‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 22 sur 160 · FAIBLES PRESSIONS · texte numérisé non relu

FAIBLES PRESSIONS

Les pressions dont il s'agit dans ce chapitre n*ont jamais atlteiat une atmosphère surajoutée à l'atmosphère normale. Les ouvriers employés à la fondation des piles de pont, les plongeurs à scaphandre sont eux aussi évidemment soumis fréquemment à ces pressions médiocres ; mais comme ils n'y éprouvent aucun malaise (sauf les douleurs d'oreilles du début) comme ils en sortent sans encombre, lattention des ingénieurs ou des médecins n'a presque jamais été appelée sur les phénomènes qu'on aurait pu observer dans ces conditions.

11 en est tout autrement pour les pressions basses que, dans un but thérapeutique, les médecins emploient fréquemment aujourd'hui. Ici, au contraire, les observations délicates, d'ordre purement physiologique, ont été accumulées, et l'on a étudié l'action de l'air faiblement comprimé avec le même soin el suivant la même méthode que celle d'une substance médicamenteuse quelconque : à savoir sur l'homme sain d'abord, puis dans divers cas pathologiques.

C'est à trois médecins français, Junod de Paris, Tabarié de Montpellier et Pravaz de Lyon, que revient l'honneur d'avoir introduit dans la thérapeutique un agent dont la puissance est chaque jour constatée par les praticiens et dont l'emploi deviendra, on peut l'affirmer, de plus en plus fréquent. Je ne veux pas prendre un parti dans la querelle qui s'est élevée entre eux au sujet de la priorité de l'invention; autant qu'il me semble, elle appartient à M. Junod; c'est lui, du moins, qui fit à ce sujet les premières publications.

Aujourd'hui, les appareils deslinés au Irailemenf par Tair comprimé sont assez nombreux. On en trouve : en France, deux établissements à Paris, d'autres à Lyon, Monipellicr, Nice; en Allemagne, à Hanovre, à Stuttgard, à Wiesbaden, à Johannisberg, à Reichenhall, à Ems; en Danemark, à Alloua : en Suède, à Stockholm ; en Kcosse, à lieu Rhydding; en Angleterre, à Londres; en Italie, à Milan. La figure ci-contre représente l'appareil que le D' Fornanini a installé dans cette dernière ville.

Les divers directeurs de ces établissements diffèrent d'opinion quant à la pression qu'il convient d'employer ou plutôt quant au degré par lequel il faut débuter. Il en est qui tiennent pour les pressions fortes, de 30 centimètres au moins ; à Paris, M. Levai- Piquechef se trouve bien de débuter avec une grande prudence, par 10 cent, au plus. 11 ne m'appartient pas de discuter ces divers points de pratique; je ne m'occuperai pas non plus des applications thérapeutiques de la méthode, me bornant à dire une fois pour toutes que son efficacité a été reconnue très-puissante dans Tasthme cmpliysémateux, dans les bronchites chroniques, dans les cbloroanémies, et les hémorrhagies passives; elle parait être à la fois tonique et sédative, pour employer le langage de l'École*.

< Voici la série des principaux travaux qui ont été publiés sur remploi thérapeutique (le Tair comprimé. Je n*y ai pas compris ceux que je cite et analyse dans le présent chapitre et dans le chapitre suivant. Cette énumération monti*era à quelle étonnante Tai'iélé (le maladies on a essayé d'appliquer la médication nouvelle :

Pravaz, Mém. sur Vemploi du bain d*air comprimé dans le traitement des affections tuberculeuses t des hémorrhagies capillaires et des surdités catarrhales, — Acad. de 3Ied. de Paris, 6 déc 1837. — Cpt. R. Acad. des Sciences, t. VU, p. 283, 1838.

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432 UISTORIQIE.

par les physiologistes et les médecins, je (rois devoir rapporter, d'après Japgei S le récit d'une catastrophe qui fit grand bruit en son temps, et dans laquelle ouvriers et médecins prétendirent que Tair comprimé avait contribué à augmenter les souffrances des victimes, ce qui, à mes yeux, n'est rien moins que démontré.

Les 28 février 1812, à 11 heures du matin, une fosse de la mine à charbon de Beaujeu, près Leodium, fut envahie par les eaux ; 127 ouvriers se trouvaient à 270° de profondeur. 90 d'entre eux furent bloqués au fond d'une galerie, dans de l'air comprimé a capable de soutenir Teau à 64 pieds dans un tube métallique, et dont la densité était par conséquent double de celle de l'atmosphère ». Ils restèrent 7 jours dans celle position critique; 70 seulement survécurent :

Comme il élait impossible à ces malheureux de communiquer avec le reste de la iosse, ils restèrent confmés dans un étroit espace, privés d*air et de toutes choses. Nais leur chef Coflin et son fîis montrèrent un courage héroïque . . .

On ne parvint à eux que le septième jour. Ainsi, pendant sept jours et autant de nuits, ils furent privés de lumière et de nourriture, et épuisés par un travail continuel. 11 souffrirent incroyablement de la faim et de la soif; la respi- /*ation était difGcile, et les chandelles, par le manque d*air, s'éteignaient. Us ressentaient une ardeur suffocante, la peau était sèche et brûlante. Ils assurèrent que

la pression énorme de l'air leur était fort pénible Quelques-uns devinrent fous,

et les autres devaient les secourir et se protéger contre eux

Dans mon opinion, la densité étonnante de l'air fut la cause de ces phénomènes. Il n'est pas douteux que l'air n'ait produit plus de chaleur par sa condensation,

car, on le sait, celle-ci peut arriver à produire du feu U arrive ainsi que les

processus de combustion se sont tellement accélérés dans les poumons, que la sensation de chaleur peut s'expliqu^T (p. OSi.

La première publicalion relative aux symptômes éprouvés parles hommes placés dans Tair comprimé est due a M. Junod*. Il renJ compte de ses observations dans les termes suivants :

Lorsqu'on augmente de moitié la pres!>ion naturelle de l'atmosphère sur le < orps de Fliomme placé dans le rtcipient, voici ce que Ton obsene :

1* La membrane du tympan refoulée vers l'oreille inlerne devient le siège d'une pression assez incommode. Toutefois, elle se dissipe à mesure que Féquilibre se rétablit.

2* Le jeu de la respiration se fait avec une facilité nouvelle, la capacité des poumons pour l'air semble augmenter, les aspirations sont grandes et moins fréquentes : au bout de 15 minutes, on éprouve à Tintèrieur du thorax une chaleur agréable, on dirait que les aréoles pulmonaires, qui depuis longtemps étaient

* Tractatm physieo-medicut de almosphera et aère aimaspherico. — Cologne» iSIC.

* Loe. cU. : Arub. i;én. de Méd.; 2* série, t. IX, p. 157-17:2. 1855.

devenues étrangères au contact de Tair, se dilatent de nouveau pour le recevoir, cl toute l'économie puise dans chaque inspiration un surcroît de vie et de force.

5* L'augmentation de la densité de l'air parait modifier la circulation d'une manière notable, le pouls a une tendance à la fréquence: il est plein et se déprime difficilement; le calibre des vaisseaux veineux superficiels diminue et peut même s'effacer complètement ; de sorte que le sang, dans son retour vers le cœur, suit la direction des veines profondes. Si le calibre des vaisseaux superficiels augmente ou diminue en raison de la tension du ressort atmosphérique, il doit en être de même dans les organes pulmonaires qui sont placés à cet égard dans les mêmes circonstances; d'où il doit nécessairement résulter que, la pression de Tair étant augmentée, la quantité de sang veineux contenu dans les poumons doit diminuer; c'est là sans doute ce qui permet d'introduire à chaque inspiration une quantité d air beaucoup plus considértible qu*à la pression normale de l'atmosphère.

