‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 32 sur 160 · AIR COMPRIMÉ : RÉSUMÉ ET CRITIQUES · texte numérisé non relu

AIR COMPRIMÉ : RÉSUMÉ ET CRITIQUES

Nutrition. — Les variations du poids du corps ont été estimées fort différemment par les divers auteurs. Les médecins des ouvriers tubistes et des plongeurs déclarent qu'il y a amaigrissement ; ceux qui ont employé Tair comprimé dans un but thérapeutique concluent à Pengraissement. Outre qu'il peut y avoir une grande dilTérence à ce point de vue entre l'action d'une pression dé 3 atmosphères et celle d'une pression de quelques centimètres de mercore, on ne peut guère comparer les ouvriers tubistes, gens que leur dur travail épuise, qui cherchent dans les alcooliques un secours périlleux, et qui se nourrissent fort insuffisamment en général, avec les expérimentateurs placés dans d'excellentes conditions hygiéniques et pouvant satisfaire largement au surcroit d'appétit que parait amener le séjour dans les cloches. De ce chef donc, il ne parait guère possible d'arriver à une conclusion quelconque.

Les observations de Vivcnot sur une augmentation de la température du corps, allant de 0**,1 à 0'*,4, ne me paraissent en aucune façon convaincantes.

Quant à la production d'acide carbonique dans un temps donné, nous en parlerons dans le prochain paragraphe.

Innervation. — Il est très-difficile d'y voir clair parmi les récits des auteurs, pour ce qui a rapport aux fonctions sensorielles. L'odorat et le goût sont impressiotinés désagréablement dans les tuhes par les impuretés de Tair, et l'oreille est rendue malade par la distension de la membrane du tympan.

Ils ne sont pas plus d'accord pour les fonctions intellectuelles. CoUadon (p. 573) accuse une excitabilité qui ressemble à l'ivresse; M. Junod (p. 452) affirme que « les fonctions de l'encéphale sont activées » ; M. Foley, en sortant des tubes, il est vrai, était atteint d*une surexcitation cérébrale qui le faisait « se surprendre en flagrant délit de bavardage, en dépit de tous ses efforts. » J. Lange (p. 496) prétend que constamment, dans l'appareil môme, « on éprouve une élasticité et une fraîcheur d'esprit qui n'existait pas auparavant ». En sens inverse, le D' François dit qu'on ressent surtout au début une certaine somnolence, et suivant G. Lange, le seul phénomène qu'on puisse constater est « un sentiment de calirie auquel succède généralement une tendance au sommeil. »

5t2 HISTORIQUE.

B, — PBÉ90KÈKES DUS A LA DÉCOXPRESSiœr.

Lear inteBsilé dépend, comme nous Tavons dit, de deux îi aoqiiels elle est proportionnelle : le degré de la pression atteiotei rapidité de la dteompression.

ius<{a*à i atmosphères, il ne parait se manifester aucun a chez les ouvriers. Au-dessus, apparaissent de plus en plus quemment des démangeaisons cutanées, des puces^ qui fi par occasioaiier des douleurs extrêmement vives; elles sont coup plus communes chez les ouvriers tubistes que chez les |li geurs. Puis surneniieiit des gonflements douloureux des musdq particuliereiBeat, seioa h juste remarque de M. Foley, de ceux f ont le pius travaillé pendant le séjour dans Tair comprimé; i même temps, des douleurs périarticulaires. Ce n'est qu^au-deH de 3 atm. qu'arrivent les aecidents vraiment graves : troubles m soriaux, cécité, surdité, troubles de la locomotion et de la scfl bilité générale, surtout paralysie des membres inférieurs, de la n sic, du rectum, et bien plus rarement des membres tboni ques ; troubles cérébraux, perte de connaissance ; enfin, M subite.

Ces accidents ne se manifestent que quelques minutes et paifi quelques heures après la sortie des caissons ou des scaphandre dans un cas observé par M. Gai, la paraplégie n'a débuté que vîa| quatre heures après la décompression opérée. La durée de celle est du reste très- variable; chez les plongeurs, elle se fait avec ■ rapidité que les bons conseils de M. Denayrouze n'ont pu modéra pour les tubistes, elle a été au maximum de trois ou quatre m nutes par atmosphère.

Les troubles légers, douleurs cutanées, musculaires, articulaire disparaissent toujoui^dans un temps assez court. 11 en est ainsi $« vent des accidents plus graves, et même de la perte deconnaissaoa Mais trop fréquemment les paralysies des membres inférieurs soi persistantes, et nous avons rapporté des observations nombreuse qlii font un lamentable tableau de ces malheureux dont presqo toujours la mort vient, au bout d*un temps variable, terminer k souffrances. Dans aucun des faits que nous avons rapportés un paraplégie ayant duré plus de deux jours n*a été complétemei guérie.

L'inégalité entre les divers individus au point de vue des effi

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pb décompression est une des circonstances les plus singulières Ite nous ail révélées- celle élude. Nous avons vu, par maints iples,que, de plusieurs personnes soumises à la même pression imprimées en même temps, les unes restaient absolument les, d'autres n'avaient que de légers accidents, landis qu'une elles pouvait être frappée d'une manière redoutable. Il en aulanf, dira-ton, dans bien d'autres circonstances, et une »]e sortie de bal donne de semblables inégalités. Mais ce qui singularité du cas présent, c'est qu'on a invoqué, pour expli- >*accidents, et avec raison, nous le démontrerons, une cause

ÉÉnent physique, et que la physique devrait être égale pour lous. irinègalité n'existe pas seulement entre divers individus; elle le chez la même personne, suivant des circonstances mal délinées. Il n'est pas rare de voir un ouvrier, épargné jusque-là, ffrappé en quittant une pression identique, parfois mêine inféire à celles dont il avait déjà impunément supporté la suppres- LOn a souvent'invoqué, pour expliquer ces faits, l'excuse banale leile d'excès alcooliques ou autres ; mais parfois cette explication, ii*en est pas une au point de vue physique, faisait complèteitf défaut. La seule circonstance sur laquelle les observateurs ait d'accord, c'est la durée du séjour dans l'air comprimé; plus B-cî est long, plus à craindre seront les accidents, si bien que bons auteurs en sont arrives à conclure qu'il faudrait multiplier poses, c'est-à-dire les intervalles de travail dans les tubes, sans R attention qu'on multiplierait ainsi les décompressions, occa- ■t d'accidents.

U précepte de décomprimer lentement a été, en dehors de toute k théorique, accepté par tous les auteurs et proclamé par les

iers eux-mêmes, bien que, dans la pratique, le froid intense iiccompagne la décompression pousse ceux-ci à se hàtcr. M. Folcy

û'y paraît attacher aucune importance, et encourage au conà la décompression rapide (p. 395).

[ § 2. — Explications théoriqnes.'

i Sous avons ici encore à séparer les symptômes observés pendant * jçsêjonr dans l'air comprimé d'avec les accidents de la décompres-

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