‹ La pression barométrique. Recherches de physiologie expérimentaleChapitre 73 sur 160 · CXXX · texte numérisé non relu

CXXX

ex XVI. . . .

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observer que les analyses de gaz qui précèdent ont été faites avec un soin minutieux, soin dont la nécessité toute spéciale est ici facile à démontrer. On voit, en effet, que la moindre erreur dans l'évaluation de la proportion de Facidè carbonique donnerait sur le produit CO'xP une erreur énorme pour les pressions élevées. La concordance des résultats énoncés et sur lesquels je vais insister maintenant n'en est que plus remarquable.

Un coup d'œil jeté sur la colonne 8 du tableau, colonne qui contient les nombres exprimant la tension de Tacide carbonique dans l'air devenu irrespirable, confirme complètement les soupçons que nous avait fait concevoir Texamen du tableau de la page 585 pour ce qui a rapport aux hautes pressions.

En effet, le nombre CO'x P, n'est à vrai dire, et en y regardant de très-près, jamais constant. On le voit diminuer dès 5 atmosphères, et cette diminution est extrêmement rapide à partir de 8 atmosphères.

La quantité de plus en plus faible de l'acide carbonique, eu égard à la loi ci-dessus énoncée, se montre d^une manière très-nette sur les graphiques de la figure. 21, où la quantité d'acide carbonique se mesure sur l'axe vertical, taadis que les atmosphères sont comptées sur celui des x. La ligne pleine B exprime les chiffres de la colonne 6, et, d'autre part, la ligne pointillée A rejoint des points qui sont calculés en partant

de l'équation C0'xP = 26, chiffre moyen tiré du tableau VI,

d'où CO* = rp-. Cette ligne est, de même que celle des proportions mortelles de l'oxygène dans les basses pressions, une branche d'hyperbole équilatère, ayant pour asymptotes les coordonnées.

Cet abaissement constant du tracé au-dessous delà courbe qu'indiquait la théorie, devait me donnera penser à l'intervention d'un agent autre que l'acide carbonique. Déjà des expériences de tâtonnement m'avaient montré que Toxygène, sous une certaine pression, est une cause d'accidents et de mort. Son rôle funeste me paraissait manifeste ici.

MORT BN TASBS CLOS : PRESSION ADGNBNTËE. 599

Avant de chereherà mettre en évidence ce fait dominateur, je veux encore appeler l'attention sur un point secondaire, qui n'est cependant pas sans intérêt.

Les colonnes 5 des tableaux de la page 585 et de la page 597 montrent que, sauf quelques exceptions difficiles à expliquer, la durée de la vie, de 1 à 9 atmosphères, n'a nullement augmenté avec la pression, ou en d'autres termes, avec la quantité d'air que les oiseaux avaient à leur disposition. Et cela

ip^riiDïnlalemenl j C, lir suroiyg^oè.

se comprend aisément, puisqu'ils ne mourraient point pour avoir épuisé cet air, mais simplement lorsqu'ils avaient formé une certaine quantité d'acide carbonique, toujours le même ou à peu près. L'intervention fâcheuse de l'oxygène que je viens de signaler, a même pour elTet de diminuer la

eOO EXPÉRIENCES.

durée de la vie, comme on le voit nettement à partir de Kl atmosphères; la mort devient très-rapide aux pressions fort élevées.

Cela est bien autrement manifeste lorsque Ton compare la durée de la vie non plus au volume, mais à la quantité réelle d'air contenue dans le récipient, ou, ce qui revient au même, à un litre d'air rapporté à la pression normale ; elle s'exprime alors par des chiffres qui vont en décroissant avec une rapidité vraiment extraordinaire. C'est ce que montrent les colonnes 4 des tableaux Y et VII; on voit que, déjà à 4 atmosphères, la durée de la vie est réduite de moitié environ, et, qu'à 20 atmosphères, elle n'est plus que de 2 minutes par litre, au lieu de 76 minutes, comme nous l'avions trouvé à In pression normale (Voir tableau I, p. 548, col. 7). On ne peut accuser de cette différence énorme l'acide carbonique, dont la tension diminue également; un autre agent intervient évidemment ici, et cet agent redoutable n'est autre que Toxygène.

D. — Compression avec de f air pauvre en oxygène.

Examinons maintenant cette hypothèse d'une action funeste de l'oxygène comprimé ayant pour effet de faire mourir l'oiseau avant qu'il ait formé la proportion centésimale d'acide carbonique exigé par la formule C0'xP = 26 établie à la page 5S7. Reportons-nous au tableau de la page 597. Si l'explication que je viens de donner de la faiblesse des nombres de la colonne 8 (CO*xP), mesurant la tension de l'acide carbonique est exact, c'est-à-dire si cette faiblesse est due à la valeur élevée des nombres de la colonne 5 (0 x P), mesurant la tension de l'oxygène, les premiers devront augmenter si je fais diminuer les seconds, en diminuant le facteur 0, sans rien changer au facteur P.