Si la densité croissante de Fair diminue le calibre des vaisseaux vemeux, il doit nécessairement en résulter que le sang se portera en plus grande quantité dans le système artériel, ainsi que vers les principaux centres nerveux, notamment dans le cerveau, lequel est soustrait à la pression directe de Patmosphère par la résistance de la boîte osseuse qui l'enveloppe. Ainsi les fonctions de l'encéphale sont activées, l'imagination est vive, les pensées s'accompagnent d*un charme particulier, et chez quelques personnes il se manifeste des symptômes d'ivresse. Ce surcroît d'innervation agit également sur le système musculaire, les mouvements sont plus faciles et plus assurés.

4* Les fonctions du tube digestif sont activées : la soif est nulle;

5o Les glandes salivaires et rénales sécrètent leurs fluides avec abondance (p. 159).

Le rapport que fit Magcndie sur le travail de M. Junod, rapport dont nous avons cité plus liaul (p. 240) ce qui a trait à rinfluenee de la dinninution almospliérique, ne dit rien de nouveau sur le sujet, ni au point de vue syinptomatique, ni au point de vue théorique.

C'est en 1838 seulement que Tabarié* donna de la publicité ;j ses recherches, qui, dit-il alors, remontaient cependant à une époque déjà trés-reculée.

Sa noie montre qu'il s'était proposé une série de problèmes trèscomplexes, puisque les procédés qu'il avait mis en usage comprenaient :

1" La condensation générale de l'air sur toute l'économie; 2° La condensation locale sur les membres; 5* La raréfaction locale sur les membres ;

h" La condensation et la raréfaction alternatives et locales ou ondulation sur les membres; •VLa rarélaction sur toule l'habitude du corps baulla tète;

* Hechcrcfics sur les effets des variations dans la pression almospliérique à la surface du corps. — Cpt. R. Acad. des Sciences, t. VI, p. t^'OG; 1838.

ir,l HISTf»RIQUE.

6* Le jeu des condensations et des raréfactions alternatives sur toute Thabitude du corps sauf la bouciie, d'où résulte une respiration artiticielJe et complète contre l'asphyxie.

Le reste de sa note ne contient qu'un très-court résumé des applications faites de ces diverses méthodes. On n\ trouve rien de net, ni au point de vue des phénomènes physiologiques, ni sur les idées théoriques qu'il se faisait du mode d'action de l'air comprimé.

Mais dans un travail postérieur^ il se montre un peu plus explicite quant à la description des phénomènes.

L'influence de l'air condensé, dil-il, est signalé par deux principaux traits :

V LViT condensé réagit sur la circulation en la ralentissant ; et en même temps qu*it diminue le nombre des battements du cœur, il en régularise le rhythme.

Os phénomènes, r|ui sont peu sensibles dans un étal normal de santé et sous Taction d*ex|)ériences brèves ou imparfaites, deviennent Irès-marqués dans le cas de maladies inflammatoires ou fébriles, lorsque toutefois les conditions expérimentales sont convenablement remplies et sufôsamment soutenues

2* L'air condeiisé n'influence pas la caloriGcation générale comme le ferait uo air plus riche en oxygène ; car bien loin d'exalter celle fonction, ainsi qu'on s*est plu à rimaginer par analogie, il la modère et, dans certains cas, il va même jusqu'à l'affaiblir.

Ce fait, que j'annonçais en 1858, avec quelque timidité, s'est manifesté depuis lors avec une nouvelle évidence. Non-seulement l'usage du bain d*air coroprkDê ne développe aucune chaleur insolite à l'intérieur du thorax, mais, au contraire, il inrJine à produire une sensation générale de froid, alors même que la température des appareils est supérieure à celle qui règne au dehors; et chez quelques sujets où ce sentiment de réfrigération est plus marqué, on observe qu'il s'accroil avec la durée et l'élévation du degré des bains.

On obtient de meilleurs résultats à des pressions médiocres (2/5 d'atm.) qu'à des degrés plus élevés (2/5 d'alm.).

Du reste, la note de ïabarié ne contient aucune explication théorique.

Les premières tentatives de Pravaz pour appliquer les bains d*air comprimé à la thérapeutique remontent à 185(). 11 commença à

fmblier en 1837 * le résultat de ses observations. Il a résumé dans e travail que nous prenons pour guide' ses notes et mémoires antérieurs.

Son appareil mesurait 9"^ La pression employée était générale

« Sur l action l/i&apeutique de Voir comprimiê,^ Cpt. R. Acad. des 8e., t. XI, n. 26;

* Voir la note de la page WO.

* E^^ai sur l'emploi médical de Vair comprima. -^ Lyoïi-Parjs, 1850.

ment de 50 à 35\ Pravaz décrit ainsi les phénomènes présentés par les sujets de ses expériences :

Chez la plupart des sujets d'une bonne constitution et dans Tétat de santé, la circulation artérielle n'éprouve pas de modifications considérables* sans doute parce que la respiration qui suffisait à Thématose sous la pression ordinaire conserve à peu près le même rhythme dans Tair condensé ; mais il n'en est pas de même lorsqu'il y a accélération morbide du pouls ; on le voit alors s'abaisser beaucoup, sauf dans quelques cas exceptionnels qui seront exposés plus lard.

L*injection des capillaires de la peau et des membranes muqueuses est évidemment diminuée par l'accroissement de pression exercée sur la périphérie du corps. Cet effet devient très-apparent sur la surface des vésicatoires et de la conjonctive, lorsque celle-ci est rouge et enflammée.

L'excitation des organes digestifs, notée parM>f. Colladon et Junod, ne se borne pas toujours à produire une simple augmentation de l'appétit ; quelquefois cette excitation arrive, après un certain temps, au point de déterminer une véritable boulimie, qui oblige de suspendre ou de rendre moins fréquent l'usage du bain d'air comprimé.

Parmi les sécrétions dont l'accroissement a été mentionné par les auteurs que je viens de citer, celle de l'urine éprouve, pour la quantité et la nature, des changements qui m'ont paru les plus remarquables; et cela doit résulter rationnellement de la plus grande activité imprimée ù la métamorphose des tissus par une absorption plus grande d'oxygène.

Le sentiment d'une respiration plus facile, plus large, n'est pas éprouvé au même degré par tous les sujets qui sont placés dans l'air comprimé. Ceux qui respirent habituellement avec ampleur s'en aperçoivent à peine, mais il n'est pas de même des malades ou des valétudinaires atteints de dyspnée plus ou moins prononcée, soit par une affection des organes thoraciques, soit par un état de pléthore veineuse ; ils éprouvent en général une sensation de bien-être extraordinaire qui leur persuaderait qu'ils sont guéris, si elle se prolongeait hors du bain. (P. 112.)

Un autre médecin de Lyon, Milliet*, qui avait fondé l'établissement de Nice, a publié quelques années après des observations qui concordent en partie avec celles de Pravaz :

Un des phénomènes les plus remarquables produits par l'augmentation de la pression de l'air respiré, c'est le notable ralentissement imprimé à la circulation chez la plupart des sujets. Le rhythme circulatoire s'abaisse de 10, 15 et même de 45 pulsations. «... Chez une femme âgée de 74 ans, souffrante d'une affection catarrhale subaigué, le pouls qui s'était élevé à 120 pulsations, tomba à 60 et s'y maintint. (P. 13.)

Dans l'air condensé, les mouvements d'inspiration se ralentissent; ils se répètent avec moins de fréquence dans un même espace de tempsdonné pour effectuer réguhèrement l'alimentation pulmonaire. (P. 15.)

