CCCXXI
CCGXXIH
Moyennes.
Respiration. — Le nombre des respirations (col. 2 et 6), qu'il est, comme on sait, toujours très-difficile de mesurer exactement sur soi-même, a tantôt légèrement augmenté, tantôt diminué; la moyenne se trouve être la mènie pour Tair comprime et pour la pression normale du début ; je ne compte pas la colonne 10 où il n'y a que deux chiffres inscrits.
AiU COMPUIMÈ : FAIBLES PRESSIONS 827
La valeur de la ventilation pulmonaire (col. 3 et 7), c'està-dire la quantité d'air qui, pendant une minute, traverse le poumon lorsque les respirations sont calmes, est également restée la même. On peut en conclure que les variations sont d'une manière générale très-faibles. Ce point que n'avaient pas nettement déterminé les auteurs qui m'ont précédé (voyez page 509) est d'une grande importance, comme nous le ferons voir plus tard.
Enfin, mes expériences montrent, comme tous les observateurs l'avaient déjà constaté, un agrandissement notable de la capacité pulmonaire maximum (col. 4, 8, 12). En moyenne, l'expiration la plus forte que je puisse faire est passée de 3',75 à 5', 99; c'est une augmentation de 240", soit 6,9 pour 100. Chez M. Regnard elle a été de 450", soit H pour 100. Je suis, lors de la décompression, revenu rapidement à l'état normal.
Circulation, — Le nombre moyen des pulsations a considérablement diminué pendant le séjour dans Tair comprimé; de 76 au début, il est devenu 75 lors du maximum de la compression et 62 à la sortie du cylindre.
Mais je dois dire que l'apparente netteté de ce résultat est singulièrement atténuée par ce fait qu'à la pression normale mon pouls interrogé aux mêmes heures, c'est-à-dire à la môme distance du déjeuner, et après un repos assis de plusieurs heures, a donné des variations absolument du même ordre.
Nutrition. — Mes expériences sont bien peu nombreuses; mais elles ont été conduites avec les plus grandes précautions physiologiques. L'analyse de l'air expiré tranquillement pendant 10 minutes me donne (expérience CGGXXII) pour une heure à la pression normale 15*, 858 d'acide carbonique; au maximum de la compression (56"), elle a fourni 16', 260, soit une augmentation de 0',418, c'est-à-dire de 26 pour 100.
La production d'urée (expér. CCGXXIU) a donné un résultat plus intéressant; sous rinfluence de l'air comprimé, elle a augmenté notablement (de 20«%15 elle est passée à 24»% 72
8^ EIPÉRIE5CES
puis â 20^,04:, pour retomber ensuite, sous la pression normale â des valeurs voisines de son taux primitif (âi^J8; 2(K,80; 22^,50j. En sorte que, en moyenne, elle a été à h pression normale de 2K,9 pour monter à 25^%o dans Tair comprimé de 55'.
J'aurai occasion, dans la troisième partie de ce livre, de rapprocher ces chiffres de ceux qui ont été obtenus par M. G. Liebig et par M. Pravaz dans des tra^-aux récents.
B. — Production d'urée : expériences sur des chiens.
J'ai cherché encore à mesurer les modifications apportées dans la production d'urée en mettant des animaux, des chiens, en expérience. Je les astreignais, bien entendu, à un régime de nourriture régulière; l'urine était recueillie par le sondage toutes les 24** et réunie à celle que l'animal avait spontanément émise.
Voici les résultats d'une de ces expériences, qu'aucun accident n'est venu entraver :
Expérience CCCXXVI. — 9 février. Chien pesant 10^,8, mis à un régime de nourriture régulier, et habitué au séjour dans les cages et dans l'appareil à air comprimé de la fig. 55, p. 655.
Le 12 février à 6** du soir on le sonde.
15 février. Est resté à la pression normale ; sondé à 6*» du soir; a rendu en 24 heures 650" d'urine , x
14 février. De 9*> du matin à 5'»,45'", maintenu sous courant d'air, à la pression totale de 5 atmosphères. Sondé à 6**; a rendu en tout 610« d'urine B
15 février. Même pression; urine des 24 heures, 1080" G
16 février. Pression normale; urine des 24 heures, 1550«« .... D
17 février. Pression normale ; urine des 24 heures, 1570" . . . . E Analyse des urines par la méthode Yvon :
A (pression normale) contenait gr. 7,9 d'urée. B (5 atmosphères) — 10,4 —
D (pression normale) — 9,1 —
Il est bien évident que le sondage étant fait immédiate-
ment après la décompression, Turine D contenait une partie (les produits de désassimilation formés pendant le séjour dans l'air comprimé; elle doit donc être portée au compte des urines de la compression. On voit, après cette remarque, que l'urée a augmenté par le séjour quotidien de 9 heures dans Tair à 5 atmosphères; en effet, elle s'est alors élevée en moyenne à 9*',5, tandis qu'à la pression normale elle n'était en moyenne que de 8*4.
