‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 33 sur 160 · B. — PHÉNOMÈNES DUS A I.A DÉCOMPRESSION · texte numérisé non relu

B. — PHÉNOMÈNES DUS A I.A DÉCOMPRESSION

Leur intensité dépend, comme nous Tavons dit, de deux facteurs auquels elle est proportionnelle : le degré de la pression atteinte, la rapidité de la décompression.

Jusqu'à 2 atmosphères, il ne parait se manifester aucun accident chez les ouvriers. Au-dessus, apparaissent de plus en plus fréquemment des démangeaisons cutanées, des puces y qui finissent par occasionner des douleurs extrêmement vives; elles sont beaucoup plus communes chez les ouvriers tubisles que chez les plongeurs. Puis surviennent des gonflements douloureux des muscles, parliculicrement, selon la juste remarque de M. Foley, de ceux qui ont le plus travaillé pendant le séjour dans l'air comprimé; en même temps, des douleurs périarticulaires. Ce n^cst qu'au-dessus de 5 atm. qu'arrivent les accidents vraiment graves : troubles sensoriaux, cécité, surdité, troubles de la locomotion et de la sensibilité générale, surtout paralysie des membres inférieurs, de la vessie, du rectum, et bien plus rarement des membres thoraciqucs; troubles cérébraux, perle de connaissance; enfin, mort subite.

Ces accidents ne se manifestent que quelques minutes et parfois quelques heures après la sortie des caissons ou des scaphandres; dans un cas observé par M. Gai, la paraplégie n'a débuté que vingtquaire heures après la décompression opérée. La durée de celle-ci est du reste très- variable; chez les plongeurs, elle se fait avec une rapidité que les bons conseils de M. Denayrouze n'ont pu modérer; pour les tubistes, elle a été au maximum de trois ou quatre minutes par atmosphère.

Les troubles légers, douleurs cutanées, musculaires, articulaires, disparaissent toujours dans un temps assez court. Il en est ainsi souvent des accidents pi us graves, et même de la perte de connaissance. Mais Irop fréquemment les paralysies des membres inférieurs sont persistantes, et nous avons rapporté des observations nombreuses qui font un lamentable tableau de ces malheureux dont presque toujours la mort vient, au bout d'un temps variable, terminer les souffrances. Dans aucun des faits que nous avons rapportés une paraplégie ayant duré plus de deux jours n'a été complètement guérie.

L'inégalité entre les divers individus au point de vue des effets

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e la décomprc ssion est une des circonstances les plus singulières ue nous ail révélées- cetlc élude. Nous avons vu, par maints xemples, que, de plusieurs personnes soumises à la même pression t décomprimées en même temps, les unes restaient absolument ' idemnes, d'aulres n'avaient que de légers accidents, landis qu'une 'entre elles pouvait être frappée d'une manière redoutable. Il en rrive aulanl, dira-ton, dans bien d'autres circonstances, et une impie sorlie de bal donne de semblables inégalités. Mais ce qui ait la singularité du cas présent, c'est qu'on a invoqué, pour expliuer ces'accidenls, et avec raison, nous le démontrerons, une cause urement physique, et que la physique devrail êlre égale pour lous. [ais l'inégalité n'existe pas seulement entre divers individus; elle xiste chez la môme personne, suivant des circonstances mal désrminées. Il n'est pas rare de voir un ouvrier, épargné jusque-là, tre frappé en quittant une pression idenlique, parfois mê«ie inféieure à celles dont il avait dijà impunément supporté la suppresîon. On a souvcntjnvoqué, pour expliquer ces faits, l'excuse banale l facile d'excès alcooliques ou autres ; mais parfois cette explication , ui n'en est pas une au point de vue physique, faisait complèteicnt défaut. La seule circonstance sur laquelle les observateurs aient d'accord, c'est la durée du séjour dans l'air comprimé; plus îlui-ci est long, plus à craindre seront les accidents, si bien que îrtains auteurs en sont arrivés à conclure qu'il faudrait multiplier is poses, c'est-à-dire les intervalles de travail dans les tubes, sans ire attention qu'on multiplierait ainsi les décompressions, occaons d'accidents.

Le précepte de décomprimer lentement a été, en dehors de toute iée théorique, accepté par tous les auteurs et proclamé par les ivriers eux-mêmes, bien que, dans la pratique, le froid intense ni accompagne la décompression pousse ceux-ci à se hûtcr. M. Foley ;ul n'y paraît attacher aucune importance, et encourage au conaire à la décompression rapide (p. 395).

g 2. — Explications théoriques/

Nous avons ici encore à séparer les symptômes observés pendant i séjour dans l'air comprimé d'avec les accidents de la décompres-

lon.

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