Cependant la nouvelle méthode de Iraitement avait fait des pro-

* l)c Vair comprimé comme agent thérapeulique. — Lyon, 185i.

436 HISTORIQIE.

grès; des appareils avaient été installés à Stockholm, par le D'Sandahl ^ qui, dès 1862, signalait les phénomènes physiologiques qu'il avait observés.

Après l'indication, l'étude détaillée et l'explication des douleurs d'oreilles habituelles, Sandahl arrive aux phénomènes respiratoires et circulatoires :

Dans 1454 observations, portant 8ur 75 personnes, les mouTements respiratoires ont été ralentis dans 1362 cas, comprenant 64 personnes; chez 11 personnes seulement, qui ont pris en tout 102 bains, la respiration a été plus rapide qu'auparavant

En général, on trouve que la diminution du nombre des mouvements respiratoires non-seulement arrive pendant le bain, mais dure après le bain ....

Les battements du cœur deviennent également plus lents Ainsi le pouls,

dans le bain où Tair était comprimé d'une demi-atmosphère, a diminué en moyenne de 9,94 battements.

Des observations semblables étaient failes à Nice. Tutschek* déclare que l'effet de l'air comprimé se manifeste par:

1« Agrandissement des cellules pulmonaires; 2' dinriinution du nombre des respirations; 5» ralentissement de la circulation artérielle; 4* accélération de la circulation veineuse et capillaire ; 5* excitation des dépenses organiques et de l'assimilation, se manifestant par une excrétion plus considérable de Tacide carbonique et de Turée, et par une faim allant jusqu'à la gloutonnerie ; 6* exdtatioo plus grande du système nerveux par un sang plus riche en oxygène, se manifestant par Tactivité d'esprit et une sensation de légèreté des mouvements.

Il ne dit pas la pression employée. Tout fait penser, du reste, que ce résumé symptomalique est simplement emprunté aux auteurs antérieurs; Tutschek n'a fait d'observation que sur 5 personnes saines el 6 malades. Chez les premières, le nombre des respirations diminuait de 3 à 5 el celui des pulsations de 0 à 10 ; les changements étaient plus grands chez les malades.

En Allemagne, le D' G. Lange, médecin des eaux de Johannisberg, avait installé dans cet établissement un appareil à air comprimé. Il y fit, en commun avec Rudolph von Vivenot, de nombreu* ses observations dont nous allons parler, et publia sur les résultats de sa pratique un mémoire que traduisit en français M. Thierry-

* Om verhningarnc af fôrlâtad luft pae den menskliga organigmen, i fysiologiiki cck lerapeutiskt hànseemlc. — Medicinskt Archiv ittgivet af IJirare vid Carolituka InMA et in Stockholm. Hdl. lift I; p. 1-205; 1802. N'ayant pas pu me procurer le raénioire original, je cite d'après Tanalyse étendue qu'en donne Von der Busch dans le Sckmiéft Jahrbuchcr der Gesammtcn Medicittf t. CXX, p. 172-180; 1863.

^ Die comprimirte Luft aU HcilmiUcL — Acrzll. Intell. BL 18,19. — Ext. in CaDstatt's Jahr., 1803; t. Y, p. 155.

Mieg. Les extraits intéressants de ce mémoire seront mieux à leur place au chapitre consacré à Tétude des explications théoriques.

Je citerai seulement ici le résumé qu'il donne des phénomènes observés sur les personnes soumises à l'action de l'air comprimé :

Ralentissement delà respiration et de la circulation; très-probablement, absorption plus considérable d*oxygène par la peau et les poumons ; augmentation de Texhalation d'acide carbonique ; diminution de la transpiration cutanée et de Texhalation pulmonaire ; augmentation de la sécrétion urinaire, qui élimine plus d'acide urique et moins de phosphates ; amélioration de Thématose et de la nutrition ; augmentation de l'énergie de Tappareil musculaire et de la capacité vitale des poumons. (P. 53.)

C'est en 1860 que von Vivenot commença la série de ses publica-. lions sur Taction physiologique et thérapeutique de Pair comprimé. Ses notes et mémoires nombreux* le conduisirent à la rédaction d'un ouvrage considérable', qui parut en 1868; c'est, de beaucoup, le travail le plus important qui ait été publié sur ce sujet.

La plus grande partie de ses recherches furent faites à l'établissement des bains dé Johannisberg. L'altitude étant assez grande, la pression barométrique moyenne n'était que de 741""",! 7 ; la compression employée s'élevant à 318'°^,07, on avait, pour la pression totale, 4060"*",24. On atteignait dans l'appareil celle pression en 20 minu-

* Ueber den Einfluss. der verândertcn Lufldruckes auf den menschlichen Organismus.

— Virchow*t Archiv fur paihol. Anal, und Phyùol. und Klin. Medicin, Bd xjx. — Berlin, 1860, p. 492-521.

(Jeber die therap. Anwendung der verdichteten Luft , und die Errichlung eines ÎMfl Cûmprcision» Apparates in Wien. — WochenblaU der Zeits, der K, K, Getelhchaft der AerzU zu Wien. N»* des 9, 16 et 23 juillet 1862.

Uelfer die Aufttellung eines pneumatischen Apparates in Wien. — Allgemeine Wiener Medic. Zeit. — N»* du 13 et 10 Février 1865.

Ueber der Einfluss der verstiirklcn und verminderten Lufldruckes ouf der Mechanismus und Chemismus der liespiration. — Medic. Jahrb. der Zeilsch. der K. K. Gesellschafl der Aerzte zu Wien. — Mai 1805. Traduit eu piirtie par Thierry-Mieg; Gaz. Bled. de Paris, 1868.

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Ueber die Verànderungen im arteriellen Stromgebiete unlér den Einfluss des ver- Miàrkten Lufldruckes. — Virchov s Archiv. Bd. XXXIV; Berlin, 1865; p. 515-591. Traduit par Lorain; Le Pouls, Pajpis, 1870.

Ueber die Verànderungen der Kôrperwâmie wiler den Einflussc der verslàrklen Lufldruckes. — Aledicinische Jafirb. der Zeilsch. der K. K, Gesellsch. der Aerzte zu Wien,

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* Zur Kenntniss der physiologischen Wirkungen und der Iherapeutischen Anwendung der verdichteten Luft. — Erlangen, 1868 ; gd. in -8» de xn-626 pages.

438 HISTORIQCE.

tes ; elle y restait permanente pendant 1 heure ; 40 minutes étaient employées pour revenir à la pression normale.

Respiration, — Le plus important des mémoires de Vivenot est celui qu'il a consacré à l'étude des modifications des actes mécaniques et chimiques de la respiration. Comme il n'y a ajouté, dans son grand ouvrage, que des détails d'observation d'un médiocre intérêt, je ne puis mieux faire que de reproduire les principaux passages du travail primitif, publié en 1865; c'est en quelque sorte une analyse de Vivenot par Vivenot lui-même.