G. — Phénomènes chimiques de la respiration.
J'ai fait un certain nombre de tentatives pour essayer d'estimer la quantité d'acide carbonique formé par un animal placé tantôt à la pression normale, tantôt à une pression augmentée sans dépasser cinq atmosphères. Mais j'ai rencontré des difficultés expérimentales qui m'ont empêché d'arriver à une conclusion.
Pour tourner ces obstacles, }'ai employé au lieu d'air comprimé les atmosphères suroxygénées, et j'ai mis en usage en le modifiant légèrement l'appareil monté dans mon laboratoire par les deux préparateurs du cours, MM'. Jolyet et Regnard, appareil qui est à la fois une simplification et un perfectionnement de l'appareil Regnault et Reiset.
En voici la description succincte, que la figure 65 permettra de suivre aisément.
L'animal en expérience est placé sous la cloche G, qui est munie d'un thermomètre f, d'un manomètre m, et d'un petit sac en caoutchouc t;, destiné à combattre l'influence des modifications extérieures de la pression barométrique, élément dont il faut tenir compte dans des expériences qui peuvent durer plusieurs jours.
L'air de cette cloche est incessamment purifié de l'acide carbonique qu'y produit la respiration de l'animal, par le jeu des pipettes P et P' et du flacon laveur A. Flacons et pipettes contiennent une solution très-concentrée de potasse, dont la richesse en GO* a été antérieurement déterminée à Taide de la pompe à mercure et d'un acide ; ils sont mis en action par
En résumé, si nous transformons les richesses centésimales en oxygène dans leurs équivalences de pression barométrique, nous dirons qu'il y a eu
A i almosphère, 12', 60 d'oxygène consommé, 7*,06 deCO* formé. A 2,0 — i5»,72 — 10So2 —
L'activité des combustions organiques a donc été en augmentant d'abord, pour diminuer ensuite après avoir passé un certain maximum qui est probablement placé au-dessus de 2 atmosphères.
Les animaux à sang froid m'ont donné un semblable résultat. Mais pour eux il n'était pas nécessaire d'employer un appareil aussi compliqué, vu la faiblesse de leur respiration. Le dispositif instrumental était le même que celui des expériences faites sur les tissus (chapitre VI), et que représente la figure 74 ; l'animal était placé dans le flacon, exhaussé sur un petit trépied qui l'empêchait de toucher à la solution de potasse :
Expérience CCCXXVIIL — 11 janvier. Trois grenouilles (A, B, C,), agiles et bien portantes, sont placées chacune dans un de ces appareils. La température est 15®.
A pése28«'"et est placée dans Tair ordinaire;
B pèse 20«'; air à 56,3pour 100 d'oxygène ;
C pèse 20«^ air à 92,5 pour 100.
Les animaux sont laissés dans ces conditions jusqu'au 15 janvier.
On fait alors l'analyse des solutions de potasse, et les lecturesdcs cloches graduées. Il en résulte que
A a consommé 205" d'oxygène et produit » de GO*. B — IdT'^" — 71",8 —
Si l'on tient compte des poids différenis de ces divers animaux, et si on les rapporte tous à 20«% on voit, remplaçant les teneurs de Tair en oxygène par les valeurs correspondantes en pression barométrique, qu'il y a eu :|
A 1 atm., 146'='^ d'oxygène consommé el » de CO* produit. 2,7 — 157" — 71 ",8 —
AIR COMPRIMÉ : FAIBLES PRESSIONS. g33
Celle expérience nous amène aux mêmes conclusions que la précédenle, relalivemenl aux combustions inlraorgauiques.
D. — Capacité pulmonaire.
Les expériences que j'ai rapportées quelques pages plus haut ont corroboré cette affirmation des auteurs que l'inspiration maximum est plus grande dans l'air comprimé qu'à la pression normale.
