compte tout à l'heure,

Effets pathologiques, — Ce sont d'abord des otcdgies et otites^ après lesquelles souvent l'ouïe reste très-dure.

Puis des douleurs dans les muscles ou les articulations : il y en a eu 133 cas. Elles se dissipent au bout de quelques jours. Quelquefois, on constate un gonflement local assez manifeste, mais sans crépitation. Dans un des cas, le sein gauche d'un des ouvriers s'est gonflé subitement , de manière « à ressembler au sein bien conformé d'une femme » ; ce gonflement douloureux a cédé rapidement à l'application de quelques ventouses scarifiées. (P. 307.) Dans un autre , le malade est resté incapable de se servir de sa jambe gauche.

M. François signale encore, comme fréquentes, les démangeaisons à la peau, les puces, comme les appellent les ouvriers; elles cédaient, dit-il, à des lotions d'eau fraîche.

Il explique, par des congestions vers le poumon, le cœur, le foie et la rate, quelques accidents assez obscurs, où se mêlent des sufTocations, des palpitations, etc.; l'un des malades, sujet du reste à des hémoptysies, a succombé quelques mois après.

Enfin, la céphalalgie violente, la perte de connaissance, sont attribuées à une congestion cérébrale ; ces congestions ne commençaient qu'au bout d'un quart d'heure ou d'une demi-heure. Dans l'un des cas, l'ouvrier, sorti des caissons (3 atmosphères) sans rien éprouver qu'un picotement très-incommode par tout le corps, gagne d'un pas leste la citadelle; arrivé là, il tombe comme foudroyé : saignées-

répétées, purgatifs, etc.; il se rétablit, sauf, pendant assez longtemps, une faiblesse notable des membres inférieurs.

Ceci amène à la description de quelques lésions fonctionnelles de la moelle épinière : rétention d'urine , violentes douleurs dans les membres, et, pour un malade, paraplégie persistante à gauche; la pression était de 3 atmosphères.

Notons enfin que de légères hémorrhagies nasales et même pulmonaires ont été quelquefois signalées.

Je ne cite que pour mémoire un travail de M. Willemin*, qui n'est qu'un simple compte rendu de celui de M. François, dont l'auteur semble accepter toutes les conclusions, car il ne s'occupe nullement des explications théoriques.

La thèse de M. Bucquoy* est au contraire un travail original et d'une véritable importance. Ses observations, comme je l'ai dit, ont été faites lors de la construction du pont de Kehl.

Nous trouvons, au début de son exposition, un renseignement dont nous verrons peut-être plus tard à tirer quelque profit, c'est que l'air des caissons où travaillaient les ouvriers, contenait en moyenne (six analyses à des époques différentes) 2,57 d'acide carbonique pour 100.

Arrivant à l'étude des phénomènes physiologiques, M. Bucquoy décrit d'abord les douleurs d'oreilles.

Relativement à la circulation, il donne le tableau suivant :

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