Nous nous bornerons cependant ici à rapporter les observations relatives aux changements du rhythme respiratoire et de la capacité pulmonaire ; la partie chimique, étant beaucoup plus intimement liée aux questions de théorie, sera mieux à sa place dans le chapitre suivant ;

Si Ton examine un individu d'abord sous la pression normale, puis soust*air comprimé , on peut cou^^tater par la percussion , Vausc-ultation et la paîpalion des changements de grandeur et de situation de divers organes , correspondant aux nouvelles conditions de pression. Â-t-on marqué, sous la pression normale» la position du diaphragme et la limite supérieure du foie correspondantes à une inspiration et à une expiration aussi profondes que possible, ainsi que les limites de II matité du cœur, on trouve que , dans les deux cas, sous Tair comprimé , le diaphragme et le foie sont situés plus bas ; Tabaissemc^nt est de 1 1/:2 à 2 centimètres sons une augmentation de pression de 5/7 d'atmosphère ; la matité du ccenr est devenue moins étendue et a pris une autre forme (celle d'une faucille dont la convexité est tournée vers le sternum). En même temps l'impulsion cardiaque semble au doigt qui palpe moins vigoureuse , et l'oreille qui. ausculte perçoit les bruits du C(uur plus faibles, comme s'ils étaient plus éloignés. 11 se produit quelquefois dans l'air comprimé une dilatation mécanique des poumons, à la suite de laquelle le dinphragme et le foie sont repoussés en bas, pendant que le lobe antérieur du poumon gauche vient se placer par-dessus la moitié correspondante di c<i»ur. -C'est pour cotte raison que la matité du cœur diminue, que la forme en ■ est changée, et que l'inipulsion et les bruits du même organe paraissent affaiblb. Vawjmenlation de capacité des poumons, démontrée par ces faits, se démontre encore d'une autre manière. Ainsi, dans l'air comprimé, le spiromètre permet de constater une augmentation assez notable de la capacité respiratoire. La moyenne d'un grand nombre d'expériences, faites pendant un séjour d'une heure et demie sous la pression de 1 5/7 d'atmosphère , a donné chez moi une augmentation de 108,07 centimètres cubes, chez le docteur G. Lange 135,3, chez le docteur IDltermaier (après une seule expérience) 121,0 et chez .M. H.. ..y 99,2". Or, ma capacité pulmonaire étant en moyenne 3425'% celle du ^docteur Lange 5950", cdie

du docteur Mittermaier 4159" et celle de M. H y 2910", il s'ensuit que Taug-

mentation de la capacité des poumons a été, chez moi, de 1/51,7, chez le doctenr Lange de 1/29,7, chez le docteur Mittermaier de 1/55,4 et chez M. H....y de 1/29,5.

On voit que ces résultats ne diffèrent pas sensiblement les uns des autres et ils indiquent une moyenne d'augmentation de la capacité pulmonaire égale à 1/31,5 fin volume des poumons soit 5,5 pour cent. Gomme maximum de cette augmenta-

tion, j'ai obtenu chez moi 254'% chez le docteur Lange 200", chez M. H. ...y 223«% chez M. R.^TO'" et même 500; 686 chez un emphysémateux, M. 6., dont la capacité respiratoire moyenne était de 2268", c*est-à'-dire environ 2/9 à 2/7 de la capacité respiratoire totale.

L*erfet obtenu est, comme on le voit, doublé : d'une part, nous avons sous e même volume plus d*air atmosphérique, et d*autre part, nos poumons agrandis sont capables de recevoir un plus grand volume de cet air condensé. Si donc ma capacité respiratoire moyenne est de 3425" sous la pression normale , le même volume d'air comprimé à i'*'",57 représenterait à lui seul 4893" d'air normal. Et comme, sous une pression augmentée, mes poumons inspirent en moyenne 108", 1 de plus, ce qui équivaut à 154", 5 d'air normal, que j'inspire, donc 3425 + 1 08", 1 =: 5535", 1 d'air comprimé, il en résulte que le volume d'air introduit par la plus forte inspiration sous l'influence de la compression équivaut à 5047", 5 d'air à la pression normale

L'expérience a prouvé qu'après un séjour de 2 heures dans Tair comprimé , la capacité pulmonaire, même sous la pression normale, ne revient pas à son volume primitif, mais conserve un agrandissement qui, chez moi, s'élevait en moyenne à 50",53,au maximum, à 183"; chez M. H. ..y en moyenne à 57",6, au maximum à 124'S Elle a donné ensuite ce résultat intéressant, étonnant, que V effet can$é~ cutif nett pas un effet passager, mais qu'il est en partie permanent ^ de sorte qu'à la faveur de l'emploi de l'air comprimé pendant 2 heures tous les jours, on entre sous l'appareil pneumatique avec une capacité pulmonaire qui, en négligeant naturellement les variations physiologiques, dépasse tous les jours de 20 à 30" ce qu'elle était la veille. C'est ainsi que du 30 avril jusqu'au 19 septembre inclusivement, c'est-à-dire dans l'espace de 143 jours, après 122 bains d'air comprimé pris pendant ce temps, ma capacité pulmonaire sous la pression normale était montée successivement de 5051 à 3794" (sous l'air comprimé même jusqu'à 3981"), hauteur qu'elle avait déjà atteinte le 12 août après 91 bains d'air, et à laquelle elle s'est ensuite maintenue d'une façon presque constante. La capacité vitale des paumons avait donc éprouvé chez moi dans V espace de trois mois et demi une augmentation progressive de 743", c'est-à-dire de près du quart de sa grandeur primitive (de 24 pour cent). Un résultat semblable a été observé chez d'autres personnes. Chez M. H....V, la capacité respiratoire était montée après 11 jours d'emploi de l'air compnmé de 2900" à 5085" ; chez M. de K., en 4 jours, de 3252" à 3664" ; chez M. G., emphysémateux, en 17 jours, de 2202" à 2550"; la capacité respiratoire de ce dernier avait même atteint dans l'air comprimé 2836'*.

One suspension, même de plusieurs jours, ne laissait pa.^s apercevoir d'effet rétrograde, et, trois semaines après mon dernier séjour dai.* i ?\\ .omprimé, le spiromètre démontra que ma capacité respiratoire s'était mainienae .; 5800". De même aussi, la percussion permit de constater après 3 semaines , ce qui fut fait par le professeur Duchnk, que le refoulement de haut en bas du diaphragme et du foie, de 2 centimètres, et la diminution de la matité du cœur, caractères dont il a été question plus haut, se maintenaient.

Il est bien évident que de pareils changenments dans la capacité pulmonaire ne peuvent être sans influence sur l'ensemble des fonctions respiratoires, et nolammentsur le nombre, la profondeur et le rliylhme des respirations.

Le nombre d'abord :

Déjà , dans mes premières expériences publiées il y a plusieurs années , j'sTais trouvé le nombre des inspirations diminué ; ma longue série actuelle d'expériences a confirmé ce résultat, comme étant» on peut presque dire, constant. La diminution du nombre des inspirations varie selon les individualités. Elle est, en rooymne, d'autant plus <j;rande (pie le nombre des respirations est lui-même plus considérable ; elle est en général de 5, 2, 1 à 1/2 respirations par minute. Comme maximum, j'ai constaté chez 2 emphysémateux, dont les inspirations s^élevaient à 55 par minute, une diminution qui était respectivement de 16 et de 11 inspiratioiis.

Au retour sôus la pression normale^ le nombre des inspirations augmente de nouveau un peu, mais sans atteindre son chiffre primitif. En cela éj^alement, l'eflet de Tair comprimé n'est pas seulement passager, mais il a quelque chose de permanent. Cela est d'autant plus évident que Ton considère la fréquence de la respinCion dans une plus longue série d'observation. On constate alors que la respiration est toujours moins fréquente le lendemain que la veille. Comme elle éprouve une nouvelle diminution par l'elfet de chaque nouvelle séance sous l'air comprimé, ileii résulte ce fait certain et constant que Vusage continu de Voir comprimé fait diminna journellement Jusqu à une certaine limite^ la fréquence des mouvements respiratoires.

Ma propre respiration , après trois mois d'usage journalier de Tair comprimé pendant 2 heures par jour, était tombée, de 20-16 par minute, à 4, 5 sous h pression normale et même à 5, 4 dans l'air comprimé.