Comme cette modification est assez considérable et qu'elle est le résultat instantané de l'augmentation de la pression ambiante, j'étais porté à croire qu'elle est due à une action mécanique, agissant, bien entendu, sur la seule partie compressible de notre individu, c'est-à-dire sur les gaz intestinaux. La simple diminution de volume de ces gaz devait, Jans ma pensée, avoir pour conséquence une augmentation ie la cavité thoracique, le diaphragme s'abaissant en même temps que la paroi abdominale pour suivre le retrait des in- Lestins.
Dans le but de m'en assurer et de mesurer l'ampliation ainsi acquise, je disposai l'expérience suivante :
Un chien est tué par section du bulbe; on mesure aussitôt après, par le procédé exact qu'a imaginé M. Gréhant*, sa capacité thoracique; puis on introduit dans sa trachée un tube ayant la forme d'un Y, dont une des branches débouche au iehors, tandis que l'autre communique avec un sac de caoutchouc bien purgé d'air; deux soupapes disposées en sens inverse permettent à l'air extérieur d'arriver par la première branche, tandis qu'il ne peut, une fois entré dans le poumon, s'échapper que dans le sac par la seconde branche. Les choses 3lant ainsi disposées, on porte le corps de l'animal dans un appareil à compression. Ses poumons, en communication ivec l'iiir, peuvent subir les modifications de capacité dont
Recherches physiques sur la respiration de l*homme. Journal de Vanaiomie i de la physiologie de Robin; 1'^ année, p. 524; 1864.
nous cherchons à constater Texistence. Puis on décompriiK brusquement : Tair du poumon, qui se trouve alors en eicès. ' sort et se loge dans le sac, où Ton peut en mesurer le volume, qui indiquera s'il y a eu, oui ou non, augmentation dans la capacité thoracique.
Voici la formule bien simple qui sert à chercher et à c:l- • culer cette augmentation.
Appelons G la capacité pulmonaire à la pression normale, f la compression (nombre total des atmosphères) à laquelle a ■ été soumis l'animal, et V le volume de l'air trouvé dans le sac '
après la décompression. Il est évident que la formule — ^
représentera la capacité pulmonaire pendant la compression, et la comparaison du nombre ainsi obtenu avec C montrera la valeur de Taugmentation.
Ceci établi, je liais à ses deux extrémités, anale et œsophagienne, le tube intestinal, et j'en recueillais les gaz sous l'eau; il était intéressant de voir le rapport de leur volume avec celui des variations thoraciques :
Expérience CCCXXIX. — î27 juin. Chien de 4'',250, qui vient de roouiir empoisonné par le curare.
On le porle, disposé comme il vient d'être dit ci-dessus, dans Tapp*reii cylindrique, et on le pousso à o atmosphères ; après la décompression on trouve dans le sac tJOO''*' d'air.
Or, los poumons et la trachée de Fanimal, extraits avec soin, et malaxés sous l'eau, après ^voir été coupés en petits fragments jusqu'à ce que ces fragments aillent au fond de l'eau, ne laissent échapper que 1 io^"^ d'air.
11 y a donc eu itV' d'augnienlation de volume.
Le lube digeslii' contenait 00'^* de gaz, dont i^V'^ dans Tintestin grêle. 1 ô atmosphères, le volume ne devait plus être que de 20**. Donc, les40*='eo moins ont été remplis à peu près pour un tiers par le diaphragme et pour deux tiers par la paroi abdominale.
ExPKRiRNCK CCXIXW. — tî8 juin. Chien de 8^,7, tué par section it bulbe.
La capacité pulmonaire e>t de T}{\&'\
Après avoir été à T» atnuKsphères, on trouve dans le sac 750**.
Dune, d'aprè> la l'onnule i i•de^8U8 indiquée, l'augmentatiou de la captrité thoracique a>ail été de oO**.
On rcrominr'nre et l'on va ju^squ'à (> atmosphères. A la décompressioii« il ; a dans le :)dc !2()(M)'' ; l'augmoatation dans ce cas a doue èlé de 83"-
11 y a dans le lube digestif 160'^'^, qui, à 5 atmosphères, ont dû se réduire à 5o" (dirninulion de volume : 107*=*^), et à 6 atmosphères ne plus représenter que 27*^*^ (diminution : 133".)
ExpÉRiEKCE CCGXXXI. — 3 juillet. Chien pesant %^^k^ tué de la veille. La capacité pulmonaire est de 369'^'=.