11 suffisait donc de répéter les expériences en injectant dans Tappareil à compression non plus de l'air ordinaire, mais de Tair pauvre en oxygène. C'est ce qui a été fait dans les expériences suivantes :

ExpÉRiENCB CXXXIV. — 20 avril.

Verdier. (Loxia chloris^ Lin.) Mis dans Tappareil pendant 5 minutes, puis poussé à 6 atmosphères d*air; robinet fermé à 2*" 50°*. A S**, on commence à injecter de l'air très-épuisé d*oxygëne, et à 5^ 11"*» on arrive à 22 atmosphères.

L*instant de la mort ne peut être déterminé nettement, mais Foiscau n'a eu de mouvements convulsifs à aucun moment.

SufTusions crâniennes considérables.

Air mortel: C0H,i;0 9.

Tension initiale de Toxygëne : 226.

Tension finale de CO* 24,2.

ExpéaiENCB CXXXV. — 27 juin.

On place un moineau dans Tappareil, et on injecte avec la pompe de Tair où du phosphore a brûlé et qui est devenu très-pauvre en oxygène; on arrive ainsi à 5 atmosphères.

Le robinet étant fermé à 3** 55", l'oiseau meurt à 5*> 50"*. Il a ainsi vécu 1^55"*; suffusions sanguines peu étendues; quelques bulles de gaz dans le cœur droit.

Composition de Tair mortel GO* 4,5 ; 0 5.

Tension initiale de Toxygène 50.

Tension finale de Tair carbonique 22,5.

ExpiaiERCE CXXXVI. — 29 juin.

Moineau à 12 atmosphères, dont 1 d'air et 11 d*air où du phosphore a brûlé.

Mis à 21* 45°*; mort à 5** 15"*; a vécu 30 minutes : suffusions crâniennes ; gaz dans le cœur droit.

Air mortel CO*, 2, 1 ; 0 4, 8.

Tension initiale de Toxygène : 84.

Tension finale de CO» : 25,2.

Ces résultats justifient tout à fait notre explication, et montrent bien que c'est à l'intervention de l'oxygène jouant un rôle funeste que doit être attribuée la décroissance du produit CO*xP, quand la pression augmente.

On voit du reste que les points a et (3, qui représentent, sur la figure 21, les nombres fournis par les expériences CXXXIV et CXXXVI, se placent, comme on le voit, très-exactement sur la ligne Â, tracée d'après la théorie.

E. — Compression avec de Pair snroxygéné.

Cette influence funeste de l'oxygène, sous une pression suffisamment élevée, constituait un phénomène trop remar-

quable pour que je ne m'efforçasse point d'épuiser tous les moyens de la mettre dans une évidence indiscutable.

Or, une nouvelle méthode se présentait à moi, inverse de celle qui vient d'être employée. Je n'avais qu'à faire la compression avec de l'air suroxygéné, toujours en vases clos. L'influence de l'oxygène, si elle est aussi fâcheuse que je le supposais, devrait avoir pour conséquence d'amener la mort des animaux à un moment où ils seraient loin d'avoir fourni la même proportion centésimale d'acide carbonique qu'aux pressions correspondantes, dans le cas de l'air ordinaire. C'est, en effet, ce qui est arrivé dans les expériences suivantes :

Expérience CXXXVII. — 16 janvier.

Moineau à 5 atm. dont 4 d'oxygène.

Mis à 5*» 25™; à 3^40"», se renverse avec convulsions violentes; à 3** 48", sur le dos : le crâne, dénudé préalablement, montre d'abondantes suiïusions sanguines. A 4^' 35"', respire encore lentement ; les convulsions ont duré 15 minutes environ.

A4'' 50" est mort. La température rectale est 18^, celle de Taîr du laboratoire étant de 9^. Sang veineux rouge; pas de gaz ; le cœur bat à Tair.

Le mélange primitif contenait 0 : 83.

La tension de cet oxygène = 83x5.= 415, correspondant à celle de

^Tpr= 19,7 atmosphères.

Air mortel: CO* 1,4; 0 80,5.

Tension de C0* = 1,4x5= 7,0.

KxpÉRiEHCK CXXXVIH. — 17 janvier.

A 3*» 50"» porté à 3 atmosphères, dont 2 d '(oxygène. A ^^ 50™ respire très-difficilement ; agitalion. A 4'* 45"\ mort. Airniortel:C0«5, G;0 78,9.

Tension de G0«= 5,6 X 5 = 16,8.

La tension de Toxygène primitif devait èlre d'environ 86x3 = 258, correspondante 12,1 atmosphères.

Expérience GXXXIX. — 19 janvier.

Le moineau étant dans l'appareil, on retire un peu d'air avec la machine pneumatique, et on le remplace par de l'oxygène qu'on pousse jusqu'à 2 atmosphères. En prenant de lair pour l'analyse, la pression tombe à 1 3/4 atmosphères.

Fermé robinets à 2*> 40™ ; mourant à 4*» 45™ ; trouvé mort à W" 50". . Mélange primitif contient 83, 6 p. 100 d'oxygène.