Arrivée à ce degré de ralentissement , elle resta stationnaire pendant les expériences subséquentes (se ralentissant toujours un peu sous l'influence de la pression) et maintenant encore , au moment où j'écris ces lignes , bien que 5 mois se soient écoulés depuis lors , ma respiration ne dépasse pas le chiffre remarquable de 5,4 inspirations par minute. Le même résultat , moins éclatant , parce que la série des expériences a été plus courte, fut constaté par les observations faites sur d'autres ))ersonnes. Chez M. H. ...y, le nombre des inspirations était descendu en 12 jours de 21 successivement à 16 et dans l'air comprimé jusqu'à 15 par minute. Chez le docteur Lange, après 4 séances prises en 11 jours (nonobstant des interruptions de plusieurs jours) de 11) à 16, et sous l'air comprimé de 14 à 6 ; chef M. (t., emphysémateux, après 1 4 séances prises en 19 jours, de 20,5 à 15,5; chei le docteur D., également emphysémateux, de 55, le second jour déjà, à 18, en 5 jours à 10,4.

C'est pendant les premiers jours que la fréquence respiratoire diminue de la façon la plus remarquable et la plus prompte ; plus tard, la diminution devient plus lente et les différences moins considérables.

Si nous comparons le résultat obtenu , quant à la fréquence de la respiration avec celui que nous donne la spirométrie, il sera diflicile de ne pas remarquer qu'il y a entre les deux une relation motivée, que la fréquence des inspirations ed en raison inverse de leur amplitude, de sorte qu'à mesure que cette amplitude augmente, la fréquence de la respiration diminue. L'augmentation de la capacité des poumons, sous l'influence de l'air comprimé, est la cause du ralentissement de la respiration ; ou, en d'autres termes, le ralentissement de la respiration est une conséquence nécessaire de l'augmentation de la capacité pulmonaire, puisque finspiration et l'expiration d'un volume d'air plus considérable demandent nécessaire ment plus de temps.

Puis, la profondeur:

On pouvait concevoir trois modes diflérents connue possibles. Ainsi, il pouvait s'établir entre la fréquence et la profondeur des inspirations une compensation,

par le fait que Tamplitude de la respiration pouvait être moindre que sous la pression normale, puisqu'il entre une quantité plus considérable d'air sous le même volume, et la Iréquence de la respiration pouvait néanmoins être réduite aussi; ou bien, en second lieu, la compensation pouvait s'établir, par les mêmes causes, avec des inspirations moins nombreuses, mais conservant la même amplitude. Enfm, en troisième lieu, il pouvait y avoir, nonobstant l'apport d'une quantité d'air plus considérable, comme conséquence de la compression, un ralentissement et une augmentation de profondeur des inspirations. C'est cette dernière condition qui paraissait à priori la plus vraisemblable si l'on tenait compte de l'augmentation d'amplitude de la respiration, telle que nous l'avions constatée, et elle devait se réaliser surtout cliez les personnes dont la capacité pulmonaire avait été pathologiquement diminuée.

Pour éclaircir ces difficultés, j'employai un appareil construit tout exprès, qui pouvait être fixé autour du thorax, et en suivait les mouvements d'inspiration et d'expiration, l'augmentation de la circonférence du thorax étant indiquée en millimètres par l'écartement de deux aiguilles mobiles. Cetle augmentation plus ou moins considérable de la circonférence thoracique servait à mesurer la profondeur plus ou moins grande des inspirations. Dans chacune des trente-neuf expériences faites avec ce thoracométre, la profondeur el le nombre des inspirations furent notés pendant quinze minutes consécutives, temps suffisant pour que rinfluencc de la volonté ou d'une pfetite erreur d'observation pût être négligée. Les expériences étaient toujours faites comparativement dans l'air atmosphérique et dans l'air comprimé ; et comme la fréquence de mes inspirations était alors de 7,67 à 4,40 par minute, il fallait de cent quinze à soixante-six observations dans chaque expérience, faisant un total d'environ trois mille nombres concernant la mobihté du thorax.

La mensuration faite, comme il a été dit ci-dessus, permet de constater que chez moi, le premier jour d'expérience, l'expansion thoracique, c'est-à-dire Taugmeutation de la circonférence thoracique produite par une inspiration ordinaire était, sous la pression normale de i2*39"", au commencement de la pression maximum 15,68; après une heure de cette même pression d7,22; et au retour, sous la pression normale 18,14, tandis que la fréquence des inspirations avait été en diminuant de 7,67 à 6,07, 5,80, et jusqu'à 5,60; il s'était donc produit sous l'influence de l'air comprimé une diminution progressive de la fréquence en même temps qu*une augmentation progressive de la profondeur des inspirations, hquelle continuait même au retour de la pression ordinaire. Le lendemain, l'expansion thoracique sous la pression normale était de 14,92 ; le troisième jour, de 17,84 ; le cinquième jour, de 18,98; quinze jours plus tcird elle était montée à 21,86, pendant que le nombre des inspirations sous la pression atmosphérique était descendue respectivement de 7,67 à 7,07 ; 6,40; 6,55; 5,00 par minute, et que la capacité respiratoire s'était 'au contraire élevée de 5550" à .5400, 5474, 3498,

Les expériences faites sur MM. de K... et le docteur M... donnèrent le même résultat. Chez ce dernier, la fréquence des inspirations était tombée pendant une seule expérience dans l'air comprimé de 7,6 à 6,5 par minute, tandis que son expansion thoracique était montée de 19,28 «à 25, 02"", et sa papacité respiratoire était également montée de 4159 à 4280". Ce résultat prouve que sotis Vinfluence de Vair comprimé la profondeur des inspirations ainsi que la capacité des poumons augmentent, tandis que, dans un rapport inverse, la fréquence des inspirations diminue.

Vexpamibilité du thorax, telle qu^elle a été examinée jusqu'ici, n'est que celle

qui correspond à une inspiration ordinairej non modifiée par la volonté, et telle qu'elle se produit comme effet de V influence prolongée de l'air comprimé.

Toutefois, les modifications déjà signalées faisaient prévoir aussi un changement dans les conditions des inspirations volontaires, changement à constater par Taugmentation de la circonférence totale et de l'expansion volontaire du thorax avant et après l'action prolongée de Tair comprimé. Si la capacité des poumons avait réellement augmenté, les dernières mensurations devaient indiquer une augmentation dans la circonférepce du thorax, non-seulement lors des plus grandes expirations, mais aussi lors des inspirations les plus profondes; et si par un séjour prolongé dans Tair comprimé on avait acquis la facilité d'une respiratkm habituellement plus vigoureuse, l'expansibilité maximum du thorax devait aussi aveir augmenté. Ce résultat aussi est constaté par des chiffres. Ma circonférence thoc^ cique ayant été, le 50 avril, après la plus profonde inspiration, de 85 centifQèlvOi* était le 1" septembre de 8(i,5 ; et après la plus forte expiration, elle étak^le 30 avril de 77% et le 1" septembre, de 78'; de sorte que mon expaiiskm {mit-monaire était, le 50 avril, de 8 centimètres, le 1" septembre de 8' ,5.

Uaugmentation générale de' la capacité des poumons^ telle qu'elle a été constatée par le spiromètre et Vaugmentation du diamètre vertical des poumons^ telle que U percussion a permis de la déterminer, reçoivent un complément de démonstration par Vaugmentation de la circonférence thoracique.

Enfin, les rapports des tenips respiratoires :

Vinspiratwn se fait plus facilement, étant favorisée par l'augmentation de pression, par l'extensibilité du tissu pulmonaire et par la compressibilité des intestins, tandis qu'il faut plus de force pour l'expiration afin de contracter les poumons plus distendus et de chasser la quantité plus considérable d'air expiré. C'est pourquoi l'expiration se fait avec plus de peine et plus lentement que dans l'état normal. Pendant que sous la pression atmosphérique, la durée de l'inspiration est à celle de Texpiration à ))eu près comine -4:5, ce rapport devient dans Fair comprimé à peu près comme 4:6 4:7, même 4 : 8 et 4 : 1 1 .