On le comprime à 100*=*= de mercure (pression totale). Le sac contient alors 457".
Le volume réel se déduit de la proportion
100 : 76 = (369c -h 157 = 526") : x, = 399** ; soit une augmentation de 30*=*=.
Expérience CCCXXXU. — 13 juillet. Chien pesant 6*^,63. • La capacité pulmonaire est de 196*=*=.
On le porte à 3 atmosphères, puis on trouve dans le sac 512*=*= d'air.
La capacité pulmonaire était donc de 236*=*= ; soit une augmentation de 40*=*=.
Expérience CCCXXXlll. — 26 juillet. Chien pesant 5^,5, tué par le curare.
Capacité pultnonaire 232*=*=.
Porté à 3 atmosphères ; le sac contient 627*=*= ; d'où capacité de 286*=*=, c'est-à-dire augmentation de 54".
Porté à 6 atmosphères; le sac contient 1535*=*=; d'où capacité de 294*^*=, c'est-à-dire augmentation de 62*=*=.
Ainsi, notre prévision s'est vérifiée ; |a capacité pulmonaire a augmenté dans l'air comprimé, par un simple effet physique, en dehors de toute intervention active des muscles respiratoires. Mais cette augmentation n'a jamais représenté qu'une fraction de la diminution de volume des gaz intestinaux. De plus, mes expériences montrent qu'elle ne grandit pas proportionnellemervt à la pression, tant s'en faut : ainsi, dans l'expérience CCCXXX, elle était à 3 atmosphères de 16 pour 100 de la capacité iuitiale, et à 6 atmosphères de 26 pour 100 seulement ; dans l'expérience GGGXXXIII, à 3 atmosphères, elle était de 23 pour 100, et à 6 atmosphères de 26 pour 100; bien plus, dans l'expérience GGGXXXl, avec un tiers seulement d'atmosphère, elle a été de 8 pour 100. Gela se comprend, du reste, le diaphragme devant rencontrer dans sa descente sur rabdomen plus d'obstacles que les parois du ventre.
E. — PratioH intra- pulmonaire. I
On sait depuis longtemps que, au début de rÎDspinlioa. l'air contenu dans la poitrine est un peu raréÛé, et qu'il et un peu comprimé au commencement de l'expiration, qa'ei ', d'autres termes, comme je l'ai dit ailleurs. « Forificc glotlî- ' que ne suffit pas au débit de la pompe respiratoire ». Ces nriations dans la pression intra-pulmonaire, qui ont sor It . cours du sang une inQuence si considérable, sont-elles les : mêmes dans l'air comprimé que dans l'air normal? Nous ; avons vu (page '268) que Pravaz n'avait pas hésité à les considérer comme augmentées; mais il ne Tournit, non plus que Viveuot et les autres médecins qui ont adopté son opinion, aucune preuve expérimentale à l'appui de son dire.
n,'. 66. — Ippireil pour la coaitiUtion dci
Pour étudier cette difficile question, j'ai mis à profil uoe méthode expérimentale que j'ai publiée il y a déjà longtemps'- Un animal est placé sous uneclochetubulée bien rodée (fig.66) dont le bouchon laisse passer un tube coudé qui, par Tinter médiaired'un lubede caoutchouc, se rattache au polygraphe- Marey. Les oscillations que présente alorsl'aiguitle, et qui correspondent aux mouvements respiratoires, sont, comme je
■ Leçoiu tur la jAytiologie de la rapiralion, p. 3St.
l'ai démontré, occasionnées par les changements de la pression iiitra-thoracique, et leur amplitude en donne une mesure relative.
Rien de plus simple que d'examiner alors tes tracés qu'on obtient soit à la pression normale, soit dans l'air comprimé, les seules précautionsà prendre sont de ventiler convenablement la cloche avant de mettre le bouchon, de n'enregistrer que lorsque l'animal est bien calme, et, pour l'air comprimé, d'éviter les variations de pression pendant la durée de l'enregistrement :
EXPÉRIENCE CCCXWIV. — 13 février. Un chat est placé sous la cloche A la pression normale, il donne le tracé de la ligure 67.
Fig. 6T. — Tariilloni de II teniiOD inin-UioraciquB. Prenlon pomale.
On enlre avec lui dans le cylindre k compression, et en une heure environ, on alleint b^' de compression (pression totale 138*). On obtient alors le Iraté de la fi". 08.