Tension de cet oxygène = 83, 6x1,75=- 146, 3, ce qui correspond à 7,3 atmosphères.

Airmorlel:C0M1.9; 0 67,8.

Tension de C0« = i 1 ,9 X i ,75 = 20,8.

Expérience CXL. — 22 janvier.

Mis à 2 atm. dont 1 d^oxygène.

Mis à S"» 5™ ; à 5^ 50" respire encore ; trouvé mort à 6^ 50".

Le mélange primitif contient 0 58,8.

La tension de VO était il 7,6, correspondant à 5,6 atmosphères.

Tension de C0«= 13, 4x2 = 26,8.

Expérience CXLI. — 1" février.

Mis k 4 atm. dont 3 d'oxygène. Après environ une demi-heure, convulsions assez faibles ; meurt en 1 heure environ.

Suffusions crâniennes et sang veineux très-rouge : pas de gaz dans le sang.

Mélange primitif 0 75,6.

Tension de cet 0= 75,6 X4 = 302,4 correspondant à 14,4 atmosphères.

Air mortel : Cœ 2,1 ; 0 71,1.

Tension de C0« = 2,l x4 — 8,4.

Expérience CXLÏI. — 17 février.

Mis à 5 atmosphères d*air, auxquelles on ajoute 3 1/2 atmosphères d*oxygène. Après 5 minutes surviennent les convulsions; l'oiseau meurt en 20 minutes.

Sang rouge partout, même dans le foie ; pas de gaz (on n'examine pas le crâne).

Air mortel: C0«;0, 8; 0 47,8.

Tension de C0* = 0, 8x8, 5 = 6,8.

La tension de TO dans le mélange primitif a dû être environ de 51x8,5 = 433,5 correspondant à 20,7 atmosphères.

Expérience CXLIH. — 19 février. Appareil à eau de Sellz.

Mis dans Tair et chargé d'un 1/4 d'atmosphère d'oxygène; fermé à 4*» 25"; mort vers 6*».

Pas de suffusions sanguines au crâne; sang veineux noir.

Tension de C0«= 22,1 X 1,25 = 27,6,

Tension d'0 = 3,5x 1,25 = 4,3.

La tension primitive de l'oxygène devait être environ 26x 1 , 25 =: 32,5, ce qui correspond à 1 ,5 atmosphère.

Expérience CXLIV. — 20 février.

i atmosphère d'air, plus une demie d'oxygène.

Quand on retire l'oiseau, le croyant mort, il présente encore quelques

604 EXPËIUENGES.

petits mouvements respiratoires. Sang rouge dans la jugulaire. Pointillé rouge dans le diploê crânien.

Air mortel CO* i6,7; 0 28,6.

Tension de C0«= 16,7x1, 5 =25,1.

La tension primitive de l'oxygène devait être environ 46x1,5=69, correspondant à 5,3 atm.

Expérience CXLV. — 20 février.

A 5 1/2 atmosphères, dont 4 d'oxygène.

Après 5", tremblote, la tète oscille. Après 10", grandes convulsions, les pattes sont repliées sous le ventre ; les convulsions durent 5 à 10"*, puis les pattes s'étendent à plusieurs reprises. L'oiseau reste affaissé ; après 20", est mort.

Suffusion énorme du crâne. Température rectale 26*^,5.

Air mortel : COM ; 0 82,5

Tension de C0*= 5,5.

La tension de 10, dans le mélange primitif devait être à peu près 85x5,5=467,5, correspondant à 22,3 atmosphères.

Expérience CXLYI. — 22 février.

Mis à 2 1|2 atm. dont 1/2 d*oxygène.

Fermé à 12** 55"; mort à 3^ 55". Suffusions sanguines dans l'épaisseur du diploê crânien; sang rouge dans la ve*ne jugulaire, devient rapidcmcnl noir.

AirmortelGOMl,l; 0 53,5.

Tension de G0*= 11,1x2,5=27,7.

La tension primitive de l'oxygène devait être d'environ 46x2,5 = 115,5, ce qui correspond à 5,5 atmosphères.

Les résultats de ces expériences sont groupés dans le tableau VllI, suivant Tordre croissant des tensions de Toxigène.

Si nous envisageons la colonne 9, nous voyons que Tacide carbonique obéit à la loi posée, jusqu'à une pression correspondant à 5 ou 6 atmosphères d*air; mais, à partir de là, le produit CO*xP va en diminuant rapidement. En comparant d'une part les colonnes 7 et 9 avec les colonnes 6 et 8 du tableau VU (page 597), on rencontre des nombres tout à fait analogues, qui indiquent une semblable intervention de Taction funeste de Toxygène. Elle devient très-évidente, quand la tension de ce gaz peut être représentée par 150, c'est-àdire correspondre à une atmosphère et demie d'oxygène pur, ou à 7 atmosphères d'air.

Dans la figure 2i (p. 599) la ligne inférieure C exprime les

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