Cependant la résistance à Texpiration se trouve en partie compensée par la contraction plus puissante des muscles abdominaux que la compression soutient dans leur action. Par l'effet de cette contraction, la première moitié derexpin^lkni'se fait vite et avec énergie ; mais la seconde moitié se fait si lentement et d'une nteniére si peu perceptible qu'il en résulte une espèce de pause entre rinspiration et l'expiration. Cette pause qui doit en tous cas être ajoutée à Texpirationet doot la durée a été, selon mes observations, de deux à six secondes, est d'autant plus longue que les inspirations sont plus rares.

Vivenot a essayé d'exprimer ces diverses modifications du rhythme respiratoire par le graphique schématique suivant (fig. 9), que j'emprunte à son grand ouvrage (p. 251), et dans lequel la ligne pleine indique les respirations normales, el la ligne pointillée la respiration sous Tair comprimé, le tout pendant cinquante et quelques secondes.

Circulation. — Le mémoire publié par Vivenot en 1865 dans les archives de Virchow contient des indications détaillées sur les modifications qu'a présentées son pouls sous l'influencQ de la com-

pression. Ces explications sont accompagnées de nombreux graphiques obtenus à l'aide du sphygmograpiie de M. Marey ; je reproduirai les plus caractéristiques :

Un regard mpide, jelé sur les courbes exposées nj-aprés, monlre que celles-d, sous l'influeDce d'un air comprimé subissent de remarquables modiflcalions dant leurs figures primilives; une altention plus proronde monlre que toules les par-

ties de la courbe sont si essenliellement changées que leur analyse demande une dissection pénétrante des segments isolés de la couiiie.

Nous voyons que dans toutes les ondulations sans exception, sous l'action de l'air comprimé, la hauteur de la courïie décroit. La ligne d'ascension, plus ou moins abrupte priroitifement, devient plus oblique; le sommet parait plus arrondi, et, par suite de l'amoindrissement de l'amplitude, la ligne de descente, encore moins abrupte, à la fin s'infléchit en forme d'onde qui se transforme en une droite plus ou moins convexe. Par suite de la diminution de la hauteur de l'ondulation, I angle figuré par la rencontre de la ligne ascendante et de la ligne descendante de la pulsation écrite et qui sous la pression atmosphérique normale mesure eniiron 45* est notablement cmoussé; comme aussi, par suite de la direc-

Fig. in.

tion plus^oblique de la ligne d'ascension, la pointe au sommet de la courbe se prolonge plus en arriére... de sorte que In courbe dans son entier afTecte la forme d'un segment de sphère.

Les changements que nous venons de décrire sont proportionnels à la force de la pression de l'air et à la durée du séjour dans l'air comprimé et par conséquent d'autant plus marqués et plus intenses que la pression de l'air a été portée plus

' Dans ces quatn; flgui'M la lellre a diàgne le Imcé spliygmographique oblenti soua la pression normate; b est le tracé pendant que la pression augmente dans l'appareil [ c, pendant le stade de compression constante; il, après le retour de la prestion normale. Fig. ll,ai,est priapeudint que la pression augmente; c„ pendant quelle diminue.

44* mSTORIQUE.

liaut, et le séjour dans l'nppareil plus prolongé. Nous trouvons donc que iet signes produits après viiigl minuk-s de pression maximum, c'esl-à-dire l'obliquité visiblement apparente de la ligne d'ascension, le rapelisseoient de l'onduialion. l'aplatUsement arrondi du sommet, et la transformation de la ligne onduleuse de descente en une ligne droite ou en une simple ligne convexe pFKh neni après une heure et demie, c'esl-à-dire après une heure d'exposition à la

1 constante, un caractère encore plus accusé, si bien qitt k Irucé du pouls finit par ne plus présenter pour ainsi dire qu'une ligne dnîîe.

Par le retour à la pression atmosphérique normale, immédialemenl a|irlB h séance, la courbe reprend son inlègrilê, ou ne revient que partielléoitél à l'état primitir, ou, ce qui n'est pas rare, lechangemenl, une fois commencé dau l'apparence de i'ondée sanguine, subil un mouvement de descente. La figure t exprime toutes ces diverses phases.

Dans aucun cas, il ne m'est arrivé de trouver durable ce changement de la courbe, maïs cetle action, d'accord avec les résultais obtenus par nous pour la

fivquence du pouls, se prolonge dans les cas favorables pendant un petit nombre d'Iii'ures. La courbe d, de la ligure ci-dessus fournil un exemple d'une couibe se relevant et regagnant sa forme primitive non pas immédiatement, mais vingt miiiules après le retour à la pression normale,

four établir la vérité de l'assertion que nous avons acceptée déjà, que U trace reslante après la séance dune action snr le tracé s'éteint déjà après une durée de plusieurs heures, on peut se servir de courbes obtenues sur moi-même le Sti mai, jour oii j'avais accompli deux séanœs d'expériences dans l'air c^auprimé. Si nous comparons la courbe obtenue ce jour-là avant la première séance, à huH heures du malin (11g. i'i.a), avec la courbe correspondante de la deuxième séasce.

c*esl-è-dire prise A deux heures et demie de l'après-midi (lî;. 13, a), on ne peut reconnaître aucune différence essentielle entre ces dem tracés du pouls. Il ne reste plus de Irace sensible après cet espace de quatre heures et demie de l'influpiice encore remarquable à dix heures sur la courbe b de la ligure 7; i plus forte raison ne faut-il p<is chercher la persistance de cette action d'un jour sur Tauire.

Maintenant, pour pouvoir saisir la valeur des dilîérenœs trouvées jusqu'ici nous devons nous représenter les divers éléments des courbes comme l'expreS' sioQ de ces changemeiils.

Le cboc à ligne ascendante qui coïncide avec la systole du cœur est produit par l'ondée sanguine chassée en avant ]).ir la contraction du cœur, ondée qui, tendant à fuir dans toutes les directions, va presser en partie le sang du courant et eiercc en partie une pression excentrique sur lés parois des vaisseaux qu'elle ilargil. La partie ascendante de la courbe [ligne d'ascension) correspond donc à la diiatole artérielle. Plus l'écoulement du sang se fait facilement dans les capillaim. plus celui-ci est transporté vite dans les artères, et plus le cœur revient làcilcaMiit sur lui-même, puisque la pression du sang représentant la résistance opposa à la systole du cœur en devient plus faible. 11 est connu que tout muscle se contracte d'autant plus lacilement et plus vile que l'exécution de ce mouvement demand^moins de dépense de force. 4'ar conséquent, en pareil cas, l'ex-

pansion artérielle se fera en d'autant moins de temps ; et si le temps à partir du ' moment de la montée de la pression du sang jusqu'à son maximum d'élévation est très-petit, cela trouvera son expression dans l'escarpement de la ligne ascelidan^e de la courbe; et même si la durée du temps est si courte qu'elle ne pect être mesurée, alors la ligne d'ascension paraîtra complètement verticale, conune c''est presque toujours le cas dans l'état normal.

Lorsque, au contraire, sur les tracés obtenues dans l'air comprimé, nous ot)fervons que la ligne d'ascension devient oblique, il en résulte pour nous que la •résistance qui s'oppose au flot sanguin poussé par la systole du cœur, a augmenté en même temps que l'écoulement du sang est arrêté dans les capillaires; que par suite la systole du cœur est moins rapide, que le (tôt sanguin arrive lentement aux artères, et que par suite aussi la dilatation des artères ne se fait pas brusquement, mais progressivement.