Fig. 08. — Tirialiont de la toison intra-llianciqiM.
L'examen de ces deux tracés montre : i" que le nombre des respirations a diminué [dans la proportion de 10 à 7); 2* que l'amplitude des oscillations a également diminué, c'est-àdire que los variations de la pression aérienne intra-thoraciques ont été moindres dans l'air comprimé qu'à la pression normale.
F, — Tension artérielle.
L'iiu}>iiieiilatioii de la tension uilmelle sdus rinflaence de l'nir comprimé a été admise sur la foi des tracés sphjgmographiques de Vivenot (p. Mô-ii4); mais aucune etpr-' riencedirecte n'avait été faite, ou plutôt réussie, dans leM de constater, par le manomètre, le sens et la valeur dsh modification.
J'ai essayé de combler cette lacune |wr les expérienos suivantes :
Expérience CIXXWV. — 1 7 février. Chien rie moyenne Uille, neur.atUctié sur If) goutlière.
Le kymographion de Ludwig, Jiié dans une artère féniorale, deane le tracé de la (igure 69, dans lequel les minimii sont à &*,5 au-dèsNia de II
ligne du zéro, ce qui indique une pression de H', et les masima k 6',!, d'où une pression de i â',^, soit pour la valeifr de l'osnillalion r«spifatoir< 2*14. et pour la pression moyenne Vf,^. L'animal est ensuite placé dans l'appareil à compression, oO l'oa-al-
fili 7<l. — Tf-niinn du snni: ilnri* la fi'motale. Air coin|irimé.
leinl en -iù'" la pression de>'i.^=. On obtient aies, avL'c la mémeafUre,lï
tracé de la figure 70 : pression minîma 12'; maxiina {5' fi; moyenne 15", 8; valeur de l'oscillation 5', 6.
Le nombre des pulsalions est descendu environ de ^16 à 200, et celui des respirations de 41 à 99 par minute.
EiPÉRikNCE CCCXXXVI. — 23 février. Chien de forte taille, neuf, vigou-
irm l'injrr carotide. Pression normale.
reux, sous la peau duquel on a injecté, pour calmer son [agitation incessante, ll)'« de chlorhydrate de morphine. Il dort tout le temps de l'expé-
A la pression normale, on obtient* par une artère carotide, le tracé de la figure 71.
Les portes fermées, et la pression portée en trois quarts d'heure â .^5*, jn recueille le tracé de la figure 72. '
Enfin, lors du retour à la pression normale, retour qui s'exénite en 5", on a le tracé de la figure 75.
L'expérience se résume comme il suit :
Pression
Pression
Pression
Oscillations
nombre
ininima.
maxiirta.
moyenne.
respira toi les.
des respir
Trace A
5sK
de 5 à iO""
KC-.i
Maintenant se pose la question de savoir quelle est la raison de ces modifications dans les phénomènes circulatoires. Faut-il les attribuer à l'action du sang suroxygénc sur le cœur, sur le système nerveux qui commande à cet organe et aux mouveuients de la respiration? Sont-elles, au contraire, la conséquence de la diminution de volume des intestins, réagissant sur le jeu des organes intra-thoraciques?
On pourrait, sur ce point disserter longuement. Le plus sûr est d'expérimenter. Or, si Ton prend les tracés cardiaques d'un chien qui tantôt respire de l'air ordinaire, tantôt de l'air chargé d'oxygène à 55 p. 100 environ, ce qui correspond à peu près à la tension obtenue dans nos appareils à compression, on trouve que, malgré un certain ralentissement des mouvements respiratoires, lorsque l'aninrid) respire l'air suroxygéné, la pression artérielle n'est point modifiée, et que le jeu du thorax l'influence également dans les deux cas.
Il devient donc évident, parla comparaison de ces résultats, que :
1° La pression du sang (maxima, minima, moyenne) a augmenté dans l'air comprimé ;
2" L'oscillation due à l'influence respiratoire a notablement augmenté dans l'air comprimé, ce qui est contraire aux conclusions de Vivenot (p. 449), conclusions basées, du reste, sur des observations faites chez des emphysémateux;
5° Ces variations ont été concomitantes à un ralentissement de la respiration;
4" Elles sont dues non à l'action de l'oxygène absorbé en plus grande quantité par le sang, mais à la pression, en tant qu'agent d'ordre mécanique.
AIR COMPRIMÉ : FAIBLES PRESSIONS. 8ii
g 2. — Séjoor prolongé dans l'air comprimé.
Dans ce second paragraphe vont être (^numérées des expériences qui ont eu pour but de chercher si une augmentation légère dans la tension de l'oxygène peut agir favorablement ou défavorablement sur la vie des animaux, sur leur développement, en un mot sur l'ensemble des phénomènes] de leur existence, et cela en dehors de toute analyse physiologique. Pour étudier cette question capitale, j'ai mis en expérience tantôt des œufs, tantôt des cocons, tantôt de petits animaux aériens ou aquatiques; j'ai employé parfois l'air comprimé, mais plus souvent, à cause de la facilité à disposer les expériences, de l'air dont la richesse en oxygène avait été augmentée.
Arrivons aux expériences :
Expérience CCCXXXVll. — 31 juillet. Mis dans deux grands ballons, un certain nombre de chrysalides de mouches du même âge,
A, le ballon est plein d*air.
B, le ballon est plein d'oxygène.
9 août. — 6 éclosions de mouches à A, rien à B.
10 août. — Tout èclos à A, presque tout à B.
Expérience CCGXXXVÏlï. — 25 juin. Cocons de vers à soie, du môme jour (celte expérience a été faite en même temps que celle de la page 813).
A, 12 sont placés sous une cloche ouverte.
B, 12 dans un flacon de 3 litres, à la pression de 2 atmosphères.
C, 6 dans un rëcipie/il à eau de Seitz de un litre, à 5 atmosphères d*air. On change tous les deux jours Tair de B et C.
S juillet. A, tout éclos.
B, toutes les chrysalides sont très vives; 2 sont transformées mais restées dans leurs cocons.
C, les chrysalides sont immobiles ; mais en enlevant la peau à quelquesunes, on trouve le papillon presque complet, qui a quelques actions réflexes.
Je mets B et C à Ta'r libre.
ib juillet. B, un papillon sorti du cocon et vivant; quelques autres transformés, mais restés dans le cocon, et morts; sous la peau des chrysalides restantes, on trouve le papillon prêt à sortir, mais mort.
C, toutes les chrysalides sont mortes, sans avoir repris de mouvements à Tair libre ; sous la peau de la chrysalide, les papillons ont des poils, mais sont peu avancés.
842 EIPÈmeNCES.
Expérience CCCXXXIX. — 15 avril. Œufs de grenouille un peu bilobès déjà, placés en nombres égaux dans quantité semblable d*eau ; de plus 5 têtards éclos depuis ^ jours.
A et A', sous cloches fermées, air ordinaire.
B et B', sous cloches pleines d*oxygène à 95 pour 100, récemment prép'aré par le chlorate de potasse, bien lavé sur la ^potasse et ayant séjourné deux heures sur de Teau pure.
Ces 4 cloches étant renversées sur des assiettes pleines d*eau, je meto dans Teau extérieure aux cloches quelques télards qui devront scrvirdé témoins.
25 avril. A et A', tous éclos ettrés-vifs.
B et B', tous morts, après que les œufs se sont développés presque jusqu*à éclore.
Les témoins sont bien vivants.
Expérience CCCXL. — 28 avril. Têtards de grenouille éclos depuis 8 ou 10 jours en nombre égal :
A, A', cloches renversées sur eau, pleines d*air ordinaire.
B, B', cloches disposées de même, pleines d oxygène bien lavé, à 95 pour 100.
Témoins hors des cloches comme à Texpérience précédente. 1" mai. Tous vivants.
3 mai. Les témoins et les têtards de A et A' sont vivants; ceux de B et B' sont tous morts.
Expérience CCCXLI. — 8 mai. Têtards ; expérience disposée comme les deux précédentes, avec le même oxygène conservé sur eau bien propre.
Dés le 10, il y a deux têtards morts dans Toxygéne.
li mai, tous sont morts dans Toxygène, et vivants dans Tair.
Expérience CCCXLll. — 26 avriL Œufs de grenouille non encore bilobès. En nombre égal, dans même quantité d*eau, sous cloches fermées.
A dans air ordinaire.
B dans air contenant 24 p. 100 d'oxygène.
E devait contenir au moins 80 p. 100 d'oxygène; mais l'analyse n'a pu être faite par suite d'un accident.
4 mai. A, grand nombre de têtards éclos.