Le sommet de la courbe que nous ne voulons pas considérer comme un point mathématique, mais comme la convergence des lignes ascendante et descendante, nous montre le moment où l'artère, parvenue au maximum de sa dilatalion par le sang qui la distend, résiste en vertu de sa contr.ictilité propre à la pression du sang qui agit sur elle, et par son relmit imprime au sang une nouvelle impulsion.

Maintenant la résistance que le Ilot sanguin éprouve dans les troncs artériels éloignés du cœur, vient-elle à décroître un peu, alors l'écoulement du sang dans

le sens du courant, du cœur à la périphérie, devient facile et rapide, la pression du sang dans les artères s'abaisse rapidement ; et celles-ci peuvent se resserrer rapidement. Plus cette disposition est marquée, et plus aigu se montre le sommet du tracé comme on peut le voir par exemple sur le pouls normal.

Le contraire a lieu dans Tair comprimé, et Tangl» aigu primitif se change, comme nous avons vu, en un angle plus ou moins émoussé, et même eu cintre, lequel cas a lieu, si par ht notable obliquité de la ligne d'ascension, le point culminant suivant la verticale en arrive à couper juste au milieu de la courbe.

Par conséquent l'augmentation de résistance exprimée déjà dans la partie ascendante de la courbe, par son obliquité sous l'influence de Tair comprimé, s*esl communiquée ou transmise aussi au sommet de la courbe (p. 557-560). .

Le flot descendant de la courbe du pouls, qui correspond à la diastole du cœur, nous montre la décroissance de la pression du sang dans les artères, coïncidant avec la clôture des valvules semi-lunaires, et avec Técoulement simultané des grosses artères dans les capillaires, c'est-à-dire les artères sortant victorieuses de leur combat contre la pression du sang, et grâce à leur élasticité, par la transformation de leur force d'expansion en force vive, pouvant se rétracter jusqu'à la limite minimum de leur calibre. L'apparence si différente de la Ugne de descente, suivant qu'elle s'infléclilt, qu'elle devient rectiligne, ou oblique, on convexe, ou qu'elle tombe à pic, nous donne la mesure du plus ou moins de facilité avec laquelle le cours du sang s'effectue dans les capillaires.. Les tracés de pouls obtenus à la pression atmosphérique normale,' avant l'entrée dans Pair comprimé (tracés i-XVll de Vivenot) montrent ce caractère d'oscillation plus ou moins accentué que le doigt ne ressent que dans les cas les plus prononcés e qu'on appelle dicrotisme et qui consiste en deux, et plus souvent trois oscillations de l'ondée. (P. 562.)

Tandis que nous avons trouvé le policrotisme comme particularité plus ou moins marquée du pouls normal à la pression ordinaire, il ressort de nos courbes comme effet de l'air comprimé que cette compression a pour effet de produire une disparition du policrotisme et une transformation de la ligne de descente ondulée en une ligne presque droite ou plus ou moins convexe.

Ainsi nous trouvons la preuve d'un tassement du sang dans les vaisseaux et d'un embarras de la circulation capillaire, aussi bien dans la ligne descendante de la courbe, que nous Pavions trouvée dans sa partie ascendante et son sommet.

Tandis que, comme Marey Pa montré et en a fourni un exemple par un tracé recueilli dans un cas de maladie du cœur (fig. 86 de Marey), le dicrotisme est d'autant plus grand que Pondée envoyée par le ventricule est plus petite par rapport au calibre de l'artère, nous confirmons, de notre côté, celte propositi<m par rapport au dicrotisme, puisque, comme il appert de ce qui précède, les ar^ téres rapetissées par la pression extérieure, et par ainsi charriant très-peu de sang, se montrent néanmoins fortement remplies de sang relativement à leur calibre amoindri.

Avec le relour à la pression normale, reparaît aussitôt la figure primitive de la ligne de descente et la ligne simplement convexe reprend son précédent policrotisme ou bien la forme qui s'est produite se maintient encore quelque temps, pendant une ou deux heures, pour céder et reprendre peu à peu son apparence originelle (Voy. plus haut, fig. 0)

Dans notre analyse des tracés du pouls nous avons laissé de côté jusqu'ici une circonstance, nous voulons parler du changement qui n'est pas sans importance que subit l'amplitude de 1 courbe sous l'influence de Pair comprimé.

Pour la clarté de la description, nous en avons reculé Tanalyse jusqu'au chapitre de la force du pouls, plus justement désignée sous le nom de grandeur du pouls, qui se rapporte à la hauteur verticale de Fondée sanguine, c'est-à-dire au maximum de la hauteur, et qui, d*aprés Marey, est proportionnelle à Ténergie de (a pulsation. Comme nous Tavons conclu de l'accord du tracé des courbes que nous avons réunies jusqu'ici, Tamplitudé du pouls est rendue plus petite par le séjour dans l'air comprimé, et perd souvent de 4/5 à 5/6 de sa hauteur primitive, de sorte que toute la série de pulsations tracées est changée souvent en une ligne où les ondes isolées sont à peine perceptibles.

Cet abaissement de l'amplitude est proportionnel à la compression de l'air et à la longueur du séjour dans l'air comprimé, aussi obsenre-t-on surtout le minimum d'amplitude à la fin du séjour dans l'air comprimé ; il arrive exceptionnellement qu'après le retour à la pression normale, l'amplitude reste stalionnaire, pour re- Tenir à l'élat normal, après un long séjour sous la pression ordinaire. Il est également exceptionnel de voir Tamplitude, après avoir atteint son mininmm, commencer à s'élever peu à peu pendant le stade de la pression maximum constante, sans toutefois atteindre à sa hauteur primitive.

Les changements que le pouls subit ici s'expliquent du reste et sont sensibles au tact, puisque dans la majorité des cas le pouls étant trouvé normal, avant rentrée dans l'appareil pneumatique, se montre dans l'air comprimé presque insensible au toucher du doigt ; il est véritablement le pulsus debilis, 11 est utile de faire observer à propos de ce dernier point, que les transformations décrites plus haut du pouls en un pulsus longus^ comme nous en avons vu quelques-unes se produire dans Tappareil pneumatique, et qui sotit observées du reste à la pression normale de Tair dans certains procès susmorbides, tels que les anévrysmes, les embolies, donnent une sensation trompeuse au doigt, de sorte que même alors que la hauteur verticale du pouls reste identique, comme Marey l'a observé (p. 243), le pouls paraîtra d*aulant plus fort que l'ondée sanguine sera plus graduelle, ce qui est exprimé par la montée et la descente de la pression du sang dans les vaisseaux; mais puisque dans notre cas, dans l'air comprimé, l'abaissement de la force du pouls perçu par le tact est confirmé encore par l'amoindrissement de la hauteur verticale du tracé, il faut tenir pour certain l'amoindrissement de la force du pouls en soi.

Nous aurions maintenant à montrer la cause de cet amoindrissement de la force du pouls dans l'air comprimé j ainsi que cela résulte de nos recherches ; en première ligne, on pouvait bien penser à l'affaiblissement de l'action du cœur luimême , comme à la circonstance occasionnelle de l'abaissement de la force du pouls dans l'air comprimé, affaiblissement peut-être produit par l'élévation de la résistance, que l'accroissement de la pression atmosphérique qui exerce une coinpression sur l'ensemble des vaisseaux périphériques, amène dans le système artériel ; à l'appui de cette supposition, on pourrait citer des faits qui ont été rapportés par moi dans une autre circonstance et dans un autre lieu ; en effet, l'inspection et la palpation du cœur en montrent l'impulsion plus faible ; l'auscultation du cœur donne un résultat identique, et le son paraît, pour ainsi dire, plus lointain.