B, presque autant qu'à A.
C, beaucoup moins.
D, 5 ou 6 seulement.
E, 2 seulement.
Plus tard (la cloche E ayant été renversée), le développement s'égalise. 21 ntat, tous les têtards sont partout bien portants et semblables.
AIR COMPRIMÉ : FAIBLES PRESSIONS. 8lS^
Expérience CCCXLIH. 28 mai. — Têtardé de grenouille ; eau. A, dans flacon plein d'oxygène probablement à 90 p. 100. D, dans appareil en verre à 5 atmosphères d*air ordinaire. Les têtards de B meurent le 50 mai.
Ceux de A, le5i.
Expérience CCGXLIV. — 2 juin. Petites anguilles de la montée; placées 5 par 5.
A, sous cloche pleine d'air.
B, — d'oxygène à plus de 90 p. 100.
C, dans Tappareil en verre, à 5 atmosphères d'air ordinaire. 4 j'tiin. A, tout vivant.
B, i morte, 2 fort malades.
G, 2 mortes, ta 5<* fort malade.
Expérience CCCXLV. — 7 avril. Œufs de grenouille en quantités à pei| près égales, dans eau.
A, sous cloche pleine d'air, B, . — d'air à environ 55 p. 100 d'oxygène.
C, — d'air à environ 65 p. 100 d'oxvgène.
D, — d'oxygène pur 90 à 95 p. 100. *
10 avril. Les jeunes têtards remuent en A et en B; quelques-uns sont libres en A.
20 avril. Tout est mort en C et en D ; les tèlards vivent et sont libre» en A et B. ,
l'"' mai. Id.
4 mai. Comme on n'a pas changé l'air ni l'eau, il commence à y avoir un peu de putréfaction des œufs à A et ù B; cependant les têtards vivent encore.
10 mai. Tout mort; odeur infecte à A; un peu moindre à B; pas d'odeur de putréfaction, mais une sorte d'odeur de marée à C et à D.
Expérience CCCXLV ï. — 13 avril. Têtards.
A, air libre.
B. 5 atmosphères d'air.
20 avril. Tout vivant.
1"' mai. A, vivants; B, morls. ^
Expérience CCCXLVll. — 26 juin. Cyprins et larves de chironomus^ en grand nombre, dans eau avec conferves.
A, sous cloche pleine d'air.
B, — d'oxygène à 85 p. 100.
^} juillet. Les animaux de B sont moins vifs que ceux de A; los conferves ont l'air malades.
11 juillet. Tout, conferves, cyprins, larves, est mort à B ; tout, au contraire, est parfaitement vivant à A, dont l'air contient encore tout son oxygène.
Expérience CCCXLVIll. — 4 octobre. Larves de cousins^ en grand nombre, dans eau.
A, sous cloche pleine d'air ordinaire.
B, — d'air à 52 p. 100 d'oxygène.
8 novembre. Toutes les larves sont vivantes sous h s diverses cloches; en A il s'en est transformé un grand nombre, aucune en B, G et D.
Les expériences qui viennent d'être rapportées ont été faites, on Va vu, surdes vertébrés (poissons, têtards et œufs de grenouille) et sur des invertébrés (chrysalides, larves d'insecles aquatiques, peti ts crustacés aquatiques) ;e]lesont donné des résultats semblables, ce qui permet, je pense, de généraliser les conséquences qu'on en peut déduire.
Or, elles me semblent prouver d'abord que la compression à 4 ou 5 atmosphères, ou, pour parler avec plus de précision, l'oxygène à la tension de 80 et au-dessus, a une action funeste sur les animaux, action qui se manifeste en quelques jours sur les animaux à sang froid, et qui donnerait sans doute beaucoup plus rapidement des résultats funestes sur des animaux à sang chaud.
La seconde conclusion qu'on en peut tirer, c'est que Taugraentalion de la tension de l'oxygène au-dessus de sa valeur normale dans Tair ordinaire n'a paru présenter aucun avantage, tant s'en faut. Quand il se manifeste quelque différence, elle est en faveur de l'air normal : la vie s'y conserve plus longtemps ; le développement des têtards ou des larves d'insectes s'y fait plus vite.
11 paraît donc démontré que, pour des animaux sains, la pression atmosphérique ordinaire réalise la meilleure condition de vie, et qu'une augmentation, pour peu qu'elle soit notable, est plus à craindre qu'à souhaiter.