Cependant ces faits ne démontrent et ne prouvent eti aucune façon qu'un changement ait lieu dans la force d'impulsion du cœur, car, d'un côté, pour avoir une preuve presque certaine et démontrée du changement d'intensité de la contraction du cœur, nous éprouvons les plus grandes difllcultés, et, d'un autre côté, l'affaiblissement de Timpulsion du cœur et des bruits du cœur, constaté dans le séjour dans l'air comprimé par la vue, la main et l'oreille, peut n'être qu'apparent; et

comme je Tai déjà montré dans la dissertation susdite, n*être qu*un simple elTel d'un déplacement du cœur, produit par la compression de Tair et lié à ragraiidissement de la capacité des poumons et au passage, au-devant du cœur, delà lame antérieure du pot/moii (/flMc^c. (P. 564-5G 7.)

Nous ne nous sommes occupés jusqu^ci que de la figure de Fondée isolée, sans tenir compte de Tensen.ble des ondées successives, et cependant ce phénomène complexe demande quelques explications.

Tirons du commencement à la fin, à la base de l'ondée ou à travers son sommet une ligne, alors que nous avons ce que Mnrey a appelé ligne d'ensemble (gemeinsame linie),qui j)eut nous donner des éclaircissements sur certains changements dans la pression du sang, et dans la distension des vaisseaux. Cette ligne qui, ainsi que nous l'avons dit, se comporte différemment suivant certains dumgements d'uttilude du corps, peut présenter un cliangemeut total ou partiel dans sa iigure et dans sa direction. Le premier cas se présente à la suite d'un changement de longue durée dans la pression du sang et dans la distension du vaisseau, et se reconnaît à une modification considérable de toute la ligne par rapport à la ligure {)rimitive du pouls , tandis qu'un changement fréquent de la pression du sang et de la distension vascuiaire, comme cela a lieu par exemple sous Tinfluenoe d'une respiration irréguliére,. trouve une expression dans des incurvations plus ou moins marquées et plus ou moins fréquentes, dans une série d'éléVationsel dV. baissements de la ligne du pouls. Maintenant, comme cette ligne, d*après ftnJHTt indique qu'un obstacle à l'écoulenient du sang augmente la distension émi & système artériel en un point quelconque, nous avions à rechercher si cela se produisait dans l'air comprimé par suite de la compression des vaisseaux supolQcic^, et si l'obstacle ou la gêne reconnus par nous dans la circulation artérielle au changement de la ligne d'ascension, produisait aussi un changement dans notre ligne d'ensemble, et trouvait son expression dans son élévation (ascension oblique de toute la ligne), dans l'air comprimé.

Après avoir dans ce but assujetti l'instrument, d'après les régies établies dans nos précédentes expériences faites à l'aide du sphygmographe, et disposé les choses de telle façon que le stylet enregistreur fût placé juste ait milieu de la bande de papier, à une distance égale du bord supérieur et du bord inférieur, et je recueillis ainsi à l'air libre, après avoir lAché le mouvement d'horlogerie, un tracé du pouls juste au milieu du papier; mais je ne trouvai plus la même chose en opérant dans l'air comprimé. Quoique l'instrument n'eut pas été enlevé, et qu'aucun changementne se fût produit ni dans l'attitude du bras, ni dans la position de l'instrument, le stylet enregistreur, sous l'influence de l'air comprimé, subit un mouvement par rapport à sa situation primitive, et monta ; il monta même si haut, qu'il passa par-dessus le bord supérieur de la bande de papier, et qu'il fjdlut, par un léger mouvement de la main , l'abaisser au niveau du papier, pour prendre un tracé. D'après cette expérience, nous avons démontré : pour rartère radiale une éUvatkm générale de la tension du sang et de la distension vascuiaire indépendante de ceUe que Von peut observer sur une pulsation isolée.

Enfin quant à ce qui concerne l'influence des mouvements respiratoires déncmr cèe par les incurvations en arcades de la ligne du ppuls, elle est assez insensible et assez peu apparente pour passer inaperçue aux yeux d'un observateur super6ciel. Elle n'est trés-apparente que lorsqu'on fait de profondes inspirations, et qu'il y a une gêne dans la respiration.

Par suite de changements survenus dans la grandeur du thorax par les inspirations et les expirations d'une part , d'autre part, par suite des mouvements

d'élévation et d^abaissement du diapKragme, qui rétrécit on agrandit allernati- Tement la cavité abdominale et la cavité thoracique , et par suite du changement de distension qui en résulte pour Tabdomen , il se produit alternativement dans Taorte thoracique et dans l'aorte abdominale une pression plus forte ; il en résulte pour ces vaisseaux une distension variable qui se communique consécutivement aux artères éloignées.

Par là, ainsi que je Tai montré ailleurs, sous Tinfluence de Tair comprimé, on observe un ralentissement de la fréquence de la respiration qui, entretenu par la continuation journalière de cette même influence de la pression de Tair, s'accroît de jour en jour jusqu'à un certain chiffre ; du reste, la respiration est plus facile dans l'air comprimé ; elle devient plus tranquille et plus complète ; et l'on calme ainsi quelques troubles respiratoires. Ainsi, là où, à l'air libre, l'influence de la respiration se faisait sentir sur la courbe du pouls, cette influence devait s'affaiblir dans l'air comprimé, c'est-à-dire que les courbures et les cintrages de la ligne du pouls devaient, sous cette influence, diminuer de fréquence et d'intensité, comme du reste on peut le voir à la flgure 9, qui, prise le 1'' mai sur un emphysématique âgé de 44 ans, en a à la pression normale, montre de remarquables inflexions aux courbures dans lesquelles s'inscrivent les pulsations, et qui trahissent

Fig. 14.

une forte gène de la respiration, tandis que sous l'influence de l'air comprimé en b, l'intensité de l'ondulation a baissé si notablement, que la ligne du pouls se rapproche presque de l'horizontale, et que en même temps il y a un plus grand nombre de pulsations, pour une respiration qu'en a, par quoi se marque l'apaisement de la précédente gêne respiratoire.

L'existence de ce changement dans la courbe respiratoire sous l'influence de l'air comprimé peut être considéré comme étant la règle, et l'on trouve rarement l'eut contraire. (P. 578-580.)

Quant au nombre des pulsations, Vivenot résume dans les termes suivants 423 observations faites sur lui-même :

Le matin, entre 6 et 7 heures, en me réveillant, j'avais 65,22 pulsations. Après avoir déjeuné dans le lit, ce nombre s'élevait à son maximum, 81,20; au moment d'entrer dans l'appareil pneumatique, il n'était plus que de 79,05. Sous l'influence de l'air comprimé, il s'abaissait entre 75,45 et 71,66; au retour à la pression normale, j'avais encore 72,41, et dans le cours de la journée mon pouls ne remontait pas au chiffre antérieur à l'entrée dans les appareils.

Cot abaissement du pouls dans l'air comprimé a été eonstaté 575 fois dans mes 425 observations ; 18 fois il n'y a eu aucun changement ; 50 fois, un accélération du pouls. (P. 552.)

Yivenot a vu Tinjection des vaisseaux de la conjonctive disparai-

tre totalement ou partiellement par la compression. L'examen de la rétine lui a aussi montré, chez un individu soumis à ratropine, que les vaisseaux de Tœil se vident de sang dans Tair comprimé.

Il a fait, en outre, sur un lapin blanc apprivoisé, cinq observations directes relativement aux modifications de la circulation dans les oreilles et la conjonctive. Je reproduis les détails qu'il a donnés à ce sujet, parce qu'ils ne me semblent pas justifier les conséquences qu'il en a tirées, et qu'on a acceptées d'après lui.

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